00:00Souvent je dis que je ne suis pas sanglier, je dis que je suis fabricant de sangles en épicéage.
00:04Chaque sangle, c'est un fromage.
00:07Ah bah non, mais sanglier, il pense à l'animal.
00:10C'est le métier de sanglier, mais ça c'est compris localement.
00:19Et bah moi c'est Clément, je suis sanglier dans les montagnes du Jura depuis 10 ans.
00:28On est deux associés, il y a 15 ans du coup.
00:31Et voilà, on récolte les sangles pour les fromages, le mont d'or et d'autres fromages à pâte molle.
00:40C'est un vieux métier.
00:41Maintenant là c'est plus pour le côté, on donne un goût boisé au fromage, on garde les traditions.
00:46Mais avant c'était vraiment pour faire tenir le fromage à l'affinage, pour pas qu'il se fesse et
00:52pour pas qu'il coule.
00:53La plumette, elle sert à écorcer la première couche d'écorce de l'arbre.
00:59Donc il faut que ça tranche.
01:02Et là moi il faut que je sois précis, pas aller trop profond, parce que si je mets trop profond,
01:05j'enlève la matière qu'on va récolter.
01:07En fait la partie blanche là, ça s'appelle le libère.
01:09Et c'est ce qu'on va prélever.
01:11Bon c'est assez simple en soi.
01:13J'écorce des arbres, je fais des sangles, je les fais sécher, je les vends.
01:19Et puis on vit comme ça.
01:26Ça c'est plume qui a flint.
01:31Voilà.
01:32Il y a les.
01:35Parce que plumette, la plumette, vu que c'est mon outil préféré.
01:43Donc là tu vois, je prends mètre cutter, je sors une cuillère.
01:50Donc ça c'est les trois outils mètre cutter.
01:53Donc là je vais tracer mes longueurs, en fonction de mes commandes.
01:57Et après la cuillère, elle sert à lever les sangles.
02:01Ça, ça sera des sangles pour du monde d'or.
02:05J'ai fait deux, trois sangles au début, je sais comment l'arbre y réagit, et maintenant je sais pour
02:09qui ça va aller.
02:11Donc moi je suis rémunéré à la sangle.
02:17Donc chaque sangle là, c'est quelques centimes.
02:19Il y a des périodes de l'année où il n'y a même pas de boulot,
02:22puisqu'il y a beaucoup d'arbres secs à couper.
02:26Dans le Haut-Jura, il y a les pistes de ski, donc les exploitations sont arrêtées l'hiver.
02:31Donc il y a des périodes où ça ne fait pas beaucoup de sangles.
02:34Et il y a des périodes comme en ce moment là, où avec la montée de sèvres,
02:40c'est des belles journées pour faire des sangles.
02:44Avec Kazon, on a fait le choix de garder deux professions.
02:50L'hiver, on est moniteur de ski pendant quatre mois.
02:58Et on fait les sangles le reste de l'année.
03:01Ah ouais, le fait d'avoir deux métiers, ça permet de couper, de voir autre chose.
03:09Et puis en fait, là dans la forêt, on ne croise personne.
03:12Et le fait de voir du monde un peu l'hiver sur les pistes de ski, ça fait du bien.
03:19Ça change, c'est complètement différent.
03:22Je ne sais pas si on pourra faire ce métier toute notre vie.
03:25Les forêts ont cette maladie, enfin cette maladie, c'est un insecte, le squelite,
03:32qui attaque les arbres qui sont fragiles.
03:36Et avec le réchauffement climatique et parfois le manque d'eau, du coup, pas mal d'arbres sont affaiblis et
03:43se font attaquer.
03:44Quand un arbre se fait attaquer, la maladie se propage, donc après ça fait des ronds d'arbres qui sèchent.
03:51Donc c'est pour ça aussi que les bûcherons, après, ils coupent, mais ça ne fait que s'étendre.
03:54Là, dans le Jura, au Doubs, donc un arbre, ça met plus de 100 ans à pousser.
04:00Donc tout ce qu'on coupe aujourd'hui, on ne sait pas si on l'aura dans 5 ans.
04:05Enfin, on ne l'aura plus, on sait qu'on ne l'aura plus dans 5 ans, mais on ne
04:07sait pas si on restera beaucoup aussi dans 10 ans, par exemple.
04:10Après, il y a un grand avantage, on va dire, enfin, un grand avantage du métier, c'est que l
04:15'IA ne nous l'enlèvera pas.
04:17Ça, on ne sera pas, on n'est pas remplaçable et même par des machines, on n'est pas remplaçable.
04:21Chaque arbre est unique, le marché est trop petit pour adapter des machines.
04:30Donc ça, c'est une chose qu'on ne nous enlèvera pas.
04:40C'est une chose qu'on ne l'aura plus, c'est une chose qu'on ne l'aura plus.
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