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  • il y a 2 jours
Depuis les années 1960, les chasseurs remboursent les exploitants quand les bêtes ravagent les champs. Problème : la population de sangliers a explosé. Quelques dizaines de milliers à l’époque… il y en aurait aujourd’hui en France entre 1 million, selon les chasseurs, et 4 millions, d’après les agriculteurs. Les deux camps s’accusent mutuellement d’être à l’origine de cette prolifération. Pour mieux comprendre cette discorde, dans cet épisode de Code source, Clawdia Prolongeau nous emmène dans une battue aux sangliers dans l’Oise, à Vineuil-Saint-Firmin. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Jeanne Boezec et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian. 

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Les sangliers divisent les chasseurs et les agriculteurs.
00:19Depuis les années 60, en France, les chasseurs remboursent les exploitants
00:23quand les bêtes font des dégâts dans les champs.
00:25Le problème, c'est qu'aujourd'hui, la population de sangliers a explosé.
00:30Quelques dizaines de milliers à l'époque, il y en aurait aujourd'hui en France entre 1 et 4 millions.
00:36Et les deux camps s'accusent mutuellement d'être responsables de cette prolifération.
00:41Pour mieux comprendre le problème, Claudia Prolongeau a participé à une battue aux sangliers dans l'Oise, à Vineuil-Saint
00:48-Firmin.
00:56Ils sont environ une trentaine.
00:58Chacun est arrivé avec sa grosse voiture et s'est garé dans l'enceinte d'une immense ferme à Vineuil
01:03-Saint-Firmin dans l'Oise.
01:05Autour, des parcelles, parfois protégées par des clôtures, s'étendent sur des kilomètres.
01:09Il est 8 heures et avant de partir chasser, on distribue des cafés et quelques consignes.
01:15Je vais donner la parole après à Bernard, qui sera votre capitaine de chars.
01:19On ne va pas refaire ça tous les jours.
01:21C'est lourd à organiser.
01:23Et on ne les loupe pas, s'il vous plaît.
01:26On va essayer.
01:26Non, non, ce n'est pas qu'on va essayer.
01:28On ne les loupe pas.
01:30Vous êtes dans le top numéro 1 des dégâts dans le département.
01:33Notre meilleur client, c'est monsieur le dégât.
01:35Voilà.
01:35Donc voilà, ceci étant dit, ça vous explique pourquoi les paroles du président.
01:40Maintenant, un point capital.
01:43La sécurité avant tout.
01:45Il y a des chemins, il y a des routes, il y a des maisons.
01:50Donc vos tirs sont toujours à très courte distance.
01:55Au centre du cercle attentif qui s'est créé, Bernard, le capitaine de chasse du jour,
02:00se tient à côté de Guy Harlet d'Aufauve, président de la fédération et personnalité bien connue du département.
02:06A 71 ans, il est aussi président de la commission environnement du conseil régional des Hauts de France,
02:12où il siège depuis 2015, sous l'étiquette des Républicains, après avoir été longtemps encarté au FN.
02:18A 9 ans, j'ai tué mon premier nard.
02:20A 13 ans, je suis mon premier sanglier.
02:23On avait ça dans la peau.
02:25Moi, j'ai 70 ans, j'ai grandi dans cette région, à côté d'ici.
02:30Dès que j'ai su marcher, j'accompagnais toujours chassés.
02:33C'est ma vie.
02:35Pour nous, c'est comme parler.
02:38Quand vous dites nous, c'est qui nous ?
02:39Les rurons, que vous voyez là.
02:42Vos parents étaient des chasseurs ?
02:43Oui, bien sûr.
02:44Bien sûr.
02:45On transmise le virus.
02:47Ah, il faut que j'y fasse.
02:49Contaminé, maintenant.
02:50Moi, je vivais tout le temps dans la forêt, dans les plaines et autres.
02:54On était des gens de la nature.
02:57La chasse, c'est dans nos gènes.
03:00On connaît, on aime.
03:01C'est paradoxal.
03:03Même si l'animal tombe, redoubler.
03:05Voilà.
03:06Tout de suite.
03:07Pour ne pas faire souffrir l'animal s'il n'est pas tout à fait mort.
03:10Donc, on est bien d'accord.
03:11On n'est pas à une balle près.
03:13Les antichasses vont dire, vous aimez et vous tuez.
03:16C'est paradoxal.
03:18Parce que vous aimez tuer.
03:19Non, je n'aime pas tuer.
03:20C'est l'acte de la chasse, le final.
03:23Première balle, même si l'animal tombe, redoubler pour ne pas qu'il souffle.
03:27Donc, c'est comme si vous jugiez le football uniquement en tir au but.
03:31C'est complètement con.
03:33La faim, il faut mettre faim à un moment.
03:36Et donc, vous tuez.
03:36Vous tuez proprement.
03:37Sans ça, vous ne tirez pas.
03:39Vous, vous aimez les animaux ?
03:41J'adore.
03:42J'adore mes chiens.
03:43J'adore les animaux.
03:44J'ai élevé les sangliers.
03:45J'ai élevé les blaireaux.
03:47Bien sûr, j'adore les animaux.
03:48Et c'est ce gros paradoxe.
03:50Qui est difficile à expliquer à des urbains.
03:53C'est ce paradoxe.
03:54Oui, j'aime les animaux.
03:55J'ai un grand respect pour les animaux.
03:56Oui, je les aime.
03:57Mais je les aime pour ce qu'ils sont.
03:59Je les aime parce que c'est des animaux sauvages.
04:01Et j'aime leur sauvagerie.
04:03J'aime leur ruse.
04:04Je ne les aime pas parce qu'ils me ressemblent.
04:06Ils ne me ressemblent pas.
04:08Cet anthropomorphisme est terrible.
04:10On en arrive à une déviation où les gens vous considèrent, vous,
04:14d'avoir même intérêt qu'un lapin de garenne.
04:17Aujourd'hui, comme trop souvent selon les chasseurs,
04:20un jeune agriculteur, François Delclot,
04:22a fait appel à la fédération pour qu'une battue soit organisée
04:25sur un de ses champs de maïs ravagés par les sangliers.
04:32C'est une ferme qu'on exploite depuis une, deux, trois,
04:36je suis la quatrième génération.
04:38C'est mon arrière-grand-père qui est arrivé sur place,
04:40qui a cultivé.
04:42À l'époque, ils cultivaient normalement.
04:44Tout allait bien.
04:45Ils ont fait énormément de légumes.
04:47J'ai repris derrière mon père.
04:48Je reprends le flambeau.
04:49On continue les légumes.
04:50Depuis une trentaine d'années,
04:53on commence à avoir des problèmes de gibier.
04:55On essaie de continuer à cultiver comme on pourrait le faire
04:59sans tenir compte du gibier.
05:01Parce qu'on ne veut pas arrêter de faire du maïs
05:03parce qu'il y a des sangliers,
05:05ou arrêter de faire des légumes.
05:07Les Delclot produisent des légumes depuis une centaine d'années.
05:10Aujourd'hui, leurs acheteurs,
05:11constatant l'impact de la prolifération des sangliers sur leur récolte,
05:15menacent de couper leurs contrats.
05:16Pour l'exploitation, ce serait un drame.
05:18On a monté de l'irrigation.
05:20On a tout fait pour avoir des légumes.
05:22Donc, arrêter tout ça à cause des sangliers,
05:25ce serait compliqué.
05:26Et vous avez essayé de mettre en place des choses
05:28pour repousser les sangliers ?
05:30J'ai vu qu'il y avait certains champs
05:31autour desquels il y avait des clôtures, par exemple.
05:33Oui, les clôtures, c'est fait conjointement
05:36avec la Fédération de chasse.
05:38C'est eux qui posent les clôtures.
05:40C'est nous qui les entretenons en grande partie
05:42parce que c'est énormément de travail.
05:44Il y en a moins en moins de clôtures.
05:46et c'est efficace en partie.
05:50Quand il y a une population d'animaux,
05:52sangliers, mais cervidés également,
05:54qui est trop importante,
05:56les clôtures, elles sont plus efficaces.
05:58Les sangliers passent à travers.
06:03Il se passe quoi, là ?
06:05Il se passe des gens tout autour du race.
06:08On voit un tracteur avec une carriole
06:10dans laquelle il y a plusieurs chasseurs
06:11qui sont déposés tout autour du champ.
06:13Il faut fermer le champ avant de lâcher les chiens.
06:15Quand on lâche les chiens,
06:16les sangliers sortent ?
06:17Oui, j'espère.
06:18Ils vont peut-être tourner en rond,
06:20mais le but, c'est de les faire sortir.
06:22D'accord, et à ce moment-là,
06:23les chasseurs tirent.
06:24J'espère aussi.
06:26Ils sont toutus.
06:27Hier, les dos fauves me montrent le champ de maïs.
06:29Les épis sont couchés sur des dizaines de mètres,
06:32écrasés par les sangliers.
06:3450 mètres où on voit que le maïs est complètement ravagé.
06:37Attendez, ravagé ?
06:38À la mi-août, le maïs est ce qu'on appelle en lait.
06:41C'est-à-dire que le grain, pour commencer à se former,
06:44prend un aspect laiteux dont les sangliers raffolent.
06:47Et puis, vous voyez les arbres là-bas ?
06:49La chasse, elle démarre de là-bas.
06:51C'est immense.
06:54Immense.
06:55Et bien là, je vais payer.
06:58C'est pour ça que je veux stopper la manœuvre.
07:00Mais vous avez vu ce qu'il faut mettre en place
07:03pour une battue ?
07:08Il y a une prolifération énorme de sangliers dans l'Oise
07:10due à plusieurs choses.
07:12Un des hivers qui sont maintenant complètement doux.
07:16Et en plus, il y a une prolifération des champs de maïs
07:19qui fait que les animaux, on trouve refuge
07:22et nourriture d'une manière inconsidérée.
07:25Vous avez vu vous-même, les énormes dégâts,
07:27nous sommes responsables des dégâts
07:28et c'est nous qui payons les dégâts.
07:31On a pour 1,4 million d'euros dans l'Oise,
07:35de dégâts que nous payons dans notre poche.
07:37On n'en peut plus.
07:38Donc c'est vous, les chasseurs,
07:39qui êtes considérés comme responsables de ça ?
07:41De par la loi, oui.
07:44En fait, historiquement,
07:47l'agriculteur avait le droit d'affût.
07:50Il y a eu des discussions.
07:52Le droit d'affût, l'agriculteur avait le droit
07:54de prendre son fusil
07:55et d'aller tuer les animaux
07:56qu'il y avait sur ses parcelles
07:57pour protéger ses cultures.
07:59Les fédérations de chasse
08:00nous ont pris ce droit
08:02et nous ont dit,
08:03en contrepartie,
08:04on vous paiera les dégâts.
08:06Il y a eu des discussions,
08:07je ne sais plus,
08:08il y a une cinquantaine d'années,
08:09tout ça,
08:09il y a très longtemps que ça existe.
08:11Et du coup,
08:12ils nous ont dit,
08:12on vous retire le droit d'affût
08:14pour avoir du gibier
08:15et en contrepartie,
08:16on vous indemnisera des dégâts.
08:19Voilà.
08:19Donc c'est normal aujourd'hui
08:20qu'ils indemnisent les dégâts.
08:22C'est leur décision qui a été prise.
08:23La fédération de chasse pleure
08:25parce qu'ils n'ont plus les moyens
08:27d'indemniser les agriculteurs,
08:29mais il suffit d'en tuer,
08:32de faire le nécessaire
08:33pour que leurs chasseurs
08:35et leurs sociétaires,
08:37ce ne sont pas des sociétaires,
08:38mais que leurs chasseurs
08:39tuent des sangliers
08:40et ils arriveront
08:41à faire baisser les populations.
08:45Vous avez une idée, vous,
08:46de ce que ça a représenté
08:47en perte sur l'année 2018,
08:48par exemple ?
08:49Sur l'année 2018,
08:51ce n'est pas encore la plus haute,
08:53mais c'est environ
08:54entre 10 et 15%
08:56de la récolte
08:57qui est détruite.
08:58En moyenne,
08:59sur l'exploitation,
09:00on a des parcelles de maïs
09:01qui ont déjà été détruites
09:02à plus de 50%.
09:02J'ai des voisins
09:04qui ont semé du colza
09:05qui ont des parcelles
09:07qui ont été détruites
09:08à 100%.
09:09Ils n'ont rien récolté.
09:11Donc il y a des problèmes.
09:13Mais en moyenne,
09:14c'est entre 10 et 15%
09:15de pertes,
09:16de pertes sèches.
09:17C'est énorme
09:17pour une exploitation.
09:20Il n'y avait deux fois rien,
09:21donc il n'y avait pas de problème.
09:23Pour vous donner
09:23un ordre d'idée,
09:24dans l'Oise,
09:25en 2003,
09:26on tuait 3 000,
09:27sans lui dire.
09:28Maintenant,
09:29on en tue plus de 10 000.
09:30Et il faudrait
09:31qu'on monte à 12-13 000
09:32pour pouvoir arriver
09:33à calmer le débat.
09:35Et pourquoi vous n'arrivez pas
09:36à monter à 12-13 000 ?
09:36Vous allez voir vous-même,
09:37c'est une bonne expérience.
09:39C'est immense,
09:4025 hectares.
09:41Les chiens vont tourner,
09:42je ne sais pas
09:42si ça va sortir.
09:44Quand ça sort,
09:44encore,
09:44il faut qu'on les tue.
09:46Et donc,
09:46on a cette problématique
09:48récurrente partout.
09:49Puis on ne peut pas
09:49intervenir partout.
09:51Vous avez vu l'organisation
09:52que ça suppose ?
09:53J'espère qu'il n'y aura
09:54pas de casse.
09:55Mais souvent,
09:56on est obligé
09:57d'aller chez le vétérinaire
09:58à des frais vétérinaires
09:59importants,
09:59parce que les chiens
10:00sont faits des coudes
10:01par les sangliers.
10:03Les chiens,
10:03et parfois les hommes,
10:04on est bénévole.
10:06On est totalement bénévole.
10:07On paye de nos soins
10:08et on est bénévole.
10:09Ça fait beaucoup.
10:11Mais non,
10:11on est obligé de le faire
10:12parce que si je ne le fais pas,
10:14c'est moi qui vais payer.
10:16Et vous,
10:16vous trouvez ça injuste ?
10:17Complètement.
10:18Là, regardez,
10:19derrière vous,
10:20plein de forêts.
10:22Vous mettez du maïs,
10:23ils adorent ça.
10:25Donc automatiquement,
10:26vous avez des dégâts.
10:27S'ils ne prennent pas en compte
10:29dans leur compte d'exploitation
10:30qu'ils ont des exploitations
10:32à risque
10:32parce qu'ils sont près
10:34des forêts,
10:34près des marais et autres,
10:36eh bien,
10:36ça ne marchera pas.
10:37Donc c'est totalement injuste
10:38de nous faire supporter
10:39à nous,
10:40toute la facture.
10:42Quand vous avez
10:43des animaux qui passent,
10:45imaginez,
10:45il y a des 4-5
10:45qui sortent en même temps.
10:47Si je suis très bon,
10:48je vous en tue deux.
10:49Si je suis bon au moyen,
10:50je vous en tue un.
10:51Et tous les autres,
10:52c'est capable.
10:53Vous avez en fait
10:53tous les combien des battus ?
10:55Malheureusement,
10:56beaucoup.
10:57Beaucoup.
10:58Mais il y en a plein
10:59qui se font
10:59sans que j'intervienne moi-même
11:00parce que je l'essaye de faire.
11:02Mais là où il n'y a personne
11:03qui peut chasser,
11:04c'est nous qui l'organisons,
11:05c'est nous qui font venir
11:07des chasseurs.
11:08C'est quand même votre passion,
11:09la chasse, non ?
11:11Oui, mais enfin,
11:11malheureusement,
11:12attendez,
11:12mais entre être obligé
11:14en permanence
11:15de le faire
11:17et faire des chasses
11:18entre amis,
11:18relax, décontracté,
11:20c'est autre chose.
11:21Mais moi,
11:21je prends une grosse responsabilité.
11:23s'il y a un accident,
11:24c'est moi qui vais me refler.
11:26Et là,
11:27Bernard Stubb,
11:27notre capitaine de chasse,
11:28disait,
11:29on n'a pas d'obligation
11:30de résultat
11:30parce qu'il prime la sécurité.
11:31Il a totalement raison.
11:33Mais moi,
11:34je veux du résultat.
11:34Ce n'est pas déplacer ça.
11:35Je veux casser la population.
11:38Donc,
11:38ça devient un peu
11:38un bain somme.
11:39Bien sûr que c'est ma passion.
11:40Ça,
11:41je ne le ferai pas.
11:42Je suis levé
11:42à 6h du matin
11:43pour être là.
11:45Hier,
11:45j'y étais encore.
11:46Bon,
11:46ça va.
11:47Pourquoi est-ce que
11:48vous continuez
11:48à être président
11:48alors de cette fédération
11:49si c'est si lourd que ça ?
11:51Parce que,
11:52d'abord,
11:52il en faut un.
11:54Parce que je préfère
11:55être acteur
11:55que spectateur.
11:57Voilà.
11:58Puis,
11:58j'ai des administrateurs
11:59qui m'aiment bien.
12:00Je les aime bien.
12:00On forme une équipe
12:01de dilemmes.
12:02Vous l'avez vu ?
12:03C'est une bande de copains
12:05qui essayons
12:06de solutionner les problèmes.
12:09Oui,
12:09c'est lourd.
12:10On est bénévole
12:11et c'est lourd.
12:12Et en plus,
12:13trois quarts du temps,
12:14on se fait insulter.
12:15On ne s'est pas fait insulter
12:16en passant.
12:17Mais souvent,
12:18ça arrive
12:18quand on est en bordure
12:19de route et hôte,
12:21on chasse
12:21et les gens nous insultent
12:22en permanence.
12:24Parce que les gens
12:25sont anti-chasse.
12:27Parce qu'ils ne connaissent pas,
12:28ils ne savent pas.
12:29Quand on est sanglier
12:30dans leur varnagne,
12:31qu'est-ce que vous foutez ?
12:32Vous savez,
12:32c'est un peu comme les flics.
12:34On insulte les flics
12:35et qu'on se fait cambrioler.
12:36Alors,
12:36pourquoi vous n'êtes pas là ?
12:37Pareil.
12:41Là, là, là, là !
12:44Allez, mettez-vous derrière,
12:46on se fait derrière le chemin.
12:51Dans les années 60,
12:52avant que la loi
12:53dont Guy Arlédofauve
12:54et François Delclos parle
12:56soit votée en 68,
12:57on comptait en France
12:58quelques dizaines
12:59de milliers de sangliers.
13:00Depuis les années 2000,
13:02ils dépassent le million.
13:04Pierre Rigaud,
13:05un naturaliste
13:05qui a beaucoup travaillé
13:06sur la question,
13:07explique que cette loi
13:08a fait accepter aux agriculteurs
13:10les dégâts causés
13:11dans leur champ.
13:11Mais que si le nombre
13:13de sangliers a augmenté
13:14de manière aussi considérable,
13:15c'est aussi
13:16car les champs de maïs
13:17se sont multipliés.
13:18Et surtout,
13:19que les chasseurs,
13:20désireux d'avoir
13:21toujours plus de gibiers
13:22à chasser,
13:23ont longtemps pratiqué
13:24une chasse sélective
13:25épargnant les femelles
13:26reproductrices.
13:28C'est en partie vrai.
13:29C'est en partie vrai ?
13:30En partie vrai.
13:31Je vais vous dire,
13:31en partie.
13:32Vous savez,
13:32il faut se méfier beaucoup
13:33du manichéisme.
13:35C'est pas tout noir
13:36ou tout blanc.
13:37C'est en partie vrai
13:38dans le sens
13:39où l'ONF
13:40loue
13:41des lots très chers.
13:43Donc pour satisfaire
13:45les actionnaires,
13:46il faut avoir
13:46beaucoup de sangliers.
13:48Vous chassez pas tout seul.
13:49Vous prenez des gens
13:50avec vous
13:50qui vous aident
13:51à payer
13:51la location et autres.
13:53Donc pendant 20 ans,
13:54on leur a expliqué
13:55comment faire monter
13:56une population.
13:57Parce qu'il y en avait pas.
13:58Très peu.
13:59Là, maintenant,
14:00il faut stopper,
14:01il faut faire marcher l'arrière.
14:02Maintenant,
14:02on leur dit
14:03qu'il faut faire l'inverse
14:03pour la faire baisser.
14:05Donc ça pose problème.
14:05C'est vrai,
14:06on a des responsabilités,
14:07mais on les assume.
14:09et maintenant,
14:09on dit stop
14:10parce que là,
14:11on va trop loin.
14:12Ça aurait été bien
14:13derrière l'arbre,
14:14à votre voiture.
14:16Il y a une personne
14:17au Miradeur là-bas.
14:18Oui, j'ai vu.
14:20Donc vous avez
14:20toute cette plaine-là
14:21pour tirer.
14:22La ligne de fuite,
14:23c'est là-bas.
14:23Et tirer ici,
14:26en début de ligne.
14:27En début de ligne.
14:30Mais on n'est pas
14:31les seuls coupables.
14:32C'est là où est le problème.
14:32On n'est pas les seuls coupables.
14:34Loin s'en fout.
14:35On est très proche
14:36de la région parisienne.
14:37Il y a des zones de non-chasse,
14:38il y a des zones dangereuses
14:39à chasser.
14:40Et puis,
14:40vous avez vu
14:41ce qu'on déploie
14:42pour faire un maïs.
14:43C'est une véritable organisation.
14:45C'est quasi une armée
14:47avec la responsabilité
14:48de ce qui va se passer
14:49aujourd'hui.
14:52Donc on n'a pas
14:53toute la responsabilité.
14:54C'est pour ça
14:54qu'on ne veut plus
14:55payer tous les dégâts.
14:57Et on ne paiera plus
14:57tous les dégâts.
15:09Claudia,
15:09dans ton reportage,
15:10on n'entend pas
15:10de coups de feu.
15:11Ils n'ont pas trouvé
15:12de sanglier ?
15:12Non,
15:13il n'y en a eu aucun.
15:14En fait,
15:14on a attendu
15:15une heure et demie
15:15et absolument rien
15:17n'est sorti
15:17du champ de maïs
15:18devant lequel
15:19on était posté.
15:20Les chasseurs
15:21ont trouvé ça
15:22très surprenant.
15:23Ils n'ont pas voulu
15:24en parler au micro
15:25mais en fait,
15:25ce que soupçonnaient
15:26certains chasseurs,
15:27c'est que d'autres chasseurs
15:28étaient venus
15:29un peu plus tôt avant eux
15:30en sachant qu'il y avait
15:31une battue
15:32pour en fait,
15:32on promenait des chiens
15:33dans le champ
15:34et faire partir
15:34tous les animaux
15:35avant qu'ils viennent.
15:36L'objectif pour les chasseurs
15:38qui auraient fait ça,
15:38c'est évidemment
15:39de se garder le gibier
15:40pour plus tard.
15:40En tout cas,
15:41ce que vivent ces chasseurs
15:42de voir payer
15:42pour les dégâts
15:43causés par les sangliers,
15:44c'est un problème national ?
15:45C'est un problème national
15:46et ils vont essayer
15:47de le régler d'ailleurs
15:48tous ensemble
15:48puisque la FNC,
15:50la Fédération Nationale de Chasse
15:51a prévu un congrès
15:53les 22 et 23 octobre.
15:54L'objectif,
15:55c'est que tous les présidents
15:56des fédérations départementales
15:57soient présents
15:58et qu'ils décident tous ensemble
15:59de la position commune
16:00à adopter
16:01pour demander ensuite
16:02qu'ils ne soient plus
16:03les seuls
16:04à payer pour ces dégâts-là.
16:06Merci Claudia Prolongeau.
16:08Code Source
16:08est le podcast
16:09d'actualité du Parisien,
16:10production Jeanne Boézek
16:12et Clara Garnier-Amourou,
16:14réalisation Alexandre Ferreira.
16:17Si vous aimez Code Source,
16:18n'hésitez pas
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