00:00...
00:02Il est 17h11, la mort de Louis, 17 ans,
00:06massacré par cinq jeunes dans un guet-apens à Norbonne.
00:09Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nounès, a parlé hier dans le journal
00:11Le Parisien Jour de l'Enfance d'une exploitation de l'extrême droite dans cette affaire.
00:15Ce matin, j'ai écouté à 6h15 Laurent Tessier.
00:18Et Laurent, ce que vous avez voulu montrer, au fond,
00:20c'est qu'on n'a pas le droit de parler de ces sujets-là,
00:24le pouvoir nous l'interdit,
00:25et sort la carte de la récupération ou de l'instrumentalisation.
00:30C'était cela, le sens de votre édito.
00:32Oui, à chaque drame, que ce soit pour Lola, que ce soit pour Thomas, que ce soit pour Elias,
00:35les mêmes discours du gouvernement depuis plusieurs années.
00:37C'est l'exception, Naël. Naël, on a le droit d'en parler.
00:40Alors, écoutez ce qu'a dit Laurent Nounès, ministre de l'Intérieur.
00:43On m'a interrogé pour me demander si je considérais qu'il y avait un ensauvagement.
00:47Donc, j'ai redit que je trouvais que ce terme avait une connotation extrêmement violente.
00:53Et j'ai dit qu'il y avait une exploitation de cette affaire.
00:55Bon, je vous renvoie aux déclarations de M. Éric Zemmour sur cette affaire qui a parlé de nécessité de remigration.
01:03Enfin, voilà, il a fait un lien très direct avec l'immigration.
01:07C'est précisément cette déclaration que je visais.
01:09Il y a une exploitation qui a été faite ou par des groupuscules ou par des groupuscules d'ultra-droite.
01:14Des groupuscules d'ultra-droite, voilà.
01:16Je n'ai pas voulu rentrer dans ce débat, dans ce terme qui est connoté, encore une fois, politiquement.
01:20Mais par contre, je dénonce très fermement ce drame.
01:25Bon, il y a un peu tout, évidemment, comme toujours en Macronie.
01:28Et à l'instant, on apprend, Pascal, que donc, effectivement, la tante de Louis n'a toujours pas été contactée
01:37par Laurent Nunez.
01:39où la famille de Louis, puisque la tante de Louis était ce matin, vous savez, dans 100% Frontières,
01:44elle nous a dit, pas un message de Laurent Nunez.
01:46Et elle dit, moi, je veux qu'on récupère le meurtre, l'assassinat de mon neveu, parce que ça suffit,
01:52en fait.
01:53Et d'ailleurs, la marche blanche ne s'appellera pas marche blanche qui aura lieu dimanche à Narbonne.
01:57Vous savez comment ils vont appeler ça ? Ils vont appeler ça la dernière marche.
02:00Parce qu'ils en ont marre des marches blanches.
02:01et ils veulent que, effectivement, Louis soit le dernier d'une très, très longue liste.
02:06Et elle a répondu ce matin à Laurent Nunez.
02:08Elle a dit, mais alors, écoutez, je suis à Paris, je suis venu passer sur CNews,
02:12invitez-moi au ministère de l'Intérieur et je vais vous montrer les vidéos
02:15et ce qu'ils ont fait subir à mon petit-neveu.
02:18Et vous allez me dire si ce n'est pas de l'ensauvagement.
02:20Comment ça s'appelle si ce n'est pas de l'ensauvagement ?
02:22D'ailleurs, c'est tellement insoutenable que la famille a vraiment demandé
02:25à ce que les vidéos arrêtent de circuler
02:27et qu'on arrête de tous se passer ces images qui sont absolument atroces.
02:32Et en fait, ce n'est pas le moment de jouer sur les mots.
02:34C'est juste qu'on a envie de lui dire, ce n'est pas le moment.
02:35On s'en fout, en fait.
02:37Ce n'est pas ça qui compte.
02:37C'est que c'est quand même un reflet de la violence plus, plus, plus
02:41qui est en train d'exploser dans ce pays.
02:43C'est aussi ça que ça montre.
02:44On n'est pas là à faire de la sémantique
02:46et savoir si ça s'appelle comme ci ou si ça s'appelle comme ça.
02:48C'est ça qui est fou.
02:49Marie-Julie Marteau, je l'ai rencontrée.
02:51Quand je suis sortie de l'émission, j'ai échangé avec elle.
02:55Elle allait entrer dans votre émission.
02:57Il était 11h ce matin.
02:58Moi, j'ai été surpris de sa détermination.
03:00Elle m'a dit, on ne cèdera pas.
03:02On va aller jusqu'au bout.
03:03Il y a une volonté, effectivement, de médiatiser cette affaire
03:09pour prévenir l'opinion publique.
03:11Vous savez pourquoi, Pascal ?
03:12Au début, ils n'avaient pas une volonté de parler tout de suite.
03:16Mais ils sont en train d'accompagner Louis,
03:18puisque c'est comme ça, vers la mort.
03:20Vous savez qu'il a été plongé dans le coma.
03:22Et là, ils lisent la presse quotidienne régionale
03:26qui parle de Rix, l'indépendant notamment,
03:28en mettant une photo de Rix
03:29qui n'a rien à voir avec ce qui s'est passé pour le petit Louis.
03:32Donc, à partir de là, ils contactent Jules Laurent
03:34de 100% Frontières
03:36et ils décident de prendre la parole pour rétablir la vérité.
03:38Imaginez-vous, c'est la double peine.
03:40On vous lynche votre fils, votre neveu.
03:43On le massacre.
03:44Aucun équimau sur le corps.
03:46Parce qu'ils n'ont visé que la tête.
03:47Ils n'ont visé que la tête.
03:49Et vous lisez la presse qui en parle,
03:52la presse quotidienne régionale,
03:53et on vous dit Rix.
03:54Donc, en gros, équivalence entre le bourreau et la victime.
03:57Et c'est pourquoi la tante a pris la parole en premier.
04:00Ensuite, il y a eu le papa.
04:01Et il y a eu la maman dans les colonnes du journal du dimanche hier.
04:05Donc, vous vous rendez compte, vous êtes une famille.
04:06Vous perdez votre enfant.
04:07Et en plus, on salit quelque part sa mémoire
04:10en disant que c'est une Rix.
04:11Alors, écoutez précisément Marie-Julie Marteau.
04:15C'est la tante de Louis.
04:16Elle était l'invité ce matin de Gauthier.
04:18Les vidéos, alors, j'ai les reçues, moi.
04:22J'ai dû les visionner, je ne sais pas combien de fois maintenant.
04:25Il n'y a pas de mots pour exprimer ce qu'ils ont fait.
04:27Et je suis très étonnée d'avoir entendu le ministre de l'Intérieur
04:32dire qu'il ne faut pas parler dans sauvagement.
04:34Ce monsieur doit être au courant.
04:36C'est l'homme le plus informé de France.
04:38Il a dû les voir, les vidéos.
04:39S'il ne les a pas vues, je suis à Paris.
04:41Je les ai sur mon téléphone.
04:43On peut les regarder ensemble avec monsieur le ministre.
04:45Je l'invite.
04:46Et après, on verra s'il ne veut pas parler dans sauvagement.
04:48Je suis là, monsieur le ministre.
04:49Venez, on les regarde ensemble et on parlera après.
04:51Vous avez été très choquée par les propos de Laurent Nunez
04:54qui refuse le terme en sauvagement,
04:55qui dit qu'il y a de la récupération politique.
04:57Mais alors, premièrement, on s'est toujours exprimé très clairement sur ça.
05:01On ne fait pas de récupération politique.
05:03On n'en fait pas.
05:04Après, les gens se saisissent du sujet.
05:05Mais c'est bien qu'ils s'en saisissent.
05:07Tout le monde est amené, peu importe le bord politique,
05:09à se saisir de ce sujet.
05:11Et oui, le terme d'en sauvagement, il ne veut pas le prendre.
05:13Excusez-moi, je ne peux pas comprendre.
05:15Parce que ces vidéos-là, vous les avez passées.
05:18Quel terme il faut utiliser ?
05:19Qu'ils me le disent, lui.
05:21Quel terme il veut qu'on l'utilise ?
05:23Écoutons Aurore Berger, qui est ministre chargée de l'égalité
05:26entre les femmes et les hommes.
05:28Elle était invitée d'un grand rendez-vous hier sur CNews et sur Europe 1.
05:31Je ne crois pas qu'il y ait eu de récupération.
05:32Je pense qu'il y a eu une indignation,
05:34qu'il y a une indignation collective.
05:35Si on n'est pas indigné devant le meurtre de Louis,
05:37on s'indigne sur quoi dans ce pays ?
05:38Donc vous êtes en désaccord avec Laurent Nunez sur cette question ?
05:40Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a une indignation collective légitime.
05:44Il y a un cri d'une mère qui s'est exprimée.
05:46Et ce cri, il ne doit pas être un cri comme ça,
05:49qui ne génère pas ensuite de conséquences.
05:52Et puis, Marie-Julie Marteau, je le répète,
05:54la tante de Louis, qui était l'invité ce matin
05:56de l'émission 100% Frontières avec Gautier Le Brette sur CNews.
05:59Je vous propose de l'écouter une deuxième fois.
06:01Ma sœur souhaite organiser une marche
06:05qui ne sera pas une marche blanche,
06:07parce qu'on en aura le bol des marches blanches.
06:09Cet événement, pour lui, ça s'appellera la dernière marche.
06:12C'est-à-dire qu'on refuse qu'il y en ait d'autres.
06:14On refuse qu'il y en ait d'autres.
06:16Et ma sœur invite tous les parents de France
06:19à venir marcher pour leurs enfants,
06:22pour pas que ça leur arrive aussi.
06:25Donc oui, bien sûr qu'on va porter ce combat.
06:27Bien sûr qu'on va le porter.
06:28Mais c'est la dernière.
06:30C'est la dernière fois.
06:31J'invite tous les représentants de l'État,
06:34tous les élus qui prennent leurs responsabilités,
06:36qu'ils soient pressants à cette marche.
06:38Parce que s'ils veulent parler de récupération politique,
06:40qu'ils récupèrent l'affaire de Louis.
06:43C'est à eux de s'en saisir, maintenant.
06:45Et on a le sentiment, et d'ailleurs c'est pas un sentiment,
06:47qu'à chaque drame, le gouvernement utilise le même discours,
06:50parle de récupération, d'instrumentalisation.
06:52On se demande même si M. Nunez ne récupère pas, lui, la récupération.
06:58Pour éviter d'en parler, et de tirer des bilans.
07:00Il récupère la récupération.
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