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  • il y a 7 minutes
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:02La dernière partie de l'émission à 12h46 sur Europe 1 avec vos réactions 0 à 80, 20, 39, 21.
00:09La racaille en prison, ni oubli, ni pardon, scandent les manifestants lors du rassemblement organisé à Narbonne en hommage à
00:15Louis.
00:16Les marches blanches prennent-elles un nouveau tournant ? On en débat avec vous, chère Christine, et nos auditeurs.
00:21Oui, on en débat avec nos auditeurs et avec Pierre Maricef, directeur de l'Institut pour la Justice.
00:26Comment vous réagissez lorsque l'on dit que l'attente dit qu'elle veut faire une marche blanche ?
00:33Elle invite les politiques à venir, une sorte de récupération politique.
00:35Elle sollicite une certaine récupération politique. Comment vous analysez ça ?
00:39On a l'impression, Pierre Maricef, que tout est en train de basculer.
00:43Vous étiez en train de nous expliquer comment tout est fait pour que, normalement, un État puisse rendre justice.
00:48Mais là, lorsqu'on voit que l'État n'y arrive plus, qu'est-ce qui peut se passer ?
00:53Alors, la logique, la raison, l'éducation veut qu'on canalise nos pulsions, qu'on ne se rende pas justice.
00:59Mais jusqu'où ?
01:00Oui, mais le contrat social implique que l'État fasse ce pour quoi il existe et sa raison d'être.
01:06C'est de rendre la justice.
01:07Comment exiger l'État ? Je ne sais pas. Je réfléchis à Varot.
01:09Alors, effectivement, vous avez raison. C'est une question très épineuse,
01:12puisque, je vous disais, le cheminement historique est, au contraire, d'une plus grande place de l'État,
01:18qui permet aux citoyens de ne pas avoir à nous venger quand on a un problème
01:21et de pouvoir nous orienter vers d'autres activités diverses et variées.
01:26C'est ça, le sens de la civilisation.
01:27Mais on ne sait pas, quand l'État commence à dégénérer et à ne plus faire les missions pour lesquelles
01:34on le paye,
01:35parce que nous payons l'État, et pas peu cher, en France particulièrement.
01:39Pour être protégé, pour avoir la sécurité.
01:41Absolument. Et donc, c'est tout le problème.
01:43On ne sait pas comment est-ce qu'on revient en arrière.
01:45Vous savez que, pendant les années 80 et 70,
01:49on parlait de désobéissance civile contre les États soviétiques,
01:52qui étaient des États dictatoriaux, totalitaires.
01:54Il n'y avait pas de débat là-dessus.
01:55Bon, c'est ce genre de choses.
01:57Il y a des gens qui appellent à ne pas payer l'impôt.
01:59Bon, je ne pense pas que ce soit la bonne solution.
02:01Moi, je suis persuadé que ce qu'il faut, c'est que nous remettions l'État en ordre.
02:06Et je suis sûr que c'est possible.
02:07Et il faut simplement changer le personnel politique,
02:10qui n'a pas été à la hauteur depuis plus de 50 ans maintenant,
02:13qui est simplement en déficit depuis 50 ans.
02:15C'était un petit indice qu'il y a quelque chose qui tourne pas rond au sommet de l'État.
02:18Pierre-Marie Sèvres, directeur de l'Institut pour la Justice Europe.
02:22Gabriel Cluzel, puis Karim Allou.
02:24Oui, non, mais cet ensauvagement dont Laurent Nunez ne veut pas voir le nom,
02:29mais il est bien le seul, parce que tout le monde le voit,
02:31eh bien, en réalité, c'est le retour du Far West.
02:35C'est-à-dire que chacun, évidemment, va vouloir protéger les siens.
02:38Pierre-Marie Sèvres a infiniment raison.
02:39Norbert Elias, dans La dynamique de l'Occident,
02:41il explique que les gens, peu à peu, en Occident,
02:43ont délégué la fonction de justice à l'État,
02:47mais charge à l'État, évidemment, de la rendre.
02:49S'il ne le fait plus, ils récupèrent leurs billes.
02:51Très bien, vous ne voulez plus vous occuper de nous.
02:53Eh bien, nous, nous avons le devoir de protéger nos enfants.
02:56Donc, ce vers quoi nous nous acheminons est terrible, de fait,
02:59parce que c'est jamais bon que les gens rendent justice eux-mêmes,
03:04mais ils ne peuvent pas rester bras ballants.
03:07La fameuse récupération dont il parle,
03:10elle n'existe que parce que l'État est impuissant.
03:12Donc, ça, mais ça tombe sous le sens, c'est absolument évident.
03:16Donc, c'est une défense assez misérable de la part de Laurent Nunes, en l'occurrence.
03:20Gabriel Cusel, sur Europe, Karim Allo.
03:22Oui, rendre justice soi-même, c'est une catastrophe démocratique.
03:25Donc, ce que nous devons faire, ce que nous avons toujours fait,
03:30c'est que les citoyens doivent peser de leur poids
03:33pour que les institutions soient dirigées par des hommes et des femmes
03:36qui sont capables d'assurer la sécurité dans ce pays.
03:39On a une élection présidentielle, on n'a pas d'autre solution.
03:42Je dis bien, on n'a pas d'autre solution que de les trouver sur le plan démocratique.
03:46Parce que nous sommes une démocratie, il faut changer les élites politiques,
03:50nos intellectuels aussi, pas les changer,
03:53mais pousser à que la sécurité devienne un droit absolu.
03:58Et ça, c'est un combat démocratique.
03:59On a une élection présidentielle, je me répète,
04:02il faut se mobiliser et insister que l'État de droit s'applique.
04:07– Je vous donne la parole, on écoute d'abord le père de Louis qui s'exprime,
04:10et ensuite je vous donne la parole à Pierre-Marie Sèvres,
04:12qui dit « Mon fils était un garçon aimé par tous ».
04:14– C'était un garçon aimé de tout le monde,
04:18c'était un gentil garçon, poli, bien élevé,
04:23avec ses petites difficultés, ses troubles,
04:28mais je ne comprends pas moi, pourquoi tant de haine ?
04:33Moi, je n'ai pas l'impression qu'on n'a pas existé, on est une famille,
04:38je l'ai toujours eu avec moi, quoi.
04:41J'ai toujours été présent, ça fait six ans qu'il est tout le temps chez moi.
04:45– Le père du jeune Louis, 17 ans, qui a été tué, lâché,
04:50on va écouter aussi lorsqu'il explique comment il va mener le combat judiciaire,
04:55en mémoire de son fils.
04:56– Justice pour Louis, et ensuite on verra pour les…
05:00j'ai d'abord ce premier combat-là à mener,
05:04et tout ce qui se passe, l'AZE, tout ça,
05:05ça sera un autre combat après mon fils.
05:08Pour l'instant, c'est mon fils le plus important.
05:11– Le foyer, j'ai été les voir, les pauvres, ils ne sont déjà pas assez,
05:15ils ne sont que quatre ou cinq pour 35 gamins.
05:17Les pauvres gamins, ils sont abandonnés, ils sont arrachés à leurs parents,
05:23et eux, ils essayent de faire tout ce qu'ils peuvent,
05:25ils ne sont que quatre, je ne vais rien leur dire,
05:27qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ?
05:28– C'est l'État, vous avez changé quand ?
05:31C'est pas normal qu'on met son enfant quelque part
05:34dans un endroit de sécurité, protection de l'enfant,
05:37et mon enfant, il décède atrocement, quoi.
05:41C'est…
05:42Moi, je suis en colère.
05:44– Pierre-Marie Sèvres, directeur de l'Institution pour la Justi,
05:47voilà un sujet dont on ne parle pas.
05:49C'est-à-dire que ce père a mis son enfant sous protection de l'État.
05:57Quel est le rôle de l'État lorsqu'il a été tué ?
06:01– C'est effectivement tout le problème.
06:02On parle souvent de laxisme judiciaire, là en l'occurrence,
06:05il y a peut-être un problème de laxisme judiciaire,
06:07puisqu'on a déjà eu des plaintes qui n'ont pas été suivies des faits,
06:09en tout cas au moins une plainte, si j'ai bien compris.
06:12Mais en fait, c'est l'État…
06:13– Voilà, c'est l'État de manière générale qui dysfonctionne,
06:17qui ne protège plus les gens qu'il a à protéger.
06:19Il ne protège plus les enfants comme Lola,
06:22il ne protège plus les jeunes filles comme Philippine,
06:25il ne protège plus les rugbymans qui ne posent pas de problème
06:28dans des villages comme Thomas Perrotto.
06:31Donc, effectivement, et là on a une nouvelle dimension
06:34de l'incurie de l'État, de l'incompétence de l'État.
06:37Et là, évidemment, les mots d'entendre le père de Louis,
06:43c'est très émotionnellement très fort.
06:47Il faut remarquer, nous, à l'Institut pour la justice,
06:49on accompagne beaucoup de victimes de ce genre de drame.
06:53Et très souvent, dans les premiers jours,
06:55c'est extrêmement difficile pour elles de parler.
06:58Évidemment, elles sont écrasées par la douleur,
07:00et elles prennent le temps ensuite,
07:02et celles qui viennent nous voir,
07:03celles qui ont la force de réclamer justice pour leur enfant,
07:07mais aussi pour les autres, pour les autres enfants,
07:09pour les autres familles.
07:10Et donc, je remarque tout de même qu'il fait preuve
07:14d'une très très grande force,
07:15même si on le sent, effectivement, naturellement,
07:17évidemment, écrasé par la douleur.
07:20Donc, il faut remarquer, il faut rendre hommage à sa force,
07:24et son fils, Louis, a eu beaucoup de chances
07:27d'avoir un père comme lui.
07:28Merci beaucoup, Pierre-Marie,
07:30directeur de l'Institut pour la justice en direction européen.
07:32Un dernier mot à Gabriel Cluzel, Karim Alloum,
07:35sur le fait que ce père avait fait confiance à l'État
07:40en remettant son fils à l'aide sociale à l'enfance.
07:42Et là, il dit que c'est l'État.
07:44J'ai donné mon fils à l'État.
07:46Non, mais c'est vrai que là, il y a un sujet.
07:48Si vous voulez, à chaque drame, malheureusement,
07:49il y a un sujet dans le sujet.
07:50Il y a un sujet dans le drame là,
07:52il y a un sujet à eux, quand même,
07:53à l'aide sociale à l'enfance.
07:55Ça mériterait, à minima, une enquête sur ce qui s'y passe.
08:01Ce n'est pas la première fois.
08:02Alors, Dieu merci, ce n'est pas des drames toujours de ce type,
08:05mais ce n'est pas la première fois qu'on constate
08:08qu'il y a de véritables problèmes.
08:10Donc, c'est terrible de se dire
08:11« aide sociale à l'enfance ».
08:14Vous voyez, tous les mots, on se dit
08:16« c'est là pour protéger les enfants ».
08:18Il est arrivé tout le contraire.
08:20Donc, moi, je trouve légitime
08:22que l'on interroge cette institution
08:25et qu'on le fasse très, très rapidement.
08:28Je suis en train d'écouter
08:30la tante,
08:32la tante du petit Louis
08:34qui dit
08:35« j'invite tous les représentants de l'État,
08:38tous les politiques
08:39à venir marcher ».
08:41Elle appelle à la récupération politique.
08:43Un dernier mot, Karim Aloum.
08:45Rapidement, on assiste à la faillite,
08:47à la défaillance,
08:48et même parce que la faillite de l'État
08:49est à tous les étages.
08:50À chaque fois qu'on parle,
08:51on se rend compte
08:52qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
08:53Louis a eu une double peine.
08:56Il a été assassiné,
08:57c'est le terme,
08:58je ne sais pas,
08:59tu es, j'aime pas,
08:59il a été assassiné
09:00par un groupe de sauvageurs
09:02et l'État n'a pas été
09:03à la hauteur de le protéger.
09:05Eh bien,
09:06cet appel,
09:07effectivement,
09:08c'est ça la solution.
09:09C'est de rassembler
09:10le maximum de personnes
09:11et que les gens quittent le déni.
09:12Le problème qu'il y a dans ce pays,
09:13comme le ministre de l'Intérieur
09:15vient de le dire,
09:15s'il le déni, tout simplement,
09:17les médias.
09:17Combien de médias
09:18qui parlent de tous ces sujets ?
09:20Nous ne sommes pas nombreux
09:22à en discuter
09:24et la solution,
09:25il est dans le combat démocratique.
09:27Je reviens,
09:27et ce que madame,
09:28la famille appelle,
09:29appelle au rassemblement démocratique.
09:31Eh oui,
09:31alors merci aux auditeurs d'Europe 1
09:33qui m'ont envoyé cet extrait
09:34où la tante du jeune Louis
09:36dit que je demande
09:38à tous les élus politiques
09:40de venir à cette marche.
09:41Elle demande
09:41une récupération politique.
09:44Alors il faudra que j'écoute
09:44tout le reste du sonore.
09:48Merci infiniment.
09:49On va en continuer à reparler.
09:51Ma chère Clélie,
09:52quel est le projet ?
09:53Eh mais nous aussi,
09:53bonjour,
09:54nous aussi on va en parler.
09:55On va en parler également,
09:57vous avez vu,
09:57j'imagine que vous en avez parlé,
09:59de Laurent Lignes
10:00qui a créé la polémique
10:01en dénonçant l'exploitation
10:02de ce drame.
10:03Il en sera question
10:04dans Europe 1 Info
10:04dans quelques instants.
10:05Excellent émission,
10:06plein d'autres choses aussi bien sûr.
10:07Merci à tous.
10:08Merci Christine.
10:09Merci Pierre-Marie Sède.
10:10Merci Géraldine.
10:11A demain c'est Christine.
10:12Christine Kelly
10:13de retour demain
10:13de 11h30 à 13h sur Europe 1.
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