00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:02La dernière partie de l'émission à 12h46 sur Europe 1 avec vos réactions 0 à 80, 20, 39, 21.
00:09La racaille en prison, ni oubli, ni pardon, scandent les manifestants lors du rassemblement organisé à Narbonne en hommage à
00:15Louis.
00:16Les marches blanches prennent-elles un nouveau tournant ? On en débat avec vous, chère Christine, et nos auditeurs.
00:21Oui, on en débat avec nos auditeurs et avec Pierre Maricef, directeur de l'Institut pour la Justice.
00:26Comment vous réagissez lorsque l'on dit que l'attente dit qu'elle veut faire une marche blanche ?
00:33Elle invite les politiques à venir, une sorte de récupération politique.
00:35Elle sollicite une certaine récupération politique. Comment vous analysez ça ?
00:39On a l'impression, Pierre Maricef, que tout est en train de basculer.
00:43Vous étiez en train de nous expliquer comment tout est fait pour que, normalement, un État puisse rendre justice.
00:48Mais là, lorsqu'on voit que l'État n'y arrive plus, qu'est-ce qui peut se passer ?
00:53Alors, la logique, la raison, l'éducation veut qu'on canalise nos pulsions, qu'on ne se rende pas justice.
00:59Mais jusqu'où ?
01:00Oui, mais le contrat social implique que l'État fasse ce pour quoi il existe et sa raison d'être.
01:06C'est de rendre la justice.
01:07Comment exiger l'État ? Je ne sais pas. Je réfléchis à Varot.
01:09Alors, effectivement, vous avez raison. C'est une question très épineuse,
01:12puisque, je vous disais, le cheminement historique est, au contraire, d'une plus grande place de l'État,
01:18qui permet aux citoyens de ne pas avoir à nous venger quand on a un problème
01:21et de pouvoir nous orienter vers d'autres activités diverses et variées.
01:26C'est ça, le sens de la civilisation.
01:27Mais on ne sait pas, quand l'État commence à dégénérer et à ne plus faire les missions pour lesquelles
01:34on le paye,
01:35parce que nous payons l'État, et pas peu cher, en France particulièrement.
01:39Pour être protégé, pour avoir la sécurité.
01:41Absolument. Et donc, c'est tout le problème.
01:43On ne sait pas comment est-ce qu'on revient en arrière.
01:45Vous savez que, pendant les années 80 et 70,
01:49on parlait de désobéissance civile contre les États soviétiques,
01:52qui étaient des États dictatoriaux, totalitaires.
01:54Il n'y avait pas de débat là-dessus.
01:55Bon, c'est ce genre de choses.
01:57Il y a des gens qui appellent à ne pas payer l'impôt.
01:59Bon, je ne pense pas que ce soit la bonne solution.
02:01Moi, je suis persuadé que ce qu'il faut, c'est que nous remettions l'État en ordre.
02:06Et je suis sûr que c'est possible.
02:07Et il faut simplement changer le personnel politique,
02:10qui n'a pas été à la hauteur depuis plus de 50 ans maintenant,
02:13qui est simplement en déficit depuis 50 ans.
02:15C'était un petit indice qu'il y a quelque chose qui tourne pas rond au sommet de l'État.
02:18Pierre-Marie Sèvres, directeur de l'Institut pour la Justice Europe.
02:22Gabriel Cluzel, puis Karim Allou.
02:24Oui, non, mais cet ensauvagement dont Laurent Nunez ne veut pas voir le nom,
02:29mais il est bien le seul, parce que tout le monde le voit,
02:31eh bien, en réalité, c'est le retour du Far West.
02:35C'est-à-dire que chacun, évidemment, va vouloir protéger les siens.
02:38Pierre-Marie Sèvres a infiniment raison.
02:39Norbert Elias, dans La dynamique de l'Occident,
02:41il explique que les gens, peu à peu, en Occident,
02:43ont délégué la fonction de justice à l'État,
02:47mais charge à l'État, évidemment, de la rendre.
02:49S'il ne le fait plus, ils récupèrent leurs billes.
02:51Très bien, vous ne voulez plus vous occuper de nous.
02:53Eh bien, nous, nous avons le devoir de protéger nos enfants.
02:56Donc, ce vers quoi nous nous acheminons est terrible, de fait,
02:59parce que c'est jamais bon que les gens rendent justice eux-mêmes,
03:04mais ils ne peuvent pas rester bras ballants.
03:07La fameuse récupération dont il parle,
03:10elle n'existe que parce que l'État est impuissant.
03:12Donc, ça, mais ça tombe sous le sens, c'est absolument évident.
03:16Donc, c'est une défense assez misérable de la part de Laurent Nunes, en l'occurrence.
03:20Gabriel Cusel, sur Europe, Karim Allo.
03:22Oui, rendre justice soi-même, c'est une catastrophe démocratique.
03:25Donc, ce que nous devons faire, ce que nous avons toujours fait,
03:30c'est que les citoyens doivent peser de leur poids
03:33pour que les institutions soient dirigées par des hommes et des femmes
03:36qui sont capables d'assurer la sécurité dans ce pays.
03:39On a une élection présidentielle, on n'a pas d'autre solution.
03:42Je dis bien, on n'a pas d'autre solution que de les trouver sur le plan démocratique.
03:46Parce que nous sommes une démocratie, il faut changer les élites politiques,
03:50nos intellectuels aussi, pas les changer,
03:53mais pousser à que la sécurité devienne un droit absolu.
03:58Et ça, c'est un combat démocratique.
03:59On a une élection présidentielle, je me répète,
04:02il faut se mobiliser et insister que l'État de droit s'applique.
04:07– Je vous donne la parole, on écoute d'abord le père de Louis qui s'exprime,
04:10et ensuite je vous donne la parole à Pierre-Marie Sèvres,
04:12qui dit « Mon fils était un garçon aimé par tous ».
04:14– C'était un garçon aimé de tout le monde,
04:18c'était un gentil garçon, poli, bien élevé,
04:23avec ses petites difficultés, ses troubles,
04:28mais je ne comprends pas moi, pourquoi tant de haine ?
04:33Moi, je n'ai pas l'impression qu'on n'a pas existé, on est une famille,
04:38je l'ai toujours eu avec moi, quoi.
04:41J'ai toujours été présent, ça fait six ans qu'il est tout le temps chez moi.
04:45– Le père du jeune Louis, 17 ans, qui a été tué, lâché,
04:50on va écouter aussi lorsqu'il explique comment il va mener le combat judiciaire,
04:55en mémoire de son fils.
04:56– Justice pour Louis, et ensuite on verra pour les…
05:00j'ai d'abord ce premier combat-là à mener,
05:04et tout ce qui se passe, l'AZE, tout ça,
05:05ça sera un autre combat après mon fils.
05:08Pour l'instant, c'est mon fils le plus important.
05:11– Le foyer, j'ai été les voir, les pauvres, ils ne sont déjà pas assez,
05:15ils ne sont que quatre ou cinq pour 35 gamins.
05:17Les pauvres gamins, ils sont abandonnés, ils sont arrachés à leurs parents,
05:23et eux, ils essayent de faire tout ce qu'ils peuvent,
05:25ils ne sont que quatre, je ne vais rien leur dire,
05:27qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ?
05:28– C'est l'État, vous avez changé quand ?
05:31C'est pas normal qu'on met son enfant quelque part
05:34dans un endroit de sécurité, protection de l'enfant,
05:37et mon enfant, il décède atrocement, quoi.
05:41C'est…
05:42Moi, je suis en colère.
05:44– Pierre-Marie Sèvres, directeur de l'Institution pour la Justi,
05:47voilà un sujet dont on ne parle pas.
05:49C'est-à-dire que ce père a mis son enfant sous protection de l'État.
05:57Quel est le rôle de l'État lorsqu'il a été tué ?
06:01– C'est effectivement tout le problème.
06:02On parle souvent de laxisme judiciaire, là en l'occurrence,
06:05il y a peut-être un problème de laxisme judiciaire,
06:07puisqu'on a déjà eu des plaintes qui n'ont pas été suivies des faits,
06:09en tout cas au moins une plainte, si j'ai bien compris.
06:12Mais en fait, c'est l'État…
06:13– Voilà, c'est l'État de manière générale qui dysfonctionne,
06:17qui ne protège plus les gens qu'il a à protéger.
06:19Il ne protège plus les enfants comme Lola,
06:22il ne protège plus les jeunes filles comme Philippine,
06:25il ne protège plus les rugbymans qui ne posent pas de problème
06:28dans des villages comme Thomas Perrotto.
06:31Donc, effectivement, et là on a une nouvelle dimension
06:34de l'incurie de l'État, de l'incompétence de l'État.
06:37Et là, évidemment, les mots d'entendre le père de Louis,
06:43c'est très émotionnellement très fort.
06:47Il faut remarquer, nous, à l'Institut pour la justice,
06:49on accompagne beaucoup de victimes de ce genre de drame.
06:53Et très souvent, dans les premiers jours,
06:55c'est extrêmement difficile pour elles de parler.
06:58Évidemment, elles sont écrasées par la douleur,
07:00et elles prennent le temps ensuite,
07:02et celles qui viennent nous voir,
07:03celles qui ont la force de réclamer justice pour leur enfant,
07:07mais aussi pour les autres, pour les autres enfants,
07:09pour les autres familles.
07:10Et donc, je remarque tout de même qu'il fait preuve
07:14d'une très très grande force,
07:15même si on le sent, effectivement, naturellement,
07:17évidemment, écrasé par la douleur.
07:20Donc, il faut remarquer, il faut rendre hommage à sa force,
07:24et son fils, Louis, a eu beaucoup de chances
07:27d'avoir un père comme lui.
07:28Merci beaucoup, Pierre-Marie,
07:30directeur de l'Institut pour la justice en direction européen.
07:32Un dernier mot à Gabriel Cluzel, Karim Alloum,
07:35sur le fait que ce père avait fait confiance à l'État
07:40en remettant son fils à l'aide sociale à l'enfance.
07:42Et là, il dit que c'est l'État.
07:44J'ai donné mon fils à l'État.
07:46Non, mais c'est vrai que là, il y a un sujet.
07:48Si vous voulez, à chaque drame, malheureusement,
07:49il y a un sujet dans le sujet.
07:50Il y a un sujet dans le drame là,
07:52il y a un sujet à eux, quand même,
07:53à l'aide sociale à l'enfance.
07:55Ça mériterait, à minima, une enquête sur ce qui s'y passe.
08:01Ce n'est pas la première fois.
08:02Alors, Dieu merci, ce n'est pas des drames toujours de ce type,
08:05mais ce n'est pas la première fois qu'on constate
08:08qu'il y a de véritables problèmes.
08:10Donc, c'est terrible de se dire
08:11« aide sociale à l'enfance ».
08:14Vous voyez, tous les mots, on se dit
08:16« c'est là pour protéger les enfants ».
08:18Il est arrivé tout le contraire.
08:20Donc, moi, je trouve légitime
08:22que l'on interroge cette institution
08:25et qu'on le fasse très, très rapidement.
08:28Je suis en train d'écouter
08:30la tante,
08:32la tante du petit Louis
08:34qui dit
08:35« j'invite tous les représentants de l'État,
08:38tous les politiques
08:39à venir marcher ».
08:41Elle appelle à la récupération politique.
08:43Un dernier mot, Karim Aloum.
08:45Rapidement, on assiste à la faillite,
08:47à la défaillance,
08:48et même parce que la faillite de l'État
08:49est à tous les étages.
08:50À chaque fois qu'on parle,
08:51on se rend compte
08:52qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
08:53Louis a eu une double peine.
08:56Il a été assassiné,
08:57c'est le terme,
08:58je ne sais pas,
08:59tu es, j'aime pas,
08:59il a été assassiné
09:00par un groupe de sauvageurs
09:02et l'État n'a pas été
09:03à la hauteur de le protéger.
09:05Eh bien,
09:06cet appel,
09:07effectivement,
09:08c'est ça la solution.
09:09C'est de rassembler
09:10le maximum de personnes
09:11et que les gens quittent le déni.
09:12Le problème qu'il y a dans ce pays,
09:13comme le ministre de l'Intérieur
09:15vient de le dire,
09:15s'il le déni, tout simplement,
09:17les médias.
09:17Combien de médias
09:18qui parlent de tous ces sujets ?
09:20Nous ne sommes pas nombreux
09:22à en discuter
09:24et la solution,
09:25il est dans le combat démocratique.
09:27Je reviens,
09:27et ce que madame,
09:28la famille appelle,
09:29appelle au rassemblement démocratique.
09:31Eh oui,
09:31alors merci aux auditeurs d'Europe 1
09:33qui m'ont envoyé cet extrait
09:34où la tante du jeune Louis
09:36dit que je demande
09:38à tous les élus politiques
09:40de venir à cette marche.
09:41Elle demande
09:41une récupération politique.
09:44Alors il faudra que j'écoute
09:44tout le reste du sonore.
09:48Merci infiniment.
09:49On va en continuer à reparler.
09:51Ma chère Clélie,
09:52quel est le projet ?
09:53Eh mais nous aussi,
09:53bonjour,
09:54nous aussi on va en parler.
09:55On va en parler également,
09:57vous avez vu,
09:57j'imagine que vous en avez parlé,
09:59de Laurent Lignes
10:00qui a créé la polémique
10:01en dénonçant l'exploitation
10:02de ce drame.
10:03Il en sera question
10:04dans Europe 1 Info
10:04dans quelques instants.
10:05Excellent émission,
10:06plein d'autres choses aussi bien sûr.
10:07Merci à tous.
10:08Merci Christine.
10:09Merci Pierre-Marie Sède.
10:10Merci Géraldine.
10:11A demain c'est Christine.
10:12Christine Kelly
10:13de retour demain
10:13de 11h30 à 13h sur Europe 1.
Commentaires