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MEDI1TV Afrique : Zoom sur l'exposition Woman with a dream avec Laila Benhalima - 28/06/2026
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00:08It's with a great pleasure to meet you on Median TV for this new Escalculture
00:14at the heart of Africa. And as usual, we will take a whole tour of the
00:18artistic and culture on our country, literature, cinema, art.
00:24And we will go with our guest of the day.
00:32Today we have an immense pleasure to meet a woman who has an incredible talent,
00:38Leila Ibn Halima, she is an artist peintre, an artiste liminal,
00:44constantly on the seuil, with a form of the unconscious,
00:49through the language of painting.
00:52She is with us today to talk about her new exhibition Women with a Dream.
00:58She is with us. Bonjour Leila.
01:00Bonjour Leila, merci de m'accueillir.
01:03C'est toujours un plaisir de vous accueillir Leila.
01:07C'est vrai qu'on est particulièrement fan de vos œuvres, de votre univers artistique dans l'Afrique en culture.
01:18Ce jeu de résonance constant entre l'art, l'inconscient, le réel, l'onirisme, la poésie, tout ça se mêle
01:27chez vous.
01:29Et notamment avec cette nouvelle exposition, donc, Women with a Dream.
01:33Est-ce que vous pouvez nous parler de la naissance, de la jeunesse de cette exposition ?
01:39Alors, cette exposition a lieu dans un lieu historique qui est Bab el Kebir,
01:45qui est emblématique pour les Oudaya Arabas, historique, chargé d'histoire.
01:50Et j'y ai exposé il y a trois ans.
01:53Et je n'aurais pas cru que trois ans après, je me retrouverai là-bas avec tous les miens vivants.
02:00Et donc, pour moi, c'est très émouvant d'exposer et de faire l'ouverture aujourd'hui de cette exposition,
02:08parce que c'est un long combat, un travail acharné et aussi une chance de pouvoir vivre avec ceux qu
02:17'on aime et d'en avoir encore plus.
02:19On en a perdu certains chemins, mais beaucoup de personnes que j'aime, qui me tiennent à cœur, sont autour
02:27de moi.
02:28Et donc, c'est avec beaucoup d'émotions que j'ai préparé cette exposition où je parle d'un rêve,
02:36d'un monde idéal,
02:37d'un monde où l'un respecte l'autre, s'entraide.
02:40Voilà, l'idée, c'est l'entraide, le rêve et la résilience pour garder l'espoir.
02:46Et je voudrais aussi que vous reveniez, excusez-moi peut-être, sur le titre de cette exposition,
02:53donc « Women with a Dream », qu'est-ce qu'il signifie pour vous ? Pourquoi cette appellation, Leila
02:59?
03:02Je pense que quand on rêve, on se donne les moyens de réaliser les choses.
03:10Il faut avoir des rêves, il faut rêver grand, il faut se donner les moyens d'arriver à ces rêves.
03:16Et c'est un message que je transmets aux jeunes, aux moins jeunes,
03:20que tout est possible avec le travail, avec la patience, avec la croyance.
03:27Et moi, j'ai un rêve, toutes les femmes ont un rêve et tous les humains ont un rêve.
03:34On rêve tous d'un monde meilleur, surtout actuellement avec tout ce qui se passe au niveau mondial.
03:44Et c'est vrai que c'est, à votre image, beaucoup d'empathie, de compassion.
03:50Et c'est ça aussi que l'on ressent dans votre art, dans vos peintures, de manière générale.
03:57Et quand on discutait en œuvre, vous m'aviez parlé d'une énorme œuvre assez incroyable.
04:07Je n'ai plus les mensurations exactes en tête, mais il y avait du 10 mètres ou du 2 mètres.
04:12C'est un véritable challenge pour une artiste.
04:15Oui, absolument.
04:16C'est un travail qui demande une force physique que l'on puisse, justement, par cette force du rêve.
04:24Parce qu'on croit en nous, parce qu'on veut y arriver, parce qu'on s'accroche malgré les difficultés,
04:31qu'on peut faire des œuvres qui nous épattent nous-mêmes.
04:34Vous savez bien que la création est un cadeau.
04:37Quand on finit une œuvre, on a du mal à réaliser, on l'a faite nous-mêmes.
04:42Et tous ces personnages qui jalonnent cette œuvre qui a l'air d'une fresque, avec ses 10 mètres,
04:51ces personnages me parlent, ces personnages m'étonnent, moi qui les ai dessinés.
04:56Et je me demande, est-ce que c'est bien moi qui les ai dessinés ?
05:00Est-ce que ma main n'a pas été prise par la passion, par le rêve, pour réaliser l'inattendu
05:06?
05:07C'est vrai qu'on voit ces très beaux dessins, on les imagine.
05:12Moi, j'ai eu la chance de les voir, de les regarder.
05:17Il y a cette chose chez vous de l'ordre de l'invisible.
05:21C'est vrai que quand on regarde vos œuvres, il y a quelque chose qui nous touche.
05:25On ne sait pas forcément trop pourquoi, selon la sensibilité, bien sûr, de tout un chacun.
05:31Et voilà, vous êtes, comme je dis, une artiste liminale.
05:33Vous êtes constamment sur le seuil, un pied dans le réel, un peu dans l'honorisme, dans la poésie.
05:39Finalement, chez vous, ça forme une seule et même réalité.
05:42Vous ne faites pas, j'ai appris sur la différence.
05:44Je parle bien sûr de l'artiste que vous êtes.
05:46C'est ce que vous m'inspirez.
05:48Et aujourd'hui, avec le recul, avec l'expérience,
05:50comment vous voyez votre art, si vous deviez en parler simplement ?
05:57Je vois mon art simplement comme une expression d'un défi,
06:04comme une expression la plus authentique possible,
06:08sans avoir une influence, l'influence des mouvements de mode, des tendances.
06:15C'est un art qui est pratiqué de manière pure, sans filtre, sans masque, sans intérêt.
06:23Et c'est ça qui m'a toujours motivée.
06:26Je ne suis pas académicienne et je revendique ma manière, ma technique, ma façon de m'éprendre.
06:37Et ma première valeur, c'est l'authenticité.
06:42Voilà.
06:43Je peins ce que je ressens et j'espère pouvoir toucher les cœurs avec ce travail.
06:51Et c'est ce que l'on vous souhaite encore, plein d'œuvres et bon vent pour cette nouvelle exposition
06:58« Women with a Dream ».
06:59On ne va pas vous retenir plus longtemps puisqu'aujourd'hui, c'est le vernissage jusqu'au 30 juin.
07:06Si je ne me trompe pas, donc Kabab El Kibir Rabat, le rendez-vous est pris.
07:10Merci beaucoup, Leïla.
07:12Merci à Median TV de m'inviter.
07:14Merci à Mena pour votre sensibilité à l'art et à l'Afrique.
07:18Merci beaucoup.
07:19Merci.
07:25Et nous continuons de parler art avec une figure incontournable de l'art contemporain béninois,
07:32Dominique Zinkpe, qui développe depuis les années 90 une œuvre foisonnante où se croisent, peintures, dessins,
07:39sculptures, installations et performances.
07:42Formé à Cotonou, il puit son inspiration aussi bien dans les traditions populaires béninoises
07:47que dans les grandes questions qui traversent les sociétés contemporaines.
07:50Son univers singulier est peuplé de personnages hybrides, ni humains, ni animaux,
07:54qui évoluent dans des scènes plutôt étranges, parfois drôles, parfois inquiétantes.
07:58En tout cas, ces créatures récurrentes constituent le cœur, la signature de son travail.
08:02À travers elles, l'artiste aborde les rapports de pouvoir, les inégalités, les croyances, la violence
08:08ou encore les mécanismes de domination sociale.
08:11Et derrière leur apparente fantasy, elles révèlent les tensions et les contradictions
08:15qui traversent finalement nos sociétés contemporaines.
08:18On regarde tout de suite.
08:20C'est une forme de performance, d'amener à la lecture de la peinture.
08:26Parce que regarder une peinture, ce n'est pas lire une peinture.
08:30J'ai l'impression que souvent, nous regardons les peintures, souvent, nous les apprécions,
08:39mais il nous manque la lecture des peintures.
08:43Comment il faut prendre du temps pour lire les livres ?
08:46Autant, il est important de lire la peinture.
08:50Dans ce travail, un nouveau projet que je développe ici à l'Ambondation Montresseau,
08:56pour offrir des livres de plusieurs pages,
08:59pour rentrer vraiment, comme on lit un livre,
09:03physique, je vous le dis, parce que l'ordinateur,
09:06physique de feuilleter, de voir, de découvrir.
09:11Je sois le médium de la sculpture, des foires,
09:15pour honorer mon engagement pour les petites statuelles Ibeji,
09:20qui viennent de la tradition profonde d'Afrique de l'Ouest,
09:25du Bénin, Nigeria, Togo et Ghana.
09:31C'est une culture qui est partagée.
09:33Et moi, en tant qu'observateur né dans cette région,
09:36c'est important pour moi, en 2022, on ne sait pas trop,
09:43de témoigner que la tradition s'allie avec l'art contemporain aussi.
09:52Pour réussir quoi ?
09:54Avoir une identité forte et personnelle en tant qu'artiste.
10:03D'ailleurs, l'une des forces de Dominique Zingpé
10:05est sa capacité à faire dialoguer des références très locales,
10:08avec des questionnements universels.
10:10Son travail s'inspire notamment des imaginaires liés au vaudou,
10:15aux récits populaires et aux traditions béninoises,
10:17tout en abordant bien sûr des sujets qui concernent l'ensemble du monde contemporain.
10:20La place de l'individu, le rapport au pouvoir, les peurs collectives,
10:24ou encore les transformations sociales.
10:26En tout cas, cette double lecture explique sa présence régulière
10:29dans les grandes expositions internationales et les biennales consacrées à l'art contemporain africain.
10:36Pour les sculptures, c'est juste une conscience sociale.
10:43Parce que moi, je ne suis pas capable de fabriquer 10 petites statuettes par jour.
10:51Ceux qui nous tendent, c'est ce qu'ils le font.
10:53Donc, je travaille avec des communautés villageoises qui ont l'habitude,
10:59qui ont l'expérience de réaliser mieux que moi.
11:03Et moi, je m'associe avec eux pour prendre, pour faire des commandes, je dois dire,
11:09pour réfléchir, pour avoir des matériels, des petites statuettes, de diverses formes, de diverses régions.
11:17Et après, j'ai réussi à les assembler dans mon atelier.
11:24Le Tassi Zippé, en fait, ça s'appelle Tassi Grousse.
11:30C'est moi qui ai voulu juste signer en disant Tassi Zippé.
11:34Parce qu'à un moment donné, j'étais bloqué dans mon travail.
11:40Bloqué, c'est exagéré.
11:42Mais je me dis que mon environnement d'Afrique ne comprend pas forcément tout ce que je faisais.
11:52Pourtant, ils admis.
11:54Mais il y a des phrases qui m'ont choqué.
11:57Quand j'ai fait de belles peintures ou de belles sculptures,
12:01le transporteur de mon studio, savant en Europe toujours,
12:05il m'a donné, un des Tassi membres m'a dit,
12:09« Ah, c'est magnifique ce que vous faites, monsieur.
12:14Mais ça doit plaire aux blancs. »
12:17Et ça m'a donné un coup d'épée dans le cœur.
12:20Alors, je lui ai dit, « Toi, ça ne te plaît pas ? On va raconter tout ça. »
12:26Il m'a dit, « Oui, mais je n'ai pas le moyen. »
12:28Alors, après ça, j'ai décidé, à travers une œuvre, un concept de Tassi.
12:38Une œuvre qu'on voit juste, qui plaît.
12:42Tout simplement, dans laquelle on se retrouve.
12:44C'était juste une manifestation de dire, il faut qu'on réussisse.
12:49Enfin, moi, j'ai réussi à faire une œuvre qui retient l'attention
12:55au moins cinq minutes, même en passant.
12:59Mais au-delà du discours, l'œuvre de Zink P, séduit aussi par sa liberté formelle,
13:05l'artiste mélange les techniques, détourne les matériaux et construit des univers
13:09où le rêve, l'humour et l'étrangeté occupent une place centrale.
13:13Et en brouillant constamment les frontières entre réels et imaginaires,
13:16il invite le spectateur à regarder autrement le monde qui l'entoure
13:20à travers ses personnages fantastiques et ses récits visuels.
13:23Dominique Zink P nous rappelle finalement que l'art peut être un miroir déformant de la société,
13:28un espace où les peurs, les désirs et les contradictions humaines apparaissent
13:32avec une intensité toute particulière.
13:34Et c'est cette capacité à rendre visible l'invisible qui est fait aujourd'hui
13:38de lui l'une des voies les plus singulières de l'art contemporain africain.
13:42Secrètement, je dessinais.
13:45Et dans mon atelier après, j'essayais de mettre tout ceci en lumière.
13:50Et ce qui n'est pas interdit.
13:54Parce que dans ma région, on voit tant fermer ça, ses yeux, ses oreilles.
14:03Il y a des choses qui se passent toujours.
14:06Et comme je suis un plasticien, j'ouvre mes antennes, j'ouvre mes yeux aussi grands, mes oreilles.
14:11Et j'écoute juste.
14:13Mais la bouche, non.
14:15Mais la main finit par accomplir ce que j'ai ressenti, ce que j'ai vu,
14:22qui n'est pas interdit, qui est toléré, qui est partagé.
14:27Et je dis, c'est un peu ma mission, on doit dire.
14:31Et je me dis, par rapport au sacré, plus on en sait, plus on se tait.
14:39Il y a le silence qui parle.
15:10Je m'appelle Gloria, j'ai 50 ans.
15:12J'ai une fille.
15:14Pourquoi est-ce que tu veux te marier ? Dis-moi.
15:24Bienvenue dans ton village.
15:31Je m'appelle Valina.
15:38On m'appelle Valina.
15:39Elle est trop comme toi.
15:41Et sinon, on ne va pas se passer.
15:44Je veux dire qu'on a les joueurs.
15:46On ne veut pas se passer.
15:47Ah, la barre, la barre, la barre.
15:48Mamma,amyga.
15:49Allez, mon amman, on va!
15:50On va!
15:51Les ans, on va!
15:54Oui, on va!
15:55because we have a lot of people who live in the entire world.
16:01We have a family! We have a family!
16:03All generations and generations are continentals.
16:10Well, you know what?
16:11You know what's going on?
16:12The other one?
16:23It's dangerous.
16:24It's just a moment.
16:26It's just a moment.
16:44I'm still there.
16:47With Dao Alan Gomes, he continues his exploration of the issues of transmission and belonging
16:52with the importance of the whole of his work.
16:54The film is more interested in his life than what he reveals,
16:58the origins, the absence and the heritage that each one has in mind.
17:02At the same time, the storyteller question the rapport
17:05to the origin, to the diaspora and to the traditions.
17:08The geografies become the reflection of an interior view.
17:11It's about to reconcile several identities and several memories.
17:15Portée by a mise en scène épurée and sensible, Dao propose
17:18a universal reflection on the family.
17:20La transmission et la nécessité de trouver avant tout sa place entre plusieurs mondes.
17:30Et avant tout de nous quitter, je vous propose de parler littérature
17:35avec un livre rarissime, Les Orphelins de l'Empire.
17:39Les critiques d'ailleurs seront dites irampiques.
17:42Signé par la sénégalaise Amineta Aydara qui s'intéresse aux traces laissées par l'histoire coloniale
17:47dans les trajectoires contemporaines, notamment à travers plusieurs destins qui se croisent entre l'Afrique et l'Europe.
17:53Elle explore les questions de mémoire, de filiation et d'identité.
17:57Le roman interroge ce que signifie hérité d'un passé que l'on n'a pas vécu
18:01mais qui continue pourtant de façonner les existences entre quêtes personnelles et récits collectifs.
18:06Amineta Aydara donne voix à une génération qui cherche à comprendre sa place dans une histoire un peu plus vaste
18:11qu'elle,
18:12à la fois intime et politique.
18:13Les Orphelins de l'Empire montrent comment les héritages du passé
18:16continuent finalement d'influencer les rapports entre les individus, les familles et les sociétés.
18:21Et c'est ainsi que se clôture l'Afrique en culture.
18:24Merci d'avoir été avec nous.
18:25C'est toujours un plaisir que de vous accompagner pour parler culture et art de manière générale.
18:30Prenez soin de vous et on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine sans faute.
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