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#Cinema #Film #Hollywood #Movie #Marvel #Popculture #Analyse #Comics #Review
Transcription
00:005 millions de dollars, c'est ce que les agents de Bruce Willis auront réussi à négocier.
00:04Un record à la hauteur de la controverse que ça engendrera à Hollywood.
00:07Parce que oui, Bruce Willis avant Die Hard, il a fait son petit bout de chemin à la télévision,
00:11a été en tête d'affiche d'un film, mais n'a jamais vraiment porté une grosse production sur ses
00:16épaules.
00:16A tel point que les posters promotionnels du film à l'étranger préféreront mettre en avant le building plutôt que
00:21l'acteur.
00:22Ce chiffre exorbitant pour l'époque va agacer les studios hollywoodiens
00:25qui ont peur que désormais n'importe quel acteur de télévision vienne réclamer un énorme salaire.
00:30Mais à cette époque, la Fox veut vraiment faire ce film, et tous les acteurs pressentis pour le rôle ont
00:34refusé.
00:35De Stallone à James Caan en passant par Richard Gere.
00:38Elle doit donc donner ce que demande le seul acteur susceptible d'accepter son rôle.
00:41D'ailleurs, ça n'est pas la première fois que les agents de Willis lui font gagner beaucoup d'argent
00:46grâce à un Die Hard.
01:21Willis, qui a donc bien navigué sa barque,
01:23va amplement mériter son salaire puisqu'il va faire de ce personnage un véritable héros de la culture populaire,
01:29y apportant son sens de la réplique, son humour, son sarcasme, son rire légendaire, mais aussi sa vulnérabilité.
01:36Viens me voir à Los Angeles, on passera Noël en famille, on fera la fête.
01:40Vous le savez déjà, mais John McClane, c'est un personnage qui dénote complètement des héros réganiens de l'époque.
01:45Lui n'est pas fait de muscles anormaux, il ne provoque pas les événements, il les subit.
01:49Et en plus, il a peur de l'avion.
01:50Cependant, ce qui est à mon sens à l'origine de son succès, c'est qu'il représente l'américain
01:55moyen.
01:55Un mec qui touche un salaire de misère pour un boulot éreintant,
01:58qui est à deux doigts de foutre son mariage en l'air,
02:00qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment,
02:02et c'est là que le choix de Bruce Willis devient brillant.
02:04Un choix à contre-courant, certes, mais qui fait sens avec la vision de John McTiernan,
02:09qui nous offre bien plus qu'un film d'action,
02:10une comédie shakespearienne, comme il l'aime à l'appeler,
02:13un film anticapitaliste.
02:15L'opposition entre McLean, le prolo américain en marcel,
02:18et Hans Gruber, l'européen cultivé en costard.
02:20Le fait que les médias soient tournés en dérision à travers un expert qui n'en est pas vraiment un,
02:25et qui intervient sur un plateau de TV alors qu'il n'a rien à dire de pertinent,
02:28sans oublier ce journaliste qui est prêt à mettre les otages en danger pour simplement avoir un scoop.
02:33Les agents du FBI, Johnson, qui ne sont que des fous de la gâchette,
02:36jamais vraiment revenus du Vietnam,
02:38et juste bons à tout faire péter sans se soucier des dommages collatéraux.
02:41Agent spécial Johnson, on prend la berline.
02:43Agent Johnson ?
02:45Tout à fait.
02:46Takagi, grand chef d'entreprise japonais,
02:48qui porte les mêmes costumes que Gruber, criminel notoire.
02:51Bref, tout ceci n'est pas anodin.
02:53McTiernan dépeint la vision nihiliste qu'il a de l'Amérique des années 80,
02:56une Amérique auto-centrée, matérialiste, et manquant cruellement d'humanité.
03:00Le personnage d'Harry Ellis en est un bon représentant.
03:03Un trader sous cocaïne qui pense que tout se règle à travers le business,
03:06ce qui lui coûtera la vie.
03:07Ce même Ellis qui insiste pour qu'Auley montre sa Rolex à John,
03:11Fais-lui voir la montre.
03:12Une Rolex qui représente le trophée ultime de l'American Dream,
03:15dont elle devra littéralement se débarrasser en fin de film,
03:18pour se libérer du mal.
03:19La métaphore parle pour elle-même.
03:21C'est ce qui fait de John McTiernan un véritable auteur,
03:24qui sait faire passer ses messages tout en divertissant son audience,
03:27avec une mise en scène rondement menée.
03:28Ici, la caméra est un personnage à part entière.
03:30Elle représente en quelque sorte le spectateur,
03:32qui à travers ses mouvements perpétuels,
03:34va comprendre l'action qui se déroule,
03:36et surtout où elle se déroule.
03:37Car Die Hard est un huis clos,
03:39et donc se doit de gérer parfaitement son espace,
03:41pour ne pas perdre le spectateur dans ce labyrinthe qu'est le Nakatomi Plaza.
03:45Jeb Stuart, le premier scénariste du film,
03:47a visité la tour pendant l'écriture,
03:49et il raconte ne pas s'être perdu,
03:51grâce à un poster coquin affiché par les ouvriers,
03:54et qui lui permettait de savoir où il se situait.
03:56Il réutilisera ce procédé dans son scénario,
03:58et McTiernan sublimera cette idée géniale,
04:00qui permettra non seulement à McLean,
04:02de savoir où il se trouve,
04:04mais aussi au spectateur.
04:06Cette adaptation du roman de Roderick Thorpe
04:08a complètement refaçonné la manière de faire du cinéma d'action à cette époque,
04:12et une ribambelle de films calqueront ce concept par la suite,
04:15sans y insuffler le génie de McTiernan et son équipe.
04:18Piège de Cristal sera un succès mondial,
04:20offrant à Bruce Willis une renommée internationale.
04:22Cependant, ce succès, le film le doit aussi à deux autres acteurs importants.
04:26Tout d'abord Alan Rickman,
04:27qui aura su apporter au personnage de Hans Gruber
04:29un certain flègme et une crédibilité
04:31qui en fait un des meilleurs bad guys du cinéma d'action.
04:34C'était fait à 3 o'clock en la matinée,
04:37quatre fois,
04:38et c'était le dernier film que j'ai fait sur le film.
04:42Et puis j'ai réalisé,
04:43quand j'étais en train de faire,
04:44c'était le dernier film,
04:45parce que si j'avais m'aimpris,
04:47ça n'était pas important,
04:48parce que j'avais le film dans le can.
04:51et ça a été déroulé de 40 feet,
04:56et de la skyscraper.
04:59Et c'est quand j'ai pensé,
05:00oh, c'est Hollywood.
05:03Si je m'aimpris,
05:04ça ne va pas se faire,
05:05parce qu'ils ont eu le reste de la performance.
05:07Mais pour nous Français,
05:09c'est bien Patrick Poivet qui mérite sa part d'honneur.
05:11Il leur assure au transcrire les dialogues savoureux de Bruce Willis
05:14avec une telle aisance
05:15qu'il deviendra par la suite
05:16le doubleur officiel de l'acteur
05:17pendant plus de 30 ans,
05:19offrant des moments inoubliables
05:20aux spectateurs francophones
05:21grâce à une voix légendaire
05:23que l'on n'est pas prêt d'oublier.
05:25Yippie-kai, Monsieur Poivet,
05:26et merci pour tout.

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