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  • il y a 8 minutes
Rémi Kasprzyk, membre des infirmiers libéraux en colère, était invité de L’Heure des Pros 2 week-end sur CNEWS ce samedi 27 juin. «On a des patients nonagénaires qui sont chez eux où il fait 38 degrés», s’est-il insurgé. 

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Transcription
00:01Alors, je ne sais pas si on peut parler de fiasco ou pas de fiasco.
00:04En tout cas, une chose est sûre, c'est que quand j'entends dire
00:05« on voit le bout du tunnel », c'est faux, on ne voit pas du tout le bout du
00:08tunnel.
00:08On est à peine au début de l'été.
00:10Donc, la canicule, elle va continuer.
00:12Alors, c'est quoi qu'il l'ait dit ?
00:13C'est sur cette période caniculaire, l'épisode, on voit le bout du tunnel.
00:18Mais raconte pas, si je ne devais pas dire ça.
00:21Mais en tout cas, moi, ce que je pense, c'est que là, on est parti pour avoir une période
00:25qui va durer.
00:26Alors, avec des périodes qui vont être un peu plus calmes, des périodes qui vont être un peu plus lourdes,
00:29des périodes qui vont être très lourdes, voire insupportables.
00:31Et aujourd'hui, ce que je vois, moi, à mon niveau, je ne vais pas parler des hôpitaux,
00:35mais je vais parler de la ville, c'est que nous, pour la ville, par contre, strictement, rien n'est
00:38fait.
00:38Et on a tendance à oublier que le premier rempart à l'hospitalisation,
00:42c'est ce que je disais tout à l'heure sur une autre chaîne à mon confrère,
00:45le premier rempart à l'hospitalisation, c'est nous, les soignants de ville.
00:48C'est la médecine de ville, c'est les infirmiers libéraux, c'est les médecins généralistes.
00:51C'est tous ces gens-là qui, justement, au chevet du patient,
00:54font en sorte que le patient ne finisse pas aux urgences.
00:57Et nous, à notre niveau, je suis désolé, mais non, rien n'est fait.
01:00Rien n'est fait.
01:01Quand j'entends M. Lecornu, notre premier ministre, qui nous dit
01:05« on va faire appel aux facteurs pour surveiller, enfin la poste, pour surveiller les patients »,
01:09je me dis « non, mais on marche sur la tête ».
01:11On a aujourd'hui 100 000 infirmiers libéraux en France,
01:13un peu plus de 100 000 infirmiers libéraux en France.
01:15On existe depuis des années et des années.
01:17À quel moment on s'appuie sur nous ?
01:20À quel moment on se dit « tiens, peut-être qu'on va parler aux infirmiers,
01:23peut-être que... »
01:24Là, on a sorti des soins, des actes et des arrêtés.
01:27Je ne sais pas si vous avez vu, mais on a sorti des arrêtés,
01:29des avenants pour les infirmiers libéraux
01:31pour leur donner plus de liberté, plus de droits de prescription.
01:33Il n'y a pas une ligne sur le plan caniculaire.
01:36Je veux dire, aujourd'hui, on a des patients qui sont à leur domicile,
01:39il fait 38 degrés.
01:4038 degrés, c'est plus que la chaleur corporelle.
01:42C'est des patients qui ont 95, 96 ans.
01:45C'est des personnes âgées.
01:46Des personnes âgées, d'ailleurs, que je rappelle, un jour ou l'autre,
01:47on sera tous des personnes âgées, en tout cas pour les plus chanceux.
01:50Donc, un jour, on sera tous des petits vieux.
01:52Et un jour, on souffrira tous de cette manière.
01:54Et donc, ces patients qui sont sous des appartements à 38 degrés,
01:57il n'y a strictement rien qui est fait pour eux,
01:59on leur dit « buvez de l'eau ».
02:00Ah bah ouais, buvez de l'eau, buvez de l'eau, c'est bien.
02:03Sauf que buvez de l'eau, des fois, ils ont des troubles cognitifs,
02:05des fois, ils ne ressentent pas la chaleur comme on ressent la chaleur, nous, etc.
02:09La gériatrie, c'est quelque chose de particulier.
02:11Et forcément, donc, boire de l'eau, ça ne suffit pas.
02:14On pourrait très bien se dire « tiens, en amont de tout ça,
02:18on poserait des perfs d'hydratation chez les patients les plus vulnérables ».
02:21Imaginons un truc sur le texte, on aurait pu dire
02:23« on va ouvrir la consultation infirmière et on va dire
02:26« bah voilà, l'infirmier, suite à une consultation avec son patient,
02:29risque de déshydratation, hop, il est capable de poser
02:32une perfusion d'hydratation en sous-cutanée pendant trois jours,
02:35et on peut passer la case médecin-traitant à ce niveau-là ».
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