00:00Bonsoir, oui, la situation commence à être tendue à Paris.
00:05Les deux chambres funéraires intramuros sont complètes, comme vous l'avez indiqué.
00:11Les chambres funéraires en première couronne parisienne commencent à l'être également.
00:16Et on commence à avoir des entreprises de pompes funèbres contraintes de proposer des familles
00:22de transporter leurs défunts vers des départements limitrophes, voire même en province.
00:27– Très concrètement, Gauthier Caton, est-ce que, évidemment, la cause de cette saturation
00:32est due à cette chaleur, à ces températures fortes ? Le lien est établi ?
00:41– Oui, le lien est évidemment établi. En début de semaine, malgré les fortes chaleurs,
00:47on n'avait pas encore constaté cette évolution. À partir de jeudi, la situation a commencé
00:52à s'accélérer, à se dégrader. Et depuis maintenant jeudi, les services de pompes funèbres
00:57sont extrêmement sollicités pour transporter les défunts suite à des décès de domicile
01:02vers les chambres funéraires, également dans les différents EHPAD, qui ne conservent
01:07majoritairement pas les défunts. Donc la situation est clairement liée à la période de canicule.
01:12– Est-ce que le profil, ce sont essentiellement des personnes âgées ou pas que ? Des personnes
01:19qui sont victimes de coups de chaleur ? Quels sont les différents profils, Gauthier Caton ?
01:26– De la même manière qu'on peut vivre des périodes de surmortalité en début d'année,
01:30je pense qu'on peut plutôt parler de personnes fragiles que de personnes âgées.
01:35– Et malheureusement, j'imagine que les températures amplifient certaines pathologies
01:42ou peuvent fragiliser encore plus certaines personnes déjà fragiles. Mais nous, de notre
01:48côté, ce sont évidemment des personnes majoritairement âgées.
01:50– Et est-ce que vous faites le parallèle avec l'année de référence de 2003 ou pas ?
01:57Est-ce qu'il est encore trop tôt pour faire ce parallèle ?
02:00– Alors nous, malheureusement, on a vécu un parallèle plus récemment avec
02:05les années Covid en 2020, on a eu la même vague qui est pour nous une problématique
02:12avec un effet ciseau, c'est que les chambres funéraires sont saturées, que les délais
02:16d'innovation et de crémation se rallongent et en fait les deux cumulés font que les
02:21chambres funéraires n'ont plus la capacité d'accueillir les défunts. Donc 2003, si on
02:26fait le parallèle avec cette référence, la différence c'est que c'était au mois d'août
02:33et qu'on avait moins de personnel et que les voisins et les personnes qui pouvaient être
02:38vigilants n'étaient pas forcément présents. Là, en l'occurrence, on n'a pas ça, on a
02:44clairement eu une augmentation des décès et un besoin de faire appel aux chambres funéraires.
02:48– Oui, je faisais référence évidemment, c'était l'objet de ma prochaine question
02:52justement par rapport au Covid, mais je voulais faire vraiment une référence par rapport
02:56à l'épisode caniculaire pour distinguer les deux, mais vous l'avez faite. Donc voilà,
03:00comment voyez-vous l'évolution de la situation ? Parce que bon, même si l'épisode semble évoluer
03:07et quand on entend les services du Premier ministre qui s'inquiètent pour les prochains jours,
03:13quel est votre état d'esprit, vous ?
03:15– Alors nous, nous concernant, donc déjà au niveau de la fédération, on essaie de prendre
03:20la température pour comprendre déjà si la situation est nationale ou est-ce qu'elle
03:25est plutôt sectorisée. À ce stade, elle est plutôt sectorisée sur Paris et l'Île-de-France.
03:29Et surtout, Paris et l'Île-de-France ne sont pas des territoires très dotés en chambres
03:35funéraires par rapport à la province. Donc la problématique qu'on va avoir, c'est de trouver
03:40des solutions, peut-être avec la préfecture de police de Paris, pour permettre d'avoir
03:45une capacité extérieure aux équipements classiques pour conserver des défunts, accueillir
03:51des familles et le tout dans des conditions dignes compte tenu des circonstances.
03:57– Je le dis, mais je vous pose la question pour des Français ou des Parisiens qui sont
04:02confrontés à ce type de situation, qu'est-ce que vous leur conseillez de faire ? Quelles
04:08sont les solutions possibles au moment où on se parle ?
04:11– Alors, évidemment, le premier réflexe, c'est de contacter une entreprise de pompe
04:16funèbre en cas de décès. Là, jusqu'ici, c'est une démarche assez classique.
04:22Ensuite, les opérateurs, en tout cas, c'est avoir confiance dans le discours des opérateurs.
04:27Parce que oui, si on essaie de conseiller ou de trouver un point de conciliation géographique,
04:33il faut vraiment faire confiance dans l'opérateur. C'est dans l'intérêt de la famille
04:37qu'on cherche des solutions actuellement. Ce qui peut sembler étrange, c'est que
04:41les journées vont fluctuer parce que les obsèques qui auront lieu lundi vont libérer
04:46des places en chambre funéraire. Donc, on va vivre une accélération et parfois
04:51une désaturation de certains équipements. Si une famille s'est vue imposer un transfert
04:56à 40 km et qu'elle apprend le lundi ou le mardi qu'une autre famille a été accueillie,
05:00c'est parce qu'à l'instant T, on n'avait pas de solution et on peut espérer
05:05que si certaines préfectures prennent des dispositions, qu'on puisse ouvrir
05:09des lieux adaptés et, en tout cas, avoir confiance aussi dans l'accompagnement
05:14de la filière funéraire sur le site d'aventure. Certains lieux étaient amenés
05:18à ouvrir, comme je vais citer le mot Rungis, parce que c'est un sujet qui peut revenir.
05:23Bien évidemment, derrière, il faut avoir conscience que les équipements funéraires
05:27et le personnel est en adéquation avec les attentes des familles.
05:30Ce sont des professionnels formés et on sera là pour accueillir les familles.
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