00:00Star Wars, un million d'années dans le cadre, et ça vient à votre galaxie, ce lundi.
00:11Étrangement, le premier Star Wars n'est pas le plus intéressant à aborder,
00:14car il utilise un schéma d'une simplicité déconcertante,
00:17même si c'est cette simplicité qui va en faire sa force.
00:19Parce que Star Wars s'inscrit dans la mythologie classique.
00:22J'ai pas envie de vous sortir la carte du monomythe de Joseph Campbell,
00:25mais en même temps, ça reste l'inspiration principale de Lucas pour son récit.
00:28Une jeune personne dont la vie tranquille va être chamboulée par des événements cruciaux dont il va prendre part,
00:33affrontant les challenges sur sa route pour mieux se reconstruire et devenir un héros.
00:37Il n'y a pas plus simple, il n'y a pas plus commun.
00:39Mais de ce fait, le contraste entre cette histoire basique et l'univers ultra complexe dans laquelle elle évolue,
00:45c'est ce qui offre à Star Wars toute sa richesse.
00:47L'univers est vaste, quasi infini.
00:49Il grouille de mondes en tout genre, tous avec leurs spécificités.
00:52D'un bestiaire incroyable, de petits et grands vaisseaux, de différentes langues, de robots, de monstres.
00:57C'est sans limite.
00:58Et dans cette infinité de choses, Lucas y insère un contexte politique,
01:02une dictature à renverser, des rebelles prêts à tout pour y arriver et des figures d'autorité.
01:06Les Jedi et les Sith, le côté lumineux et le côté obscur.
01:10Ces deux doctrines ont beaucoup de points communs, mais ne sont séparées que par le choix.
01:13On le verra bien plus tard, mais la vie de Luke est similaire à celle d'Anakin.
01:17Pourtant, leurs trajectoires iront à l'opposé l'une de l'autre.
01:20Le choix est pour moi ce qui constitue le cœur de ce premier film.
01:23Il permet de mettre en place les personnages, de développer leur archétype.
01:26Luke fait le choix de ne pas quitter sa famille, mais s'y voit contraint.
01:29Il fait le choix de suivre sa destinée, son désir d'aventure, de croire en la force et de sauver
01:34la galaxie.
01:34Tout comme Leïa, qui fait le choix de ne pas révéler ce qu'elle sait, quitte à faire des sacrifices.
01:38On a deux héros bien définis qui sont contrastés par un anti-héros.
01:42Contre-bandier, seulement intéressé par l'argent, qui fait le choix de tirer en premier.
01:46Si, bah si.
01:47De quitter le conflit au pire des moments, avant d'y retourner,
01:50devenant par la force des choses le troisième héros de cette histoire.
01:53Vador, lui, est le seul maître à bord dans l'épisode 4.
01:56Il fait le choix de traquer et d'éliminer toute résistance,
01:59allant jusqu'à détruire une planète entière.
02:01Ses choix le définissent comme l'entité démoniaque ultime,
02:03tout le contraire d'Obi-Wan Kenobi,
02:05qui fera le choix de se sacrifier afin de laisser son disciple tracer son propre chemin.
02:09Avec tout ça, on est en mesure d'identifier clairement les personnages et leurs limites,
02:12qui sont les plus courageux, les plus orgueilleux, les plus impitoyables, les plus sages.
02:17Dans l'épisode 5, vous verrez que le récit ne se construira pas sur le choix des personnages,
02:21mais à l'inverse sur le bon vouloir des événements.
02:23Ils en seront dépourvus.
02:24La mise en scène est aussi à l'image du récit, simple mais bougrement efficace.
02:28Elle se présente dans une linéarité impeccable.
02:30Chaque moment coïncide avec le précédent,
02:32ce qui peut amener un rythme inégal.
02:34On sait que Lucas n'est pas des plus vifs,
02:35mais ça permet au film d'avoir une structure solide.
02:37Des plans qui prennent le temps de nous faire découvrir l'univers,
02:40que l'on doit d'ailleurs à l'incroyable artiste Ralph McQuarrie,
02:43à l'origine des designs de cet univers,
02:45des vaisseaux, aux environnements, en passant par les personnages.
02:48Sans McQuarrie, pas de Vador tel qu'on le connaît par exemple.
02:51Mais pour en revenir à la mise en scène,
02:52le climax est l'exemple parfait de la maîtrise du film
02:55et du talent de son metteur en scène.
02:56Avec un budget ridicule et des impératifs à n'en pas finir,
02:59Lucas et son équipe parviennent à offrir un vrai morceau de bravoure.
03:02On se demande comment cette scène peut être encore crédible aujourd'hui
03:04avec les moyens qu'ils avaient à l'époque.
03:06C'est tout simplement prodigieux.
03:08Alors oui, la scène en question sera remaniée en 1997,
03:11lors de la sortie de l'édition spéciale du film.
03:13Ce qui lui permet de gagner en rythme et corrige certains défauts d'image.
03:16Mais enfin, pour avoir vu la version originale de 77,
03:19je peux vous dire que la séquence reste prodigieuse.
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