00:00Franchement, s'ils ne se remettent pas sur la figure au détroit d'Hormuz, si les négociations de paix avancent...
00:09Oui, et s'il y a vraiment 45 à 50 bateaux, dont la moitié de pétroliers, qui ressortent du golfe
00:14persique, ou arabique, je ne sais plus comment on l'appelle,
00:18alors je pense qu'on va tout doucement redescendre et revenir vers 80 dollars le baril de Brent et probablement
00:27à 1,60, 1,70 le pétrole.
00:31Mais vous savez bien que cette guerre...
00:331,60, 1,70, dans combien de temps si ça se passe comme prévu ?
00:37Je ne sais pas, et puis il faut voir que ce n'est pas un marché d'utilisateurs.
00:42Il faut savoir que là-dedans, vous avez plein de spéculateurs.
00:45D'ailleurs, je vous rappelle, cette guerre au départ, elle était faite pour libérer le peuple iranien.
00:51Il ne reste plus grand-chose de la volonté de libérer le peuple iranien de l'oppression des mollas, la
00:57liberté des femmes, l'éducation, etc.
00:59Donc on en est à parler, pognon, et le président américain, il est pris entre deux feux,
01:06parce que finalement ça l'arrangeait bien, comme au Venezuela, de faire monter le prix du pétrole,
01:10mais maintenant le consommateur américain, il paye 40 dollars le gallon.
01:15Et c'est aussi ça qui a incité le président américain à trouver une solution diplomatique.
01:20Vous voyez que ce n'est surtout pas rationnel, que c'est quand même beaucoup d'argent de spéculation en
01:27amont,
01:27et c'est la raison pour laquelle nous, les distributeurs, collectivement,
01:31c'est la première fois dans notre histoire,
01:34Leclerc s'allie assez rarement avec son concurrent,
01:36On a, au niveau de la Fédération des distributeurs, dit à tous les députés et parlementaires
01:42qu'il ne fallait pas nous amener les hausses au dernier moment,
01:47il fallait inciter les industriels, les coopératives agricoles ou les producteurs
01:52à aller négocier dès maintenant les emballages, la pétrochimie,
01:57ce dont on fait les bouteilles de lait.
01:58Je ne vais pas en parler de cela, mais en tout cas ça n'aurait pas de sens,
02:01vous dites à votre place aujourd'hui, de dire aux consommateurs
02:04« Attendez une semaine pour faire le plein d'essence ».
02:07Vous êtes méfiants aussi peut-être parce que sur les prix globaux,
02:10je vous regarde, je vous écoute, vous avez dit il y a quelques semaines
02:13qu'il fallait s'attendre à une inflation à 4%.
02:16Non, je n'ai pas dit ça.
02:18J'ai dit que si le conflit continuait, on serait à 4%.
02:21Et le ministre de l'Économie vous a reproché d'être un prophète de malheur.
02:27Oui. Alors vous voyez, quand on parle d'imprévisibilité, d'abord s'il était malin…
02:30Mais vous vous êtes planté, vous êtes allé un peu vite, non ?
02:33Je ne crois pas, non.
02:34Non ?
02:34Non, je pense que si le conflit durait…
02:36Mais Eurostat, qui est la base statistique sur laquelle elle a dit,
02:41c'est entre 2,5 et 3,5, d'accord, pour le mois de juillet.
02:46Donc quand je dis que cet été, on peut aller à 4%,
02:51je pense qu'on n'ira pas parce que là, ils vont arrêter la guerre.
02:54Mais moi, je dois justement…
02:56La question que vous posiez tout à l'heure, c'est celle de l'anticipation.
02:59Qu'est-ce que je dois anticiper ? Le meilleur ou le pire ?
03:01Moi, j'anticipe le pire pour me mettre en mode combat.
03:03Moi, je suis Teddy Riner, j'attends mon adversaire, je ne le prends pas pour un faible.
03:08Et en l'occurrence, là, il y a de telles spéculations en amont
03:12que je me mets, j'attire l'attention des députés,
03:16j'attire l'attention des pouvoirs publics, des autres corps professionnels, des industriels,
03:20et je leur dis, n'attendez pas que les emballages augmentent.
03:23Ne me faites pas…
03:25Si vous acceptez les hausses de la pétrochimie,
03:28vous allez me dire qu'il faut que je les fasse passer au consommateur.
03:31Mais le consommateur, lui, s'il n'a pas les moyens de l'acheter,
03:34si le prix de la brique de lait, de la bouteille de lait ou de la bouteille d'Eviant
03:40augmente de 10%, comme ça s'est passé pendant l'Ukraine,
03:43ça va casser la consommation.