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  • il y a 2 mois
Invité de “Vivement Dimanche” sur France 2, Jean-Claude Camus revient avec émotion sur sa longue amitié et sa collaboration avec Johnny Hallyday. Celui qui a produit les plus grands spectacles du rockeur partage des souvenirs marquants, évoque leur parcours commun et rend un vibrant hommage à l'artiste disparu quelques semaines plus tôt.

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Musique
Transcription
02:57Et puis je me suis mis à en acheter plusieurs, ainsi de suite, et du Sardou en même temps.
03:03J'ai dû faire 30 ou 40 spectacles avec Johnny avant qu'en 79, parce que ça s'est fait,
03:14Johnny, comme c'était mal organisé quand c'était des associations, évidemment c'était des bénévoles, il arrivait à 6h
03:19du soir et il demandait à Jacques-Rovérolis, un autre éclairagiste bien connu, c'est comment ce soir ?
03:24Oh bon, on a vacances, c'est qu'un but. Et à force d'entendre ça, un soir de super
03:29-trempe, tu le sais, il était réservé timide en fait, Johnny et tout.
03:35Les longs silences de...
03:37Il y a des longs silences et il me prend à part en coulisses et il me dit, tu sais
03:41que je dirais mon producteur, mes musiciens, mon secrétaire, tout le monde.
03:46J'ai dit, oui, Johnny, bah oui, j'ai entendu. Tu accepterais de t'occuper de moi ?
03:50Et l'aventure commence.
03:52T'imagines.
03:53Alors, pour être précis, avant il y a eu la rencontre avec un ouvrier imprimeur de Rouen, qui s'appelle
03:59Gilbert Coulier, vous sympathisez, et là, bon, l'aventure commence.
04:03Alors, tu deviens son producteur, ensuite, il y aura Sardou, mais ce qu'il faut rappeler, c'est que t
04:11'as également approché à l'époque, très très vite, Bob Marley, Madonna, Michael Jackson.
04:17C'est-à-dire, là, t'as pignon sur rue, là.
04:18Voilà, très très, grâce à Pascal Bernardin, avec qui j'ai été associé pendant 15 ans, sans un papier et
04:26sans jamais un problème.
04:27Avec Pascal, on a fait les Rolling Stones, Michael Jackson, on a tout fait, oui.
04:31Allez, Johnny, encore et toujours et pour longtemps.
04:35Johnny, tu dis, pouvait m'agonir de reproches, c'était des crises qui ont duré 35 ans, ça l'amusait
04:40beaucoup.
04:41Car on ne peut pas connaître Johnny sans savoir qui pratiquait, j'en sais quelque chose, on l'a vécu
04:46tous les deux, on va y revenir dans un instant.
04:47Le deuxième degré.
04:49Il aimait bien jouer les fâchés, il aimait bien jouer les coléreux, alors qu'au fond du même, il était
04:53content.
04:54Absolument, et puis il aimait bien aussi que ses équipes, son entourage, se bouffle le nez.
04:58Oui.
04:59Ça adorait qu'on se bouffe entre nous, etc. et tout, il adorait ça, c'était une délectation pour lui.
05:04Alors, un mois avant le spectacle, traditionnellement, il te faisait la gueule.
05:08T'étais fini, il ne me parlait plus.
05:09Oui, et il te disait aussi, parce que je l'ai vu, finalement, je ne chanterai pas.
05:13Ça aussi, oui, oui, j'ai eu droit à ça.
05:16Combien de fois, mon Dieu.
05:17Combien de fois ?
05:18Est-ce que ce n'était pas le pré-tract ?
05:19C'était, alors, est-ce que c'était le pré-tract ?
05:22Ou est-ce qu'il voulait me mettre une pression supplémentaire pour que je me surpasse dans ce qu'on
05:26avait à faire ?
05:27Je ne sais pas.
05:28Mais c'était systématique.
05:30C'était, allô, Laetitia, dis-moi pour faire ça, etc. et tout.
05:32Je te rappelle, Johnny ne me prenait pas au téléphone.
05:35Alors, tu parles de la pression de Johnny.
05:37On a vécu ensemble pendant six mois d'écoutes téléphones réguliers.
05:42Tu as eu des insomnies, toi.
05:44Moi, mais nous sommes en janvier 98.
05:48Vous allez faire, car je ne peux pas dire tu que vous étiez tellement ensemble, le premier stade de France,
05:53le premier stade sous la pluie d'ailleurs.
05:54Et là, Johnny m'appelle en pleine nuit, je raconte sur scène, à 4h du matin, parce qu'il appelait
05:59toujours à 4h du matin, soit parce qu'il rentrait tard, ou il avait oublié le décalage horaire, il est
06:03aux quatre coins du monde.
06:03Et là, il me dit, c'est Johnny, 4h du matin, est-ce que tu as vu Apocalypse Now en
06:10pleine nuit ?
06:10Je veux que tu arrives, toi qui es pilote d'hélico du dimanche, en escadrille, avec moi, comme dans Apocalypse
06:17Now, au lieu d'attaquer le Vietnam, on va attaquer le stade de France, et tu me déposes sur la
06:21foule.
06:22Bonne nuit.
06:24Mais c'est vrai.
06:26Mais c'est vrai.
06:27Et je disais à Johnny, tous les 15 jours au téléphone, Johnny, c'est pas possible, sauf si c'est
06:33le SAMU, parce qu'il n'y a que le SAMU qui peut survoler la foule.
06:37Et lui, il me disait, eh ben, t'arrives avec cathélico du SAMU.
06:43Mais c'est vrai, c'est vrai tout ce qu'il vous raconte.
06:45Bon, et puis arrive le jour J, le premier concert, les trombes d'eau, et tu me cherches partout, parce
06:54qu'on sait que le concert ne va pas avoir lieu.
06:55Pourquoi ? Parce que moi, j'appelle la météo de Roland-Garros, qui est la plus précise.
06:59C'est l'époque de Roland-Garros qui me dit, Michel, il va pleuvoir jusqu'à une heure et demie
07:03du matin.
07:04Et il est 19h30.
07:05Qui va donc aller expliquer aux 85 000 personnes que c'est cuit ? C'est toi.
07:11Eh oui.
07:12Eh oui.
07:12Regarde, tu te souviens de ça ?
07:13Oh mon Dieu.
07:14Oh oui.
07:15Et pourquoi tu m'as cherché toute la soirée ?
07:17Eh ben, parce qu'au moment où il fallait faire l'annonce, on me dit, qui fait l'annonce ?
07:21Ben, je dis, Michel.
07:23Oui, il est Michel, il n'y avait plus de Michel Drucker.
07:25Il avait disparu.
07:26Et j'ai appris, dans un de ses spectacles, il n'y a pas longtemps, que j'étais voir deux
07:29fois, trois fois déjà,
07:31et tout, que tu étais parti avec Johnny, en fait.
07:33Non, mais, j'ai dit, Johnny, qu'est-ce qu'on fait ?
07:35Il me dit, on se barre.
07:38Et Johnny, pour éviter la foule énorme qui allait partir, faute de spectacle,
07:44il a pris la voiture, j'étais avec lui, et il m'a dit, avec sa douceur habituelle,
07:49Camus va se démerder.
07:50Et voilà comment tu te démerdes.
07:56Bon, Johnny, on va parler de Johnny pendant des années,
08:01parce que Johnny, personne n'a intégré qu'il n'était plus là, même toi.
08:05On ne peut pas imaginer qu'il n'est plus là, Johnny.
08:06C'est impossible.
08:07C'est impossible.
08:08Vous étiez fâché pendant des années, et heureusement, avant sa disparition,
08:14je crois que c'est Laetitia, sa femme, qui vous a réconcilié.
08:17En mai 2016, en mai 2016 à Bruxelles, en effet, Laetitia m'appelle et me dit,
08:24ne quitte pas, je ne suis pas Johnny.
08:26Ça faisait six ans que je ne l'avais pas entendu, comme si je ne l'avais quitté la veille.
08:30Et là, on ne s'est plus quitté.
08:33J'ai dîné chez lui à Bar de la Coquette.
08:35J'étais à Los Angeles au mois de mars dernier encore.
08:38J'étais avec lui tous ces derniers temps.
08:40Enfin bref.
08:42Mais il est toujours là.
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