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  • il y a 8 heures
Dans “Seul avec vous” sur France 3, Michel Drucker évoque l’hommage rendu à Johnny Hallyday dans son spectacle. Une séquence empreinte d’émotion et de souvenirs autour de leur longue relation professionnelle et amicale.

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:01C'est parti !
00:30C'est parti !
01:24C'est parti !
01:38C'est parti !
01:57C'est parti !
02:22Alors Johnny, il avait rencontré mon riche chevalier un jour qui lui avait dit, Johnny avait 18 ans, le grand
02:28chevalier lui avait dit, écoute bonhomme, je vais te donner un conseil pour les spectacles.
02:32C'est parti !
03:02C'est parti !
03:09C'est parti !
03:39Johnny, et alors là je vais vous raconter ce qui restera un de mes plus grands souvenirs quand j'aurai
03:44tiré ma révérence.
03:44Et il m'a encore dit, il m'a encore dit, il n'y a pas tellement longtemps de Johnny
03:47que ça restera son plus beau souvenir d'entrer en scène. Nous sommes en 98. Johnny doit chanter en septembre
03:56au Stade de France, ses trois premiers stades de France de sa carrière. C'est très important. D'autant qu
04:02'on ne sait pas, ni lui ni moi, que deux mois avant, Zidane et Deschamps vont gagner la Coupe du
04:07monde.
04:07Donc il va chanter dans un stade mythique. Et là, je sais qu'il camberge. Qu'est-ce que je
04:13vais faire comme entrée en faisant mon premier stade de France ? Et là, manque de bol pour moi.
04:20Il sait que j'aime tout ce qu'il vole, que je suis pilote privé d'hélico, un petit pilote
04:25du dimanche, mais j'ai mon diplôme. Et donc il m'appelle en janvier, 98, 4h du matin. Les Bahamas.
04:32Drin, drin.
04:33« Ah, c'est Johnny ! Qu'est-ce que tu fais ? » Je dis « Je dors. »
04:38« Ah ben réveille-toi. T'as vu Apocalypse Now ? Le film avec Coppola, tout ça, où ils attaquent
04:42le Vieux-et-Tame à quatre hélicoptères.
04:43Bon, on va attaquer le Stade de France à quatre hélicoptères et tu vas me déposer sur la fule. Bonne
04:46nuit. »
04:51Je lume la lumière. La femme me dit « Qu'est-ce que t'as ? Écoute, écoute, c'est
04:56dingue. J'ai rêvé que Johnny et moi, comme dans Apocalypse Now,
05:03on arrivait à quatre hélicoptères. Au lieu d'aller sur le Vietnam, on allait sur le Stade de France.
05:09J'étais le copilote, je faisais un stationnaire, je déposais sur la foule et je partais.
05:13T'as fait un cauchemar, remords-toi. C'est un mauvais rêve.
05:17Un mois plus tard, 4h du matin, Johnny. « C'est Johnny ! Qu'est-ce que tu fais ?
05:22»
05:23Je dis « Je dors. Tu dors tout le temps. » « Qu'est-ce qu'ils sont prêts, les
05:28hélicos ? »
05:29Je lui dis « Mais Johnny, t'es fou. On n'a pas le droit. » Je me suis renseigné.
05:33On n'a pas le droit. On ne peut pas survoler une foule en hélicoptère, sauf si c'est le
05:37SAMU ou les pompiers.
05:39Eh bien, on arrive avec quatre hélicos, les SAMU.
05:44Il ne m'a pas lâché. Jusqu'au mois de mai, il ne m'a pas lâché.
05:48Finalement, après, j'ai tapé à toutes les portes, même à l'Élysée, le ministère de l'Intérieur, la Seine
05:54-Saint-Denis, les pompiers, les assurants.
05:56J'obtiens un hélico.
05:58« Dis Johnny, réjouis-toi. On va pouvoir le faire avec un hélico. »
06:03« C'est pas beaucoup. »
06:04« Ah ouais. »
06:05« Un hélico. Alors, écoute bien ce qu'on va faire. On n'ira pas sur la foule, c'est
06:08interdit. »
06:09« On va décoller d'ici les Mouniaux, 50 mètres du sol. On sera à six minutes de ton entrée
06:13en scène. On va arriver. Là, on va faire un tour complet à Saint-Denis du stade qui est un
06:19ovale vue d'en haut.
06:20Et puis, on va faire un stationnaire à l'aplomb de ta scène. On va te descendre au bout d
06:25'un filet. Il y aura une croix. T'inquiète pas, on va en répéter la veille.
06:27On va te descendre à peu près une vingtaine de mètres en altitude. Tu vas enlever le mousqueton. Tu vas
06:32avancer. Tu vas saluer la foule comme Céline Dion à la proue du Titanic.
06:37Moi, je repartirai avec le pilote, avec le copilote. Et là, le temps d'une intro très longue, tu auras
06:44le temps de descendre sous la scène et tu sortiras de la scène.
06:48« Euh, j'ai rien compris. »
06:51« Eh bien, Johnny, on va répéter. » « Alors, on a répété. »
06:55Et voilà le repérage. Ce sont des images que peu de gens ont vues, vous savez.
06:59Donc voilà, le stade de France est en vue. Laetitia est derrière. Et voilà, tout est prêt.
07:0720h30, soir du concert. On va décoller. Johnny est concentré. C'est bruyant d'hélicoptère.
07:15On a nos casques. Je décolle. Hauteur du deuxième étage de la tour Eiffel. Direction la Défense.
07:22Et déjà, on aperçoit le stade de France. On arrive au-dessus de la Défense.
07:25J'ouvre la porte à glissière de l'hélicoptère pour que les caméras voient qu'on est vraiment au-dessus
07:29de Paris, au-dessus de la Défense.
07:31C'est incroyable comme image. Johnny regarde comme ça. Un bruit avec le rotor, etc.
07:36Et là, Johnny devient blanc. Et dans son casque, il mûle.
07:40« Arrête ça tout de suite, j'ai le vertige. »
07:46« Redéponge-moi tout de suite. J'ai le vertige. »
07:49Au bord des larmes. Il dit « Mais Johnny, tu chantes dans quatre minutes. »
07:52« Oui, mais j'ai le vertige. »
07:54« Même tout petit, j'avais le vertige. »
07:57« Et je crois que j'ai gerbé sur la Défense. »
08:01« Finalement, il n'a pas eu le vertige longtemps. »
08:05« Il s'est ressaisi. Il l'a fait. »
08:08« Il était très fier de ça. »
08:09« Mais fier, il m'en parlait tout le temps. »
08:11« Voilà. Et c'est un document que j'ai gardé pour moi longtemps, mais je vais vous le faire
08:15partager quand même. »
08:16« Voilà ce qu'il a fait. »
08:18« Voilà. On était à la Défense une minute avant. »
08:24« Voilà. Il n'a pas la tête d'un mec qui va gerber. »
08:27« 85 000 personnes. »
08:30« Voilà. Il va enlever le scoton. »
08:33« Concentré. »
08:36« Il va aller saluer. »
08:37« Il va même avoir la coquetterie de se passer la main dans les cheveux. »
08:40« Clac, clac. »
08:42« Voilà. Il fait ce qu'on lui avait demandé. Il salue la foule. »
08:46« Pendant ce temps-là, avec le copilote, nous, on repart poser l'hélicoptère. »
08:50« Et là, fumigène, 14 juillet, et il attaque une chanson inconnue à l'époque. »
08:57« Allumer le feu. »
08:58« Chapeau à l'artiste. »
09:10« Alors, moi, je retourne à l'hélicoptère. »
09:14« Avec une moto, on se dépêche, avec le pilote, pour voir au moins la fin du concert. »
09:17« On arrive. »
09:18« Voilà. Je vais dans sa loge après. »
09:20« Premier stade de France, c'est pas rien pour un chanteur. »
09:22« Et je vais dans sa loge. »
09:23« Je dis alors. T'as vu ? On a réussi. »
09:25« C'est ce qu'il me dit. »
09:26« Pourquoi t'as eu peur ? »
09:29« Ça, c'est Johnny. »
09:34« Johnny, ce que j'ai pu rire avec lui, un jour, je déjeune à Marina Coquette, avec toute la
09:43famille, il m'invite à déjeuner, que vous connaissez maintenant, si vous suivez Dallas, saison 2. »
09:49« Et donc, on déjeune, mais il est fatigué, évidemment, toujours fatigué, parce qu'il ne dort pas. »
09:56« Et donc, il est 13h, mais il vient de se réveiller, on parle quand même de son nouvel album,
10:01il est content de parler de tout ça. »
10:02« On descend à nos souvenirs. »
10:04« Et puis, c'est pas ce qui me prend. »
10:07« Au moment du dessert, je lui fais une réflexion qui va m'amener très très loin. »
10:13« Tu sais, Johnny, je les ai goûtés. Qu'est-ce qui sent bon tes yaourts ? »
10:19« Réflexion. Il n'a aucun intérêt. »
10:22« Mais vous allez voir l'importance qu'elle va avoir pour la suite. »
10:25« Et là, l'œil s'éclaire. »
10:28« Il me fait un cours sur le yaourt. »
10:31« Tout le monde me le dit. »
10:32« C'est des yaourts qui viennent de Suisse. »
10:33« J'ai fait venir un. »
10:35« Il y en a des billets, il y en a la poire, il y en a le fromage, il
10:38y en a la pomme, il y en a la fraise. »
10:40« Un quart d'heure sur ces yaourts. »
10:43« Ils viennent de Suisse. »
10:44« Mais tu devrais goûter également mes petits. »
10:46« Ils viennent du même endroit. »
10:47« Mes petits Suisses. »
10:51« Un cours sur les yaourts. »
10:52« Trois heures et quart, quinze heures quinze, je vais quand même rentrer. »
10:54« Ça a duré un peu longtemps de déjeuner. »
10:56« Il m'accompagne. »
10:58« Il m'a dit qu'il était très content que je sois là. »
10:59« Et il me dit, j'ai voulu faire plaisir à Danny, s'il connaît ma femme depuis longtemps. »
11:04« Je t'ai mis une caisse de yaourt dans le coffre. »
11:08« J'arrive chez moi, je dis, c'est quoi, c'est Johnny ? »
11:11« Mais t'as fait les courses maintenant, une caisse de yaourt. »
11:14« Un mois plus tard, canapé, viment dimanche, spécial Johnny Hallyday pour un album qui sort. »
11:20« Il est heureux, tous ses copains sont là. »
11:21« Il y a le louche, il y a Michel, il y a Jean Reno. »
11:24« Il est heureux, il y a... »
11:25« Puis au bout d'une heure, la lumière se baisse pour un nouvel extrait. »
11:30« Pendant l'extrait, dans la pénom, il se penche vers moi, il me dit, arrête ça tout de suite.
11:36»
11:37« Arrête ça tout de suite, viens dans ma loge. »
11:39« La lumière s'allume, j'invente un peu, pas technique. »
11:42« Excusez-nous, on a juste un petit problème technique, mais pas très longtemps. »
11:46« Direction la loge. »
11:50« Je le fais bien. »
11:52« C'est lui qui m'a montré. »
11:54« Je lui ai dit, un jour, je vais t'imiter. »
11:55« Il me dit, voilà ce qu'il faut que tu fasses. »
11:57« Alors on arrive, il ferme la porte de sa loge. »
12:00« Derrière, Camus, les maquilleuses, les gardes du corps, le coiffeur, la stevie. »
12:05« Qu'est-ce qui se passe ? »
12:06« Ça se passait tellement bien. »
12:07« Qu'est-ce que Michel a pu dire ? »
12:09« Et là, sérieusement, il me dit,
12:14« Tu sais que je t'aime beaucoup ? »
12:16« Et je t'ai jamais fait beaucoup de cadeaux. »
12:19« Eh bien, je t'aime les des yaourts. »
12:22« Je t'aime les yaourts. »
12:25« Je dis, Johnny, on est pratiquement en direct. »
12:30« On a encore une heure de télé à faire. »
12:32« Il y a plein de chanteurs qui attendent. »
12:33« Ça pouvait attendre après l'émission. »
12:36« Ça me tue, mais quand même. »
12:38« Non, non, c'est tout de suite. »
12:40« Gutes-en un, ça va te donner un cul-de-fouet. »
12:43« Bon, j'en ai guté un, ça m'a donné un cul-de-fouet. »
12:47« Et les gens n'ont jamais su pourquoi. »
12:49« Plus tard, parce qu'il n'étudie rien. »
12:51« Qu'est-ce qu'ils ont pu se dire dans la loge ? »
12:54« Vous imaginez ? »
12:55« Un mois plus tard, l'épisode n'est pas terminé. »
12:58« Je suis dans mon bureau, au-dessus de Gabriel. »
13:00« Il est 11h du matin. »
13:01« La porte s'ouvre. »
13:03« La secrétaire me dit, il y a Johnny à l'idée qu'elle a. »
13:05« Je dis, 11h du matin, c'est un sosie. »
13:08« À 11h, jamais. »
13:09« À 11h, Johnny, non. »
13:10« C'était lui. »
13:12« Euh, que que. »
13:14« J'ai été dans le quartier. »
13:16« Et je me suis dit, tiens, je vais faire plaisir à mon copain Michel. »
13:18« Je t'ai apporté des euros. »
13:22« Applaudissements »
13:29« Et si... »
13:32« Et si un des secrets de cette carrière magnifique pour Johnny, c'était pas les euros. »
13:37« Ah, c'est... c'est un personnage. »
13:41« Je vais vous raconter quelque chose que je n'avais pas prévu de vous raconter ce soir, mais je
13:43vais le faire. »
13:45« Ma dernière soirée, mes dernières heures avec Johnny, à Limoges, Zénith de Limoges, juste avant la tournée, Vieille Canaille,
13:53il est déjà pas bien. »
13:54« Et je vais préparer une émission de télé avec lui la nuit, on n'avait pas le choix. »
13:59« Et il chantait donc à Limoges. »
14:01« J'ai rendez-vous à 17h avec l'avion privé pour aller du Bourget à Limoges. »
14:37« Je dis, c'est toi qui chante à Limoges. »
14:40« Et vous oubliez. »
14:41« Finalement, il se réveille, on l'amène, le van, direction l'avion, il est titubant de fatigue. »
14:49« Mais fatigué, fatigué. »
14:52On monte dans l'avion, il se rendort. 20 minutes après, on est à Limoges. Il y a un van
14:57qui vient de chercher avec moi. Il arrive dans les coulisses du Zénith de Limoges.
15:03Une voiture électrique, genre voiture de golfeur, vient de chercher. Il l'amène dans Saint-Noël. Il s'assoit. Je
15:09lui donne un produit pour l'inhalation parce que mon père était pneumologue.
15:13Je connais ça par cœur. Je vois qu'il est en insuffisance respiratoire. Il a déjà son cancer qui est
15:17en route. Il est là. 18h.
15:22J'entends les 7000 personnes qui tapent du pied déjà. « Johnny, Johnny. » Il ne chante qu'à 20h.
15:29Il est là, mais Johnny... « C'est fou, ça. »
15:34Le manager Sébastien Ferrand ouvre la porte et Johnny lui dit « Je ne chanterai pas ce soir. »
15:41Et Ferrand me fait un clin d'œil. 6h30. « Johnny, Johnny, Johnny. » Il est toujours vraiment très mal.
15:48La porte s'ouvre. Il est 19h. Arrive le coiffeur. Mathieu. Il sort de sa torpeur. Un quart d'heure
15:57après, il a la banane. Il a déjà changé.
16:0019h15. « Johnny, Johnny, Johnny. » Dans trois quarts d'heure, il est sur scène. Arrive la billeuse. Il se
16:08regarde dans la glace. Il a déjà rajeuni de 10 ans.
16:12L'habilleuse arrive. La maquilleuse. Il se lève à 19h30, 19h45. Il enlève son peignoir. On lui met ses centiagues.
16:25Il rentre comme un torréador dans son habit de lumière.
16:28Il se lève devant moi. Il a grandi 10 centimètres. Il est comme ça. Il est moins fatigué. Il est
16:36blanc de peur parce qu'il a toujours peur.
16:39Un petit coup d'inhalation. Il dit « Je te laisse te concentrer. » « Non, tu viens avec moi.
16:43» Je le suis. Dans les coulisses qui mènent à la scène.
16:49Il n'est plus le même. J'ai dit « Mais ce n'est pas ce mec-là que j
16:53'ai vu il y a cinq heures au Bourget. Ce n'est pas possible. Ce que j'ai vu au
16:57Bourget, c'est son grand-père. »
16:59Et là, il rentre sur scène avec Poupeau et ses musiciens qui pouvaient être ses enfants. Et je lui dis
17:06« Mais ce n'est pas le même. »
17:07Pendant deux heures extraordinaires. Je vais le chercher à la sortie de la scène. Il sort. On lui enlève les
17:16centiagues.
17:16On lui met la chaise de golfeur pour le ramener dans la loge. Le coiffeur lui sèche les cheveux pour
17:23qu'il prenne froid. Il rentre dans la loge. Il a reperdu 10 centimètres. Il est à nouveau anéanti.
17:29On était à la 35e date. Il en a fait 90. Salut l'artiste.
17:46La dernière fois que j'ai eu au téléphone, Johnny m'a dit une chose magnifique. Il m'a dit
17:50« J'ai été jeune tellement longtemps que je ne me suis pas vu vieillir. »
17:56C'est magnifique.
17:57C'est magnifique.
18:29C'est magnifique.
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