00:00Savez-vous d'où vient le mot canicule ?
00:03Eh bien, de la Rome antique.
00:05Les anciens romains, en effet, attribuaient cet épisode de chaleur intense
00:09à la réapparition mystérieuse d'une étoile,
00:11si lumineuse qu'on la voyait briller dès l'aube.
00:14Connue de nous sous le nom de Sirius,
00:17elle était appelée alors Canicula, c'est-à-dire Petite Chienne,
00:21et elle constituait l'astre principal de la constellation dite du Grand Chien.
00:26Les romains la surnommaient-ils Petite Chienne
00:29pour minimiser la peur qu'ils en avaient.
00:32Le retour dans le ciel de Canicula signifiait en effet pour eux
00:35que la chaleur allait augmenter,
00:37la puissance de l'étoile venant s'ajouter à celle du soleil.
00:41Les mers bouillonnent, les vins fermentent dans les celliers,
00:45les eaux stagnantes s'agitent.
00:46C'est Pline l'Ancien au 1er siècle qui nous dit ça,
00:50ajoutant alors que pendant la canicule,
00:52les chiens étaient plus exposés à la rage.
00:55C'est peut-être l'origine de notre expression, une chaleur de bête.
00:59Aujourd'hui, nous savons que les épisodes caniculaires
01:02n'ont pas pour cause le retour d'une étoile
01:04et qu'il s'agit de phénomènes météorologiques naturels.
01:08Mais nous savons aussi par les rapports du GIEC
01:10que de façon virtuellement certaine,
01:13selon la terminologie du GIEC,
01:14c'est-à-dire une probabilité de 99%,
01:17le réchauffement climatique induit par les activités humaines
01:21les rendra plus fréquentes et plus intenses.
01:24Autrement dit, quand vient, comme le disait le poète romain Horace,
01:28l'heure atroce de la canicule enflammée,
01:31en latin ça donne hora atrox caniculae flagrantis,
01:36il ne sert plus à rien d'aboyer comme des chiens en levant les yeux au ciel,
01:40il convient plutôt de reconsidérer la terre,
01:43celle que nous habitons,
01:44et de nous demander comment nous comptons le faire désormais.
01:47L'erreur romaine était due à l'ignorance,
01:50la nôtre est moins excusable,
01:52puisque trop longtemps,
01:54elle s'est apparentée à du déni.
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