- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Justement, tiens, on va commencer en parlant avec nos invités, on va commencer à évoquer la canicule.
00:05Charles Consigne, dans le signe et consigne, bonsoir.
00:06Bonsoir.
00:07Et Aurélien Pradié, député non inscrit du LOT, bonsoir.
00:10Bonsoir.
00:10Ça doit cogner dans le LOT, là, en ce moment.
00:12Enfin, vous n'êtes pas en vigilance, vous êtes en vigilance rouge ?
00:14Vigilance rouge, depuis déjà quelques jours, on a organisé, y compris mon école à la Bastille-Mura, hier.
00:20Nous, les enfants sont scolarisés, ils continuent à l'être.
00:22Il y a de la clim dans l'école ou pas ?
00:24Il n'y a pas de clim dans l'école, mais il y a de la clim dans la mairie,
00:25donc on a une grande salle dans laquelle on accueille les enfants, pour se organiser, quoi, voilà, tout simplement.
00:30Et qu'est-ce que vous pensez du débat 1800 écoles fermées, clim, pas clim,
00:37des oppositions politiques sur on n'a pas planifié, il faut planifier ?
00:40Ça brasse de l'air, ça brasse du vent, c'est un débat utile ou pas, là ?
00:44Je vais vous dire les choses comme je l'ai pensé.
00:46Je pense qu'on est chez les dingos.
00:48Il fait 39 à Cahors, en ce moment-là.
00:49Il fait 39 à Cahors.
00:51On se demande aujourd'hui si on va climatiser des salles de classe
00:54en se disant que la meilleure option, c'est sûrement de renvoyer les gamins chez eux.
00:57Vous voyez quand même la situation, c'est-à-dire qu'on a un pic de canicule
01:00et on renvoie des milliers de gamins chez eux sans se demander comment les parents s'organisent,
01:04sans se demander les conséquences, y compris sur l'activité économique.
01:07Je le redis, mais y compris cet après-midi à l'Assemblée nationale,
01:09nous débattions de l'opportunité ou pas de climatiser des écoles, on est chez les fous.
01:13Évidemment qu'il faut climatiser les écoles.
01:15C'est le B.A.B. de l'urgence de la gestion
01:17et nous ne devrions même pas avoir besoin d'en débattre.
01:18Il y a des hôpitaux qui ne sont pas climatisés, il y a des chambres d'hôpital où il fait
01:2235 degrés.
01:23On a eu les débats sur les EHPAD, vous vous souvenez de la canicule, la dernière, qui a fait des
01:27ravages.
01:28On a une seule pièce climatisée dans les EHPAD et pas d'avantage.
01:30Donc il devrait y avoir un consensus, mais ce n'est pas possible.
01:33Vous avez entendu tout ça l'heure.
01:34Nous ne devrions même pas avoir besoin de ce débat-là.
01:36Qu'on ait un débat général sur le changement climatique, évidemment,
01:40mais là il s'agit de la gestion de bon sens, juste de la gestion de bon sens.
01:43Et s'il y a encore des dingos pour vouloir faire de l'idéologie sur la question des climatiseurs,
01:48je le redis, c'est qu'on est chez les fous.
01:50– Je suis d'accord, je pense qu'il est quand même grand temps maintenant
01:54de sortir de la logique de l'exception.
01:57Ça fait maintenant, ça doit faire 10 ans ou 15 ans,
02:01où moi j'ai quasiment toujours connu des étés caniculaires et des hivers
02:05avec de la neige, du verglas, des froids exceptionnels, etc.
02:10Or, à chaque fois, chaque année, on a l'impression que c'est,
02:14pour la première fois, ouh là là, il fait 40 degrés dans telle ville,
02:18ouh là là, on va devoir fermer les écoles, etc.
02:21On a l'impression que c'est exceptionnel.
02:22Je pense qu'il faut, maintenant, même si ça ne fait pas plaisir,
02:26il faut passer à la logique de la régularité.
02:29C'est-à-dire que ça va nous arriver maintenant tous les ans,
02:32on voit que ça arrive de plus en plus tôt, et donc il faut s'adapter.
02:35Il y a un blocage psychologique dans la classe politique
02:38parce que la gauche et les écolos, d'abord, refusent la clim
02:44pour des raisons idéologiques,
02:46refusent en fait l'adaptation au réchauffement climatique
02:50parce qu'elles voudraient qu'on reste sur la manière
02:53d'enrayer le réchauffement climatique.
02:55On voit bien leurs propositions sur l'avion.
02:59J'entendais, il n'y a pas très longtemps,
03:01David Béliard, le maire du 11e arrondissement,
03:04il expliquait qu'il ne fallait plus prendre l'avion, en gros.
03:06Donc il y a toute une partie de la classe politique
03:09qui voudrait qu'à l'échelle de la France,
03:12on lutte tout seul contre le réchauffement climatique
03:14et que du coup, il n'y ait pas forcément besoin de s'adapter.
03:17Et en fait, on comprend qu'eux, ils vivent comme un aveu d'échec
03:20sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, l'adaptation.
03:23Moi, je pense qu'on peut faire les deux.
03:25Oui, non seulement on peut faire les deux,
03:27vous avez raison de dire que derrière les positions idéologiques de certains
03:30se cachent la volonté aussi de mettre à l'arrêt le pays.
03:33C'est-à-dire qu'idéologiquement, chez certains écologistes,
03:36il y a cette idée de décroissance qui consiste à dire
03:39écoutez, si pendant quelques jours le pays est à l'arrêt,
03:41ce n'est pas si grave.
03:42Ce qui d'ailleurs, idéologiquement, est fou.
03:44Parce que tous les enfants qui vont être sortis de l'école
03:47parce qu'on n'est pas capable de les accueillir,
03:49pour certains milieux plus favorisés,
03:51on va pouvoir accueillir ces enfants à la maison,
03:53peut-être même leur faire quelques devoirs.
03:55Mais pour les enfants les plus défavorisés,
03:57le fait que l'école de la République soit fermée,
03:58c'est une perte de chance.
03:59Mais si nous allons au fond des choses,
04:01au-delà du seul sujet des climatiseurs,
04:03qu'est-ce qui aujourd'hui met en panique les pouvoirs publics
04:05dans le pays avec la question de la canicule ?
04:07C'est la question de nos capacités hospitalières
04:10à gérer une crise d'urgence.
04:11Et pas avoir des milliers de morts comme on a vu en 2000.
04:13Et c'est ça qui est dramatique,
04:15c'est que désormais, tous nos services publics,
04:17y compris les plus fondamentaux,
04:19fonctionnent en permanence en mode dégradé.
04:21Pourquoi ?
04:21En permanence.
04:22On est dans un pays qui est suradministré,
04:24qui n'arrive pas à planifier, à y apprendre de ses erreurs.
04:27Mais vous voyez, sur ce sujet-là,
04:28comme sur tous les autres sujets politiques,
04:30moi je pense profondément que nous sommes à une fin d'époque.
04:33À une fin d'époque institutionnelle,
04:34à une fin d'époque économique dans le modèle qu'on a pu connaître,
04:37à une fin d'époque institutionnelle et organisationnelle.
04:40Et donc tous les symptômes sont là.
04:42Tout craque.
04:43Aujourd'hui, la crise que nous connaissons sur un épisode caniculaire,
04:46c'est un petit symptôme d'un effondrement plus général du pays.
04:50Nous sommes la septième puissance mondiale,
04:53nous sommes considérés comme telles,
04:54et on n'est pas foutu, pardon, d'être brutal,
04:57on n'est pas foutu de gérer une semaine de crise caniculaire.
05:01Et le sujet, ce n'est pas seulement la canicule.
05:03Le sujet, je le redis, sur nos établissements hospitaliers,
05:05c'est l'organisation hospitalière dans son ensemble.
05:08On a dégradé.
05:09Puisqu'on parle de la gestion hospitalière et de notre administration,
05:13le dernier exemple en dramatique, c'est l'affaire Liana.
05:17C'est la mort de la petite Liana, 11 ans.
05:20On a entendu le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur
05:25prononcer les premières sanctions contre des magistrats et deux gendarmes.
05:28Et puis, il y a les enseignements à en tirer,
05:31il y a les manifestations des féministes pour dire
05:34stop, on ne veut plus de ces violences faites aux femmes,
05:37on ne veut plus de ces violences faites aux enfants.
05:39Il y a une loi qui s'appelle la loi intégrale.
05:41Il faut qu'elle soit portée,
05:43et c'est d'ailleurs ce qu'a dit aujourd'hui Sébastien Lecornu, le Premier ministre.
05:47La semaine du 20 juillet, nous réunirons l'ensemble des présidents de groupe
05:52pour travailler sur ce sujet, ce qui permettra,
05:55M. le Président Vallaud, de saisir là où les commissions,
05:58c'est votre affaire, ici même à l'Assemblée nationale au mois de septembre,
06:02et je provisionne du temps du gouvernement avant le PLF,
06:06au début du mois d'octobre, pour permettre de discuter du texte,
06:10ainsi travaillé, ainsi construit, avec, ne nous trompons pas,
06:15énormément de travail cet été pour arriver à quelque chose qui soit,
06:20au fond, à la hauteur de ce qu'attendent un certain nombre d'acteurs.
06:25Cette loi intégrale, elle est portée par 150 associations.
06:28C'est un projet qui veut une justice spécialisée,
06:32qui veut améliorer les dépôts de plainte,
06:36mobiliser un budget, un minima qui est un budget de 344 millions,
06:40le texte prévoit 2,5 milliards d'euros annuels
06:42pour indemniser les victimes.
06:46Est-ce que c'est une bonne réponse, cette loi intégrale, ou pas ?
06:49Ou c'est plutôt une question d'administration,
06:50parce que le code pénal répond à tout ?
06:52– Exactement, c'est-à-dire que moi je pense que,
06:55on croit toujours en France qu'on va résoudre tous les problèmes avec des lois.
07:00On n'arrête pas, dès qu'il y a un drame, de faire des lois,
07:02et après, les lois ne sont pas toujours appliquées.
07:06Moi, honnêtement, si ça peut traduire un peu plus de volontarisme, etc., why not ?
07:12Mais le vrai sujet, à mon sens, n'est pas du tout celui-là.
07:15Le vrai sujet, c'est qu'on a un budget de l'État régalien qui est très faible
07:19par rapport au budget de la protection sociale au sens large,
07:22les retraites, la sécurité sociale, l'assurance chômage,
07:25que tant qu'on fait ce choix de mettre en réalité
07:28tout l'argent public sur la protection sociale,
07:31on ne peut pas demander au volet régalien d'être efficace.
07:35Et ensuite, c'est ce qu'on disait sur la canicule,
07:37mais effectivement, c'est valable sur tous les sujets,
07:39il y a une espèce de démobilisation.
07:42Et sur la justice, singulièrement, il y a eu l'idée,
07:45qui, heureusement, est battue en brèche par la population elle-même,
07:48qui est qu'au fond, nous n'avions plus de service public de la justice.
07:51C'est-à-dire qu'on s'était, au fond, rendus à l'idée
07:55qu'avant d'obtenir une décision de justice satisfaisante,
07:59il fallait soit avoir beaucoup de chance,
08:01soit éventuellement avoir beaucoup de moyens,
08:03mais que, globalement, on avait affaire à un système
08:05qui ne tenait plus debout, qui ne fonctionnait plus.
08:07Et donc, moi, je pense que le problème,
08:09il est surtout dans la volonté politique
08:11et dans la mobilisation des agents publics
08:13qui sont en charge du service public de la justice.
08:16Mais il faut voir une chose, et je termine par là,
08:18c'est que la justice pénale, comme la justice civile d'ailleurs,
08:21mais la justice pénale, c'est plus grave,
08:22parce que ça aboutit à ce genre de drame,
08:24elle est extrêmement engorgée dans l'ensemble.
08:26Sauf que, donc c'est surtout un problème de volume
08:28de cas à traiter, et donc de budget,
08:31mais sauf que dans le cas d'espèces,
08:33ce n'était pas un sujet d'engorgement,
08:35c'était un sujet de démobilisation
08:40des agents sur le terrain.
08:41Donc si tout ça peut remobiliser, c'est bien,
08:43mais ça montre d'ailleurs,
08:44et ça montre que les politiques, pour le coup,
08:46servent à quelque chose quand ils mobilisent le système.
08:49C'est-à-dire qu'il faut beaucoup d'émotions,
08:51beaucoup de colère pour arriver à répondre correctement ?
08:55D'abord, ce n'est pas un sujet nouveau.
08:58Moi, ça a été ma première, pas fierté,
09:00mais mon premier grand souvenir à l'Assemblée nationale
09:03lorsque j'ai été élu député.
09:04En 2019, j'ai porté une loi qui a été adoptée à l'unanimité,
09:07qui notamment a généralisé le bracelet anti-rapprochement,
09:10qui était en attente depuis des années,
09:11qui a accéléré le délai des ordonnances de protection, etc.
09:14Et cette loi, je l'ai faite voter à l'unanimité,
09:16c'était en 2019.
09:18Et à l'époque, on a fait un pas gigantesque.
09:20En 2022, je fais voter une nouvelle loi
09:22pour la création d'une juridiction spécialisée.
09:25Ce dont nous parlons là.
09:26Voter en première lecture à l'Assemblée nationale
09:28contre l'avis du gouvernement,
09:30un des gouvernements d'Emmanuel Macron.
09:322022, ce n'est pas si vieux.
09:33Cette loi-là, elle n'est pas allée au-delà
09:35de la première lecture à l'Assemblée nationale.
09:37Donc, c'est un sujet ancien.
09:39Et là où j'adhère à une partie de ce que les associations disent,
09:43c'est qu'on ne peut pas se satisfaire seulement
09:46de détecter des anomalies individuelles.
09:48Nous avons un double sujet dans notre civilisation,
09:51qui est à la fois celui des violences intrafamiliales
09:54à l'égard des femmes et des hommes,
09:56au sein de la cellule familiale qui jusque la protégeait,
09:59et de prédation à l'égard des enfants.
10:01Nous avons des volumes, des volumes aujourd'hui gigantesques,
10:05de phénomènes de prédation, y compris organisés envers les enfants.
10:08Les réseaux sociaux étant devenus de nouveaux outils,
10:11de nouvelles plateformes pour cela.
10:12Et on ne peut pas...
10:13Et on l'a vu avec le périscolaire à Paris.
10:14Bien sûr.
10:14Et on ne peut pas fermer les yeux sur ce qui est un phénomène de société.
10:18D'une société contemporaine, consumériste,
10:20dans laquelle tout se consomme,
10:22pardon d'être aussi violent et brutal,
10:23y compris parfois les enfants et toute forme de sexualité,
10:27y compris les plus insupportables.
10:28Et nous devons avoir ce regard-là.
10:30Pour ce qui est de la loi en question.
10:32La loi intégrale.
10:32La loi intégrale.
10:33Est-ce qu'elle y répond ou pas ?
10:34Je ne sais pas.
10:35On se dit politiquement,
10:36comme ça, les associations féministes vont être satisfaites.
10:40Je ne sais toujours pas ce qu'il y a dedans.
10:42Et pour tout vous dire, après notre discussion,
10:45je serai à Matignon pour en discuter.
10:47La juridiction spécialisée,
10:48je l'ai portée et je pense qu'elle est nécessaire
10:50parce qu'elle a été notamment portée en Espagne,
10:52elle a été efficace.
10:53Il faut des moyens supplémentaires, c'est vrai.
10:55Mais voyez bien l'artifice.
10:57Tout à l'heure, dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale,
10:58le Premier ministre a confondu ou associé deux sujets.
11:02Le risque de motion de censure et la loi intégrale.
11:05Presque comme une espèce de chantage politique.
11:08Et c'est ça qui est extrêmement dangereux dans ce moment.
11:10C'est qu'on va rentrer dans une phase
11:12où le gouvernement va avoir comme obsession,
11:14comme il l'a depuis quelques mois,
11:15de se sauver, quel que soit le coup.
11:18Sauf que le sujet est si grave
11:20qu'on ne pourra pas couper à des mesures fortes.
11:22La juridiction spécialisée, je pense qu'elle est fondamentale.
11:24Y compris pour faire l'instruction et pour faire le jugement
11:28et pour associer le pouvoir civil et le pouvoir pénal.
11:30Charles Consigny, vous êtes avocat.
11:31Je vais vous donner un exemple.
11:32Un exemple très concret.
11:34Le bracelet anti-rapprochement,
11:35qui est un outil qui a sauvé des milliers de femmes
11:36depuis la loi de 2019.
11:38Il n'en a pas suffisamment.
11:39Non.
11:39Mais nous avons un sujet.
11:40C'est que ce bracelet, il est décidé par un juge civil.
11:44Ce juge civil, il n'a pas de pouvoir coercitif sur le prévenu.
11:49Il ne peut pas lui imposer le bracelet.
11:51Il ne peut porter le bracelet que s'il est d'accord pour le faire.
11:53Quelques menaces, mais c'est très superficiel.
11:56Il faut une juridiction spécialisée pour que ce soit un juge pénal
11:59qui délivre ce bracelet.
12:00Tout ça, ça peut paraître un peu technique.
12:02Mais c'est fondamental si on veut vraiment protéger.
12:05Oui, mais il me semble que vous faites un peu l'impasse
12:07sur l'aspect budgétaire des choses
12:09et sur la répartition entre le budget de la justice,
12:13c'est 10 milliards d'euros.
12:15Le budget de la protection sociale, c'est 650 milliards d'euros.
12:19Je vous entends de temps en temps,
12:21vous êtes plutôt sur la ligne d'une droite dite sociale.
12:24En tout cas, j'ai plutôt l'impression que c'est ça votre...
12:27J'allais dire votre créneau, mais c'est un peu trivial.
12:29Vous avez viraillé contre la réforme des retraites, je vous rappelle.
12:31Vous étiez contre la réforme des retraites, par exemple.
12:33Contre cette réforme de retraite inopérante.
12:35Oui, mais moi, honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse,
12:39par exemple, s'opposer à la dernière réforme des retraites
12:41et en même temps dire qu'on va mieux traiter
12:44la question des violences sexuelles.
12:48Je pense qu'on doit faire des choix dans ce pays à un moment donné.
12:51On ne peut pas à la fois rester un pays
12:53où on biberonne tout le monde à l'argent public
12:55et en même temps un pays qui veut avoir la meilleure justice
12:57et la meilleure police du monde.
12:58Je pense qu'il faut être plus clair et faire des choix plus tranchés.
13:04Nous pouvons être très clairs.
13:04Je vous invite à ne pas céder à la facilité.
13:07Vous n'y cédez pas en général, n'y cédez pas cette fois-ci.
13:09La dernière réforme des retraites a été financièrement inopérante.
13:14Absolument inopérante.
13:15Et à l'époque, je disais, ce que d'ailleurs tout le monde dit désormais,
13:18c'est que si nous voulions faire une vraie réforme,
13:20il fallait la faire totalement.
13:22Notamment une réforme qui privilégiait la durée de cotisation sur l'âge légal.
13:25Je le disais à l'époque, tout le monde le dit aujourd'hui.
13:27Donc plus d'âge légal, vous n'êtes plus pour l'âge légal.
13:29Non, je suis favorable à la durée de cotisation.
13:31Je l'ai toujours été.
13:32Mais pourquoi est-ce que je donne cet exemple-là ?
13:33Et de la capitalisation ?
13:34Oui, mais l'un va avec l'autre en réalité.
13:36Et c'est ce que je disais à l'époque.
13:37Mais pourquoi est-ce que j'insiste sur ce point ?
13:39Parce qu'en fait, aujourd'hui,
13:41vous ne pouvez plus réformer ce pays à moitié.
13:44Sur tous les sujets.
13:46Depuis les retraites, jusqu'à la protection de nos enfants,
13:49il faut tout reprendre à la base.
13:51Et je fais partie de ceux qui parfois passent un peu pour des uluberlus,
13:55parce que je dis désormais c'est tout ou rien.
13:57J'en ai marre de me satisfaire de petits pas qui ne sont que des manières de reculer.
14:01Oui, mais regardez, la réforme qu'avait fait Sarkozy de passer de 62 à 64 ans,
14:06elle avait fait gagner énormément d'argent au cas de retraite.
14:08Vous avez raison.
14:09De mémoire, 20 milliards d'euros.
14:10Un peu moins que ça, quasiment la moitié.
14:12Mais elle a été opérante à une époque qui n'est plus celle que nous connaissons aujourd'hui.
14:16Nous sommes arrivés au bout du rouleau.
14:17Enfin, là, résultat, il n'y a plus du tout de réforme des retraites.
14:19Eh bien, c'est pour ça qu'il faudra la refaire totalement.
14:22Moi, je suis désolé, mais je ne me suis pas engagé en politique,
14:24ni même vous d'ailleurs, je le crois, pour me satisfaire de la gestion de la misère.
14:28D'accord.
14:28Sauf que là, les deux formations politiques qui apparemment sont en tête des sondages
14:35dans la perspective de la présidentielle.
14:37Il y en a une, la gauche, la France insoumise,
14:39qui veut revenir à la retraite à 62 et même à 60 ans.
14:42Et puis, vous avez le Rassemblement national qui est très ambigu sur la retraite,
14:47qui n'est pas clair.
14:48Donc, la perspective à ce moment-là pour sauver le système ou réformer le système.
14:54Mais c'est précisément parce qu'au milieu,
14:58plus personne n'a l'ambition de changer la vie de nos concitoyens
15:01qu'entre le Rassemblement national et la France insoumise,
15:04vous n'avez qu'un agrégat de gestionnaires de la misère,
15:07que les deux polarités se renforcent comme elles se renforcent.
15:10Le jour où il y aura, au milieu des révolutionnaires,
15:13des femmes et des hommes qui enfin disent,
15:15désormais, on va faire table rase de tout ce qu'ils ne font.
15:18Oui, mais quelle révolution ?
15:19Quelle révolution ?
15:20Une révolution libérale ?
15:22Une révolution...
15:23Une révolution à la mille avec la tronçonneuse ?
15:25Oui, on peut utiliser tous les mots gadget que l'on veut.
15:28Non, ce n'est pas gadget.
15:29C'est bien de dire une révolution, mais il faut savoir dans quel sens elle va.
15:33Parce que Emmanuel Macron a écrit révolution.
15:35Il a déçu beaucoup.
15:37Mais Mélenchon, il veut une révolution aussi dans son genre.
15:39Alors je vais préciser, vous avez raison, je vais préciser.
15:42D'abord, je veux rappeler que les gaullistes ont toujours été des révolutionnaires.
15:45Qu'à la fin de la IVe République, sans remonter dans notre histoire trop ancienne,
15:48ceux qui voulaient faire sauter ce qui ne marchait pas, c'était les gaullistes.
15:52Les gaullistes n'ont jamais été des conservateurs du système.
15:54Comme aujourd'hui, certains à droite le sont.
15:56Les gaullistes ne sont pas des trouillards.
15:57Et donc, je ne considère pas être un trouillard.
15:59Pour moi, la seule révolution qui vaille aujourd'hui,
16:01c'est une révolution qui est capable de protéger nos concitoyens.
16:04Vous avez raison de dire que nous devons recibler l'essentiel des moyens
16:07sur la protection de nos concitoyens, y compris de nos enfants.
16:10Vous avez raison de dire que sur le système social,
16:12nous devons redonner plus de liberté.
16:15Et pour moi, la clé, c'est la question de la valorisation du travail.
16:18Ça vous paraît bateau de le dire, mais le cœur du sujet, c'est le salaire.
16:21Le vrai salaire.
16:21Le salaire, il est notamment impacté par les charges qui financent les retraites.
16:24Eh bien, voilà les débats qu'il faut que nous ayons.
16:26Il faut savoir ce qu'on veut faire.
16:27C'est ce qui viendra dans les mois qui viennent.
16:29Alors, ce sera Aurélie, après 2027, vous allez y aller, vous aussi ?
16:34En octobre, en novembre ?
16:35Non, Charles Consigny va...
16:36Parce que tous les soirs, on a quelqu'un qui nous donne une échéance cet automne.
16:40À l'automne, on aura 200 candidats.
16:42En effet, et je ne ferai pas partie des 200 candidats ridicules
16:45qui, pour se faire mousser, vont annoncer qu'ils sont candidats en 2027.
16:48Mais vous en avez choisi un ?
16:49Non, j'en ai choisi aucun, parce qu'il n'y a aucun potable.
16:52Voilà, c'est tout.
16:53Et donc, il va falloir construire autre chose ici en 2027.
16:56Un peu de dignité, donc, du coup, c'est ce que vous demandez ?
16:58C'est le titre de votre livre ?
16:59Il y a beaucoup de dignité, livres dans lesquels sont rassemblés, d'ailleurs,
17:02des personnalités très différentes,
17:04qui peut-être, ici ou ailleurs, pour 2027,
17:07peuvent fabriquer autre chose que le scénario,
17:10que les scénarios misérables auxquels on est confrontés aujourd'hui.
17:13Merci d'être venu débattre avec Charles Consigny.
17:15Merci, M. le député Pradi.
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