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  • il y a 3 mois
Un épisode caniculaire "étendu, durable et intense" est en cours en France. Des centaines de records de chaleur ont déjà été battus hier, avec des températures dépassant la barre des 40°C. Ce mardi 23 juin, 54 départements sont en vigilance rouge canicule.

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Transcription
00:00D'accord, je pense qu'il est quand même grand temps maintenant de sortir de la logique de l'exception.
00:06Ça fait maintenant, ça doit faire 10 ans ou 15 ans où moi j'ai quasiment toujours connu des étés
00:12caniculaires
00:13et des hivers avec de la neige, du verglas, des froids exceptionnels, etc.
00:19Or, à chaque fois, chaque année, on a l'impression que c'est pour la première fois,
00:24ouh là là, il fait 40 degrés dans telle ville, ouh là là, on va devoir fermer les écoles, etc.
00:29On a l'impression que c'est exceptionnel.
00:31Je pense qu'il faut, maintenant, même si ça ne fait pas plaisir, il faut passer à la logique de
00:36la régularité.
00:38C'est-à-dire que ça va nous arriver maintenant tous les ans, on voit que ça arrive de plus
00:41en plus tôt,
00:42et donc il faut s'adapter.
00:43Il y a un blocage psychologique dans la classe politique parce que la gauche et les écolos,
00:51d'abord, refusent la clim pour des raisons idéologiques,
00:54refusent en fait l'adaptation au réchauffement climatique
00:58parce qu'elles voudraient qu'on reste sur la manière d'enrayer le réchauffement climatique.
01:04On voit bien leurs propositions sur l'avion.
01:08J'entendais, il n'y a pas très longtemps, David Béliard, le maire du 11e arrondissement,
01:12il expliquait qu'il ne fallait plus prendre l'avion, en gros.
01:15Donc il y a toute une partie de la classe politique qui voudrait en fait qu'à l'échelle de
01:20la France,
01:20on lutte tout seul contre le réchauffement climatique
01:23et que du coup, il n'y ait pas forcément besoin de s'adapter.
01:25Et en fait, on comprend qu'eux, ils vivent comme un aveu d'échec
01:29sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, l'adaptation.
01:32Moi, je pense qu'on peut faire les deux.
01:34Oui, non seulement on peut faire les deux,
01:35vous avez raison de dire que derrière les positions idéologiques de certains
01:39se cache la volonté aussi de mettre à l'arrêt le pays.
01:42C'est-à-dire qu'idéologiquement, chez certains écologistes,
01:45il y a cette idée de décroissance qui consiste à dire
01:47écoutez, si pendant quelques jours le pays est à l'arrêt, ce n'est pas si grave.
01:51Ce qui d'ailleurs, idéologiquement, est fou.
01:52Parce que tous les enfants qui vont être sortis de l'école
01:56parce qu'on n'est pas capable de les accueillir,
01:58pour certains milieux plus favorisés, on va pouvoir accueillir ces enfants à la maison,
02:01peut-être même leur faire quelques devoirs.
02:03Mais pour les enfants les plus défavorisés,
02:05le fait que l'école de la République soit fermée, c'est une perte de chance.
02:07Mais si nous allons au fond des choses, au-delà du seul sujet des climatiseurs,
02:11qu'est-ce qui, aujourd'hui, met en panique les pouvoirs publics dans le pays
02:14avec la question de la canicule ?
02:15C'est la question de nos capacités hospitalières à gérer une crise d'urgence.
02:20Et c'est ça qui est dramatique.
02:23C'est que désormais, tous nos services publics, y compris les plus fondamentaux,
02:27fonctionnent en permanence, en mode dégradé.
02:30En permanence.
02:30On est dans un pays qui est suradministré, qui n'arrive pas à planifier,
02:34à y apprendre de ses erreurs.
02:35Mais vous voyez, sur ce sujet-là, comme sur tous les autres sujets politiques,
02:38moi, je pense profondément que nous sommes à une fin d'époque.
02:41À une fin d'époque institutionnelle, à une fin d'époque économique,
02:44dans le modèle qu'on a pu connaître, à une fin d'époque institutionnelle et organisationnelle.
02:49Et donc, tous les symptômes sont là.
02:51Tout craque.
02:51Aujourd'hui, la crise que nous connaissons sur un épisode caniculaire,
02:55c'est un petit symptôme d'un effondrement plus général du pays.
02:58Nous sommes la septième puissance mondiale.
03:01Nous sommes considérés comme telles.
03:03Et on n'est pas foutus, pardon, d'être brutal,
03:05on n'est pas foutus de gérer une semaine de crise caniculaire.
03:09Et le sujet, ce n'est pas seulement la canicule.
03:11Le sujet, je le redis, sur nos établissements hospitaliers,
03:13c'est l'organisation hospitalière dans son ensemble, qu'on a dégradé.
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