00:00D'accord, je pense qu'il est quand même grand temps maintenant de sortir de la logique de l'exception.
00:06Ça fait maintenant, ça doit faire 10 ans ou 15 ans où moi j'ai quasiment toujours connu des étés
00:12caniculaires
00:13et des hivers avec de la neige, du verglas, des froids exceptionnels, etc.
00:19Or, à chaque fois, chaque année, on a l'impression que c'est pour la première fois,
00:24ouh là là, il fait 40 degrés dans telle ville, ouh là là, on va devoir fermer les écoles, etc.
00:29On a l'impression que c'est exceptionnel.
00:31Je pense qu'il faut, maintenant, même si ça ne fait pas plaisir, il faut passer à la logique de
00:36la régularité.
00:38C'est-à-dire que ça va nous arriver maintenant tous les ans, on voit que ça arrive de plus
00:41en plus tôt,
00:42et donc il faut s'adapter.
00:43Il y a un blocage psychologique dans la classe politique parce que la gauche et les écolos,
00:51d'abord, refusent la clim pour des raisons idéologiques,
00:54refusent en fait l'adaptation au réchauffement climatique
00:58parce qu'elles voudraient qu'on reste sur la manière d'enrayer le réchauffement climatique.
01:04On voit bien leurs propositions sur l'avion.
01:08J'entendais, il n'y a pas très longtemps, David Béliard, le maire du 11e arrondissement,
01:12il expliquait qu'il ne fallait plus prendre l'avion, en gros.
01:15Donc il y a toute une partie de la classe politique qui voudrait en fait qu'à l'échelle de
01:20la France,
01:20on lutte tout seul contre le réchauffement climatique
01:23et que du coup, il n'y ait pas forcément besoin de s'adapter.
01:25Et en fait, on comprend qu'eux, ils vivent comme un aveu d'échec
01:29sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, l'adaptation.
01:32Moi, je pense qu'on peut faire les deux.
01:34Oui, non seulement on peut faire les deux,
01:35vous avez raison de dire que derrière les positions idéologiques de certains
01:39se cache la volonté aussi de mettre à l'arrêt le pays.
01:42C'est-à-dire qu'idéologiquement, chez certains écologistes,
01:45il y a cette idée de décroissance qui consiste à dire
01:47écoutez, si pendant quelques jours le pays est à l'arrêt, ce n'est pas si grave.
01:51Ce qui d'ailleurs, idéologiquement, est fou.
01:52Parce que tous les enfants qui vont être sortis de l'école
01:56parce qu'on n'est pas capable de les accueillir,
01:58pour certains milieux plus favorisés, on va pouvoir accueillir ces enfants à la maison,
02:01peut-être même leur faire quelques devoirs.
02:03Mais pour les enfants les plus défavorisés,
02:05le fait que l'école de la République soit fermée, c'est une perte de chance.
02:07Mais si nous allons au fond des choses, au-delà du seul sujet des climatiseurs,
02:11qu'est-ce qui, aujourd'hui, met en panique les pouvoirs publics dans le pays
02:14avec la question de la canicule ?
02:15C'est la question de nos capacités hospitalières à gérer une crise d'urgence.
02:20Et c'est ça qui est dramatique.
02:23C'est que désormais, tous nos services publics, y compris les plus fondamentaux,
02:27fonctionnent en permanence, en mode dégradé.
02:30En permanence.
02:30On est dans un pays qui est suradministré, qui n'arrive pas à planifier,
02:34à y apprendre de ses erreurs.
02:35Mais vous voyez, sur ce sujet-là, comme sur tous les autres sujets politiques,
02:38moi, je pense profondément que nous sommes à une fin d'époque.
02:41À une fin d'époque institutionnelle, à une fin d'époque économique,
02:44dans le modèle qu'on a pu connaître, à une fin d'époque institutionnelle et organisationnelle.
02:49Et donc, tous les symptômes sont là.
02:51Tout craque.
02:51Aujourd'hui, la crise que nous connaissons sur un épisode caniculaire,
02:55c'est un petit symptôme d'un effondrement plus général du pays.
02:58Nous sommes la septième puissance mondiale.
03:01Nous sommes considérés comme telles.
03:03Et on n'est pas foutus, pardon, d'être brutal,
03:05on n'est pas foutus de gérer une semaine de crise caniculaire.
03:09Et le sujet, ce n'est pas seulement la canicule.
03:11Le sujet, je le redis, sur nos établissements hospitaliers,
03:13c'est l'organisation hospitalière dans son ensemble, qu'on a dégradé.
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