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  • il y a 8 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0011h30-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:08Revenons, Boilem Sansal, peut-être sur l'Algérie.
00:12Parce que c'est intéressant de voir comment on en parlait avec Jacques Cardo,
00:16ce sont des sujets qui sont mis de côté, par exemple, par France Télévisions.
00:22Vous avez décidé, vous, de prendre votre billet pour aller en Algérie.
00:27Et c'est là que vous avez été fait prisonnier.
00:31Vous regrettez d'avoir fait ce voyage ?
00:33Mais c'est que, d'abord, il faudrait que je règle cette question, il faut pour toutes.
00:38Moi, je n'ai jamais vécu en France.
00:40J'ai toujours vécu en Algérie.
00:43Donc, quand je suis rentré, je rentrais chez moi.
00:47Voilà.
00:48J'étais venu en France juste pour les besoins de la promo de mon dernier livre sur la langue française,
00:55Le Français Parlons-en, qui venait de sortir.
00:57Et donc, voilà, j'ai fait une tournée.
01:01Et puis, voilà, je suis rentré chez moi.
01:03Et je ne m'attendais absolument pas à être arrêté.
01:09L'idée qu'un jour, je puisse être arrêté, je la porte en moi depuis mon premier roman, évidemment.
01:16Étant, très rapidement, j'ai été classé comme...
01:19Enfin, on m'a mis toutes les étiquettes.
01:22Traître, si, ça, sioniste, génocide, anti-musulman, anti... absolument tout.
01:29Mais, finalement, le régime, j'ai dit, mais c'est très intéressant d'avoir...
01:34J'étais l'idiot, tout à l'heure, vous avez utilisé le mot, l'idiot-utile du régime.
01:39Un jour, Boutflika, auquel des journalistes français lui taquinaient,
01:46lui disaient, monsieur Boutflika, vous êtes venu pour la démocratie.
01:48Est-ce que, réellement, l'Algérie est une démocratie ?
01:51Je dis, mais regardez, bon, l'âme sans sale.
01:54Il passe ses journées à nous astiquer, à nous assicoter.
01:59Et il est là, il est tranquille, et c'est vrai.
02:02Et donc, on est rentré dans une sorte de jeu, comme ça, hypocrite.
02:05Donc, moi, je savais qu'ils avaient besoin de moi.
02:07Et ça me permettait d'avancer dans mes trucs, dans ma expression.
02:15J'ai amélioré ma liberté d'expression.
02:17Parce que, je me suis rendu compte que quand on veut être...
02:21de pouvoir s'exprimer librement, il faut bien maîtriser ces sujets.
02:25Et voilà, il faut savoir les expliquer aussi.
02:27C'est pas seulement s'opposer à ces trucs, il faut...
02:30Non, il faut aussi pouvoir...
02:32Ça a fonctionné.
02:34Mais Théboune, c'est autre chose.
02:35Je vous l'ai dit tout à l'heure, Théboune est un...
02:38C'est un...
02:39Il est...
02:40C'est un chef d'État très particulier par rapport à ceux qui...
02:45Les igoutos qu'on a vus passer en Algérie,
02:47des coups d'État, ils s'installent.
02:49Ils mêlent la belle vie pendant quelques années,
02:50ils sont déposés, ils meurent, ils partent.
02:53Non, lui, il est dans une vision très long terme.
02:56Et il est dans la...
02:58Théboune, dès que les briques ont été créées,
03:01il a été le premier, avant même que les briques soient réellement créées.
03:05Effectivement, il a postulé.
03:07Absolument.
03:07Parce qu'il se dit, j'ai besoin d'un tremplin,
03:10il a besoin d'un tremplin.
03:11Il se voit à la tête du monde,
03:14des nouvelles voies pour le monde.
03:16Karim Maloum, Michel Fayad et Jacques Cardoz
03:19vous posent des questions à Boilem Sansal en Direction Europe.
03:22Vous ne trouverez pas aussi que toutes les critiques,
03:25même avant la publication de votre livre,
03:27il y avait déjà des verdicts,
03:28ils sont secondaires.
03:29Par rapport à la publication d'un livre
03:31qui restera dans l'histoire.
03:33Donc c'est ma première question.
03:34Et la deuxième,
03:36quand on sort de prison,
03:38quand on passe une année de prison, même plus,
03:40on est brisé.
03:41En fait, l'idée, c'est d'être brisé.
03:44Vous êtes sorti,
03:46mais vous avez gardé votre dignité
03:47parce que vous avez publié,
03:49vous avez répondu par un livre.
03:50C'est ça la chose la plus importante.
03:52Oui, absolument.
03:53Je ne sais pas si je suis hypertrophié de ce côté-là,
03:56mais je suis très sensible à l'idée de la dignité.
04:00C'est un mot fort.
04:02C'est un mot très fort
04:03et qui finalement est un mot très dangereux
04:06parce que trop de dignité aussi
04:09rend votre vie tout à fait impossible
04:10et rend vos relations avec les autres très difficiles.
04:14Vous êtes toujours très sensibles.
04:19Moi, je suis hypertrophié,
04:21mais j'essaie quand même de contrôler.
04:23Je suis très cool pour la petite dignité de tous les jours.
04:26Moi, j'étais humilié à la longueur de jour
04:28par les gardiens,
04:28mais franchement, ça ne me faisait rien du tout.
04:30Ils font leur travail,
04:32ils le font mal.
04:33Ce rapport est ainsi fait.
04:35Il est humiliant par définition.
04:36Il est gardien.
04:38Il te garde.
04:38Il te garde.
04:39Il était un gamin qui a 25 ans qui te garde,
04:42toi qui as presque 4 fois plus que lui.
04:45Mais les grandes indignités,
04:49ça c'était...
04:50L'État algérien,
04:51moi je pense qu'il a infligé à la France
04:55un affront qui ne peut pas se guérir.
04:57Franchement, c'est terrible.
04:58C'était une année,
05:00deux années entières.
05:02Les films, matin et soir,
05:03et vous le savez,
05:05la télévision ne faisait que ça.
05:07Ils ont produit des centaines de films,
05:08des centaines de documentaires.
05:10C'était tous les soirs.
05:11La France,
05:12j'ai eu aussi de crimes contre l'humanité,
05:14des trucs,
05:14et les Français,
05:15les Français,
05:15les Français.
05:16Et ici,
05:17à chaque fois que Teboune mettait une louche de plus,
05:20ici,
05:20on reculait d'un pas.
05:22Ça,
05:22ça c'était terrible.
05:23Oui.
05:24Et moi,
05:25j'aurais pu réagir...
05:29Alors,
05:30je réagissais en tant qu'algérien,
05:31à la limite,
05:31je m'en fiche de ce que la France subit.
05:35c'est pas moi,
05:36mais je suis français.
05:37Vous trouvez que la France s'ingenouille trop
05:39devant l'Algérie,
05:40aujourd'hui,
05:41avec ce défilé de ministres
05:43qui ont son allé sur place ?
05:44Elle l'a fait depuis l'indépendance de l'Algérie.
05:48Pour une raison simple.
05:49C'est l'Algérie,
05:51la France a colonisé ce pays,
05:52et beaucoup d'autres.
05:54Il y a eu ce qu'il a eu,
05:55ce qu'il y a eu.
05:56Et puis,
05:58on a mal divorcé.
06:00C'est-à-dire que la France
06:01a signé les accords d'éviens,
06:03on est indépendants,
06:04mais le lendemain,
06:05on est venu à Alger.
06:06Si vous avez besoin de quelque chose,
06:07on est là,
06:08on a fait.
06:09C'est eux-mêmes.
06:10C'est comme les bourgeois de Calais.
06:15Ils sont mis à genoux.
06:17Et depuis,
06:17très bien.
06:19Mais le gouvernement algérien,
06:20il est formidable.
06:21Il profite d'un grand pays,
06:23une grande nation,
06:27formidable,
06:28et qui vient à genoux.
06:30Et qui est là.
06:31Et qu'est-ce que vous voulez ?
06:32Venir vous soigner à Paris,
06:34venez,
06:35on va faire une convention,
06:36un truc,
06:37et ainsi de suite.
06:38La France a alimenté
06:40cette machine de guerre.
06:42Et c'est tout à fait,
06:44c'est naturel
06:45que ces gens de l'autre côté
06:48l'ont exploité.
06:50C'est normal.
06:51m'en...
06:51M'en...
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