00:00Europe 1, Pascal Proulx et vous.
00:03Le déni, disions-nous, des violences de la fête de la musique et on est avec Axel Ronde, porte-parole
00:08du syndicat de police CFTC.
00:10Il y a un ras-le-bol sans doute dans les effectifs de police parce qu'il y a eu
00:14la Ligue des Champions, il y a eu la fête de la musique
00:16et puis là il y a un mois de Coupe du Monde avec des matchs de l'équipe de France.
00:20Vendredi soir, il y a encore un match de l'équipe de France, il y a un dispositif spécial ?
00:24Oui, tous les têtes, de toute façon il va y avoir un dispositif particulier mais pour en revenir au ras
00:28-le-bol des policiers,
00:29il y a une intersyndicale qui est en train de se monter à l'initiative d'Alliance, un rassemblement le
00:3430 juin devant Bercy pour demander des augmentations.
00:38Les commissaires ont eu une augmentation de 1350 euros par mois jusqu'à 1350 euros par mois et les gardiens
00:47de la paix, rien du tout.
00:48Alors que c'est nous qui sommes sur le terrain, c'est quand même 17 policiers qui sont blessés chaque
00:53jour dans notre pays par des violences.
00:55Donc oui, il y a un ras-le-bol actuellement dans la police nationale.
00:58On peut rappeler peut-être combien gagne un gardien de la paix ?
01:02Écoutez, il les tourne autour de 2000 euros avec les primes, parce que c'est les primes, il y a
01:0740% de notre salaire qui est en prime, si vous voulez, qui ne sera pas calculé dans la retraite.
01:13On est gardien de la paix à partir de quel âge ?
01:16À 18 ans, il suffit d'avoir le concours.
01:18Et on peut l'être, on monte dans la hiérarchie ou on reste gardien de la paix jusqu'à la
01:24fin de son activité professionnelle ?
01:26Dans le corps CEA, ça s'appelle, c'est gardien de la paix, brigadier-chef et major.
01:33Donc on peut passer des examens pour effectivement être major.
01:36Major, c'est au sommet ?
01:37Alors, de notre corps. Après, vous avez le corps des officiers.
01:40Mais vous avez des passerelles en tant que gardien de la paix, vous possédez des concours pour devenir officier.
01:45Et les concours sont difficiles ?
01:46C'est des concours assez difficiles, oui, bien évidemment, parce qu'il y a quand même un niveau pour être
01:52commissaire aussi.
01:53On peut toujours progresser dans la police ?
01:55Oui, parce que vous savez, c'est la fonction publique.
01:57C'est-à-dire qu'un gardien de la paix peut devenir commissaire ?
01:59Oui, vous regardez Mathieu Vallée, par exemple, qui a commencé comme gardien de la paix et qui a...
02:04Bon, maintenant, il est politique, puisqu'il est député européen, mais il a fait tous les grades de la police
02:10nationale.
02:11Donc oui, c'est une possibilité.
02:13Mais au-delà de ça, beaucoup de policiers souhaitent être sur la voie publique, souhaitent rester, si vous voulez, dans
02:20ce corps-là.
02:20De toute façon, on ne peut pas monter tous commissaires, parce qu'il n'y en a pas assez.
02:23Vous imaginez bien que les postes sont quand même assez restreints.
02:27Mais au-delà de ça, nous sommes quand même une police, une des moins bien payées d'Europe.
02:31C'est ça, la réalité.
02:32Alors qu'on est certainement la police qui est utilisée le plus.
02:38C'est... comment dire...
02:40On peut dire la même chose des professeurs des écoles, des instituteurs, des professeurs de lycée, etc.
02:48Et c'est ça qui est dommage en France, c'est que l'argent a été distribué dans le social
02:52et moins dans le régalien.
02:55Et c'est vous qu'il faudrait évidemment privilégier.
02:58La moins payée et la moins respectée aussi, peut-être...
03:01En plus, oui, bien sûr.
03:02C'est quasiment au monde, j'imagine, parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a pas
03:04de chétine.
03:06Le courage, c'est quoi ?
03:07Le courage, ça serait quoi en France ?
03:09C'est qu'un ministre de l'Intérieur, ou au-delà de ça d'ailleurs, ou même un président de
03:13la République,
03:13il dise, attention, madame, messieurs, on va répondre aux émeutiers.
03:17Sachez-le.
03:17On va répondre.
03:18Et on va assumer.
03:20Parce qu'il est hors de question qu'on laisse nos policiers tabasser, caillasser et reculer devant des émeutiers.
03:29Mais là, il y a des risques.
03:31Et pareil pour le narcotrafic.
03:32Sauf que la justice est indépendante, je vous le rappelle.
03:36Non mais je ne vous parle pas, là, c'est pas de la justice.
03:38Là, je ne vous parle pas de la justice.
03:39Je dis, les émeutiers, on va répondre aux émeutiers.
03:43Je ne vous parle pas de la justice.
03:44Après, vous retrouvez devant les juges.
03:45Oui, mais je connais votre...
03:47C'est de quoi je parle.
03:48Oui, tout à fait.
03:49Je connais votre disposition.
03:51C'est pas mes dispositions.
03:52Oui, oui, c'est de quoi je parle.
03:53Je connais votre...
03:54C'est la disposition d'une partie de la République.
03:55Je connais votre cerveau.
03:56C'est un point très important.
03:57Si vous envoyez les policiers au casse-pipe, vous leur dites, allez réprimer.
04:00Et puis après, ils se retrouvent tous en détention provisoire.
04:02Exactement.
04:03Et vous, vous en lavez les mains tel pompe-pilat.
04:05Mais c'est un petit problème quand même.
04:06Exactement.
04:06Mais je vais vous dire, si demain, il y a une présidence de la République qui change,
04:11il faut changer la loi.
04:12C'est-à-dire présomption, comment on dit ?
04:15De légitime défense, par exemple.
04:16Exactement.
04:17Moi, je n'envoie aucun policier devant un tribunal.
04:20Vous entendez bien ?
04:21Oui, c'est pas vous.
04:21C'est pas vous.
04:22C'est la justice, c'est le podcast.
04:24Qui aura répondu.
04:25Voilà.
04:26Présomption de...
04:27Légitime défense.
04:28Oui, mais la présomption, elle s'écarte.
04:29Les juges l'écartent.
04:30Mais les...
04:31Ça veut pas dire une loi sans présomption.
04:32Mais il faut changer, bon sang de bois.
04:34Vous, vous ne voulez rien changer, Georges Fenech.
04:36À chaque fois.
04:37Et ça, ça vous m'a cassé pour ça.
04:39Vous ne voulez rien changer.
04:41Mais tant que...
04:42Il faut...
04:42Oui, on peut changer la constitution.
04:56C'est pas interdit.
04:58Exactement.
04:59Vous calmez-vous.
04:59Mais c'est vrai que souvent, tu te satisfais d'une situation.
05:02Et tu dis, c'est comme ça.
05:04Non, mais comme la dernière fois, on ne pouvait pas porter plainte contre l'État.
05:07Parce que de toute façon, c'était sûr que si on portait plainte contre l'État,
05:10dans le cadre de l'affaire Liana, ça ne nous donnerait aucun effet.
05:14Ça ne donnerait aucun effet.
05:15Parce que, évidemment, depuis 50 ans ou 60 ans, c'est comme ça.
05:18Mais c'est vrai que si on changeait les choses...
05:19Je ne veux pas vous changer ça depuis 40 ans.
05:21Non, vous ne vous battez pas en public.
05:21Ce que vous ne comprenez pas, c'est que tant que vous ne changerez pas notre justice,
05:25vous n'y arriverez pas.
05:26Eh bien, c'est ce qu'on vous dit, on est en train de la changer.
05:28Et toi, tu ne veux pas vous changer.
05:30Et vous ne voulez pas.
05:31Et Georges, je t'aime beaucoup, mais Georges, il était choqué par la décision de Gérald Darmanin
05:36de sanctionner le magistrat à Hoche.
05:39Ah oui.
05:39Il était choqué de la sanction contre le magistrat à Hoche.
05:41Parce que ce n'est pas à lui à faire.
05:43Il y a une procédure à respecter.
05:45Il veut sanctionner les magistrats et il est choqué quand ça arrive.
05:47Il y a une section disciplinaire, vous le pourrez lui dire, du parquet.
05:50Il est là ce soir.
05:52Oui, il a débordé de son rôle, lui aussi.
05:54Non, je suis désolé.
05:55Non, il n'a pas pointé du doigt un substitut de Hoche en disant, je vais sanctionner celui-ci.
06:00Le corporatisme qu'il n'y a jamais.
06:01Avec Georges, avec Georges, il n'y a jamais de coupable.
06:05Il ne se passera rien.
06:05Allez, soyez tranquilles.
06:09Il est 17h54.
06:11Merci en tout cas, Axel Ronde.
06:12Merci.
06:12Merci.
06:12Merci.
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