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  • il y a 6 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:01Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Émission spéciale préoccupation des français pour la présidentielle 2027.
00:07Vous réagissez au 01 80 20 30 9 21, le numéro est non surtaxé.
00:12Nous sommes avec toujours Gabriel Cluzel, Arthur de Vatrigan et votre invitée en studio,
00:17Christine Nicolas, Pouvre Monty, directeur de l'Observatoire de l'Immigration et de la Démographie.
00:24Absolument, on est ravis qu'il soit dans le studio d'Europe 1 avec nous.
00:27On est ravis aussi d'accueillir tous les auditeurs de France Inter qui sont empêchés d'avoir leur programme.
00:35Alors si vous nous rejoignez, sachez que nous n'occultons aucune opinion.
00:41Venez comme vous êtes, enfin en respectant la France, mais donnez vraiment votre opinion.
00:48On a tous les auditeurs, on aime tout le monde, on discute avec tout le monde, on aime débattre.
00:52Ici c'est le débat et nous parlons de la présidentielle.
00:55Alors dans le débat sur la route de la présidentielle, il y a cette page immigration.
00:59Alors vous savez, mon cher Nicolas Pouvre Monty, directeur de l'Observatoire de l'Immigration et de la Démographie,
01:05je faisais un podcast avec Philippe Brun, le plus jeune candidat PS à la primaire,
01:09qui me disait que oui, l'immigration tout de suite, on met ça en première ligne,
01:14alors que c'est le pouvoir d'achat qui intéresse le plus les Français.
01:17Oui ou non ?
01:19Écoutez, ce qui est frappant sur les toutes dernières élections concrètes, sur lesquelles on a pu mesurer les déterminants de
01:24vote,
01:24c'est que l'immigration est devenue l'un des tout premiers déterminants du choix des Français lorsqu'il s
01:30'agit de rentrer dans l'isoloir.
01:31On l'a vu aux dernières européennes, on l'a vu au premier tour des dernières législatives,
01:35c'est-à-dire les deux derniers scrutins nationaux qui se sont tenus en France.
01:38Quand je dis l'un des tout premiers, c'est qu'il est effectivement à touche-touche avec le pouvoir
01:41d'achat dont vous avez pu parler avec Benoît Perrin.
01:43Et si l'immigration est effectivement montée assez haut, voire très haut dans les déterminants de vote ces dernières années,
01:50ça ne tient pas du hasard, ça vient d'abord et avant tout du fait que les années Macron étaient
01:54les années de tous les records en matière d'immigration.
01:57Il y a aujourd'hui une aspiration dans le pays, une aspiration non seulement majoritaire mais quasiment consensuelle,
02:02à un plus fort contrôle de l'immigration.
02:05Quand vous regardez les enquêtes d'opinion, il y en a à peu près deux par mois sur le sujet,
02:08vous avez toujours les mêmes résultats, vous avez toujours entre deux tiers et les trois quarts des Français
02:12qui estiment que les niveaux d'immigration reçus en France sont aujourd'hui trop élevés,
02:16qui se déclarent favorables à telle mesure restrictive ou à telle autre.
02:19C'est évidemment 90% des électeurs du RN, c'est cohérent.
02:22C'est aussi deux tiers des électeurs du Bloc central et c'est même une petite moitié de l'électorat
02:27de gauche.
02:28Et la réponse que vous a faite Philippe Brun montre à quel point cet électorat de gauche est,
02:33pour emprunter un terme qui est parfois employé dans ce camp-là,
02:35en quelque sorte invisibilisé dans l'expression politique et dans la forme officielle de la gauche,
02:40notamment sa forme électorale.
02:42Gabriel Cusel veut réagir.
02:43Oui, moi je suis un peu frappée par cette opposition entre deux priorités
02:48qui seraient le pouvoir d'achat et l'immigration.
02:50Et il me semble que c'est une opposition factice.
02:52Parce qu'en réalité, quand il y a de l'insécurité dans votre quartier,
02:56d'une, vous devez aller mettre votre enfant dans le privé parce que c'est devenu insupportable,
03:01de deux, vous devez déménager.
03:03Et donc, ce sont globalement des problèmes qui sont intrinsèquement liés.
03:08En réalité, tout est lié.
03:10Et donc, cette opposition me paraît assez artificielle.
03:14Gabriel Cusel, Nicolas Prouvent-Montier.
03:15Oui, pour rejoindre ce que disait Gabriel à l'instant,
03:18tant l'ampleur que la nature de l'immigration reçue ces dernières années,
03:22on a fait effectivement une sorte de fait social total.
03:24C'est-à-dire qu'on ne peut pas penser l'immigration séparément de toutes les autres grandes questions
03:28qui traversent la société française, de toutes les préoccupations des Français.
03:31Le pouvoir d'achat, bien sûr.
03:33Le logement, bien sûr.
03:35Le système éducatif, bien sûr.
03:36Le système de santé, bien sûr.
03:38Ces dernières années, nos politiques d'immigration ont soit suscitées,
03:42soit aggravées des crises préexistantes dans tous ces aspects de la vie de la société française.
03:46Nicolas Prouvent-Montier, directeur de l'Observatoire d'Immigration et de la Démographie en direct sur Europe 1.
03:52Appelez-nous au standard d'Europe 1.
03:5301, 80, 20, 30, 9, 21.
03:56Pour réagir au même numéro sur WhatsApp,
03:58pour savoir si pour vous l'immigration est importante ou pas sur la route de la présidentielle.
04:03Est-ce qu'on en fait trop ?
04:04Certains disent oui, on en fait trop sur l'immigration.
04:06Est-ce qu'au contraire, c'est capital ?
04:08Appelez-nous pour nous dire si effectivement ça va compter ou pas dans votre décision,
04:13dans votre choix du candidat à la présidence de la République.
04:18Il y a un fait aussi qui est intéressant, Nicolas Prouvent-Montier,
04:21ou peut-être Arthur Devintrigan, pour s'exprimer sur ce sujet.
04:23C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte que quelqu'un comme Édouard Philippe,
04:26qui ne parlait pas d'immigration avant,
04:28s'est rendu à Mayotte, qui n'a jamais été à Mayotte avant,
04:32Gabriel Attal, etc.
04:33Ce sont ce bloc central qui, subitement, si vous permettez l'expression,
04:37mais j'enlève même les guillemets,
04:38se rapproche effectivement des Français qui veulent justement limiter l'immigration.
04:43Et on voit que là, sur la route de la présidentielle,
04:46il y a un certain consensus, évidemment, du bloc central qui se rapproche,
04:51alors qu'il n'avait pas du tout tenu ce discours-là avant.
04:54Comment l'expliquer ?
04:55Je dirais qu'il y a deux aspects.
04:56Il y a d'une part une attente très forte,
04:58y compris de l'électorat du bloc central sur ce sujet,
05:00qui est dans la même dynamique restrictionniste
05:02que la très grande partie de l'opinion française,
05:06qui est favorable à un plus fort contrôle de l'immigration.
05:08Il y a aussi sans doute l'effet des dynamiques ailleurs en Europe.
05:10Le bloc central a souvent cette idée que la France est en retard en Europe
05:14sur beaucoup de sujets.
05:14C'est vrai sur l'immigration.
05:16Depuis plusieurs années, nos pays voisins ont pris des mesures restrictives
05:20que la France n'a pas prises.
05:21Et donc, cette évolution du bloc central, elle est cohérente,
05:23mais elle devra néanmoins s'accorder avec un fait
05:26qui sera un peu un sparadrap pour les candidats qui s'en réclament.
05:28C'est le bilan migratoire d'Emmanuel Macron.
05:31Oui, et puis c'est un peu factice, excusez-moi de dire ça comme ça,
05:35c'est un peu factice parce que, pardon, mais quand on voit Édouard Philippe,
05:38c'est pas du tout contraire à ce que vous dites,
05:40mais lorsqu'on voit Édouard Philippe, pardon, qui était Premier ministre,
05:43lorsqu'on voit Gabriel Attal qui était Premier ministre et tout,
05:45et que c'est maintenant qu'on voit qu'ils ont un discours plus dur face à l'immigration,
05:48pardon, mais on a envie de se poser des questions.
05:50Excusez-moi, je vous donne la parole, peut-être Arthur de Vintrigan,
05:53avant de marquer une pause, et avant d'avoir Mathias qui nous appelle des bouches du Rhône,
05:57beaucoup d'appels aux standards européens sur ce sujet de l'immigration.
06:00C'est vrai que c'est compliqué de vouloir renverser la table
06:02alors que c'est vous-même qui avez mis le couvert, ça tout le monde l'a compris,
06:05mais là, on assiste au plus grand bouleversement démographique et donc culturel jamais vu en France.
06:10Nicolas Pouvron-Monti, dans ses études, formidable, le monde tous les jours,
06:13et les Français le voient.
06:13Donc les présidents, les candidats à la présidence, en termes d'élection,
06:17c'est le seul moment, au moment des élections, c'est le seul moment où ils écoutent.
06:19Donc ils voient. Mais qu'est-ce qu'on voit ?
06:21C'est qu'ils voient que dans une part des nouveaux entrants,
06:24ils ont une volonté de remplacer ces 2 000 ans de labeur, vous savez ce qu'écrivait Peggy.
06:29Sauf que le problème, c'est qu'on ne joue pas à armes égales.
06:32Vous avez ceux qui veulent changer, et eux, ils ont le temps,
06:36et ceux qui veulent conserver ce qu'ils ont toujours été, eux, ils ont la montre.
06:38Donc forcément, le temps, il y en a un qui gagne et l'autre qui perd.
06:41Et dans cette présidentielle, vous avez trois camps.
06:43Vous avez le camp de la Nouvelle-France, Jean-Luc Mélenchon qui dit
06:45« La Nouvelle-France, on va la changer. »
06:47Alors, il y a du nouveau, je suis d'accord.
06:48La France, à part les prestations sociales, je ne vois pas ce qui va en rester.
06:51Mais en tout cas, c'est un projet de société.
06:53Vous avez au milieu le bloc central qui dit « Je vois les migrations. »
06:56Ils ont compris qu'ils avaient emprunté un toboggan
06:59qui mène vers une destruction de notre civilisation.
07:01Sauf que vous les regardez freiner, c'est vraiment du bout des doigts.
07:04Et si vous avez un type devant lui qui freine un peu trop fort,
07:06tout de suite, il lui tape dessus en disant « Regardez, c'est un raciste, c'est un fasciste, c
07:10'est pas bien. »
07:10Donc, ils veulent changer, mais pas trop non plus.
07:12Et vous avez en face, dans le camp national, plusieurs voix.
07:15On va dire globalement Marine Le Pen et Éric Zemmour,
07:18avec une voix plus radicale pour Éric Zemmour,
07:19puisqu'ils prônent la remigration.
07:21Marine Le Pen, qui...
07:23Bruno Retailleau, le problème, c'est qu'il a encore une fois l'étiquette
07:25et des Républicains, qui ont passé leur temps à dénoncer
07:28leurs voisins qui étaient plus à droite sur ce sujet de l'immigration,
07:30et l'image d'Emmanuel Macron.
07:32Tout le monde a compris qu'il va falloir changer quelque chose,
07:35parce que plus on va attendre, plus ça va être violent,
07:37et plus ça va être tragique.
07:38Et pour autant, comme vous dites, on met toujours l'étiquette,
07:40dès que vous en parlez, vous êtes fâcho, vous êtes raciste,
07:42vous êtes à abattre, on marque une pause, on revient,
07:45puisque Mathias, qui nous appelle des bouches du Rhône,
07:46on lui donnera la parole, il a 38 ans, et il veut dire
07:48que l'immigration pèsera sur la présidentielle,
07:52parce que l'immigration agit sur tous les aspects de nos vies.
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