00:01Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Émission spéciale préoccupation des français pour la présidentielle 2027.
00:07Vous réagissez au 01 80 20 30 9 21, le numéro est non surtaxé.
00:12Nous sommes avec toujours Gabriel Cluzel, Arthur de Vatrigan et votre invitée en studio,
00:17Christine Nicolas, Pouvre Monty, directeur de l'Observatoire de l'Immigration et de la Démographie.
00:24Absolument, on est ravis qu'il soit dans le studio d'Europe 1 avec nous.
00:27On est ravis aussi d'accueillir tous les auditeurs de France Inter qui sont empêchés d'avoir leur programme.
00:35Alors si vous nous rejoignez, sachez que nous n'occultons aucune opinion.
00:41Venez comme vous êtes, enfin en respectant la France, mais donnez vraiment votre opinion.
00:48On a tous les auditeurs, on aime tout le monde, on discute avec tout le monde, on aime débattre.
00:52Ici c'est le débat et nous parlons de la présidentielle.
00:55Alors dans le débat sur la route de la présidentielle, il y a cette page immigration.
00:59Alors vous savez, mon cher Nicolas Pouvre Monty, directeur de l'Observatoire de l'Immigration et de la Démographie,
01:05je faisais un podcast avec Philippe Brun, le plus jeune candidat PS à la primaire,
01:09qui me disait que oui, l'immigration tout de suite, on met ça en première ligne,
01:14alors que c'est le pouvoir d'achat qui intéresse le plus les Français.
01:17Oui ou non ?
01:19Écoutez, ce qui est frappant sur les toutes dernières élections concrètes, sur lesquelles on a pu mesurer les déterminants de
01:24vote,
01:24c'est que l'immigration est devenue l'un des tout premiers déterminants du choix des Français lorsqu'il s
01:30'agit de rentrer dans l'isoloir.
01:31On l'a vu aux dernières européennes, on l'a vu au premier tour des dernières législatives,
01:35c'est-à-dire les deux derniers scrutins nationaux qui se sont tenus en France.
01:38Quand je dis l'un des tout premiers, c'est qu'il est effectivement à touche-touche avec le pouvoir
01:41d'achat dont vous avez pu parler avec Benoît Perrin.
01:43Et si l'immigration est effectivement montée assez haut, voire très haut dans les déterminants de vote ces dernières années,
01:50ça ne tient pas du hasard, ça vient d'abord et avant tout du fait que les années Macron étaient
01:54les années de tous les records en matière d'immigration.
01:57Il y a aujourd'hui une aspiration dans le pays, une aspiration non seulement majoritaire mais quasiment consensuelle,
02:02à un plus fort contrôle de l'immigration.
02:05Quand vous regardez les enquêtes d'opinion, il y en a à peu près deux par mois sur le sujet,
02:08vous avez toujours les mêmes résultats, vous avez toujours entre deux tiers et les trois quarts des Français
02:12qui estiment que les niveaux d'immigration reçus en France sont aujourd'hui trop élevés,
02:16qui se déclarent favorables à telle mesure restrictive ou à telle autre.
02:19C'est évidemment 90% des électeurs du RN, c'est cohérent.
02:22C'est aussi deux tiers des électeurs du Bloc central et c'est même une petite moitié de l'électorat
02:27de gauche.
02:28Et la réponse que vous a faite Philippe Brun montre à quel point cet électorat de gauche est,
02:33pour emprunter un terme qui est parfois employé dans ce camp-là,
02:35en quelque sorte invisibilisé dans l'expression politique et dans la forme officielle de la gauche,
02:40notamment sa forme électorale.
02:42Gabriel Cusel veut réagir.
02:43Oui, moi je suis un peu frappée par cette opposition entre deux priorités
02:48qui seraient le pouvoir d'achat et l'immigration.
02:50Et il me semble que c'est une opposition factice.
02:52Parce qu'en réalité, quand il y a de l'insécurité dans votre quartier,
02:56d'une, vous devez aller mettre votre enfant dans le privé parce que c'est devenu insupportable,
03:01de deux, vous devez déménager.
03:03Et donc, ce sont globalement des problèmes qui sont intrinsèquement liés.
03:08En réalité, tout est lié.
03:10Et donc, cette opposition me paraît assez artificielle.
03:14Gabriel Cusel, Nicolas Prouvent-Montier.
03:15Oui, pour rejoindre ce que disait Gabriel à l'instant,
03:18tant l'ampleur que la nature de l'immigration reçue ces dernières années,
03:22on a fait effectivement une sorte de fait social total.
03:24C'est-à-dire qu'on ne peut pas penser l'immigration séparément de toutes les autres grandes questions
03:28qui traversent la société française, de toutes les préoccupations des Français.
03:31Le pouvoir d'achat, bien sûr.
03:33Le logement, bien sûr.
03:35Le système éducatif, bien sûr.
03:36Le système de santé, bien sûr.
03:38Ces dernières années, nos politiques d'immigration ont soit suscitées,
03:42soit aggravées des crises préexistantes dans tous ces aspects de la vie de la société française.
03:46Nicolas Prouvent-Montier, directeur de l'Observatoire d'Immigration et de la Démographie en direct sur Europe 1.
03:52Appelez-nous au standard d'Europe 1.
03:5301, 80, 20, 30, 9, 21.
03:56Pour réagir au même numéro sur WhatsApp,
03:58pour savoir si pour vous l'immigration est importante ou pas sur la route de la présidentielle.
04:03Est-ce qu'on en fait trop ?
04:04Certains disent oui, on en fait trop sur l'immigration.
04:06Est-ce qu'au contraire, c'est capital ?
04:08Appelez-nous pour nous dire si effectivement ça va compter ou pas dans votre décision,
04:13dans votre choix du candidat à la présidence de la République.
04:18Il y a un fait aussi qui est intéressant, Nicolas Prouvent-Montier,
04:21ou peut-être Arthur Devintrigan, pour s'exprimer sur ce sujet.
04:23C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte que quelqu'un comme Édouard Philippe,
04:26qui ne parlait pas d'immigration avant,
04:28s'est rendu à Mayotte, qui n'a jamais été à Mayotte avant,
04:32Gabriel Attal, etc.
04:33Ce sont ce bloc central qui, subitement, si vous permettez l'expression,
04:37mais j'enlève même les guillemets,
04:38se rapproche effectivement des Français qui veulent justement limiter l'immigration.
04:43Et on voit que là, sur la route de la présidentielle,
04:46il y a un certain consensus, évidemment, du bloc central qui se rapproche,
04:51alors qu'il n'avait pas du tout tenu ce discours-là avant.
04:54Comment l'expliquer ?
04:55Je dirais qu'il y a deux aspects.
04:56Il y a d'une part une attente très forte,
04:58y compris de l'électorat du bloc central sur ce sujet,
05:00qui est dans la même dynamique restrictionniste
05:02que la très grande partie de l'opinion française,
05:06qui est favorable à un plus fort contrôle de l'immigration.
05:08Il y a aussi sans doute l'effet des dynamiques ailleurs en Europe.
05:10Le bloc central a souvent cette idée que la France est en retard en Europe
05:14sur beaucoup de sujets.
05:14C'est vrai sur l'immigration.
05:16Depuis plusieurs années, nos pays voisins ont pris des mesures restrictives
05:20que la France n'a pas prises.
05:21Et donc, cette évolution du bloc central, elle est cohérente,
05:23mais elle devra néanmoins s'accorder avec un fait
05:26qui sera un peu un sparadrap pour les candidats qui s'en réclament.
05:28C'est le bilan migratoire d'Emmanuel Macron.
05:31Oui, et puis c'est un peu factice, excusez-moi de dire ça comme ça,
05:35c'est un peu factice parce que, pardon, mais quand on voit Édouard Philippe,
05:38c'est pas du tout contraire à ce que vous dites,
05:40mais lorsqu'on voit Édouard Philippe, pardon, qui était Premier ministre,
05:43lorsqu'on voit Gabriel Attal qui était Premier ministre et tout,
05:45et que c'est maintenant qu'on voit qu'ils ont un discours plus dur face à l'immigration,
05:48pardon, mais on a envie de se poser des questions.
05:50Excusez-moi, je vous donne la parole, peut-être Arthur de Vintrigan,
05:53avant de marquer une pause, et avant d'avoir Mathias qui nous appelle des bouches du Rhône,
05:57beaucoup d'appels aux standards européens sur ce sujet de l'immigration.
06:00C'est vrai que c'est compliqué de vouloir renverser la table
06:02alors que c'est vous-même qui avez mis le couvert, ça tout le monde l'a compris,
06:05mais là, on assiste au plus grand bouleversement démographique et donc culturel jamais vu en France.
06:10Nicolas Pouvron-Monti, dans ses études, formidable, le monde tous les jours,
06:13et les Français le voient.
06:13Donc les présidents, les candidats à la présidence, en termes d'élection,
06:17c'est le seul moment, au moment des élections, c'est le seul moment où ils écoutent.
06:19Donc ils voient. Mais qu'est-ce qu'on voit ?
06:21C'est qu'ils voient que dans une part des nouveaux entrants,
06:24ils ont une volonté de remplacer ces 2 000 ans de labeur, vous savez ce qu'écrivait Peggy.
06:29Sauf que le problème, c'est qu'on ne joue pas à armes égales.
06:32Vous avez ceux qui veulent changer, et eux, ils ont le temps,
06:36et ceux qui veulent conserver ce qu'ils ont toujours été, eux, ils ont la montre.
06:38Donc forcément, le temps, il y en a un qui gagne et l'autre qui perd.
06:41Et dans cette présidentielle, vous avez trois camps.
06:43Vous avez le camp de la Nouvelle-France, Jean-Luc Mélenchon qui dit
06:45« La Nouvelle-France, on va la changer. »
06:47Alors, il y a du nouveau, je suis d'accord.
06:48La France, à part les prestations sociales, je ne vois pas ce qui va en rester.
06:51Mais en tout cas, c'est un projet de société.
06:53Vous avez au milieu le bloc central qui dit « Je vois les migrations. »
06:56Ils ont compris qu'ils avaient emprunté un toboggan
06:59qui mène vers une destruction de notre civilisation.
07:01Sauf que vous les regardez freiner, c'est vraiment du bout des doigts.
07:04Et si vous avez un type devant lui qui freine un peu trop fort,
07:06tout de suite, il lui tape dessus en disant « Regardez, c'est un raciste, c'est un fasciste, c
07:10'est pas bien. »
07:10Donc, ils veulent changer, mais pas trop non plus.
07:12Et vous avez en face, dans le camp national, plusieurs voix.
07:15On va dire globalement Marine Le Pen et Éric Zemmour,
07:18avec une voix plus radicale pour Éric Zemmour,
07:19puisqu'ils prônent la remigration.
07:21Marine Le Pen, qui...
07:23Bruno Retailleau, le problème, c'est qu'il a encore une fois l'étiquette
07:25et des Républicains, qui ont passé leur temps à dénoncer
07:28leurs voisins qui étaient plus à droite sur ce sujet de l'immigration,
07:30et l'image d'Emmanuel Macron.
07:32Tout le monde a compris qu'il va falloir changer quelque chose,
07:35parce que plus on va attendre, plus ça va être violent,
07:37et plus ça va être tragique.
07:38Et pour autant, comme vous dites, on met toujours l'étiquette,
07:40dès que vous en parlez, vous êtes fâcho, vous êtes raciste,
07:42vous êtes à abattre, on marque une pause, on revient,
07:45puisque Mathias, qui nous appelle des bouches du Rhône,
07:46on lui donnera la parole, il a 38 ans, et il veut dire
07:48que l'immigration pèsera sur la présidentielle,
07:52parce que l'immigration agit sur tous les aspects de nos vies.
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