00:00Les professeurs font leur rentrée, mais c'est peut-être surtout l'autorité qui veut faire la sienne.
00:05Téléphone désormais interdit au lycée, débat sur les symboles républicains, drapeau marseillaise,
00:10discipline notamment à Nice, derrière toutes ces mesures.
00:13Une interrogation dépasse largement les programmes scolaires.
00:16Demande-t-on à nouveau à l'école de fabriquer du commun, autant que de transmettre des savoirs ?
00:22Question, faut-il remettre davantage d'autorité et de symboles républicains à l'école ?
00:28Dans le studio d'Europe 1, Joachim Lefloquimade, enseignant et essayiste,
00:32auteur de « Mains basses sur l'éducation nationale, enquête sur un suicide assisté aux éditions du CERF »
00:38et dans le studio d'Europe 1.
00:39Je mets tout de suite sur la table cette enquête, il faut pour l'excellence ruralité,
00:43publiée hier par le GDD, qui est extrêmement riche.
00:4688% des Français considèrent l'éducation comme l'un des chantiers prioritaires du prochain président.
00:53Joachim Lefloquimade.
00:54Ce que montre ce sondage, c'est que les Français, qui disaient des enfants ou non d'ailleurs,
00:58ont pris conscience de l'effondrement protéiforme qui frappe notre école.
01:02Effondrement du niveau d'abord, puisqu'on avait une école que le monde entier admirait, voire imitait,
01:06et qui aujourd'hui en mathématiques par exemple, c'est Thiem's qui le montre,
01:09se situe derrière l'Albanie et l'Azerbaïdjan.
01:11Effondrement de l'autorité ensuite.
01:13Le troisième pire climat scolaire de l'OCDE selon PISA.
01:17100 000 professeurs menacés ou agressés chaque année.
01:19Et un cinquième du temps scolaire qui est consacré aux problèmes de discipline.
01:23Effondrement enfin de l'éducation nationale comme institution,
01:25puisque un autre sondage montre que seul 0,3% des personnels sont optimistes pour l'avenir du système éducatif.
01:31Et qu'il faut rappeler par ailleurs, puisque c'est à la rentrée des professeurs aujourd'hui,
01:35qu'il y a une augmentation de démission de 679% en 15 ans.
01:39Donc tout ça dessine une situation absolument cataclysmique pour notre école.
01:43Donc je ne peux que comprendre les Français qui sont inquiets.
01:46Maintenant, ce que je veux leur dire aussi, c'est qu'il n'y a pas de fatalité à l
01:48'effondrement de notre école.
01:49Et que si on en est arrivé là, c'est aussi parce qu'il y a des choix politiques absolument
01:53délétères
01:53qui ont été faits ces 50 dernières années.
01:55Parce qu'il y a eu une prise en otage de l'école par un état profond.
01:59Et je crois que si on s'y prend avec du courage, avec de la méthode, avec des politiques publiques
02:02pertinentes,
02:03on peut inverser ces lames de fond.
02:05Je crois que de toute manière, on n'a pas le choix.
02:06Puisque la crise de l'école, en réalité, ce n'est pas une crise parmi d'autres.
02:09C'est une bombe à retardement pour la nation toute entière.
02:10Et que si en 2027, on n'est pas capable de passer du diagnostic à la thérapeutique,
02:15alors il en sera fini de la France telle qu'on la connaît, il en sera fini de la France
02:17telle qu'on l'aime.
02:19Joachim Lefloquimade, en direct sur Europe, enseignant et essayiste, Gabriel Cluzel.
02:24Alors bien sûr, l'école, c'est la mère des batailles.
02:26C'est Gabriel Attal qui le disait, avant de quitter d'ailleurs très vite le ministère dédié.
02:33Mais une fois qu'on a dit ça, on voit bien que depuis des dizaines d'années,
02:36eh bien, en réalité, l'école ne bouge pas.
02:40Parfois même des ministres qu'on disait de bonne volonté sont même stoccolmisés.
02:45Pardon, mais je pense à M. Blanquer, qui est fort sympathique,
02:48qui avait donné des fables de La Fontaine aux élèves de CM2, je crois.
02:52À la fin, ce qui est resté saillant, c'est la circulaire sur l'accueil des enfants réputés trans.
03:00Bon, voilà, est-ce que c'était tout à fait cela qu'on attendait de lui ?
03:03Ce n'est pas évident.
03:04Donc si vous voulez, il y a, aujourd'hui, c'est devenu une citadelle
03:07qui est complètement verrouillée par l'extrême-gauche.
03:11J'ose le dire, ce n'est pas l'école publique, c'est l'école idéologique.
03:15Et je ne vois pas comment un ministre même de bonne volonté peut arriver à entamer cela.
03:23On comprend la fuite, la fuite des parents vers l'école privée.
03:26On la comprend, même le privé sous contrat, même le privé hors contrat.
03:29Parce qu'on sait que le privé sous contrat est largement ficelé.
03:33Eh bien, évidemment, ils ont envie d'autre chose, même si ça leur coûte cher.
03:37Il faut le comprendre.
03:38Moi, j'entends dire, ah oui, quand on ferme des écoles du public,
03:40ce n'est pas normal, on devra en même temps fermer des écoles du privé.
03:42Ben non, les gars, si vous avez échoué,
03:44vous ne pouvez pas empêcher d'autres de réussir à où vous avez échoué.
03:49Donc, je crois qu'il faut vraiment remettre à plat tout ça.
03:53Je ne sais pas qui en aura le courage.
03:54Gabriel Cluzel sur Europe 1.
03:56Dans un instant, on aura Gérald qui nous appelle d'Occitanie.
03:59Arthur de Vintrigan pour réagir à ces sujets sur l'école.
04:03Faut-il remettre davantage d'autorité et de symboles républicains à l'école ?
04:07Écoutez d'abord ce sujet de Laura Legault sur Europe 1.
04:10Oui, à commencer par l'interdiction du téléphone portable au lycée.
04:13L'an dernier, seules les écoles primaires et collèges étaient concernées.
04:17Mais dans les lycées, cette mesure ne sera pas forcément applicable dès la rentrée.
04:21Les proviseurs doivent d'abord modifier le règlement intérieur,
04:24ce qui peut prendre du temps.
04:25Quant aux examens du baccalauréat et du brevet,
04:27ils se tiendront le matin pour mieux protéger les élèves des fortes chaleurs.
04:31Plus question de faire de fautes d'orthographe,
04:33le ministre de l'Éducation a acté l'instauration d'un barème.
04:37Des éléments de correction sur les épreuves du brevet et du baccalauréat
04:40seront rendus publics, notamment un barème précis sur le niveau de langue,
04:43par discipline et le nombre de points qu'une absence de maîtrise suffisante de la langue
04:47induira en termes de perte sur eux.
04:49La note finale.
04:50Edouard Geoffray veut aussi mieux prévenir et détecter les violences sexuelles sur les enfants
04:54grâce à un questionnaire.
04:55Tous les élèves de la grande section maternelle à la terminale
04:57rempliront un questionnaire sur les violences sexuelles dont ils n'auront pu être victimes.
05:01En grande section, on aura un questionnaire adapté,
05:04peut-être avec des smileys.
05:05Pour les grands, bien sûr, ce sont des questions qui seront plus littérales.
05:07Enfin, à partir de cette année, tous les élèves dès le CM1
05:10participeront à une commémoration du 11 novembre.
05:13Objectif du gouvernement, mieux construire l'unité nationale.
05:16Mieux construire l'unité nationale.
05:18Arthur de Vintrigan, direct sur Europe.
05:21Je pense que le diagnostic a été fait par beaucoup de gens.
05:24Tout le monde a compris les causes principales,
05:27la prise en otage idéologique du système éducatif français
05:30depuis de nombreuses décennies.
05:33Concernant le remède, moi j'en vois qu'un seul.
05:35C'est l'autonomie des directeurs d'établissement
05:38et le libre choix des parents de choisir l'école.
05:40Vous allez voir que si un directeur d'école choisit ses professeurs,
05:44choisit les règles qu'il faut mettre en place,
05:47et que les parents ont la liberté de choisir,
05:49parce qu'il faut supprimer la carte scolaire,
05:51toutes ces bêtises qui permettent à des gens avec beaucoup de morale,
05:54d'appliquer une morale dont ils ne vont pas subir les conséquences.
05:58Exemple, Émeric Caron qui vote pour ça,
05:59mais qui va foutre ses gamins dans le privé.
06:01Et ça, toute la gauche, c'est comme ça.
06:02Vous demandez à quelqu'un de gauche qui est pour la carte scolaire
06:04où est-ce qu'il a mis ses enfants,
06:05c'est toujours très drôle la réponse.
06:06Bref, vous donnez l'autonomie du directeur d'établissement
06:08et aux parents le choix de choisir l'école.
06:10Vous allez voir que bizarrement,
06:12tout ce qui est idéologie woke,
06:13tout ce qui est idéologie gauchiste,
06:15tout ce qui est un niveau très très bas,
06:17tout ce qui est téléphone portable,
06:19bizarrement, il n'y a pas un parent qui va choisir cette école-là.
06:20Alors, redonner les libertés aux parents et aux directeurs.
06:23On va voir si Gérald, qui nous appelle d'Occitanie,
06:25est d'accord avec vous,
06:26puisqu'il dit qu'il a une fille de 8 ans et il a peur.
06:28Dites-nous pourquoi, Gérald ?
06:29Oui, bonjour à tous.
06:30Vous avez tous raison.
06:32Je vous rejoins entièrement sur ce que vous venez de dire.
06:34Et en quelque sorte, nous, ma fille est en primaire actuellement.
06:37Elle va rentrer au collège, évidemment, dans peut-être deux ans.
06:42Et on a l'intention, en fait,
06:43tout simplement de déménager de notre village actuel
06:45parce que le collège dans lequel nous sommes rattachés,
06:48nous ne voulons pas mettre notre fille là-dedans.
06:49La raison, c'est qu'il y a 800 élèves dans ce collège.
06:53Donc, ça fait beaucoup.
06:55Ils seront tous mélangés avec les plus petits.
06:58Et du coup, on n'en a pas entièrement confiance
07:01à ce qui peut se passer au niveau des élèves eux-mêmes,
07:05au niveau du système scolaire,
07:08peut-être qu'il est fait, peut-être dans un environnement
07:10avec de trop nombreux élèves à gérer.
07:14Et avec, avant l'entendu, avec tout ce qui se passe
07:18concernant les harcèlements, etc.
07:21Donc, on tâche de déménager un projet
07:23sur un village qui est à côté
07:25et qui dépend, en fait, d'un autre bassin.
07:27Mais vous déménagez uniquement pour l'école ?
07:29Oui, en pression.
07:30Moi, je mets d'abord en priorité ma fille
07:34et son instruction scolaire,
07:38et pas l'éducation, évidemment.
07:39Parce que nos écoles ne sont pas faites
07:42pour être éduquées, mais pour instruire.
07:44Et donc, du coup, c'est pour nous très important.
07:47Et donc, on a l'intention de vendre la maison
07:49dans laquelle on est,
07:50et après, aménager et faire notre projet de vie
07:53sur le village à côté.
07:56Merci à Gérald de nous avoir appelés en direct sur Europe.
07:58Merci pour votre regard.
08:00Je rappelle le sondage,
08:01il faut pour le GDD,
08:02pourquoi l'école va mal selon les Français.
08:0443% baisse du niveau,
08:0542% manque de moyens,
08:0742% manque de soutien aux professeurs
08:09face aux élèves perturbateurs.
08:12Joachim Lefloquimade,
08:13comment vous réagissez rapidement
08:14avant de marquer une pause
08:15par rapport à cet auditeur qui nous appelle
08:18et qui dit, moi, je déménage.
08:19Je veux le meilleur pour mon enfant, je déménage.
08:21C'est un drame, ça raconte un drame national,
08:23le fait que les Français ont pris conscience
08:25d'un désastre,
08:26qu'ils ont le sentiment d'être matraqués fiscalement
08:28pour une école qui n'est plus fidèle
08:30à sa mission première,
08:32qui est la transmission des savoirs,
08:33et que dans ce marasme ambiant,
08:35ils en sont à chercher des espaces de refuge
08:37et pour une grande majorité d'entre eux désormais,
08:40à vouloir se tourner vers l'enseignement privé catholique,
08:43à aller vers leur contrat,
08:44voire parfois à scolariser leurs enfants à l'étranger.
08:47Moi, je ne leur jetterai jamais la pierre à ses parents
08:49et je suis pour qu'on arrête
08:51de vouloir détruire le peu qui tient encore debout
08:54dans son système.
08:55On marque une pause.
08:55Mais je suis aussi pour qu'on reconstruise
08:57une école qui tient la route pour tout le monde
08:59et donc ça passe par un redressement par l'eau.
09:01On marque une pause.
09:02On revient sur Europe 1
09:03avec notamment cette question,
09:04la levée de drapeaux,
09:06la marseillaise dans nos écoles,
09:07comme le fait Éric Ciotti à Nice.
09:09Est-ce une bonne chose ?
09:10Réagissez au 01-90-20-39-21,
09:13c'est le numéro.
09:14Pour contacter Christine Kelly
09:15sur Europe 1, à tout de suite.
09:16Sous-titrage Société Radio-Canada
09:19Sous-titrage Société Radio-Canada