00:00Héloïse Goua, et alors ce matin, Héloïse, vous nous conseillez très vivement un thriller, un thriller angoissant avec Javier Barden.
00:08Oui, et pas seulement parce que Javier est l'homme de ma vie, après mon mari, bien sûr,
00:13mais aussi parce qu'on retrouve à la production de cette série deux monstres sacrés,
00:17Steven Spielberg, Martin Scorsese, qui, je crois, ne mettent pas leur pépette dans n'importe quel navet.
00:24Cape Fear, les nerfs à vif, voilà le nom de cette nouvelle série.
00:27Est-ce qu'il vous dit quelque chose déjà, ce titre ?
00:29Cape Fear, les nerfs à vif, oui, bien sûr.
00:32Robert Mitchum.
00:33Exactement, et bien là, il s'agit d'un remake du film du même nom avec Robert De Niro,
00:37film de Scorsese, produit par Spielberg, on ne change pas une équipe qui gagne,
00:40et ça, ça date de 1991.
00:42Oui, ça, je l'ai appris en taule, à nourrir le côté doux et apaisant qui est en moi, le
00:46côté féminin.
00:49Oups, oh oh, il faut que j'y aille.
00:52Après, plein d'autres rendez-vous.
00:55Elle est bien la voix française de Robert De Niro.
00:56Oui, c'est vrai.
00:57Alors, ce film est lui-même adapté d'un autre film sorti en 62,
01:01qui est lui-même l'adaptation d'un roman de 1957, vous suivez ?
01:05Bon, autant vous dire que reprendre un thriller aussi culte, c'était un pari risqué,
01:09mais le résultat est une excellente surprise, notamment parce qu'il y a Javier.
01:14Et alors, de quoi ça parle ?
01:15L'éclatant Javier Bardem remplace Robert De Niro dans le rôle de Max Caddy.
01:2017 ans après son incarcération, cet homme retrouve la liberté en répétant la même chose.
01:25Il est innocent et maintenant, il veut des réponses, ou plutôt une vengeance.
01:30Et dans sa ligne de mire, le couple d'avocats qui a participé à sa condamnation,
01:34ils sont interprétés ici par Amy Edams et Patrick Wilson.
01:37Pourquoi Max te déteste en vrai ?
01:39Parce qu'il a été envoyé en prison.
01:41Pour un meurtre qu'il n'a pas commis ?
01:43Je ne serai pas rassurée.
01:45Tu as conscience que tu fais une fixette ?
01:47Tu vas croire Max plutôt que ta femme.
01:49Et alors, face à cette menace qui se rapproche dangereusement,
01:52leur existence bien rangée commence à se fissurer.
01:55Les secrets remontent à la surface, les certitudes vacillent
01:58et on comprend vite que personne n'est tout à fait innocent.
02:01Tu crois que Max aurait pu apprendre ce qu'on a fait ?
02:05On a fait ce qui me semblait juste.
02:09J'ai rien dit à personne sur ce qui s'était passé.
02:14L'angoisse.
02:15Et alors, qu'est-ce qui vous a plu, vous, dans cette adaptation ?
02:17À votre avis, d'abord...
02:19Javier, Javier, Javier, c'est un peu mon Jean du Jardin à moi,
02:23Jeanne Gérald, Javier.
02:24Le méchant, terrifiant et magnétique.
02:27Il a ce talent rare de rendre chaque scène très inconfortable.
02:32Avec lui, même un silence de trois secondes
02:34ressemble à peu près à une menace de mort.
02:36Mais la vraie bonne idée de cette série,
02:39c'est d'avoir complètement repensé le personnage de Max Caddy.
02:42Dans le film avec Robert De Niro,
02:44on sait très vite à qui on a affaire.
02:46Javier, un monstre froid, particulièrement cruel.
02:49Ici, c'est beaucoup plus trouble.
02:50Pendant plusieurs épisodes,
02:52on se demande si cet homme, Javier,
02:53est vraiment un psychopathe ou pas.
02:56Si c'est un innocent qui a souffert en prison.
02:58La série joue avec nous comme un chat avec une souris.
03:02On doute de tout le monde,
03:03y compris des prétendues victimes.
03:05Et c'est ce flou moral qui rend la série
03:07particulièrement délicieuse et vicieuse.
03:11Résultat, dix épisodes tendus comme une corde de violon.
03:14Oui.
03:15Elle n'est pas marquée ça au départ.
03:18C'est un thriller noir, parfois très violent, je le dis.
03:20Il y a des scènes qui décoiffent pas mal.
03:23Mais c'est impossible à lâcher une fois que ça a commencé.
03:26Anissa, je vous préviens,
03:27tous les épisodes ne sont pas encore disponibles.
03:30Il y a quatre épisodes de dispo.
03:31J'aime pas ça.
03:32Je suis comme vous.
03:32J'ai vu les deux premiers.
03:34Ils sont géniaux.
03:35Donc maintenant, j'attends que tout soit disponible
03:37pour tout enchaîner.
03:38Parce qu'on ne peut pas s'arrêter.
03:39La série est fabuleuse.
03:40Ça s'appelle Cap-Fir.
03:42C'est en cours de diffusion sur Apple TV.
03:45Je conseille, après que vous ayez vu Raffir Bardet,
03:50de regarder la première version avec Robert Michoum,
03:54où il y a cette espèce d'ambiguïté formidable
03:58sur à la fois la douceur et la violence,
04:01notamment dans le rapport avec les enfants.
04:03Ça fait froid dans le dos.
04:05Et c'est très rare.
04:06Michoum, dans sa carrière, a très peu joué de salauds,
04:10de fous, de meurtriers.
04:11C'est magnifique.
04:14Donc ça, c'est le film de 1962.
04:15Oui, absolument.
04:16Vous avez joué beaucoup de salauds, Michel Puginard ?
04:18J'ai joué un personnage qui a été terriblement controversé,
04:23on va dire.
04:24Pour moi, qui était assez compliqué.
04:27Une victime de l'époque dans laquelle il vivait.
04:30C'est un personnage qui s'appelle Le Nombril du Monde.
04:33Il était très gros.
04:34Il était très vilain.
04:35Et il épousait une fille très jolie.
04:40Mais le coupable, est-ce que c'était le père qui la vendait pour le mariage ?
04:45Ou l'homme qui l'achetait ?
04:46Les deux étaient coupables, évidemment.
04:47Mais c'était à une époque où ça se faisait.
04:51Y compris en France.
04:53Il y a eu beaucoup de mariages arrangés dans les campagnes.
04:57C'était un personnage extrêmement complexe.
05:01Il y avait une critique qui avait dit
05:03comment il a pu accepter de jouer un salaud pareil.
05:08Ah oui, carrément.
05:08C'était une violence.
05:10Oui, parce qu'il y avait une scène terrible que moi j'aurais voulu couper
05:13parce que je trouvais que ça rechargeait trop le personnage.
05:15Parce qu'il n'était pas.
05:16C'était quoi la scène terrible ?
05:18Le jour de la nuit de noces.
05:21Donc il l'épouse dans un mariage totalement arrangé qu'elle ne veut pas.
05:27Et puis il y a la fameuse nuit de noces.
05:29Combien de nuit de noces ont dû se passer comme ça
05:31entre un homme et une femme dans des mariages arrangés
05:33où elle est saoule, elle a bu.
05:37Et lui, il n'a jamais fait l'amour avec une femme.
05:42Et elle est allongée sur le lit.
05:45Et il s'approche d'elle, elle a peur.
05:47Et il dit mais non, je ne te toucherai pas.
05:48Je ne te toucherai pas.
05:51Il essaye juste de la déshabiller pour la mettre dans le lit.
05:55Il n'a pas du tout d'intention.
05:58Et puis il tombe sur elle.
06:00Et une fois qu'il tombe sur elle,
06:03il ne peut pas.
06:04Il ne peut pas se retenir de...
06:06Et c'est d'une violence.
06:08Moi, je veux vous dire, cette scène m'a traumatisé pendant des années.
06:12Et ça a traumatisé beaucoup.
06:14Oui, mais ce que je veux dire, c'est que
06:19j'ai trouvé que cette scène était une défense formidable des femmes.
06:23que de raconter là où elles se sont retrouvées coincées,
06:27dans un moment dont on parle peu.
06:29C'est-à-dire des mariages arrangés,
06:31des hommes qui avaient tous les droits.
06:33Tous les droits.
06:34Pendant très longtemps,
06:37le viol conjugal n'était pas considéré comme un viol.
06:42C'est quelque chose de répréhensible.
06:44Et ce type-là,
06:45il regrette toute sa vie,
06:47cette histoire.
06:49Il vit dans le...
06:51Moi, ça m'avait beaucoup bouleversé
06:54de jouer un personnage comme ça.
06:57Une ombrie du monde.
06:57Une ombrie du monde, oui.
06:59Je peux en profiter pour ajouter quelque chose ?
07:01Jeanne Chiral.
07:01Hier soir, j'ai rejoint un grand nombre de personnes
07:05devant le Palais de Justice de Paris
07:08à l'appel d'Andréa Bescou,
07:10de nous toutes,
07:10de la Fondation des Femmes,
07:12pour appeler à ce que la loi intégrale
07:15contre les violences sexistes et sexuelles
07:16soit adoptée à l'Assemblée.
07:19Et vu que vous abordez ce sujet,
07:21j'en profite pour dire à quel point
07:23cette loi intégrale,
07:24il faut absolument qu'elle passe
07:25et qu'elle devienne la norme.
07:28Il y a 168 000 enfants
07:30qui sont victimes de violences sexuelles
07:32tous les ans.
07:33Et on a les moyens
07:35de faire en sorte que ça s'arrange.
07:39Et on voit que cette mobilisation
07:40est faiblie par un.
07:41Chaque semaine,
07:41il y a du monde pour aller manifester.
07:44Il ne faut pas que ce soit prescrit.
07:46Il ne faut pas.
07:47C'est vraisemblablement...
07:51Moi, je suis...
07:52J'ai travaillé avec des enfants très longtemps.
07:53Je suis extrêmement bouleversé par tout ça.
07:57Allez, on va se retrouver dans un instant
07:59sur Europe 1
08:00pour le journal de 11h.
08:01A tout de suite.
08:06Personne n'est jamais vraiment...
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