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Tous les jours dans Culture Médias, Europe 1 reçoit un invité culture qui marque l'actualité.

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00:00Et alors j'ai la chance de recevoir ce matin deux invités de qualité supérieure.
00:04D'abord une chanteuse qui a déjà 25 ans de carrière et qui sait chanter notre quotidien comme personne.
00:10Tiens, comme cette chanson par exemple, très à propos.
00:13Il a fait beau ces derniers jours, il a fait chaud, il a fait lourd.
00:20Mais c'est bizarre depuis hier, c'est le cagnard.
00:27C'est le cagnard, bonjour Jeanne Chérald.
00:31Bonjour.
00:31Merci d'être avec nous et d'être venu accompagné d'un grand comédien et directeur du festival de Ramatuel
00:36qui lui aussi a un joli brin de voix, surtout pour chanter ses racines tunisiennes.
00:41Vers la seule plage que j'aime, la boulette, la boulette.
00:47C'est Michel Boujna.
00:53Michel Boujna est avec nous, merci à tous les deux d'être là.
00:55et d'avoir bravé cette chaleur étouffante.
00:58On aimerait bien être sur cette plage de la Goulette à Tunis.
01:01Elle est vraiment belle, la plage de la Goulette ?
01:03Elle est belle pour moi.
01:05Elle est vraisemblablement pas belle pour vous, mais elle est belle pour moi.
01:08Il y a des plages beaucoup plus belles en Tunisie que la plage de la Goulette.
01:11Mais moi c'est ma...
01:13C'est ma Madeleine de Proust à moi.
01:14Évidemment.
01:15Les papiers gras dans la rue, ça me plaît.
01:17Enfin quand c'est ceux-là.
01:19Et en attendant cet été, vous serez tous les deux dans l'un des plus beaux coins de France,
01:22il faut bien le dire.
01:23Le Var pour le festival de Ramatuel dont vous êtes le directeur Michel Boujna depuis presque 20 ans maintenant.
01:29Tégez-vous.
01:31Et vous avez eu l'excellente idée de programmer.
01:33Donc Jeanne Chéral, mais aussi beaucoup d'autres artistes.
01:36Vous voulez nous donner quelques noms ?
01:37Vous voulez que je le fasse ?
01:38Oui, faites-le.
01:39J'ai bien le son de votre voix.
01:41Benabar sera là.
01:43Absolument.
01:44Il y aura le Bourgeois Gentilhomme avec Jean-Paul Rouve.
01:46Oui, absolument.
01:47C'est un spectacle qui a eu un succès immense à Paris.
01:49Encore les spectacles de Camille Chamou, qu'on aime beaucoup, Manu Payette et même Michel Boujna, figurez-vous.
01:55Dans un spectacle qui a eu beaucoup de succès aussi.
01:57Énormément de succès, on en avait parlé ici, ça s'appelle « Toute la famille que j'aime ».
02:00Et donc vous allez faire aussi, tant qu'à faire, cette pièce au cours de votre spectacle.
02:06Oui, oui, mais j'aime pas trop jouer dans le festival de Ramatuel parce que je suis directeur artistique.
02:12Mais, bon, Briali le faisait presque chaque année.
02:15Votre prédécesseur.
02:16Moi, je le fais une fois tous les quatre ans à peu près, tous les cinq ans.
02:18Et les gens me disent « Mais pourquoi vous ne jouez jamais dans ce festival alors que vous le programmez
02:22? »
02:22Ah quand même, oui.
02:23Mais la pièce est très drôle.
02:24Ça m'a fait énormément de bien de jouer ça.
02:27Ça m'a sorti de mes obsessions, de mes blessures, de mes folies.
02:30Et puis jouer avec d'autres acteurs, c'est tellement bon.
02:33Et puis c'est aussi un peu la richesse de votre festival, Michel, d'avoir du théâtre, des concerts, des
02:38spectacles d'humour, de la musique classique.
02:41Tout le monde a le droit d'être sur scène.
02:43Pourquoi il y a cet ostracisme dans certains festivals ?
02:47C'est comme si et pas autrement.
02:49Non, moi je trouve que c'est le talent qui doit se défendre.
02:53Quand on reçoit quelqu'un comme Jeanne Chérald, c'est un bonheur pour nous.
02:57Et qu'elle soit à côté du Malade Imaginaire, ou de Manu Payet, ou du spectacle formidable qui s'appelle
03:04La Joconde.
03:07On mélange tout.
03:08Et pour le public, c'est un bonheur.
03:11Parce qu'ils vont à chaque fois découvrir quelque chose de différent.
03:14On essaye d'être vraiment exigeant sur la qualité des spectacles.
03:21Mais on mélange tout. La vie, elle est faite de tout.
03:25Bien sûr.
03:25Et de Jeanne Chérald.
03:26Et de Jeanne Chérald.
03:27C'est la première fois, Jeanne, que vous serez à ce festival de dramatique.
03:30C'est mon premier dramatique.
03:31Dans cet écrin merveilleux, ce théâtre de verdure.
03:34Est-ce que vous allez pouvoir jouer avec votre piano, Siamois ?
03:38J'ai vu que vous aviez un piano, Siamois.
03:40C'est quoi ?
03:41C'est dur à dire, un piano, Siamois.
03:44Spécialement fabriqué pour retourner ?
03:46Oui, j'ai eu cette chance.
03:48Là, c'est un piano à double entrée.
03:49C'est comme si deux pianos se faisaient face.
03:51Là, je fais des gestes absolument pas radiophoniques.
03:53Mais les deux claviers sont à l'extérieur.
03:55Et ça me fait comme un terre-plein, comme un promontoire.
03:58Une piste de danse, en fait, tout simplement.
04:00Sur laquelle je peux grimper avec des petites marches lumineuses.
04:03Je m'éclate.
04:05Et à Ramatuel, évidemment, je l'emmène.
04:08Toujours avec moi, à mon piano, Siamois.
04:11Michel Boujouin, la première fois que vous avez joué, vous, au festival de Ramatuel.
04:14C'était il y a 40 ans, en 86, pour sa deuxième édition.
04:17Quels souvenirs vous gardez de cette première fois ?
04:19Eh bien, c'est très simple.
04:20Je suis sorti de scène.
04:23Mon spectacle faisait 1h45.
04:25J'ai fait 2h15.
04:27Ça, c'est assez fréquent, ça, je crois.
04:29Non, pas tant que ça, monsieur.
04:31Oui, à la radio.
04:31Parce que quand je suis en interview, oui, je suis bavard.
04:36Ah bon ?
04:36Oui, oui.
04:37Mais vous savez qu'un jour, il y a un animateur de radio qui m'a dit,
04:40mais qu'est-ce que vous parlez ?
04:41J'ai dit, vous m'avez invité, pourquoi ?
04:42Parce que je fais de ma gueule.
04:44C'est extraordinaire.
04:45Le mec, il me pose une question.
04:46Je réponds, il me dit, vous parlez beaucoup.
04:48Je dis, ben, va chez ta mère.
04:51Je suis sorti de scène, et je suis sorti de scène,
04:55et j'étais avec Briali, qui était très éclectique, lui.
05:00Vraiment incroyablement éclectique.
05:01On ne le connaissait pas beaucoup de ce côté-là,
05:03mais il aimait être des choses tellement différentes.
05:06Et je lui ai dit, est-ce que je peux rejouer demain ?
05:08Ah oui.
05:09Tellement c'était magique.
05:10Tellement ça vous avait plu.
05:10Ah, mais c'est magnifique.
05:12Le rapport scène-salle est incroyable.
05:16Le public a autant de plaisir que les artistes à être sur scène.
05:20C'est fascinant, parce qu'il y a un effet miroir dans la structure architecturale du lieu,
05:26qui est magique.
05:27Il y a la tradition de fin aussi qui est sympa.
05:29Oui, quand on jette les coussins.
05:30Quoi ?
05:32Vous n'êtes pas préparé.
05:33Et j'avais pas dit à Jeanne, vous allez prendre des coussins.
05:36S'ils sont contents, à la fin, n'ayez pas peur.
05:41Ils jettent les coussins.
05:42Bon, je suis prévenue.
05:43Me voilà prévenue.
05:44Ce n'est pas des tomates, c'est comme des fleurs.
05:46Il faut le prendre.
05:47C'est une vieille tradition à Ramatuel et c'est très très beau.
05:50Quand on est sur scène et qu'on voit tous les coussins arriver comme ça,
05:53ils se décompensent dans le ciel, c'est très beau.
05:54J'espère que j'en prendrai plein.
05:54C'est bon signe.
05:55Il faut les éviter.
05:57C'est juste le risque.
05:58Le festival de Ramatuel, c'est du 29 juillet au 12 août
06:02avec Michel Bougna, avec Jeanne Chéral et une pléiade d'artistes.
06:07Vous allez vous régaler.
06:08Dans un instant, on va parler de votre nouvel album, Jeanne Chéral.
06:11Et on va écouter ce superbe duo que vous partagez avec un grand comédien.
06:15Vous voyez ?
06:15Oui, Jean.
06:16On adore.
06:17Un certain Jean.
06:18Jean-Jean.
06:19A tout de suite.
06:19Europe 1.
06:20Vous êtes bien sur Europe 1 avec Thomas Yves qui vous accompagne jusqu'à 11h30.
06:24C'est Culture Média tous les jours, 10h-11h30.
06:27Avec Eloise Gouas ce matin.
06:28Oui.
06:28Et vos invités, Thomas, vous recevez Jeanne Chéral et Michel Bougna pour le festival de Ramatuel.
06:33C'est du 29 juillet au 12 août.
06:36Et alors, Jeanne Chéral, que l'on compare souvent à Véronique Sanson.
06:39Et quand vous reprenez du Sanson, c'est vrai que c'est toujours très beau.
06:43Quand je suis loin de lui, quand je suis loin de lui, je n'ai plus vraiment toute ma tête
06:57Et je ne suis plus d'ici, non, je ne suis plus d'ici, je ressens la pluie d'une
07:07autre planète, d'une autre planète.
07:16Magnifique, ça va bien.
07:18C'est ma chanson préférée et ma chanteuse préférée.
07:20Ah ouais.
07:21Et vous l'avez même remplacée au pied levé, j'ai vu ça lors d'un festival.
07:24Il y a quelques semaines à Saint-Brieuc, dans des circonstances un peu tristes, parce qu'elle était hospitalisée et
07:28on m'a appelée la veille.
07:31La veille, on vous a appelée, on vous a dit allez, et qu'est-ce que vous avez fait du
07:34Véronique Sanson du coup ?
07:35J'ai chanté trois chansons d'elle, après je suis en tournée, mais là j'étais toute seule au piano,
07:41parce que mes musiciens étaient ailleurs.
07:43Pour moi c'était évident qu'il fallait que j'y aille.
07:45Et vous connaissez ses chansons par cœur, de toute façon.
07:48Est-ce qu'elle va mieux aujourd'hui ?
07:49Oui, ça va mieux.
07:50Et alors Michel Bougenas, ça vous est déjà arrivé, vous, comme ça, de devoir remplacer des gens au pied levé
07:54sur le festival de Ramatuel ?
07:56Oui, il y a déjà eu des plantades comme ça ?
07:57Oui, une fois, c'était Jean Rochefort, qui devait venir et qui n'a pas pu venir, et on l
08:05'a su le genre le lundi pour le mardi, quoi.
08:09Et j'ai appelé Fabrice Luchini, et j'ai dit Fabrice, là j'ai un vrai problème.
08:16Et il m'a dit, j'arrive demain.
08:19Ah ouais, sympa.
08:19Il était sur scène le lendemain.
08:21C'est hyper touchant ça.
08:21Et c'était complètement fou cette soirée avec Fabrice, parce que c'était évidemment pas prévu.
08:28Il était dé-ché-né.
08:31Et Fabrice, quand il n'est pas déchaîné, il est déjà déchaîné.
08:34Oui, c'est ça.
08:34Quand il est déchaîné, il faut inventer un mot.
08:36Déchaîné au carré.
08:38C'est génial.
08:39C'est sympa de sa part en tout cas.
08:41Par exemple, comme on est en plein air, évidemment, un jour il y a eu un orage terrible.
08:46La veille, parce qu'on monte la nuit, d'accord, il y a un concert ou un spectacle, et puis
08:51eux ils s'en vont et les autres arrivent avec un décor.
08:54Donc à trois heures du matin, le décor est monté, et tout ça.
08:58Et il y a un orage.
08:59Et ça détruit le décor.
09:01Et les acteurs, le lendemain, on a dit, bon, qu'est-ce qu'on fait ?
09:04Ils ont dit, on va jouer dans le décor détruit.
09:09C'est faire de nos faiblesses d'effort.
09:11De toute façon, le plein air, c'est ça.
09:13Alors, pour les chanteurs, c'est particulier, mais pour le théâtre, c'est complètement fou.
09:18Ce qu'il faut inventer pour résoudre des problèmes.
09:22Et ça reste magique.
09:23Oui, c'est fou.
09:24Et alors vous, Jeanne Chiral, vous avez écrit et composé, produit un nouveau disque qui s'appelle Jeanne, en toute
09:32indépendance.
09:32Vous avez confié la réalisation à votre ami et chanteur préféré, Benjamin Biolet.
09:36Parce qu'il paraît que c'est lui qui a été un peu le déclic aussi de ce nouvel album.
09:40Il vous a encouragé à continuer ?
09:42Il m'a secoué à une période où je n'étais plus vraiment dans l'énergie d'écrire et je
09:48n'avais pas le feu.
09:49Et Benjamin, il est fort pour vous remettre le feu.
09:52Et ça a marché.
09:53Donc, Jeanne, vous avez des chansons féministes dans cet album, sans oublier l'amour que vous avez pour la jante
09:59masculine.
09:59Ça fait du bien, d'ailleurs.
10:01Vous aviez envie de dire que les deux n'étaient pas incompatibles, en fait.
10:04C'est toujours ce que j'ai essayé de dire.
10:06En tout cas, c'est mon sentiment profond.
10:09Oui.
10:09Et alors, vous chantez notamment votre amour pour cet homme.
10:11Jean, est-ce la ligne de votre cul, Jean ?
10:16Ou vos yeux, les voisins, de la vie d'être vécu ?
10:22J'aimais bien cette rime, donc j'ai vraiment pris la fin de la chanson.
10:26Jean, votre déclaration d'amour à Jean Dujardin.
10:29Pourquoi vous lui avez consacré un titre d'abord ?
10:31Parce que je l'adore !
10:33Vraiment, vraiment.
10:34On vient d'en parler en off, on est tous et toutes d'accord pour dire que Jean, on l
10:38'aime d'amour.
10:39C'est vrai, Michel, vous étiez d'accord ?
10:42Absolument.
10:42C'est vraiment, vous étiez un homme de bien.
10:44Enfin, vraiment, c'est quelqu'un que j'aime profondément en tant qu'artiste.
10:47Et puis, j'ai eu la chance de le côtoyer un petit peu par ailleurs.
10:50Et c'est vraiment un humain délicieux, très généreux.
10:53Donc, vous l'avez écrite après l'avoir côtoyée ?
10:55La chanson Jean ?
10:56La chanson Jean.
10:57Ah non, non, non.
10:58C'était une bouteille à la mer.
11:00Vous ne le connaissiez pas encore ?
11:01Vous ne le connaissiez pas ?
11:02Ah non, je ne le connaissais pas d'ici jamais.
11:04Et donc après, c'est lui qui vous a contacté ?
11:07Oui, on s'est contacté.
11:08Vous vous êtes croisé ?
11:09Oui, via les réseaux sociaux, tout simplement.
11:12Et puis, j'ai eu la chance qu'il vienne me voir à l'Olympia il y a quelques mois.
11:15On s'est rencontré dans les coulisses de l'Olympia.
11:16D'accord.
11:17Vous deviez être intimidé ?
11:18Non, pas du tout.
11:19Bah oui.
11:22C'était pétri de timidité.
11:24Surtout après ce que vous avez chanté, il y a un truc un peu génant.
11:26Sur ses fesses.
11:28Et alors, Jean Dujardin, il a été plus que conquis,
11:30puisque vous venez de sortir un duo ensemble qui s'appelle
11:33Je pense à vous, je pense à vous.
11:37Ça a été facile de le convaincre de chanter en duo ?
11:41Il vous a dit oui tout de suite ou il a hésité ?
11:44Bah, il a un petit peu hésité dans le sens où il n'est pas chanteur.
11:47Mais moi, j'étais convaincue que c'était pour lui et qu'il allait le faire avec beaucoup de talent,
11:53de grâce.
11:53Je me suis un peu mise dans sa tonalité en me référant à des chansons où j'avais pu l
11:59'entendre à Bambino dans S.S.
12:02Notamment.
12:04Il a très très peu chanté, mais je trouvais que c'était dommage qu'il ne chante pas plus.
12:07Il chante super bien.
12:09Il s'est beaucoup préparé, il a beaucoup travaillé ?
12:11Je pense, parce que quand il est arrivé en studio, il était nickel.
12:15Ah oui, il était parfait. On va pouvoir l'entendre d'ailleurs.
12:17Il a un côté belmondesque.
12:19Oui, c'est vrai.
12:22Genre, je ne touche pas, je ne m'entraîne pas, machin, mais en cachette.
12:27Il bosse énormément, mais après il a une espèce de décontraction.
12:31Oui, après c'est facile, il est magnifique.
12:33On va l'écouter ce très beau titre.
12:35Il commence à m'énerver.
12:37Je ne sais pas si on va l'écouter en fait.
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