00:00A demain.
00:01L'invité d'RTL Soir.
00:04Bonsoir Thierry Lhermitte.
00:06Bonsoir, bonsoir, bonsoir, je me réveille.
00:08C'est bien, c'était pile le bon moment.
00:11Vous venez nous parler d'un seul en scène que vous interprétez au Festival d'Avignon du 16 au 25
00:15juillet au Théâtre du Chêne-Noir.
00:17Vous êtes seul en scène, mais vous nous parlez des autres, puisque c'est un spectacle sur la rencontre.
00:23Il est inspiré d'un livre du philosophe Charles Pépin, adapté à vous, à vos rencontres.
00:28Et ceux que vous avez rencontrés ne nous sont pas totalement étrangers, c'est ça qui vient.
00:32Il y a des petits morceaux des rencontres, je n'ai pas parlé de toutes mes rencontres dans la vie,
00:36parce qu'il aurait fallu plusieurs spectacles.
00:38Mais c'est surtout, effectivement, je parle de la rencontre avec mes amis du Splendide, évidemment, mais c'est un
00:44tout petit exemple de rencontre.
00:48Charles Pépin, il dissèque, il explique le genre de rencontres qu'on peut faire, les gens qu'on rencontre, puis
00:54les gens qu'on croise.
00:55Les rencontres qui sont décevantes, les rencontres qui changent la vie, les rencontres qui sauvent la vie, voilà, toutes sortes
01:01de rencontres.
01:02Et c'est vrai que celle du Splendide, forcément, elle nous parle, et ce sont de bonnes rencontres qui ont
01:07changé votre vie,
01:09et qui vous ont éloigné de ce que vous auriez peut-être pu devenir sans eux.
01:14De quoi, Junio, Clavier, Michel Blanc vous ont-ils éloigné ?
01:19Avant de les rencontrer, honnêtement, rien ne m'intéressait.
01:22Bon, alors, je faisais du rugby, alors bon, avec eux, autant vous dire que ça m'a éloigné des terrains
01:27de rugby.
01:28Et puis, tout d'un coup, j'ai découvert le théâtre, quoi, parce que Junio, qui voulait être metteur en
01:34scène depuis ses 14 ans,
01:36nous entraîne au ciné-club et groupe théâtrale, Michel m'a écrit une pièce, nous, on joue une pièce, Christian
01:41et moi,
01:41on joue tous ensemble, la concierge est tombée dans l'escalier de Michel Blanc, puis ça y est, c'est
01:45parti, voilà.
01:46Donc, de quoi, ça m'a éloigné ? De pas grand-chose, à vrai dire, parce que, honnêtement, rien ne
01:50m'intéressait.
01:51C'est pratique. L'adolescence se prête aux rencontres, vous le dites, dans cette pièce.
01:56Pourquoi ? Parce qu'on a du temps et il faut du temps pour rencontrer les gens.
01:58On a du temps à perdre, on attend, on ne sait pas quoi, mais on est prêt, voilà.
02:02Donc, on était des adolescents comme ça. Moi, Christian, on sortait du lycée, on discutait, on continuait à discuter.
02:08Je le raccompagnais chez lui, il me raccompagnais chez moi, on continuait.
02:11Et puis, quand on se retrouvait chacun chez soi, on continuait au téléphone.
02:14Avec le téléphone, comment dire ?
02:17Oui, de l'époque, là.
02:17De l'époque, pas portable.
02:19Oui, c'est ça.
02:20Et qui monopolisait le téléphone de la maison.
02:23Vous dites que pour rencontrer, il faut sortir des préjugés et des algorithmes.
02:27On a l'impression que, voilà, l'algorithme, c'est quand même l'incarnation de l'horreur qui nous enferme.
02:31Ben, les algorithmes, oui, ils nous montrent les avis de ceux qui pensent déjà comme nous.
02:34Donc, ou des gens qu'on déteste et qui nous détestent.
02:38Donc, on a tout pour ne pas faire de rencontres.
02:41Parce qu'en gros, quand même, la rencontre, c'est la rencontre de l'inattendu, quand même.
02:45Parce que si on rencontre toujours les mêmes gens au même endroit, au même moment de l'année,
02:48ce n'est pas des rencontres.
02:49C'est agréable, par ailleurs.
02:51Mais ce n'est pas des rencontres.
02:52Les rencontres, c'est quand on est surpris, quand on ne s'y attend pas.
02:55Quand, voilà, du coup, il faut sortir des algorithmes, ça c'est sûr.
03:02Vous dites aussi que, vous citez Alain Badiou, le philosophe, que ça nous décentre.
03:08Vous vous expliquez que Josiane Balasco, elle décentre.
03:10Oui, oui, dans les décentrements.
03:12Alors, je parle de choses très très chiques.
03:14Je parle d'Émilie Duchâtelet et Voltaire.
03:16Et puis de Josiane Balasco, qui est un exemple de décentrement.
03:20Je donne l'exemple des titres qu'elle nous a trouvés, dont le Père Noël est une ordure,
03:26qu'elle avait suggéré, le Père Noël, c'est tirer une balle dans le cul.
03:30Mais ça décentre.
03:32Ça a marché aussi.
03:32Ça a décentre.
03:34C'est du travail de garder ses amis ?
03:38Moi, ce n'est pas un effort, en tout cas.
03:40Les garder en vie, malheureusement, on ne peut pas faire grand-chose.
03:44De ne pas se fâcher, de ne pas s'éloigner.
03:46Vous êtes très fidèles en amitié.
03:47On est tellement amis, honnêtement.
03:51Qu'on peut avoir des fâcheries, mais pas se fâcher.
03:54Non, ce n'est pas possible.
03:56Pas des rêves fâcheries.
03:56C'est impossible.
03:57Ce qui est intéressant, c'est que ça ne concerne pas que vos copains de lycée.
04:01Vous le disiez, vous avez heureusement rencontré pas mal de gens,
04:04mais vous avez aussi fait une rencontre bouleversante, celle de Wallace.
04:07Ah oui, oui, oui.
04:08Parce qu'on peut...
04:09Non, mais ça, c'est les rencontres dans lesquelles on a l'impression de se connaître déjà.
04:13De se retrouver.
04:14Effectivement, je parle de mon cheval que ça arrive aussi aux gens qui vont à la SPA chercher un chien.
04:20Mais pourquoi il y a un chien à un moment qui les regarde, qui leur fait...
04:23Et qui se dit, avec cette personne, c'est du domaine de l'impalpable,
04:28pourquoi ce chien pense qu'avec vous, ou ce chat, et moi en l'occurrence, ce cheval,
04:32Wallace, j'arrive, le cheval avait été vendu et revenu plusieurs fois parce que difficile à gérer, etc.
04:40Il faut aller plusieurs pour l'attraper.
04:42Moi, je le monte, et puis le lendemain, il m'attend, je le regarde, et il m'attend.
04:46Pourquoi il décide que moi...
04:48Moi, je n'étais pas expert en cheval à ce moment-là.
04:51Et pourquoi, moi, ça colle ?
04:53J'en sais rien, voilà.
04:54J'ai l'impression de se connaître déjà.
04:55Ça arrive dans la vie, heureusement, avec des gens aussi, ouais.
04:58Vous dites que vous n'étiez pas expert en cheval.
05:01Mais aujourd'hui, vous donnez des cours d'éthologie éthologique.
05:04Oui, oui, je le suis devenu entre-temps, parce que je suis devenu moniteur d'équitation éthologique.
05:08Donc, j'enseigne aux gens à apprendre aux chevaux.
05:12Et les gens savent, quand ils s'inscrivent, que c'est vous, le prof ?
05:15Quelquefois, mais pas toujours.
05:16J'essaie que ce soit...
05:18Ne pas me retrouver que des gens qui viennent pour faire des photos avec l'acteur.
05:22J'en ai fait assez dans ma vie, donc ça ne me manque pas.
05:25Donc, quelquefois, ils le découvrent, quelquefois, voilà.
05:29Et vous faites ça souvent ?
05:31Enfin, ce n'est pas juste...
05:31Oui, oui, j'en fais beaucoup dans l'année.
05:33J'aime bien ça, ça fait du bien aux gens et aux chevaux.
05:35Moi, ça m'apprend, ça me permet de manipuler des centaines de chevaux
05:37et de me donner beaucoup d'expérience, du coup.
05:40Alors, c'est votre second seul en scène, mise en scène par Steve Suissa.
05:44Le premier était adapté du livre Chasseur de nazis de Simon Wiesenthal.
05:49Non ?
05:49Fleur de soleil.
05:50Ah bon, d'accord, je me suis trompée.
05:51Fleur de soleil, c'est le nom du livre et de la pièce.
05:53D'accord.
05:54Et c'est adapté de...
05:55Enfin, c'est le livre de Simon Wiesenthal, surnommé Le Chasseur de nazis.
05:58Le Chasseur de nazis.
05:59Ah oui, donc j'ai fait un petit medley.
06:01Vous aviez envie de partager des choses qui vous touchent profondément et qui vous font réfléchir ?
06:08Oui, c'est un partage, vraiment ça.
06:10Enfin, en tout cas, franchement, je m'étais juré de jamais...
06:12Enfin, pas juré, mais j'aurais jamais pensé que j'allais faire un seul en scène
06:16quand j'ai fait Fleur de soleil, mais c'est incroyable.
06:18Vous voyez les algorithmes en même temps ?
06:20Fleur de soleil, je l'ai découvert, c'est une suggestion de ma liseuse.
06:24Voilà.
06:25Ah oui ?
06:25Ouais.
06:26Comme quoi ?
06:27Il faut être curieux quand même, en même temps.
06:29Oui, mais alors du coup, c'est pas un algorithme qui vous fait exprès,
06:33il vous montre des choses qui pourraient vous intéresser.
06:36Et donc, en tout cas, c'est assez intelligent.
06:38Moi, je le lis par hasard.
06:40Ce bouquin me passionne, je le fais lire à mes amis,
06:42pour prendre, et ça se termine en scène.
06:44Et partager ces réflexions de Wiesenthal sur le pardon,
06:47je trouvais ça vraiment passionnant.
06:49L'histoire est dingue.
06:50Et puis, les réflexions qui découlaient de cette question du pardon,
06:56qu'il y avait des lettres de plein d'autorités morales
06:59qui vont du Daï Lama au pape,
07:02à des, je sais pas, Desmond Tutu,
07:06Nelson Mandela,
07:08Simone Veil,
07:09qui disait ce qu'elle pensait,
07:11est-ce qu'elle aurait pardonné ?
07:14La question était, qu'est-ce que vous auriez fait ?
07:15Qu'est-ce que j'aurais dû faire dans cette situation de dilemme ?
07:19Cette fois, en tout cas, on va réfléchir à la rencontre.
07:21Et c'est vrai qu'on réfléchit beaucoup.
07:23Il y a beaucoup de citations.
07:23Vous lisez pas mal d'extraits d'Anne Coen, de Victor Hugo.
07:30Et ça fait un bien fou, je dois dire.
07:33Vous serez donc à Avignon, au Théâtre du Chêne-Noir du 16 au 25 juillet,
07:36et à Paris en septembre aussi.
07:38Voilà, je reprends en septembre à la Comédie des Champs-Elysées,
07:41pendant une semaine, et ensuite novembre-décembre.
07:43Merci beaucoup Thierry Dermy d'être venu nous voir.
07:46Dans un instant, on va retrouver la petite bande d'RTL Soir.
07:49L'info spéciale Coupe du Monde, qu'on a failli manquer,
07:51c'est le duel Messi-Ronaldo, très révélateur de nos opinions politiques.
07:56Le petit phénomène, c'est le succès de la banane,
07:58et notamment de la banane isotherme.
08:00Et puis la tentation du soir nous emmènera au camping.
08:03A tout de suite.
08:14A tout de suite.
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