00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:01Merci, nous rejoignons à 12h19 sur Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:04La suite avec votre invité, chère Christine.
00:07Charles Rigaud, journaliste caméraman de Frontières agressée en marge de la fête de la musique.
00:12Mais oui, parce que tout s'est bien passé, on verra, Gérardine, effectivement,
00:15que tout ne s'est pas si bien passé que cela,
00:17avec le témoignage exclusif de Charles Rigaud, journaliste de Frontières.
00:21D'abord, Karim Alloum, votre regard sur cette fête de la musique,
00:25qui année après année se transforme, se modifie,
00:28quelle forme prend-elle selon vous ?
00:30En réalité, depuis quelques années, quoi qu'on fasse,
00:34un match de foot, la fête de la musique, le 14 juillet,
00:37il y a toujours de la violence qui s'est installée,
00:40qui a gangrené toute la société,
00:41et donc la fête de la musique n'échappe pas à cette violence.
00:44Donc comme d'autres fêtes, ils n'échappent pas, ça c'est un point.
00:47Deuxième point...
00:48Mais il n'y a pas que de la violence.
00:49Oui, bien sûr, le deuxième point, c'est que c'est une fête populaire,
00:53et moi j'ai vu des gens danser, chanter, un peu partout,
00:56et ça s'est très bien passé aussi, donc il faut le dire aussi,
00:59les gens sont très attachés à ce moment festif, etc.
01:04Mais ce qui m'a beaucoup choqué, pour comment un parti politique,
01:07normalement un parti politique doit être responsable.
01:09Une fête nationale, c'est une fête nationale.
01:11Une fête de la musique, c'est la fête de tous.
01:12On ne va pas privatiser un espace public.
01:15Je rappelle Mme Panou, qui a dit hier,
01:20elle parle de la Palestine, de génocide,
01:22je veux dire, ça fait 11 ans, on a manifesté à cette place de la République,
01:24on s'est dit, on a crié, nous sommes Charlie,
01:28nous sommes pour la liberté d'expression,
01:30nous sommes pour le rassemblement de tous les Français.
01:32Voilà ce qui s'est passé à cette place de la République,
01:34ça fait 11 ans.
01:3511 ans après, il y a un discours de haine qui s'est développé,
01:39et des journalistes ont été agressés,
01:40comme on a la personne qui était présente sur place.
01:43Mais pour terminer, la France est soumise.
01:46Karim Alloum.
01:47La France est soumise, pour eux,
01:49toutes les occasions sont bonnes pour conflictualiser,
01:53pousser des Français contre d'autres Français.
01:55C'est leur identité.
01:57Donc là, vous réagissez effectivement au propos de Mathilde Panou.
01:59Donc on commence par la fête et on finit toujours par la fête.
02:01Pourquoi ?
02:02Au fait, parce qu'il ne gongrène.
02:03Parce qu'il faut reconnaître qu'aujourd'hui,
02:05notre démocratie est prise en otage.
02:08C'est la démocratie qui est attaquée.
02:10Ils confisquent les symboles, selon vous.
02:10Ils confisquent les symboles.
02:11C'est la place de la République,
02:12et ils se sont attaqués à des journalistes.
02:15Ils ont politisé cette place,
02:19cette fête de la musique.
02:20On parle de la Palestine, de génocide, etc.
02:23Et ce n'est pas tout à fait ça, la France.
02:25Quand on a un moment de convivialité,
02:27on reste dans la convivialité.
02:29Et donc, ils veulent même ça.
02:30Ils veulent nous le saboter.
02:32Alors, vous savez, moi, ce que j'ai, avant de donner la parole à Charles Régaud,
02:36moi, j'ai été un peu interpellée par à la fois la fête.
02:39Moi, j'ai vu des gens qui faisaient vraiment la fête.
02:42Ils étaient contents.
02:43Ils sautaient ensemble.
02:44Moi, j'ai fait la fête, ma chère Christine.
02:45Ah bon ?
02:46Vous n'avez pas dit ça, vous avez fait la fête où ?
02:48Vous étiez où, à Châtelet ?
02:50Oui.
02:50Karim Malou, mais vous étiez à Châtelet ?
02:52Non, vous étiez où ?
02:53J'ai cité, il y a des moments,
02:54il y a des groupes de musique.
02:56Karim a de me répondre à ma question.
02:57Où étiez-vous hier soir pour la fête de la musique ?
03:00J'étais à la place de l'Odéon.
03:02Et vous avez fait la fête ?
03:04On a fait la fête.
03:04Vous savez pourquoi j'ai fait la fête hier ?
03:05Avec qui vous étiez ?
03:06Avec des amis, parce que c'était aussi mon anniversaire.
03:09Ah oui, c'est vrai !
03:10Donc, j'ai le 25 juin.
03:12Donc, je suis toujours à la fête.
03:14Oui, c'est vrai.
03:14Pour moi, c'est une journée exceptionnelle.
03:16Non, mais Karim, vous avez fait la fête pour l'anniversaire
03:18ou bien pour la fête de la musique ?
03:19Les deux.
03:20Les deux.
03:20Et ça s'est bien passé.
03:21Toujours.
03:21Bon, alors, moi, donc, avant de donner la parole à notre invité exclusive,
03:24moi, ce qui m'a un peu interpellée,
03:26je suis une femme noire, je me permets de le dire.
03:29Moi, j'ai vu d'un côté les noirs, d'un côté les blancs.
03:31Peut-être que je me trompe.
03:34Dites-moi et appelez-moi au Centre d'Europe,
03:36un peu me dire si c'est faux.
03:37Mais à Paris, j'ai vu des blancs,
03:39Place de la Musique, Place de la République,
03:41devant le concert de LFI.
03:44Appelons le concert, ne l'appelons pas le meeting, respectons-les.
03:47Et j'ai vu des noirs achatelés, danser, s'amuser.
03:53Et je ne sais pas, mais ça m'a interpellée.
03:54Ça ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de blancs.
03:55Il y avait des noirs et des blancs.
03:56Mais majoritairement, des noirs qui dansaient.
04:00Et majoritairement, des blancs.
04:02Je dis ça parce que tout est identitaire aujourd'hui.
04:05Tout est couleur de peau.
04:06LFI est tout le temps en train de souffler sur la couleur de peau.
04:09Et j'ai été interpellée par le fait
04:11que je n'ai pas vu, justement, la catégorie de personnes
04:15qui habituellement, que LFI sollicite, à leur meeting.
04:19Charles Rigaud, vous êtes notre invité.
04:22Exceptionnel sur Europe 1.
04:23Dites-moi si je me trompe.
04:27Par rapport aux personnes qui étaient présentes
04:29au concert de LFI, Place de la République,
04:32qu'elles étaient...
04:33Sans rentrer dans les détails, mais oui ou non.
04:35J'ai raison, oui ou non.
04:37C'était majoritairement, oui,
04:38plutôt des militants des extrêmes-gauches
04:40et des antifascistes,
04:41mais c'était majoritairement blanc sur le coup.
04:43Mais il y avait quand même une grande diversité
04:45lors de ce meeting,
04:46où notamment, nous avons pu voir,
04:47on a même filmé,
04:48énormément de drapeaux palestiniens,
04:50drapeaux algériens,
04:51donc c'était vraiment...
04:52Donc la diversité était dans les drapeaux.
04:54C'est ce que j'étais en train de nous expliquer.
04:56Bon, d'accord.
04:56Il y avait rouges, toutes sortes.
04:58Ah oui.
04:58Non, mais voilà, moi je dis,
04:59ça m'a un peu interpellée,
05:01effectivement, même si...
05:03Dites-nous ce qui s'est passé concrètement.
05:06Qu'êtes-vous allé faire, déjà,
05:08au concert antiraciste de LFI ?
05:11Place de la République hier.
05:12Déjà, en fait, nous étions en amont
05:15à la manifestation antiraciste
05:17avec un journaliste,
05:18donc David Allem,
05:18et deux agents de sécurité,
05:20où nous voulons seulement donner la parole
05:23et prendre le point de vue de chacun
05:26par rapport à sa administration,
05:27par rapport à ce qu'il comptait faire.
05:29Et à chaque fois qu'on essayait
05:31de rentrer dans cette même manifestation,
05:33donc dès les premières cinq minutes
05:35où on est rentré dans cette manifestation,
05:36on s'est fait prendre la partie,
05:38et on a couru,
05:40donc on a dû partir en retraite,
05:42parce qu'ils nous ont couru après nous,
05:44ils ont jeté des projectiles,
05:46des antifascistes,
05:49des militants d'Estainglouche.
05:50ils étaient visages découverts,
05:52et qu'ils ont couru après.
05:53Que vous disait-il ?
05:54Pardon ?
05:55Que vous disait-il en vous courant après ?
05:57Enfin, fachos, dehors,
05:58on ne veut pas de CNews ici,
06:00on ne veut pas de frontières ici.
06:02C'était très événement,
06:03et surtout, moi j'étais caméraman,
06:05et à partir de la première,
06:07je peux dire,
06:10première charge contre nous,
06:12ils ont voulu,
06:13nous, mais nous taper.
06:15Et heureusement que les CRS
06:16étaient présents en ce moment-là,
06:17parce qu'on n'a pu partir en retraite,
06:19et les agents de sécurité,
06:20il y en a un qui a failli prendre un coup de poing
06:21au bout de cinq minutes,
06:23et ils ont réussi à taper la caméra.
06:24Donc en tant que journaliste,
06:26vous ne pouviez pas filmer
06:29le concert antiraciste de LFI ?
06:31Non, et dès qu'on essayait,
06:32en fait, il faut bien prendre en compte aussi,
06:34on a essayé de rentrer dans cette manifestation
06:36plusieurs fois.
06:37Oui, oui.
06:37Et à chaque fois,
06:41on rentrait,
06:42au bout de cinq minutes,
06:43on nous arrosait avec des pistoles à eau,
06:45avec des bouteilles d'eau,
06:45on nous jetait des projectiles dessus,
06:47on nous agressait verbalement et physiquement,
06:49et on se retrouvait toujours à partir en retraite,
06:52parce qu'on nous suivait.
06:54Charles Régoût, en direct sur Europe 1,
06:57journaliste caméraman de frontières,
06:58qui a été agressé en marge de la fête de la musique.
07:01Il continue son témoignage dans un instant.
07:03Restez avec nous sur Europe.
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