- il y a 2 jours
Stéphanie Bonhomme, la mère d'Elias, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00Notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Stéphanie Bonhomme.
00:03Bonjour à vous.
00:04Bonjour.
00:04Vous êtes médecin, chef de service adjointe en médecine vasculaire à l'hôpital Saint-Joseph à Paris.
00:09Vous êtes la maman d'Elias et de deux autres enfants, âgés aujourd'hui de 22 et 25 ans.
00:14Ce matin, vous vous exprimez au nom de toute la famille d'Elias.
00:16Aujourd'hui, alors que le rapport de l'inspection générale de la justice sera rendu au Premier ministre
00:21dans le cadre de la mort de la petite Liana, vous avez choisi de vous exprimer, Stéphanie Bonhomme.
00:26On va écouter avec beaucoup d'attention ce que vous avez à nous dire ce matin.
00:29vos questions.
00:30Mais vous vouliez commencer tout de suite en disant qu'il y a un mot que vous ne supportez plus
00:33parce que vous l'entendez trop souvent, parce qu'il est martelé à chaque drame.
00:37C'est le mot victime.
00:39Pourquoi est-ce que vous ne supportez plus cela, Stéphanie Bonhomme ?
00:41En fait, je ne supporte plus le mot victime parce que finalement, il est rabaissant et avilissant.
00:49Et en fait, ces enfants qui parlent dans la pédocriminalité, ces enfants qui parlent,
00:55ces femmes qui dénoncent les violences conjugales, finalement, ce ne sont pas des victimes.
01:02Ce sont des super-héros.
01:03Des super-héros.
01:04Des super-héros et des super-héroïnes.
01:06Et quand je regarde toute la famille d'Elias, quand je regarde ses enfants qui continuent à se lever le
01:13matin,
01:13à être à l'heure, à étudier, à travailler, lorsque je nous vois, nous, les parents d'Elias,
01:19c'est que j'imagine les autres parents, en fait, nous sommes un peuple de traumatisés.
01:27Et pourtant, nous sommes là.
01:29Nous continuons à avancer.
01:32Et ce mot victime, avant, il renvoyait à un peuple d'invisibles.
01:37Et pour moi, aujourd'hui, on est des super-héros parce que certes,
01:41nous mettons parfois un genou à terre, mais nous nous relevons toujours.
01:45Et donc, le terme super-héros fait que, de la victime invisible, nous passons à un statut d'invincible.
01:55Et visible.
01:56Et visible.
01:57Qui parle et qui prenne la parole, comme vous le faites ce matin, Stéphanie Bonhomme.
02:00Vous préférez ça pour, encore une fois, surmonter le traumatisme
02:04et faire quelque chose d'utile de ces drames qui vous sont arrivés ?
02:10Oui, parce que je pense qu'il faut faire quelque chose de ce que l'on nous a fait.
02:16C'est-à-dire que ce n'est pas de la résilience.
02:18On nous a fait du mal.
02:20On a, à titre...
02:22Dans notre famille, on nous a pris notre enfant.
02:25On a tué notre enfant.
02:26Et de ça, il faut faire quelque chose.
02:28Ce qui est un peu le cas des super-héros.
02:31Et cette notion d'invincibilité et de visibilité des victimes,
02:41c'est un terme qu'a très bien compris le garde des Sceaux.
02:44Les deux ministres de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, avant et maintenant Laurent Nunez.
02:52Donc, ce statut des victimes qui évolue, eux l'ont parfaitement compris.
02:58Et pour nous, c'est important.
02:59Stéphanie Bonhomme, j'imagine que vous avez une pensée pour la famille de la petite Liana.
03:03Il y a ce rapport qui est rendu aujourd'hui.
03:05On attend ses conclusions, un rapport de justice et de la gendarmerie.
03:09Visiblement, d'après les premières informations, c'est un problème de traitement des plaintes.
03:15Jean Barrella avait plusieurs plaintes pour violer agressions sexuelles.
03:19C'est un enchaînement de faits, un enchaînement de défaillances individuelles qui ont conduit à ce drame.
03:24Vous les connaissez évidemment que trop bien, ces défaillances-là.
03:27Stéphanie Bonhomme ?
03:28Nous les connaissons parce que nous avons, nous-mêmes, suite au meurtre d'Elias,
03:36il y a eu une mission de l'Inspection générale de la justice
03:40qui a mis en évidence des dysfonctionnements et des carences au sein du tribunal pour enfants de Paris,
03:47mais qui a mis aussi en évidence un manque de discernement des décisions des juges des enfants.
03:54Et qu'est-ce qui s'est passé après ce rapport ?
03:56Et là, c'est là où ça devient compliqué.
03:58C'est-à-dire que c'est très bien de demander des rapports.
04:00Mais qu'est-ce qu'on en fait ?
04:01Qu'est-ce qu'on en fait ?
04:02Et en fait, il a fallu que moi, la mère d'Elias,
04:07j'envoie des mails au directeur adjoint du garde des Sceaux pour savoir quelles sont les mesures correctives apportées.
04:17Plusieurs mails avant d'avoir des réponses.
04:19J'ai envoyé des lettres à Pascale Bruston, qui est la présidente du tribunal pour enfants de Paris,
04:26qui par ailleurs, au début, était juge des enfants,
04:28et en plus a eu à connaître et à prendre en charge, sur le plan judiciaire, les meurtriers d'Elias.
04:35Et ces lettres, je n'ai jamais eu de réponse.
04:38Donc oui aux missions, mais que fait-on de cette mission et de ces missions après ?
04:45Et surtout, l'important, c'est que nous, les proches des victimes, on soit au courant.
04:51C'est-à-dire que ce n'est pas à nous de courir après les réponses.
04:55Stéphanie Bonhomme, rappelons que le 24 janvier 2025,
04:59Elias, votre fils aîné de 14 ans, rentrait de son entraînement en foot avec son meilleur ami.
05:02Il a été attaqué à coups de machette par deux individus de 16 et 17 ans,
05:07qui avaient interdiction de se voir, qui étaient connus de la justice.
05:12Il lui avait demandé son téléphone, ce qu'il a fait, évidemment.
05:16Il est mort terrifié.
05:18Il est mort, je crois, le lendemain d'une hémorragie interne provoquée par ses blessures.
05:23Le premier passage à l'acte de ces deux individus était remonté à l'âge de 13 ans.
05:27Rien n'a été fait pour stopper ce parcours de délinquance, vous dites, aujourd'hui.
05:30Des choses ont été faites, mais des choses qui n'avaient pas de sens.
05:34C'est-à-dire que les mesures judiciaires qui ont été appliquées,
05:37les mesures éducatives judiciaires, ont toujours été les mêmes.
05:42Et aujourd'hui, il est important pour nous de rencontrer ces juges des enfants.
05:49Ça fait la neuvième fois que je prends la parole.
05:52Ça fait la neuvième fois que je sollicite cette rencontre.
05:55Cette rencontre à droit constant,
05:58puisque je travaille avec des juristes et des professeurs de droit,
06:02elle peut avoir lieu.
06:03Et nous, on a des questions qui vont nous permettre de comprendre.
06:08On demande des explications pour comprendre pourquoi la juge des enfants
06:13du 30 octobre 2024,
06:17qui est face à ceux qui vont être les meurtriers d'Elias...
06:21Les meurtriers présumés.
06:23Présumés.
06:25Lorsqu'elle les voit, elle prononce une interdiction de rentrer en contact.
06:30Moi, j'ai une question.
06:31Or, ils habitaient dans le même immeuble.
06:32Or, ils habitent dans le même immeuble.
06:34C'est un problème.
06:34Lorsqu'on parle de clochardisation de la justice,
06:38je pense que tout juge a au minimum un ordinateur et un téléphone portable.
06:47Ou alors, ils n'en ont pas, et là, je tombe de ma chaise.
06:50Mais je pense qu'il est capable,
06:52que ces juges sont capables de noter les deux adresses...
06:55Et de voir que c'est le même endroit.
06:56Édouard, et si elle ne l'a pas fait,
06:59nous aimerions savoir pourquoi.
07:01Et si elle l'a fait,
07:03pourquoi le 30 octobre 2024,
07:05cette juge pour enfants ne s'est pas dit,
07:08mais depuis toutes ces années,
07:10en fait, cette interdiction d'entrer en contact,
07:13elle n'a pas de sens.
07:15Donc, ça veut dire qu'on est un an et demi après la mort de votre fils,
07:18que vous n'avez jamais rencontré les trois juges
07:21qui ont pris cette décision-là ?
07:22Ils ont toujours refusé de vous rencontrer ?
07:24Alors, en fait, ils ne refusent pas.
07:26Il y a une autre juge,
07:27une autre juge des enfants qui est encore plus impliquée,
07:30puisque elle, elle a eu à les suivre en fin d'année 2023,
07:35et elle les revoit en novembre 2024.
07:37Donc, cette juge-là, pour le coup,
07:39elle sait qu'ils habitent ensemble,
07:41enfin, dans la même résidence.
07:43Elle sait qu'ils ne respectent pas
07:46la mesure d'interdiction de rentrer en contact.
07:47Et pour autant, elle ne va pas...
07:51Elle va les laisser continuer d'aller et venir.
07:55Elle va leur donner une impunité judiciaire.
07:59Et donc, nous, on a besoin de les rencontrer.
08:02Et ce qui est intéressant,
08:03c'est qu'on a envoyé des lettres à ces juges,
08:06et systématiquement, ces lettres sont interceptées
08:10par Peman Gale-Marzan,
08:12qui est le premier président du tribunal judiciaire de Paris.
08:15Et en fait, c'est lui qui répond aux lettres.
08:18Ce ne sont pas les trois juges en question ?
08:19Ce ne sont pas les trois juges en question.
08:21Donc, on voit bien que la hiérarchie,
08:24les hauts magistrats, verrouillent tout.
08:28Peut-être que ces juges...
08:30En tout cas, on sait que sur ces trois juges,
08:31il y en a une qui aimerait nous rencontrer.
08:34Mais en tout cas, la hiérarchie verrouille
08:38la possibilité d'une rencontre avec les juges des enfants.
08:41C'est une violence de plus qu'on vous fait,
08:43Stéphanie Bonhomme, aujourd'hui ?
08:44C'est du mépris.
08:45C'est du mépris de l'institution judiciaire.
08:48C'est du mépris du président du tribunal judiciaire,
08:54Peman Gale-Marzan.
08:56C'est du mépris de Jacques Boulard,
08:59du premier président de la Cour de l'Appel.
09:02Vous y allez, là.
09:03Vous donnez les noms.
09:04En fait, je ne donne pas le nom des juges des enfants.
09:07Mais par contre, les hauts magistrats, on les a rencontrés.
09:12Donc, il n'y a aucun problème.
09:13Ils le disent eux-mêmes.
09:16Et en fait, il faut comprendre que ces hauts magistrats
09:20n'ont pas de courage.
09:24Ils n'ont pas de courage parce qu'ils n'ont pas été capables
09:27de prendre la voie de passage juridique qui existe
09:30pour que cette rencontre ait lieu.
09:32C'est-à-dire qu'ils n'ont pas compris
09:34le caractère réparateur et humain de cette rencontre.
09:39et ils ont préféré se draper, vraiment se draper,
09:43dans l'avis consultatif du conseil des magistrats
09:51de l'ordre judiciaire.
09:52Et en fait, cet avis n'étant que consultatif...
09:55Vous auriez pu, évidemment, outrepasser ça, là ?
09:57Moi, je l'ai outrepassé.
09:59C'est-à-dire que nous leur avons écrit une lettre
10:01en leur disant, nous nous opposons
10:04et nous avons le droit de le faire.
10:06Nous nous opposons à cet avis.
10:09Nous leur avons écrit une lettre la semaine dernière.
10:12Ils ne nous ont pas répondu.
10:14Encore la semaine dernière.
10:15Qu'est-ce que vous attendez de cette rencontre
10:17que vous pourriez avoir avec ces trois juges ?
10:19Qu'est-ce que vous leur diriez, Stéphanie Bonhomme ?
10:21Pourquoi est-ce que vous n'avez pas vérifié ces adresses ?
10:23Pourquoi est-ce que ces deux jeunes de 16 et 17 ans
10:25étaient en liberté, alors qu'évidemment,
10:27ils auraient dû être sous contrôle ?
10:28Pourquoi ils s'en sont pris à mon fils ?
10:31Pourquoi ils l'ont attaqué à coup de machette ?
10:33C'est ça que vous leur demanderiez ?
10:35Je pense que je les laisserai parler
10:38parce que je pense que c'est à elles
10:40de nous rendre des comptes
10:43et c'est à elles de nous expliquer
10:46les décisions qu'elles ont prises.
10:48Et en fait, nous, encore une fois,
10:50nous ne sommes pas là pour les juger.
10:52Nous voulons comprendre.
10:54Nous ne sommes pas là pour les sanctionner.
10:56Et c'est ça qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
10:59C'est-à-dire qu'on peut...
11:00Ils sont indépendants du pouvoir...
11:04Politique.
11:05Du pouvoir politique, de leur hiérarchie,
11:08mais ils ne sont pas indépendants des victimes.
11:11C'est un leurre.
11:13En fait, ils ont peur de nous.
11:15Ils ont peur de nous.
11:17De quoi ? De votre souffrance ?
11:18Non.
11:18De vos questions ?
11:19De votre regard ?
11:21De votre jugement ?
11:22Stéphanie Monhomme ?
11:23Ils ont peur de rendre des comptes.
11:25Ils ont peur de nous.
11:25Tout simplement.
11:26Il y a 8 000 ou 9 000 personnes en France,
11:29seulement, magistrats,
11:30qui ne rendent pas de comptes.
11:32Il y a un conseil supérieur de la magistrature
11:34qui rend des sanctions chaque année ?
11:36Vous pensez que ce n'est pas suffisant ?
11:38Non.
11:39Qu'est-ce que vous proposez
11:39pour améliorer justement
11:40ce fonctionnement de la justice ?
11:42Vous avez rencontré la sénatrice
11:43Alain-Marie-Claire G
11:44et Marie-Claire Carrière G
11:45qui va déposer deux propositions de loi
11:47qui sont inspirées par votre combat.
11:49En quoi ça consiste exactement,
11:51Stéphanie Monhomme ?
11:52Ce qui est le facteur important
11:54qu'elle introduit,
11:55c'est que les victimes
11:58et les proches des victimes,
11:59les super-héros,
12:01doivent avoir accès
12:02à l'information judiciaire
12:04lorsqu'il y a une infraction pénale
12:07commise par les auteurs,
12:09ce qui est finalement déjà le cas.
12:11Mais ce qu'elle introduit
12:12de fondamental,
12:14c'est que nous puissions
12:16avoir accès
12:17aux antécédents judiciaires.
12:20Ce qui s'est passé avant.
12:20Ce qui s'est passé avant.
12:21Et c'est ce qui va se passer,
12:23en fait, malheureusement,
12:24dans le décès de Liana.
12:26C'est-à-dire que les parents,
12:28je pense que les parents,
12:30à un moment donné,
12:31vont dire
12:32mais quelle a été
12:33la chaîne judiciaire ?
12:35Et aujourd'hui,
12:36lorsque nous,
12:36on demande
12:37à rencontrer ces juges,
12:39parce qu'elles seules,
12:41ce n'est pas un intermédiaire,
12:43ce n'est pas un médiateur,
12:44ce n'est pas Jacques Boulard
12:45et Pémane Gallet-Marzan
12:46qui peuvent répondre
12:47à cette question.
12:48C'est elles seules.
12:50Et aujourd'hui,
12:51ce n'est pas inscrit dans la loi.
12:54Ça pouvait avoir lieu.
12:56Ils ont choisi
12:58de ne pas l'appliquer.
13:00Donc, puisque les juges
13:02sont la bouche des lois,
13:04eh bien,
13:04on va les obliger
13:06à rendre des comptes
13:07sur les faits
13:10commis par les auteurs
13:11et les faits...
13:13Et ça induirait
13:14une faute disciplinaire grave,
13:15le manque de respect
13:16envers les victimes.
13:17Oui.
13:18Donc, ça amènerait
13:18des sanctions.
13:19Oui.
13:20Et ça,
13:20c'est vraiment révolutionnaire.
13:21Et ces transpartisans,
13:23vous avez reçus,
13:24on parle d'une sénatrice Seller,
13:26il y a aussi
13:26des députés socialistes
13:27qui vous soutiennent ?
13:28Oui.
13:28J'ai rencontré
13:29la députée Céline Hervieux
13:31à l'Assemblée nationale
13:32qui est une députée
13:33du Parti socialiste.
13:36C'est une proposition
13:39qui est légitime,
13:41qui a du sens
13:42et surtout qui vise
13:43à renforcer
13:45les droits des victimes.
13:46Donc, je pense
13:47qu'il n'y aura pas
13:48de discussion,
13:51de blocage.
13:52Je l'espère, en tout cas.
13:53On voit
13:54que cette accumulation
13:55d'affaires
13:55qui concerne des enfants
13:57comme le vôtre,
13:58je pense évidemment
13:58à Liana,
13:59je pense à Lola,
14:00je pense à Philippine,
14:02a créé une grande colère
14:03chez les Français
14:04et qui ne s'arrête pas,
14:06en fait,
14:07qui ne retombe pas.
14:08Est-ce que ça va vous permettre
14:11de porter ce combat ?
14:12Est-ce que peut-être
14:13le personnel politique
14:14va réaliser
14:15qu'il y a des failles
14:16dans notre système judiciaire
14:18et qu'il faut les combler
14:19au plus vite
14:19pour protéger nos enfants ?
14:20Est-ce qu'on protège
14:21assez nos enfants
14:21dans ce pays,
14:22Stéphanie Bonhomme ?
14:22Non, je ne crois pas.
14:23On ne les protège pas assez.
14:24Je l'ai déjà dit
14:27à plusieurs autres
14:28il n'est pas normal
14:29que la société
14:31ne protège pas nos enfants
14:34et qui plus est,
14:35l'institution judiciaire.
14:36Parce que dans plusieurs affaires,
14:40notamment les meurtres
14:42de Philippines,
14:43le viol de Claire Jéromini,
14:46c'est des personnes
14:47qui étaient connues
14:49de la justice
14:51ou qui étaient des OQTF
14:52dans le drame
14:54que vit la famille
14:55de Liana,
14:56c'est encore une fois
14:57des personnes
14:58qui auraient dû
15:00être signalées.
15:02Donc, il faut
15:03qu'il y ait une prise
15:04de conscience.
15:04J'espère que cette prise
15:05de conscience,
15:06elle va être rapide.
15:08Sinon,
15:09les différents candidats
15:12à l'élection présidentielle
15:13devront s'emparer
15:15de ce sujet
15:16parce que
15:18c'est un sujet
15:19effectivement
15:20qui est primordial
15:22et viscéralement
15:24important
15:24pour les Français.
15:25On le voit
15:26dans la colère
15:28qui s'exprime,
15:29qui est une colère
15:29très, très forte.
15:31Stéphanie Bonhomme,
15:32on est près d'un an et demi
15:33après la mort d'Elias.
15:34Comment est-ce que
15:35vous tenez debout encore ?
15:36Est-ce que c'est
15:37ce combat
15:38que vous menez en son nom
15:39qui vous fait tenir debout ?
15:40Est-ce que vous n'êtes pas
15:40épuisé par ce combat ?
15:42Comment vont vos enfants,
15:44vos aînés ?
15:44Comment allez-vous ?
15:48C'est douloureux
15:49de voir
15:53ces enfants
15:54vous dire
15:55j'en ai marre
15:57de la vie.
15:58C'est douloureux
15:59d'être au cimetière
16:00et de voir arriver
16:02l'amoureuse d'Elias,
16:05sa première amoureuse
16:06qui vient se recueillir
16:09devant lui,
16:10devant sa sépulture.
16:12C'est douloureux
16:13de voir ses enfants
16:14et ses cousins
16:15qui souffrent.
16:17Néanmoins,
16:18il reste droit.
16:21Et en ce qui concerne
16:23ma dignité
16:24et mon calme...
16:26Vous êtes très digne
16:26et très calme.
16:27Je pense qu'elle est
16:28en miroir
16:30de la laideur
16:31et de la cruauté
16:32des meurtriers d'Elias
16:34et qu'elle est
16:36en miroir
16:37de la laideur
16:38et de la condescendance
16:39de Jacques Boulard.
16:40J'aimerais raconter
16:42cette scène
16:42si vous me le permettez.
16:43Qui est Jacques Boulard ?
16:45Jacques Boulard,
16:46le premier président
16:46de la Cour d'appel
16:47de Paris.
16:48J'aimerais raconter
16:49en quelques minutes
16:50cette scène.
16:51Nous sommes le 19 décembre.
16:53Nous sommes dans le bureau
16:54de Jacques Boulard
16:55en présence
16:56de Pémane Galé-Marzan
16:57et de mes avocats.
16:59Au bout de deux heures
17:01et demie
17:01de discussions
17:02assez stériles,
17:04je regarde
17:05Jacques Boulard
17:06et je lui tends
17:08la main
17:09et je lui dis
17:11c'est la main
17:12d'Elias
17:13que nous vous tendons
17:15à vous
17:15les magistrats
17:16du siège.
17:17La défiance
17:18envers la magistrature
17:20est complète.
17:22Ce que je vous propose
17:24humblement,
17:25c'est de prendre
17:26la main d'Elias
17:27et que cette rencontre
17:30avec les juges
17:30des enfants ait lieu
17:32pour rétablir
17:34aussi la confiance
17:34avec l'institution judiciaire.
17:37Et en fait,
17:37je lui tends la main,
17:39la main d'Elias
17:40et je lui dis
17:42qu'Elias
17:43devrait être
17:44un trait d'union
17:47entre notre famille,
17:49les victimes,
17:50le peuple français
17:51et l'institution judiciaire.
17:54Et à ce moment-là,
17:56il lève les yeux au ciel
17:58et répète
17:59pour la dixième fois
18:02« Nos règles
18:03nous contraignent ».
18:05Alors voilà,
18:06Jacques Boulard
18:06est un haut magistrat
18:09mais c'est un petit homme
18:11et je suis capable
18:12de le dire aujourd'hui.
18:13C'est un petit homme
18:15et moi,
18:15je m'appelle
18:16Stéphanie Bonhomme,
18:17je viens d'une
18:19lignée
18:19d'hommes bons.
18:22Elias était un enfant
18:24bon
18:26et face
18:28au manque d'humanité,
18:30au manque de respect,
18:33au manque de dignité
18:34de Jacques Boulard,
18:37face à cette incapacité
18:39à saisir la main d'Elias,
18:42nous, la famille d'Elias,
18:44nous demandons
18:45sa démission.
18:47Et il est le bienvenu
18:48sur nos antennes
18:48s'il veut répondre
18:49à ce que vous dites ce matin,
18:50Stéphanie Bonhomme.
18:51Un dernier mot
18:52concernant la justice,
18:53on est un an et demi
18:54après les faits,
18:55est-ce qu'il y a un procès
18:56prévu pour les deux
18:57agresseurs présumés
18:58de votre fils ?
18:58Est-ce qu'il y a une date ?
18:59Est-ce que vous savez
19:00ce qui se passe ?
19:01Côté judiciaire pour eux ?
19:02Oui, l'ordonnance
19:02de mise en accusation
19:04a été rendue
19:05par la juge d'instruction
19:06et nous attendons
19:07la date du procès.
19:09Est-ce que c'est important
19:10ce procès ?
19:10Vous l'attendez ?
19:11Il sera une forme
19:12de réparation ?
19:13Non, il n'y aura
19:14jamais de réparation.
19:16Nous ne pardonnerons
19:17jamais
19:18au meurtrier d'Elias
19:20d'avoir pris
19:24la vie de notre enfant.
19:26Nous ne leur pardonnerons
19:28jamais
19:29de l'avoir empêché
19:31de grandir,
19:32d'être ce qu'il devait être.
19:34De l'avoir terrifié.
19:35De l'avoir terrifié,
19:36d'avoir terrifié son ami.
19:38Il n'y aura jamais
19:39de pardon de notre part
19:41et de la même façon,
19:42nous ne pardonnerons
19:43jamais
19:44aux magistrats
19:45de ne pas avoir eu
19:47le courage
19:50d'organiser
19:51cette rencontre
19:52avec les juges
19:53des enfants.
19:54Merci beaucoup
19:54Stéphanie Bonhomme
19:55d'être venue ce matin
19:56pour ce message
19:57si fort et si digne
19:59en mémoire d'Elias.
20:00Bonne journée à vous
20:01sur CNUS et sur Europe.
20:02Merci Stéphanie Bonhomme.
20:03Merci Laurence Ferrari.
20:04Merci.
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