- il y a 3 mois
Une grève des femmes pendant une journée et faire comprendre aux hommes leur importance dans le combat féministe, ce sont deux leviers qui peuvent faire bouger les lignes pour l’égalité en entreprise. Les invités de 4Good expliquent pourquoi elle n’est pas encore effective aujourd’hui.
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00:00...
00:12Et place désormais au retour de terrain.
00:15Marie, vous portez le mouvement World with Women,
00:18je le disais en introduction,
00:19qui appelle à une mobilisation mondiale autour du 13 octobre
00:22avec l'idée d'un arrêt de travail et des activités domestiques
00:25des femmes dans plusieurs pays.
00:27Pourquoi ce choix d'un acte collectif ?
00:30En fait, on s'est inspiré de ce qui s'est passé en Islande en 1975.
00:34A l'époque, ce n'était pas du tout un pays égalitaire.
00:37Il n'y avait que 5% de femmes députées.
00:39Les femmes gagnaient seulement 60% de la rémunération des hommes,
00:42donc on partait de loin.
00:43Sauf que les femmes ont dit stop,
00:45et pendant une journée, elles ont tout arrêté.
00:4790% des Islandaises ont tout arrêté au travail et à la maison,
00:51de consommer aussi, et sont allées dans la rue.
00:54Et le pays a été entièrement bloqué.
00:56Il n'y avait plus de crèches, plus d'écoles, même plus de liaisons téléphoniques,
00:59puisqu'il n'y avait plus de standardistes, plus de liaisons aériennes.
01:01Les piquerines à la télé ont été remplacées par les hommes.
01:05Tout était absolument bloqué.
01:06Les hommes ont appelé ça le jour le plus long.
01:09Les enfants ont mangé des bonbons et des saucisses toute la journée.
01:11Il y a eu une pénurie de saucisses ce jour-là.
01:14Et en fait, ça a été radical.
01:16Parce que depuis ce jour-là...
01:17Quel impact ça a eu finalement ?
01:18Il y a eu des mesures qui ont été prises en faveur de l'égalité.
01:20Cinq ans plus tard était élue la première femme chef d'État au monde.
01:24Et c'est depuis le pays le plus égalitaire au monde.
01:26C'est aussi l'un des pays où les habitants sont les plus heureux
01:28et l'environnement le plus protégé,
01:29puisque tout ça est lié.
01:31Le bonheur, la paix, l'environnement et l'égalité.
01:34Et donc là, on voit bien qu'on est...
01:36On l'a évoqué rapidement,
01:37mais on est dans un moment de recul sur la mixité.
01:39En tout cas, ça n'a fait plus du tout partie des priorités,
01:42alors qu'on a tellement encore à faire.
01:43Si je donne quelques chiffres,
01:45aujourd'hui, 89% des chefs d'État sont des hommes,
01:4894% des dirigeants de grandes entreprises sont des hommes,
01:5198% des banques sont dirigées par des hommes.
01:53Oui, mais visiblement, d'assainer ces chiffres,
01:55ça ne fonctionne plus ou pas ?
01:57Non, en fait, on a l'habitude,
01:59alors que si c'était l'inverse,
02:00on serait toutes et tous dans la rue pour demander la mixité.
02:03S'il y avait 98% de femmes au pouvoir,
02:05on se dit « mais c'est pas possible, en fait, il faut de la mixité ».
02:08Et là, en fait, ça ne nous choque pas,
02:10comme si c'était normal.
02:11Et puis surtout, c'est délétère pour l'État du monde,
02:14parce que ça veut dire que sans mixité,
02:16il y a forcément des angles morts,
02:18il y a forcément une absence de lucidité,
02:20et qu'on décide des priorités qui ne sont pas bonnes
02:23pour les enjeux globaux de l'humanité.
02:25Et on voit bien qu'on va dans le mur aujourd'hui.
02:27La mixité, ce socle de l'humanité,
02:30ça permet justement de tout transformer.
02:33On a parlé tout à l'heure de ce que ça transforme dans les entreprises,
02:35mais au niveau mondial et global,
02:37ça va transformer notre rapport à la paix.
02:39On sait que plus il y a de mixité,
02:41plus les accords de paix sont signés rapidement,
02:43plus la paix dure longtemps,
02:44mieux les pays se reconstruisent,
02:45et pourtant la guerre est à nos portes,
02:48et 90% des négociations de paix se déroulent sans aucune femme.
02:51Zéro !
02:52C'est pareil pour l'environnement,
02:53on sait que c'est le critère le plus déterminant
02:55qui est de la mixité pour protéger l'environnement.
02:57Aujourd'hui, il n'y a que des miettes de miettes de miettes
02:59de financement qui vont aux associations,
03:01qui font ce lien entre les femmes et l'environnement.
03:03Et je peux aller vraiment dans tous les domaines,
03:05dans l'inclusion, dans le mieux vivre ensemble,
03:06dans les violences, contre les violences.
03:10La mixité est le meilleur rempart contre les violences,
03:12parce qu'il y a zéro tolérance pour le textisme,
03:14parce qu'il y a plus de prévention,
03:16parce qu'il y a plus de protection.
03:18Donc, c'est complètement indécent ce qu'on vit aujourd'hui,
03:20cette absence de mixité,
03:21le bon sens voudrait qu'on ait de la mixité.
03:23Et donc, on se dit, comment faire
03:24pour faire advenir la mixité maintenant,
03:27parce que selon l'ONU, c'est prévu dans 300 ans,
03:28donc autant dire que ça va être très compliqué.
03:33Et en plus, c'est en train de reculer.
03:35Le moyen le plus efficace,
03:37c'est ce qui s'est passé en Islande.
03:38Ça a été radical, ça a tout transformé
03:40au bénéfice des femmes, des hommes, des enfants,
03:42de tout le monde, de toute la société.
03:44Et à chaque fois que ça a été fait
03:46dans des territoires dans le monde,
03:48parce que ça a eu lieu aussi en Amérique du Sud,
03:49sur le continent africain,
03:51en Espagne en 2018,
03:52il y a eu 5 millions d'Espagnols dans la rue
03:54contre les violences,
03:54depuis le gouvernement a entamé vraiment
03:57énormément de changements
03:59pour lutter contre les violences.
04:00Donc, on sait que c'est efficace.
04:02On ne l'a jamais fait au niveau mondial.
04:03Donc, le 13 octobre,
04:05le mouvement World with Women,
04:06qui est collégial,
04:07il n'y a pas de président, pas de présidence,
04:10présidente,
04:10on appelle toutes les femmes qui le peuvent,
04:13parce qu'on est bien conscients
04:14que certaines ne peuvent pas,
04:15mais celles qui le peuvent,
04:16on a cette responsabilité-là, finalement,
04:18d'arrêter au travail, à la maison,
04:22de poser un jour de congé,
04:23comme en Islande,
04:25c'est comme ça que ça s'était réalisé,
04:28de poser un jour de congé.
04:29Si on ne le peut pas,
04:29évidemment, il y a d'autres choses.
04:30Je pense aux certaines entreprises
04:32qui ne peuvent pas s'arrêter,
04:34ou dans la santé,
04:35ça peut être porter un badge,
04:36ça peut être relayé sur les réseaux sociaux.
04:39Chacun s'empare du mouvement
04:42pour dire, oui, il faut de la mixité maintenant,
04:44comme il le veut.
04:45Chacun s'en empare comme il le veut.
04:46Mais c'est plus on sera nombreux et nombreux
04:48ce jour-là qu'on y arrivera.
04:49Et bien sûr, soutenus par les hommes engagés,
04:51ce n'est pas les femmes contre les hommes,
04:52c'est ensemble.
04:54Donc c'est un mouvement qui est joyeux,
04:55qui est fédérateur.
04:56C'est une première édition,
04:57le 13 octobre.
04:59Et le but, c'est de porter des mesures
05:01pour que la mixité advienne vraiment.
05:03En fait, on ne peut plus continuer.
05:04Chez Rifa, vous en serez ?
05:06Oui, bien sûr,
05:07parce que juste quand on en a parlé
05:09avec Marie,
05:11pour moi, le flash,
05:12ça a été effectivement
05:14faire la démonstration.
05:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
05:16on fait des démonstrations par des chiffres.
05:18Aujourd'hui, on va faire des démonstrations
05:19par des actes.
05:20En fait, c'est ça qui est intéressant.
05:21Et c'est surtout que moi,
05:23je viens des territoires ultramarins.
05:25Donc, j'étais en Nouvelle-Calédonie.
05:27On est au milieu d'une guerre sino-américaine.
05:29On est au milieu de ces enjeux
05:31environnementaux, sociaux, sociétaux, etc.
05:34Et je souhaite regrouper
05:36les territoires ultramarins
05:37parce que la France,
05:38ce n'est pas que la France hexagonale
05:39et ce n'est pas que Paris
05:41où tout se décide
05:42et où on reste des fois
05:44un peu dans l'entre-soi, malheureusement.
05:46Les enjeux de mixité, j'imagine,
05:47ne se prennent pas de la même façon.
05:48Exactement.
05:49Et en fait, on a des territoires.
05:51Grâce à nos territoires ultramarins,
05:52on couvre l'ensemble du monde.
05:55Grâce à nos océans,
05:57on couvre l'ensemble de la planète.
05:59Et on a tendance à oublier
06:00que nos ultramarins
06:02vivent déjà ces enjeux.
06:04On est déjà les pieds dans l'eau.
06:05On est déjà dans des climats
06:07qui sont déréglés.
06:09On est déjà en train d'essayer
06:11de trouver des initiatives
06:11pour l'autosuffisance alimentaire,
06:14l'autosuffisance énergétique, etc.
06:16En fait, on n'est pas en train d'inventer.
06:19On est en train de dire
06:20que c'est notre réalité du quotidien.
06:22Et bien sûr que je me suis dit
06:24que oui, le truc, c'est ça.
06:26C'est de montrer le poids
06:28de notre absence.
06:29C'est de montrer le poids
06:30de notre absence
06:31dans un système
06:33qui ne nous laisse pas la parole,
06:35en fait,
06:35qui ne nous laisse pas agir.
06:37Et j'ai été présidente d'une ONG,
06:40mots et mots de femmes.
06:41On a fait la marche mondiale
06:43de la marche mondiale des femmes.
06:45Je l'ai faite à Fidji.
06:47On a initié avec Bali,
06:50avec le Brésil, etc.
06:51des mouvements de femmes
06:52pour dire stop aux guerres.
06:55Laissez-nous des bouts de terrain
06:57pour qu'on puisse cultiver.
06:58Parce qu'il y a des gens
06:59qui ont besoin de terre.
07:00Il y a beaucoup de femmes
07:01qu'on leur pique leur terre
07:03et elles ne peuvent même plus
07:04alimenter leur famille, etc.
07:07Donc, il y a un vrai enjeu mondial
07:09sur cette question de mixité.
07:12Et bien sûr que moi,
07:14ma fonction, on va dire,
07:16c'est de lever les territoires ultramarins
07:18pour dire
07:18vous n'êtes pas tout seul
07:19et on est là
07:20et on continuera.
07:21Mais je suis persuadée
07:22que c'est en arrêtant,
07:24en sortant du game,
07:25une journée,
07:26voilà, ça ne coûte pas grand-chose,
07:29une journée
07:29qu'on verra le poids réel
07:31de la mixité.
07:33En fait, c'est pour être enfin entendu,
07:34pardon David,
07:35c'est pour être enfin entendu,
07:36pour enfin compter
07:37et que la mixité
07:38soit une des priorités
07:39et qu'on se rende compte
07:40que la société
07:40en a vraiment besoin.
07:41Ça part de France,
07:43les Islandais historiques
07:44sont avec nous,
07:45il y a des comités
07:46qui commencent à se monter
07:46dans d'autres pays,
07:48c'est le début du mouvement,
07:49mais on n'a plus le choix en vrai
07:52si on veut changer
07:53la trajectoire du monde.
07:54Il faut penser
07:54et agir différemment
07:55et c'est en s'appuyant
07:56sur la mixité.
07:57Et David,
07:57comment Men with Women
07:59va pouvoir contribuer ?
08:02Je pense qu'il est absolument
08:03essentiel de bien comprendre
08:05et notamment pour les hommes
08:06qu'il ne s'agit pas
08:07d'un combat féminin
08:10porté par les femmes
08:11et qui s'adresse aux femmes.
08:12Il s'agit vraiment pour moi
08:13et pour le collectif d'hommes
08:16que nous sommes
08:16pour Men with Women
08:18et la ramification de...
08:22Il faut absolument comprendre
08:23que c'est un combat collectif
08:25qui nous concerne,
08:26nous aussi, les hommes,
08:27c'est un sujet de société,
08:29qui nous concerne directement,
08:30nous les hommes,
08:31à bien des égards.
08:34Et je pense que...
08:35Qu'est-ce que vous attendez justement ?
08:36Quel rôle peuvent avoir les hommes
08:37le 13 octobre ?
08:39Alors, spécifiquement
08:40sur la journée du 13 octobre,
08:41ce qu'on attend de nous
08:42et ce qu'il faut absolument
08:44que nous fassions,
08:45c'est être un relais,
08:48un vrai relais
08:48pour permettre justement
08:50cette mobilisation,
08:52pour libérer les femmes
08:54de leurs contraintes régulières,
08:55ce que la société
08:57leur assène comme tâches
09:00et comme charges.
09:01À nous de la prendre.
09:03On nous le demande une journée.
09:05Alors, soyons bien d'accord,
09:07on ne parle pas juste
09:08de décaler quelques tâches
09:11par ici, par là
09:11et puis de les laisser s'accumuler.
09:13Non.
09:13c'est prendre pleinement la charge
09:16qui incombe habituellement aux femmes
09:17pour laisser la liberté
09:20de mobilisation pour cette journée-là.
09:24Donc ça, c'est ce qu'il faut qu'on fasse
09:25absolument, nous les hommes,
09:27pour la journée du 13 octobre.
09:28Alors attention,
09:28il faut aussi relayer l'information,
09:30bien sûr,
09:31aux femmes et aux hommes
09:32de nos entourages.
09:34Et voilà.
09:34Donc ça, c'est ce qu'on veut
09:35vraiment, vraiment, vraiment porter
09:37pour la journée du 13 octobre.
09:39Et plus globalement,
09:41il faut vraiment comprendre,
09:43encore une fois,
09:43je me répète,
09:44mais c'est vraiment le cœur
09:44de mon message,
09:45il faut bien que les hommes comprennent
09:47que c'est finalement une opportunité
09:48pour les hommes
09:50de porter ce sujet aussi
09:51avec les femmes.
09:53Il faut comprendre
09:55que nous avons une position privilégiée
09:57dans la société
09:58et se servir de notre position privilégiée
10:02au service de la cause,
10:04au service des femmes.
10:05Mais pourquoi c'était fondamental
10:06de créer votre propre espace
10:07d'engagement à vous les hommes
10:08et pas de, finalement,
10:09avoir tout été sous la casquette
10:11de Women with World ?
10:12Selon moi,
10:13il ne faut pas le voir
10:14comme une initiative parallèle.
10:16C'est à l'intérieur.
10:17C'est complètement à l'intérieur.
10:18C'est complètement complémentaire.
10:20Le sujet, c'est
10:21il y a aussi des hommes,
10:23faire bien comprendre
10:24qu'il y a aussi des hommes
10:25qui portent ces sujets-là,
10:26que les autres hommes
10:28qui ont cette bonne volonté,
10:31ils seront représentés aussi.
10:36et si ça peut permettre
10:38de faciliter leur adhésion
10:42dans le...
10:42C'est peut-être moins intimidant
10:44pour un homme
10:45d'adhérer à Men with Women ?
10:47Alors, Men with,
10:48encore une fois,
10:49je me répète,
10:49c'est important.
10:50C'est une ramification, bien sûr.
10:51C'est absolument une ramification.
10:53Mais absolument,
10:54si ça peut permettre
10:56de s'identifier,
10:57pour eux,
10:57de s'identifier à d'autres hommes
10:58qui participent dans cette action,
11:01avec plaisir.
11:01En fait, on est très structurés déjà,
11:03alors que c'est très récent.
11:04On est des centaines de bénévoles
11:06sans un centime,
11:07pour montrer qu'il y a vraiment
11:08un engouement
11:09et qu'on a envie d'y aller.
11:10C'est vraiment l'union,
11:11ce n'est pas un mouvement de plus,
11:12c'est l'union des actions
11:13et des organisations existantes.
11:15Et au sein du mouvement,
11:17du coup,
11:17on a des groupes Men with Women,
11:19enfin un groupe Men with Women,
11:20pour vraiment montrer
11:21que les hommes,
11:22ça les concerne tout autant
11:23et qu'ils sont tout autant
11:24engagés pour la mixité.
11:25On a un groupe sur le sport,
11:27pour fédérer
11:28tout ce qui est fédération sportive,
11:30grande sportive et grand sportif,
11:33sur les universités,
11:34pour fédérer tout le système éducatif,
11:36sur les médias,
11:38donc on a énormément de journalistes,
11:40sur tout ce qui est relations presse,
11:41sur kids,
11:43des enfants aussi,
11:44parce que pour garder les enfants
11:45des publics prioritaires,
11:46familles monoparentales
11:47en situation de handicap,
11:48ou santé, pompiers, etc.
11:50Donc là,
11:50les hommes prendront le relais
11:52aussi auprès de ces familles-là.
11:54Donc on a énormément
11:55de parpents de la société
11:57et les hommes font partie
11:58de cette structure.
11:59Il y a cette opération
12:02coup de poing en quelque sorte
12:03et l'histoire estlandaise
12:04que j'ai trouvée,
12:05que j'ai découvert
12:06à travers cette initiative
12:07est frappante.
12:09Je vais essayer de le ramener
12:10à l'échelle de l'entreprise
12:12ou des organisations
12:12puisque cette opération
12:15est très certainement nécessaire
12:16en l'état actuel
12:17de notre société.
12:19Un cadre réglementaire
12:20qui met certaines contraintes,
12:21on l'a déjà évoqué,
12:22est forcément nécessaire aussi.
12:24Maintenant,
12:24pour vivre le sujet
12:26de l'intérieur
12:27et dans une organisation,
12:28je pense à Narcisse,
12:29là on est 700 personnes
12:30tout de même
12:30et dans un secteur d'activité
12:32qui lui est très largement
12:33représenté par des hommes
12:34puisque le numérique,
12:35c'est dans les cursus universitaires
12:37probablement 80% d'hommes.
12:39Nous, dans nos effectifs,
12:40on est à 28% de femmes aujourd'hui.
12:42Il nous avait déjà fallu
12:43un petit peu de temps
12:44pour équilibrer
12:44les grilles de salaire
12:45et être sûrs
12:46qu'à compétence égale,
12:47il y ait les mêmes niveaux
12:47de rémunération.
12:48Le CV anonyme
12:49au début des années 2000
12:50nous a aussi permis
12:51que ce soit pour la place
12:52des femmes
12:52comme pour la place
12:53d'une plus grande diversité
12:55de corriger davantage le tir,
12:57de corriger des biais sociétaux
12:59que l'on subit aussi,
13:00nous, du coup,
13:01à notre niveau.
13:02On hérite, par exemple,
13:03de jeunes profils qualifiés
13:05qui sont plus majoritairement masculins.
13:06Il faut mettre des dispositifs.
13:08Et pour le coup,
13:09et pour compléter le propos
13:10sur l'évolution
13:12de la culture de l'organisation,
13:13on a eu des initiatives multiples
13:15ces dernières années.
13:16Une récente, c'est un collectif de femmes
13:18qui montre Girl Power.
13:20Donc, l'idée, c'est de créer
13:23des moments de pédagogie
13:24qui ne sont absolument pas
13:25qu'à destination des femmes,
13:27qui sont surtout
13:27à destination des hommes,
13:28pour expliquer que la réalité
13:30des femmes, parfois,
13:31est différente
13:31et que leur engagement
13:32dans le projet d'entreprise,
13:34leurs compétences, etc.,
13:35ne sont pas inférieures.
13:36Simplement, elles sont confrontées
13:37à des réalités
13:38que nous ne connaissons pas.
13:39Il y a un groupe qui réfléchit
13:40sur l'impact des cycles menstruels
13:41et comment on adapte
13:42le temps de travail
13:43en fonction de ça.
13:44Et ça, nous, on ne le vit pas.
13:45toutes ces phases
13:46d'inactivité professionnelle
13:47pour faire la plus belle chose
13:48sur Terre,
13:49c'est-à-dire créer la vie.
13:50Ça, les hommes, on ne le vit pas.
13:51Et les conséquences
13:52qu'il y a avant,
13:52qu'il y a après, etc.
13:53Et si on ne travaille pas ça
13:55collectivement
13:55et si on ne prend pas conscience
13:57des impacts que ça
13:58et des esserges, justement,
14:00on ne créera pas les ponts
14:01pour que des formations
14:03jusqu'à l'accès au travail,
14:05jusqu'à la montée en compétences
14:06et l'accès à des postes
14:07à responsabilité.
14:08Les passerelles
14:09n'existeront pas suffisamment
14:10pour soutenir cette ambition.
14:12Il faut cette forme
14:13d'accompagnement
14:13qu'évoque Thomas.
14:14C'est absolument nécessaire
14:15parce qu'il y a une phase
14:16de transition.
14:17On le sait,
14:18pour aller chercher des femmes,
14:19notamment dans les entreprises,
14:20il faut plus de temps,
14:21il faut les convaincre davantage
14:23parce qu'en fait,
14:23quand on a très peu
14:24de rôle modèle en face,
14:25c'est difficile de se projeter.
14:27Aujourd'hui,
14:27dans les personnalités
14:28les plus médiatisées
14:29dans notre catégorie,
14:30patron business,
14:31c'est 1% de femmes médiatisées.
14:33Donc, comment se dire
14:34oui, c'est possible,
14:35c'est pour moi ?
14:35Donc oui, ça prend plus de temps.
14:36C'est pour ça que les parcours
14:37sont nécessaires,
14:38mais aussi le changement
14:39de l'organisation.
14:41Norsi, c'est une organisation
14:42particulièrement bienveillante,
14:43je veux dire,
14:44mais changer la culture
14:46est absolument essentiel
14:47et Shérifa l'a mentionné
14:49tout à l'heure.
14:49Donc, plus de collaboratifs,
14:50moins de descendants,
14:53pas de réunion après 17h30,
14:56un congé deuxième parent
14:57digne de ce nom
14:58parce que le jour
15:00où il y aura un vrai
15:00congé deuxième parent,
15:02ça changera tout
15:03au sein du foyer
15:04mais au sein de l'entreprise aussi.
15:06Ça sera tout aussi compliqué
15:07de promouvoir
15:09ou de recruter un homme
15:09qu'une femme
15:10et comme dans les pays du Nord,
15:11on voit que ça a des effets
15:12extrêmement bénéfiques
15:13pour la promotion
15:15des femmes
15:16dans l'entreprise
15:17mais aussi au sein du foyer
15:18parce que ça a moins de biais
15:19chez les enfants
15:20et les hommes s'emparent
15:21tout autant
15:22de l'expertise
15:23et de la légitimité
15:27des tâches domestiques
15:28et parentales.
15:28Aujourd'hui,
15:29si on regarde
15:30les tâches domestiques
15:30et parentales
15:31pour montrer à quel poids
15:32le poids du monde
15:33repose encore massivement
15:34sur les femmes
15:35et les enjeux clés,
15:36c'est-à-dire
15:36les enjeux vitaux
15:37pour notre espèce
15:37qui est tout ce qui est
15:38soins aux enfants,
15:40bébés, malades,
15:41personnes âgées,
15:42l'alimentation
15:42et l'eau potable.
15:43Si on regarde,
15:44moi j'ai calculé ça
15:45à la louche
15:45mais en me basant
15:46sur les chiffres de l'INSEE,
15:47sur une vie active
15:48entre un homme et une femme,
15:49en France,
15:50il y a 12 ans d'écart,
15:51dans le monde,
15:51il y a 17 ans d'écart.
15:52Ça veut dire
15:5312 ans de carrière en moins
15:54pour les femmes,
15:55de rémunération,
15:56d'entreprise,
15:56s'agissant de loisirs.
15:57S'agissant de vos déclics
15:58respectifs,
15:58David,
15:59vous m'avez dit
15:59que c'était en étant aidant
16:01auprès de votre maman
16:02que vous avez eu le déclic
16:03finalement sur cet enjeu
16:04de mixité,
16:05même à l'échelle de l'entreprise.
16:06Oui, absolument.
16:07Alors ça,
16:07c'est effectivement,
16:08c'est l'histoire
16:10qui m'a conduit
16:10vers la sensibilisation
16:12à ces enjeux-là.
16:13Alors oui,
16:14j'ai été aidant
16:16et aidant,
16:16on en apprend beaucoup
16:17sur la vulnérabilité
16:20en étant un homme
16:22et donc ça pose
16:23les questions
16:24de décharge invisible.
16:25Mais en quoi oui ?
16:25Est-ce que ça éclaire
16:26même votre approche
16:28des inégalités
16:28dans le monde professionnel ?
16:30Si,
16:31typiquement,
16:32il y a deux liens
16:33que je fais très concrets
16:34entre les sujets d'aidance
16:36et les sujets d'égalité
16:37femmes-hommes.
16:37Le premier,
16:38c'est que globalement,
16:39les aidants
16:40sont majoritairement
16:41des aidantes.
16:41On a aujourd'hui
16:43presque plus de 60%
16:44des aidants
16:45qui sont des femmes.
16:47C'est un chiffre
16:48qui augmente
16:48quand les pathologies
16:49sont lourdes.
16:49Très concrètement,
16:51quand vous avez
16:52un enfant handicapé,
16:52c'est souvent la maman
16:53qui va s'arrêter.
16:55Ça,
16:55c'est la société
16:56qui fait ça.
16:57Il y a aussi un enjeu
16:58de...
16:58On parlait d'égalité salariale
17:00tout à l'heure.
17:01Malheureusement,
17:02c'est documenté.
17:03Les salaires
17:04sont moins élevés
17:06chez une femme
17:07que chez un homme.
17:07Quand il y a un sujet
17:09type pathologie lourde,
17:10que ce soit d'un enfant
17:11ou que ce soit d'un parent,
17:13c'est le salaire
17:14le plus petit
17:14qu'on va sacrifier.
17:15C'est la femme
17:16qui va s'arrêter.
17:16Avec, du coup,
17:18les enjeux
17:18sur le long terme
17:21de rémunération,
17:22notamment de retraite,
17:24bien moindre
17:24chez les femmes
17:25que chez les hommes,
17:26etc.
17:26Donc ça,
17:27c'est le premier lien.
17:29Et puis le deuxième lien,
17:30c'est le lien
17:30de la charge invisible.
17:33Celle qui,
17:33souvent,
17:34n'est pas assez traitée
17:36dans les entreprises,
17:37mais quand on est aidant,
17:38on porte une charge énorme
17:39que l'on porte aussi
17:40quand on est une femme.
17:43On a tous entendu parler
17:44de charge mentale.
17:45Même les hommes,
17:45on en a entendu parler
17:46sans toujours bien comprendre.
17:47C'est une réalité.
17:49C'est puissant.
17:50c'est pénalisant complètement.
17:52Et je pense que...
17:53Vous appelez ça
17:53la charge invisible ?
17:54Ce sont des charges invisibles,
17:56ce sont des charges mentales.
17:57Mais pourquoi invisibles ?
17:58Parce que,
17:59comme son nom l'indique,
18:00on ne les voit pas,
18:01on ne les considère pas assez.
18:03Clairement.
18:04Quand je voulais parler
18:05juste des 12 ans
18:06pour les femmes en moins,
18:08ça veut dire aussi
18:0812 ans pour les hommes
18:09de lien en moins
18:10avec leurs proches
18:11et d'expérience
18:12de ces sujets-là en moins.
18:13Donc en fait,
18:13tout le monde y perd.
18:14On a vraiment intérêt
18:15à avoir de la mixité
18:15partout au travail
18:16et à la maison.
18:17Absolument.
18:18Et c'est là
18:20que je voulais en venir.
18:20C'est que,
18:22pour moi avoir vécu ça,
18:24il faut vraiment comprendre,
18:26j'insiste sur ce point,
18:27c'est une opportunité
18:28pour les hommes.
18:28Parce que,
18:31en rééquilibrant un petit peu
18:32cette balance déséquilibrée
18:34aujourd'hui,
18:35on recrée du lien
18:36chez soi,
18:37dans la sphère personnelle,
18:38dans la sphère intime,
18:39avec ses enfants,
18:40avec ses parents.
18:42on crée des relations
18:44de long terme,
18:45encore une fois,
18:46dans ces relations privées,
18:49typiquement.
18:49Là,
18:50dans un monde
18:50où les relations
18:51sont mises à mal
18:52de plus en plus,
18:53ça,
18:53c'est dans la sphère privée.
18:54Dans la sphère entreprise,
18:56ça pose aussi la question
18:57de quel collaborateur homme
19:01on veut être,
19:02quel manager homme
19:03on veut être.
19:04Est-ce qu'on veut être
19:04un manager
19:05qui suscite l'adhésion
19:09par le statut,
19:10par l'autorité
19:11ou est-ce qu'on veut
19:12susciter l'adhésion
19:12plus long terme
19:15par la compréhension fine
19:17et la compréhension fine
19:19de ces enjeux
19:19et l'adhésion sincère
19:22de ces collaborateurs.
19:24Je pense que
19:25la question d'opportunité
19:27pour les hommes
19:28de se saisir de ce sujet-là,
19:29elle est extrêmement importante
19:30parce que,
19:32malheureusement,
19:32ou heureusement,
19:33je ne sais pas,
19:34je pense que c'est comme ça
19:34qu'on arrivera à amener
19:35les hommes vers ces sujets-là.
19:37Et Chéri-Pré qui veut faire ça ?
19:38Oui.
19:38Non, non,
19:39mais c'est super
19:39parce que vraiment,
19:40on est au cœur
19:40de toutes les petites actions
19:43qu'on peut faire
19:43à tous les niveaux.
19:44Bien sûr,
19:44entreprise,
19:45et effectivement,
19:46je rebondis,
19:47c'est-à-dire qu'on ne voit pas
19:47non plus,
19:48parce qu'on parle de visibilité
19:49des hommes,
19:50mais on parle très peu
19:50des visibilités
19:51des entreprises
19:52qui sont déjà engagées
19:54sur ces sujets-là
19:55parce qu'en fait,
19:56ce n'est pas un sujet
19:58ailleurs de l'entreprise,
19:59c'est un sujet de société,
20:01c'est un sujet
20:02qui est global.
20:03donc on peut avoir une sensibilité,
20:05une prise de conscience,
20:06etc.
20:06mais si elle n'est pas
20:09collaboratif,
20:09globale,
20:10on n'y arrivera.
20:11Et ensuite,
20:11il faut qu'on travaille
20:12sur les politiques féminines.
20:13C'est-à-dire que c'est sympa
20:15de dire aux femmes
20:16super,
20:16on vous laisse un peu plus de place,
20:18etc.
20:18Mais si je dois encore
20:19trouver une crèche
20:20à proximité
20:22de mon lien de travail,
20:23s'il n'y a pas
20:23de crèche d'entreprise
20:25ou s'il n'y a pas,
20:25enfin bref,
20:26tout ce qui m'empêche
20:27en fait d'avancer,
20:28on n'y arrivera pas.
20:29Et c'est pour ça
20:29qu'on parle de politique féminine,
20:31c'est-à-dire que l'État,
20:32les collectivités,
20:33les régions,
20:34etc.
20:35doivent être elles aussi
20:36bienveillantes
20:36de façon à ce qu'on puisse
20:38s'épanouir.
20:38Quand j'étais pompier,
20:40j'ai dû arrêter
20:40parce que j'ai eu un enfant.
20:42Pardon,
20:42mais j'avais très envie
20:44d'avoir un enfant
20:45et bien ça m'a fait
20:45une rupture de carrière,
20:47ça m'a fait une rupture
20:47dans ma retraite,
20:48ça m'a fait une rupture
20:49dans beaucoup de choses.
20:50Et si on dit
20:51pourquoi les femmes
20:51elles n'y vont pas
20:52parce qu'en fait
20:52on va culpabiliser les femmes,
20:54mais non,
20:54on y est déjà.
20:55On y est,
20:56c'est juste qu'on est là en fait,
20:57on est vraiment là
20:58et on est présentes,
20:59sauf que l'environnement global
21:01n'est pas bienveillant
21:02pour nous permettre en fait,
21:04on n'a pas à faire aujourd'hui
21:05le choix entre une maternité
21:07et une carrière,
21:09on n'a pas à faire le choix
21:11entre finir à 22 heures
21:13parce que,
21:14moi je pilotais
21:15une organisation patronale,
21:17ce sont mes assistants
21:17qui ont gardé mon fils
21:18pendant les réunions
21:19jusqu'à 22 heures,
21:20je n'avais aucun homme
21:21qui se posait la question
21:22de savoir
21:23s'il devait rentrer
21:25pour aller chercher.
21:26Donc on a un vrai sujet
21:28de société je pense
21:29et effectivement
21:30et merci messieurs
21:31de transmettre
21:33toutes ces informations,
21:34c'est un sujet de société.
21:37Je vais juste donner
21:38les actions pour World with Women.
21:39Très très rapide.
21:41Donc c'est pour tout ça
21:42que World with Women
21:43appelle toutes les femmes
21:44le 13 octobre à ce rété.
21:45Les hommes,
21:46vous prenez le relais,
21:47vous nous suivez
21:48sur les réseaux sociaux
21:48World with Women,
21:50le monde avec les femmes
21:50et à très vite.
21:52Merci beaucoup,
21:53on passe au Paris d'avenir.
21:54et à très vite.
22:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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