- 2 hours ago
Découvrez les secrets du Golfe du Mexique, bien plus qu'une simple étendue d'eau. Avec une contribution de 2 mille milliards de dollars par an, cette région dynamique est un pilier de l'économie américaine. Cependant, un aspect moins connu se cache sous ses eaux : près de 27 000 puits de pétrole et de gaz abandonnés. Plongeons ensemble dans cette oasis économique et ses mystères !
Category
🎈
FunTranscript
00:00Bien que le golfe du Mexique, ou golfe d'Amérique si vous voulez, ne soit techniquement qu'un golfe,
00:05ce bassin se comporte plutôt comme un système océanique compact et quasi indépendant.
00:10Semi-fermé, exceptionnellement profond par endroits et situé en plein cœur des tropiques,
00:15il absorbe et stocke d'énormes quantités de chaleur solaire.
00:20Les océanographes le voient souvent comme un moteur thermique régional,
00:23et chaque été, ce moteur commence à monter en puissance.
00:26Les eaux de surface chauffent vite sous un soleil intense, mais tout se joue réellement en profondeur.
00:32De vastes poches d'eau chaude profonde en rotation, appelées tourbillons chauds, tournent discrètement sous la surface.
00:39Lorsque des ouragans passent au-dessus, l'effet peut être explosif.
00:43Des ouragans comme Katrina, Harvey et Ida n'ont pas simplement traversé le golfe.
00:48Ils se sont intensifiés rapidement en puisant dans cette chaleur profonde.
00:53Le bassin ne crée pas tous les ouragans majeurs, mais dans les bonnes conditions,
00:57il agit comme un carburant à haut indice d'octane, dopant les tempêtes à une vitesse inhabituelle.
01:04Cet océan caché alimente aussi le Gulf Stream, l'un des courants les plus importants de la planète.
01:10Tel un immense tapis roulant, il transporte l'eau chaude hors du bassin,
01:14contourne la Floride et traverse l'Atlantique vers l'Europe de l'Ouest.
01:18Cette chaleur exportée aide à maintenir des villes comme Londres et Paris bien plus douces
01:22que leur latitude ne le permettrait normalement.
01:26Économiquement, son empreinte est tout aussi démesurée.
01:29Dès 2010, les biens et services écosystémiques des cinq États américains du Golfe
01:34généraient plus de 2 000 milliards de dollars par an pour l'économie américaine.
01:39L'activité pétrolière et gazière offshore devait à elle seule soutenir environ 30 milliards de dollars
01:44du PIB américain en 2023.
01:47Et devinez quoi ?
01:49Plusieurs années ont passé et cela n'a pas diminué.
01:52Près d'un cinquième de la production de pétrole américaine provient de ce seul bassin,
01:56tandis que le tourisme lié au récif ajoute 17,5 milliards de dollars par an
02:02et soutient des milliers d'emplois.
02:04Mais ce système comporte des risques réels.
02:07Environ 27 000 puits de pétrole et de gaz abandonnés gisent sous les eaux du Golfe,
02:13souvent mal surveillés.
02:14Le danger est apparu clairement en 2010 lors de la catastrophe de Deepwater Horizon,
02:19qui a libéré environ 4,9 millions de barils de pétrole en trois mois,
02:24la plus grande marée noire accidentelle de l'histoire.
02:27Sur la carte, il ressemble à n'importe quel autre golfe.
02:31En réalité, il se comporte comme un moteur océanique puissant,
02:35reliant météo, énergie et climat à travers les continents.
02:39Ce n'est pas officiellement le sixième océan, mais fonctionnellement, il agit déjà comme tel.
02:45Tu navigues sur un océan calme quand tu la vois !
02:48Une vague géante qui surgit de l'eau et domine ton bateau ! Aïe !
02:53Mais avant que tu puisses réagir, le pont disparaît sous tes pieds
02:57et tu tombes dans un gouffre immense en pleine mer !
03:01Dans les deux cas, aucune chance de s'en sortir !
03:05Apparemment, l'océan peut à la fois s'écraser sur toi et s'effondrer sous tes pieds.
03:10C'est vraiment pas ton jour !
03:14Dans le premier cas, c'est une vague scélérate géante.
03:19Ce sont des vagues océaniques immenses et dangereuses qui apparaissent soudainement
03:24et font au moins deux fois la taille des vagues environnantes.
03:27Elles surgissent en plein océan sans prévenir
03:30et peuvent se déplacer dans une direction différente du vent et des autres vagues.
03:35Elles sont extrêmement dangereuses, même pour les gros navires,
03:38car elles se forment très vite et atteignent des tailles exceptionnelles.
03:44Mais il existe une menace encore plus effrayante dans l'océan,
03:48les creux scélérats !
03:50Ce sont des fosses massives dans l'eau
03:52et jusqu'à récemment, personne ne pouvait confirmer leur existence.
03:57C'est l'opposé des vagues scélérates.
03:59Au lieu d'une énorme vague qui se dresse,
04:02ce sont des creux profonds qui apparaissent soudainement,
04:05parfois juste avant ou après une grosse vague.
04:09L'eau chute brutalement,
04:11souvent entourée de vagues normales de chaque côté.
04:14Quand la différence entre le sommet des vagues
04:16et le fond du creux est bien plus grande que la normale,
04:19c'est tout aussi dangereux pour les navires
04:22qu'une vague géante de 25 à 30 mètres.
04:28Les scientifiques ont découvert que les grandes vagues
04:31et les creux profonds se produisent souvent ensemble,
04:34donc le danger est doublé.
04:37Le projet MaxWave de l'ESA étudiait les vagues scélérates
04:41quand ils ont trouvé des preuves de l'existence des creux scélérats.
04:44Ensuite, des chercheurs ont même recréé ces creux
04:47dans un grand bassin pour les étudier en sécurité.
04:50Et ils ont découvert que les vagues scélérates
04:53et les creux scélérats proviennent du même schéma caché dans l'océan.
04:58En fait, le projet MaxWave n'a pas officiellement classé
05:02les creux scélérats comme un type de vague distinct.
05:07Mais les scientifiques ont remarqué quelque chose d'ilhabituel dans leurs données.
05:11Ils ont vu des creux profonds à la surface de l'océan
05:15apparaître en même temps que de très hauts pics de vagues.
05:19Cela suggérait que les creux scélérats pouvaient exister,
05:22mais il n'y avait pas assez de preuves pour le confirmer.
05:25Pour tester cette idée,
05:27une équipe de chercheurs de l'université de Kyoto
05:29a recréé des vagues océaniques dans un long bassin d'environ 15 mètres.
05:35Ça fonctionnait comme un mini-océan contrôlé
05:37où les scientifiques pouvaient ajuster la taille et la vitesse des vagues.
05:42Dans ce bassin,
05:44ils ont réussi à créer à la fois des vagues scélérates géantes
05:47et des creux scélérats profonds.
05:50Les creux scélérats ressemblent à des vides soudains dans l'eau,
05:53des creux profonds entourés de vagues normales,
05:56comme si l'océan s'enfonçait brièvement à un endroit.
05:59C'est comme un nid de poules qui apparaîtrait soudainement sur la route,
06:03mais rempli d'eau en mouvement au lieu d'asphalte.
06:08Imagine les vagues normales comme des bosses rapides et répétées qui traversent l'eau.
06:14Maintenant, imagine une vague beaucoup plus grande et plus lente par-dessus.
06:19Elle ressemble à une colline ondulante qui soulève et abaisse tout sur son passage.
06:24Cette grande vague contrôle la puissance des petites vagues.
06:27Si la colline atteint une vague pile quand elle est à son point le plus haut,
06:32la vague devient une énorme vague scélérate,
06:35comme si on empilait une vague sur une autre.
06:40Mais si cette même colline pousse vers le bas quand une vague est à son point le plus bas,
06:44elle crée un creux profond dans l'eau.
06:48C'est comme si l'océan s'effondrait sous tes pieds.
06:51C'est le même processus, juste avec un timing différent.
06:55Parfois, ça crée un mur d'eau géant et d'autres fois, une chute soudaine et dangereuse.
07:01Les résultats de l'expérience correspondaient aux prédictions mathématiques.
07:05Ils ont prouvé que ces schémas de vagues étranges n'étaient pas qu'une théorie,
07:10mais quelque chose qui peut vraiment se produire dans l'océan.
07:18En 2016, des scientifiques ont comparé des modèles mathématiques avec de vraies mesures océaniques
07:24et ont trouvé des schémas correspondant à la fois aux vagues géantes et aux creux profonds dans la nature.
07:31Bien sûr, dans le vrai océan, ces formes ne sont pas aussi lisses que dans les expériences.
07:37Les vagues ont souvent des bords plus irréguliers,
07:40comme une colline plus abrupte d'un côté que de l'autre.
07:43Mais malgré ces différences, elles suivent la même structure cachée.
07:48Cela confirme que les vagues scélérates et les creux scélérats
07:51sont deux formes du même phénomène océanique,
07:54juste façonnées différemment par le timing et l'énergie.
07:59En attendant, on ne connaît toujours pas vraiment l'océan.
08:02La majeure partie reste un mystère.
08:05Moins d'un millième du fond marin a été observé de près.
08:10Imagine la taille de Rhode Island ou du Luxembourg.
08:13Hé, au choix !
08:14Ce petit bout, c'est tout ce qu'on a cartographié.
08:18Tout le reste, les fosses profondes, les fissures, les grottes,
08:22les montagnes sous-marines massives restent floues sur nos cartes.
08:26Beaucoup de phénomènes sont aussi restés inexpliqués pendant des siècles.
08:31Par exemple, les marins rapportaient sans cesse des vagues énormes qui dominaient tout,
08:36parfois plus de deux fois la hauteur des vagues normales.
08:40A l'époque, la plupart pensaient que c'était des exagérations.
08:44Tu sais, comme voir des sirènes ou un calmar géant.
08:48Mais ces vagues étaient bien réelles.
08:53En 1826, Dumont-Durville, un officier de marine et explorateur français,
08:58naviguait dans l'océan Indien à bord de l'Astrolabe.
09:01Eh oui, un compatriote !
09:05Il a vu des vagues d'au moins 25 à 30 mètres
09:08pendant une violente tempête qui a coûté la vie à un membre d'équipage.
09:13A l'époque, les scientifiques pensaient que les vagues ne pouvaient pas dépasser 9 mètres.
09:18Alors, même si son récit semblait incroyable,
09:21Durville a insisté pour le consigner.
09:23Et devinez quoi ?
09:25Au lieu d'être félicité, on s'est moqué de lui.
09:29Bon, j'arrête !
09:36Encore plus tôt, en août 1498,
09:39lors de son troisième voyage vers les Amériques,
09:42Christophe Colomb et son équipage ont entendu un grondement énorme venant de la mer
09:47et ont vu une vague s'élever derrière leur navire.
09:51Elle était aussi haute que les mâts.
09:55La vague a soulevé les navires plus haut que tout ce qu'ils avaient connu,
09:58puis les a plongés dans un creux immense.
10:01C'était comme des montagnes russes faites d'eau.
10:06L'océanographie moderne a confirmé que de telles vagues colossales existent bel et bien.
10:11Elles sont comme des gratte-ciels apparaissant soudainement au milieu d'une mer calme.
10:17Une vague normale peut atteindre le toit d'une maison de deux étages,
10:21mais une vague scélérate peut s'élever comme un immeuble de dix étages.
10:27En 1861, une telle vague a apparemment fracassé un phare en Irlande.
10:32Elle a brisé les lampes et envoyé des débris dévaler l'escalier.
10:37Pour ça, l'eau a dû gravir une falaise de 40 mètres,
10:41puis encore 26 mètres de la structure du phare.
10:44C'est presque aussi haut qu'un immeuble de vingt étages.
10:52Les vagues scélérates apparaissent soudainement,
10:55souvent sans prévenir, en plein océan.
10:58Elles se forment quand les vents, les courants et les petites vagues s'alignent parfaitement,
11:03créant une seule vague géante bien plus haute que les autres.
11:08Ce ne sont pas des tsunamis,
11:09et elles ne sont pas causées par des séismes ou des volcans.
11:14Les physiciens modélisent ça avec l'équation de Schrödinger non linéaire.
11:19Mais en gros, ça explique comment l'océan peut soudainement créer un mur d'eau géant.
11:26Le 1er janvier 1995,
11:29la vague de Dropner a frappé une plateforme gazière en mer du Nord,
11:33au large de la Norvège.
11:36Elle mesurait 26 mètres.
11:38C'était la première fois qu'une vague scélérate était officiellement enregistrée.
11:42Prouvant que ces vagues monstrueuses étaient réelles.
11:47Mais les scientifiques les considéraient encore comme rares.
11:50En 2000, le projet MaxWave, de l'Agence Spatiale Européenne,
11:54a confirmé que les vagues scélérates étaient bien plus fréquentes qu'on ne le pensait.
12:00Grâce au radar des satellites de l'ESA,
12:03les scientifiques ont étudié l'océan mondial
12:05et trouvés de nombreuses vagues dépassant 25 mètres.
12:11Certaines des plus grandes atteignaient même 30 mètres près de Terre-Neuve.
12:17Soudain, ce qu'on prenait pour des histoires de marins s'est avéré terriblement réel.
12:24Le 17 novembre 2020,
12:26une boue et météo près de l'île de Vancouver, au Canada,
12:30a enregistré une vague très inhabituelle dans l'océan Pacifique.
12:33Elle atteignait environ 18 mètres,
12:36alors que les vagues environnantes ne faisaient qu'environ 6 mètres.
12:40Elle était donc bien plus grande que les vagues normales autour.
12:44Le 29 novembre 2022,
12:47une vague scélérate a frappé le navire de croisière Viking Polaris,
12:51près de l'Antarctique.
12:54Une personne a perdu la vie,
12:55plusieurs autres ont été blessés,
12:57et la croisière a été annulée.
13:00Le 18 septembre 2023,
13:03une grande vague a frappé un restaurant de plage en Afrique du Sud.
13:06Sept personnes ont été blessées,
13:08et une personne a été emportée en mer,
13:10mais heureusement secourue.
13:12Et le 20 janvier 2024,
13:15de puissantes vagues ont frappé un site militaire américain
13:18dans les îles Marshall.
13:20Des bâtiments ont été endommagés,
13:21des zones inondées,
13:23et les vagues ont avancé loin dans les terres,
13:25montrant à quel point ces événements peuvent être destructeurs.
13:29La Terre possède un seul océan mondial connecté,
13:32qui couvre environ 71% de sa surface.
13:36Comme tout est lié,
13:38on pourrait croire qu'il est à la même hauteur partout, non ?
13:40Eh bien non !
13:42Au canal de Panama,
13:43le Pacifique est plus haut que l'Atlantique.
13:47Et ce n'est pas tout !
13:48Dans l'océan Indien,
13:49il existe une immense zone de faible gravité,
13:52où le niveau de la mer se trouve à plusieurs dizaines de pieds
13:56sous la moyenne mondiale.
14:04Commençons par le Pacifique.
14:06L'écart de hauteur moyen avec l'Atlantique n'est que d'environ 8 pouces,
14:10mais c'est une différence stable,
14:12mesurée avec précision sur le long terme.
14:16On ne parle ni de vagues,
14:18ni de marées hautes.
14:19D'abord,
14:20l'eau chaude se dilate.
14:21Or,
14:22le Pacifique est généralement plus chaud que l'Atlantique,
14:25donc son eau prend un peu plus de place.
14:28La salinité compte aussi.
14:29Dans de nombreuses zones,
14:31le Pacifique est moins salé.
14:32Une eau moins salée est moins dense,
14:34et une eau moins dense se tient un peu plus haut.
14:38Les courants et les vents jouent aussi.
14:40De puissants alizés,
14:42ces vents qui soufflent d'est en ouest,
14:44juste au nord et au sud de l'Équateur,
14:47poussent d'énormes masses d'eau vers l'ouest
14:48à travers le Pacifique.
14:50Cette eau s'accumule contre les bords des continents.
14:53Mais le facteur le plus important,
14:55et le plus surprenant,
14:56c'est que la gravité n'est pas la même partout sur Terre.
15:00Les continents,
15:01les îles,
15:01et même les chaînes de montagne sous-marines
15:03attirent la surface de l'océan.
15:05Autrement dit,
15:06l'océan suit le champ de gravité irrégulier de la Terre,
15:09pas une forme géométrique parfaite.
15:12Résultat,
15:12le niveau marin mondial
15:14peut varier de jusqu'à 3 mètres d'une région à l'autre.
15:17Imagine la difficulté de construire un canal
15:20entre ces deux océans !
15:22Les ingénieurs ont dû tenir compte
15:24de l'écart de niveau entre Pacifique et Atlantique
15:27pour bâtir le canal de Panama.
15:30Étonnamment,
15:30ce n'était pas l'obstacle principal.
15:32Il y en avait de bien pire,
15:34et on y revient tout de suite.
15:36Un jour,
15:37on a regardé Panama en se disant,
15:38au fond,
15:40quoi de plus simple
15:41que de relier deux océans par un canal ?
15:43Réponse ?
15:44Extrêmement compliqué.
15:46Le terrain panaméen est abrupt,
15:48boueux,
15:49pluvieux
15:49et instable.
15:51Ce n'était pas creuser dans un bac à sable,
15:53mais ouvrir une tranchée
15:54dans une montagne humide
15:55qui s'effondrait sans cesse.
15:57Les ingénieurs voulaient un canal
15:59au niveau de la mer,
16:00tout droit,
16:00pour que les navires passent
16:01sans écluses ni élévation.
16:04Mais Panama refusait de jouer le jeu.
16:06Chaque fois que les ouvriers entamaient un versant,
16:08la terre retombait aussitôt.
16:11Pendant la saison des pluies,
16:12les rivières inondaient tout
16:14et ensevelissaient le matériel.
16:16Puis,
16:16les travailleurs tombaient malades en permanence.
16:18A l'époque,
16:19on comprenait encore mal
16:21que les moustiques
16:22transmettaient des maladies.
16:23Alors,
16:24les épidémies décimaient les équipes.
16:26Des milliers de personnes ont perdu la vie.
16:29A la fin,
16:30le projet s'est effondré,
16:31au sens financier
16:32comme au sens physique.
16:34Des années plus tard,
16:35les États-Unis ont réessayé,
16:36mais cette fois,
16:37en tenant compte de la nature.
16:39Au lieu de creuser tout droit
16:40au niveau de la mer,
16:42ils ont construit
16:42un immense système d'ascenseurs à eau.
16:45Voilà comment ça marche.
16:47Les navires entrent dans d'énormes bassins.
16:50Puis,
16:50les portes se ferment.
16:51Ensuite,
16:52l'eau monte
16:53et les soulève d'environ 85 pieds,
16:55soit à la hauteur d'un immeuble
16:57de 8 étages.
16:58Là-haut,
16:59se trouve un immense lac artificiel.
17:02Les navires le traversent,
17:03puis redescendent de l'autre côté.
17:05En gros,
17:06on fait passer des bateaux
17:07par-dessus une colline
17:08à l'aide de baignoires géantes
17:10de la taille d'un gratte-ciel.
17:13Bon,
17:14revenons à la gravité terrestre.
17:17Oubliez l'idée d'une planète
17:18parfaitement ronde.
17:19Imaginez plutôt
17:20une pomme de terre cabossée
17:21en train de tourner.
17:22Le milieu bombe un peu
17:24à cause de la rotation.
17:25Et la croûte
17:26n'est pas uniforme non plus.
17:27La densité change sans cesse
17:29sous la surface.
17:31Certaines zones
17:31sont lourdes et denses,
17:33d'autres plus légères
17:34et plus flottantes.
17:35C'est ce qui dessine
17:36la gravité terrestre.
17:38C'est là
17:39qu'entre en scène
17:40le géoïde.
17:41C'est la forme
17:42qu'aurait l'océan
17:43s'il n'était modelé
17:44que par la gravité
17:45et la rotation de la Terre.
17:47Sans vagues,
17:48sans vent
17:48et sans marée.
17:50Autrement dit,
17:51s'il flottait librement
17:52autour de cette pomme
17:53de terre bosselée.
17:54Au-dessus des zones denses,
17:56la gravité tire plus fort,
17:57donc l'eau s'y accumule.
17:59Au-dessus des zones
18:00plus légères,
18:01la gravité faiblit
18:02et l'eau s'affaisse.
18:03Par exemple,
18:04il existe un endroit étrange
18:05dans l'océan Indien
18:06où la gravité est réellement
18:08plus faible que la normale.
18:10Résultat,
18:10le niveau de la mer
18:11y est plus de 328 pieds
18:13plus bas
18:14que dans l'océan autour.
18:15C'est comme si l'eau
18:16s'enfonçait de la hauteur
18:17d'un immeuble de 30 étages.
18:19Cela forme une immense
18:20dépression circulaire
18:21couvrant environ
18:221,2 million de miles carrés.
18:24Son nom officiel
18:25est le géoïde bas
18:26de l'océan Indien.
18:28Les scientifiques
18:29l'ont repéré
18:30dès 1948
18:31lors de mesures
18:32faites depuis un navire.
18:33Et ce phénomène
18:35les intrigue depuis.
18:37Pourquoi la gravité
18:38serait-elle plus faible
18:39à cet endroit ?
18:40Enfin,
18:41des chercheurs
18:42pensent avoir trouvé
18:43la réponse.
18:44Très profondément
18:45sous cette zone,
18:46d'immenses panaches
18:47de magma chauds
18:49pourraient remonter
18:49du manteau,
18:50comme de lentes masses
18:51de lave poussant
18:52depuis les profondeurs.
18:54Ces remontées
18:55peuvent déplacer
18:56la masse
18:57à l'intérieur de la planète.
18:58Et quand la masse bouge,
19:00la gravité bouge aussi.
19:02Moins de masse en dessous
19:03signifie une attraction
19:05légèrement plus faible
19:06et l'eau de l'océan
19:07s'abaisse dans cette zone.
19:09Pour tester cette idée,
19:11les chercheurs
19:11ont lancé
19:12d'énormes simulations
19:13informatiques.
19:14En gros,
19:15ils ont rembobiné
19:16l'histoire de la Terre
19:17sur 140 millions d'années
19:18pour voir comment
19:19la région avait évolué.
19:21Et leur modèle
19:22pointe vers la disparition
19:23d'un ancien océan.
19:25Apparemment,
19:26les plaques tectoniques
19:26ont bougé
19:27et des morceaux de croûte
19:28ont plongé profondément
19:30dans le manteau
19:31à cet endroit.
19:32Ils auraient perturbé
19:33la matière située
19:34en dessous
19:34et déclenché
19:35ces panaches de magma.
19:37Donc,
19:38ce trou gravitationnel
19:39n'est pas un trou dans l'eau.
19:41C'est une bosse
19:42dans le champ
19:42de gravité terrestre
19:43causée par
19:44d'immenses mouvements internes
19:46commencés
19:46il y a des millions d'années.
19:48Cette dépression
19:49est si extrême
19:50qu'elle influence
19:51les courants,
19:52le niveau de la mer
19:53et même
19:54la trajectoire
19:54des satellites.
19:55Voilà à quel point
19:56les processus du manteau
19:58restent puissants
19:58des millions d'années
20:00après ce chaos tectonique.
20:02La grande question
20:03est la suivante.
20:04Ce géoïde
20:05bat de l'océan Indien
20:06finira-t-il par disparaître
20:07ou va-t-il durer ?
20:09Les scientifiques
20:10n'en sont pas sûrs
20:11à 100%.
20:12Tout dépend de la façon
20:13dont les masses
20:14se déplacent
20:15à l'intérieur de la Terre
20:16au fil du temps.
20:17Le manteau de notre planète
20:18n'est pas solide.
20:19Il bouge en permanence,
20:21montant en panache
20:22et descendant en plaque.
20:23Ces mouvements lents
20:25et profonds
20:25peuvent soit maintenir
20:27cette faible gravité
20:27pendant des millions d'années,
20:29soit finir par l'effacer.
20:31Imaginez une immense
20:32lampe à lave
20:33au ralenti sous l'océan.
20:35À l'échelle
20:35de centaines
20:36de millions d'années,
20:37cette masse
20:38pourrait assez bouger
20:39pour effacer le creux.
20:40Ou pas ?
20:41Quoi qu'il en soit,
20:43cette étude
20:43ouvre des pistes solides
20:44et donne envie
20:45d'aller plus loin.
20:47Les anciens travaux
20:48modélisaient seulement
20:49les plaques froides
20:50qui s'enfoncent
20:50dans le manteau.
20:52Désormais,
20:52les simulations
20:53incluent aussi
20:54les panaches
20:54de magma chaud
20:55qui remontent.
20:56Ils ont sans doute
20:57joué un rôle clé
20:58dans la formation
20:59de cette anomalie.
21:00Mais il manque
21:00encore des éléments.
21:02Par exemple,
21:02le point chaud
21:03de la Réunion,
21:04un immense panache
21:05mentélique
21:06qui a explosé
21:07il y a 65 millions d'années
21:08et formé les trappes
21:09du décan en Inde.
21:11Cette éruption
21:12a recouvert de lave
21:14une grande partie de l'Inde.
21:15C'était l'un des plus grands
21:16épisodes volcaniques
21:17de l'histoire de la Terre.
21:19Sans ce panache,
21:20dans la simulation,
21:21certaines prévisions
21:22du géoïde
21:22peuvent être fausses.
21:24Il existe aussi
21:25des écarts
21:25entre le modèle
21:26et la réalité.
21:27La forme prédite
21:29de la surface terrestre
21:30ne correspond pas
21:31parfaitement aux mesures,
21:32surtout dans le Pacifique,
21:33en Afrique
21:34et en Eurasie.
21:35Les chercheurs parlent
21:37d'une corrélation
21:37d'environ 80%.
21:39C'est solide,
21:40mais pas parfait.
21:41La simulation ne peut pas
21:43encore saisir
21:44tous les détails.
21:45Comme le résume
21:45l'auteur principal,
21:46nous ne savons pas
21:47exactement à quoi
21:48ressemblait la Terre
21:49il y a des millions d'années.
21:51Les plaques bougent,
21:52les océans se déplacent
21:53et les continents
21:54entrés en collision.
21:55Il reste donc bien
21:57des inconnus.
21:57Les modèles ne donnent
21:59qu'une idée approximative
22:00du passé.
22:01Malgré ces petites erreurs,
22:03l'idée essentielle
22:04reste la même.
22:05Le géoïde bas
22:06de l'océan Indien
22:07est immense
22:08et il a été façonné
22:10par de profonds panaches
22:11du manteau
22:11et d'anciens événements
22:13tectoniques.
22:14Il pourrait évoluer
22:15dans des centaines
22:16de millions d'années
22:17ou rester tel quel.
22:19Et surtout,
22:20il nous rappelle
22:20que la Terre
22:21n'est pas cette sphère
22:22parfaitement lisse
22:23qu'on aime imaginer.
22:26Que choisissez-vous
22:27d'écouter ?
22:28De la musique ?
22:30Des podcasts ?
22:31Ou peut-être
22:32le murmure de la pluie ?
22:33Le crépitement
22:34d'un feu de camp ?
22:36Mais avez-vous déjà
22:37songé à écouter l'océan ?
22:38Non pas le fracas familier
22:40des vagues sur la côte,
22:41mais des sons captés
22:43dans les profondeurs glacées
22:44des fonds marins ?
22:46Des sons qui vous parcourent
22:47d'un frisson ?
22:49Des sons évoquant
22:50quelque chose de vaste,
22:52obscur,
22:52peut-être vivant ?
22:53Et le plus troublant
22:55reste ceci.
22:56La nature réelle
22:57de certains de ces bruits
22:58demeure encore aujourd'hui
23:00totalement inconnue.
23:02En 1997,
23:04un phénomène étrange
23:05a résonné
23:06à travers le Pacifique.
23:08Très loin sous la surface,
23:09au large de l'Amérique du Sud,
23:11un son d'une puissance telle
23:13qu'il a immédiatement troublé
23:14les scientifiques
23:15fut détecté.
23:16Sa fréquence extrêmement basse,
23:18son intensité hors normes
23:20et son caractère inédit
23:21le rendait unique.
23:23Ce signal reçut un nom simple,
23:25le Bloop.
23:28À première écoute,
23:30ce terme paraît anodin,
23:31presque ludique.
23:32Pourtant,
23:33la réalité était tout autre.
23:35Sa puissance était telle
23:37qu'il fut capté
23:38par des instruments
23:39situés à près de 4 800 km.
23:42Imaginez percevoir,
23:43depuis New York,
23:44un bruit émis à Los Angeles.
23:46Puis, imaginez cette onde
23:48traversant les profondeurs océaniques,
23:50semant l'effroi
23:51parmi la faune marine
23:52comme chez les chercheurs.
23:54Quelqu'en fût l'origine,
23:55elle devait être gigantesque.
23:58Le signal présentait des motifs
24:00suggérant une origine biologique.
24:02Les baleines furent
24:03les premières envisagées.
24:05Toutefois,
24:05même la baleine bleue,
24:07plus grand animal connu,
24:08ne pouvait produire
24:09un son d'une telle intensité.
24:11Les chiffres ne concordèrent pas.
24:13C'est à ce moment-là
24:14que spéculation
24:15prira le dessus.
24:16Si une entité
24:18pouvait être à l'origine
24:19du bloop,
24:19elle dépasserait en taille
24:21tout ce qui peuple
24:22actuellement les océans.
24:24L'imaginaire collectif
24:25s'emballa.
24:26Créatures colossales.
24:27Monstres marins
24:28des temps anciens.
24:29Le Kraken.
24:30Certains évoquèrent
24:31même le fameux
24:32Mégalodon,
24:33ce requin préhistorique
24:34supposé disparu
24:35depuis des millions d'années
24:36et vedette plus que récurrente
24:38de nos vidéos sympas.
24:40Le mystère s'épaissit encore
24:41lorsque les scientifiques
24:42localisèrent approximativement
24:44l'origine du son.
24:45Celui-ci provenait
24:46d'une zone proche
24:47du point de Némo,
24:48l'endroit le plus isolé
24:49de la planète.
24:51Situé dans le Pacifique,
24:53ce point se trouve
24:54à plus de 1600 km
24:55de toute Terre émergée.
24:57Son isolement extrême
24:59lui vaut le nom
24:59de pôle océanique
25:00d'inaccessibilité.
25:04Rares sont les humains
25:05qui l'ont approché.
25:07En raison de cet éloignement,
25:09la zone sert de cimetière
25:11pour satellites hors-service
25:12et débrites spatiaux.
25:14Les engins désaffectés
25:15y étant dirigés
25:16pour s'y abîmer.
25:17Tout y est silencieux,
25:19désert,
25:19presque intact.
25:21Et pourtant,
25:22quelque chose de puissant
25:23s'est fait entendre
25:24non loin de là.
25:25Hmm.
25:28Pour les amateurs
25:29d'horreur cosmique,
25:30ce détail évoquait
25:31quelque chose de troublant.
25:33Dans l'univers fictif
25:35de Lovecraft,
25:36la cité engloutie
25:38de R'lyeh
25:38repose sous l'océan,
25:40précisément
25:41dans cette région.
25:42Selon ses récits,
25:44c'est là que sommeille
25:44le terrifiant Cthulhu,
25:46entité monstrueuse
25:48et intelligente,
25:49plongée dans un long sommeil
25:51depuis des millénaires
25:52et prête à s'éveiller
25:53pour provoquer
25:54la fin du monde.
25:56Bien entendu,
25:57Cthulhu relève
25:58entièrement de la fiction
25:59et Lovecraft
26:00ne l'a jamais niée.
26:02Toutefois,
26:03lorsqu'Internet
26:03établit ce rapprochement,
26:05l'idée se propagea
26:06rapidement.
26:07Mais la science
26:08finit par apporter
26:09une réponse.
26:10L'enregistrement
26:11du Bloop
26:11demeure aisément
26:12accessible en ligne
26:13et vous pouvez
26:14l'écouter par vous-même.
26:16Pourtant,
26:16son apparente banalité
26:18risque de vous décevoir.
26:20Aujourd'hui,
26:21il est établi
26:22avec certitude
26:23qu'il ne provenait
26:24d'aucune création
26:25de la nature vivante.
26:26Les chercheurs
26:27ont démontré
26:28qu'il résultait
26:28d'un phénomène glaciaire.
26:30Un séisme de glace.
26:34Ces événements
26:35surviennent
26:35lorsque d'immenses blocs
26:37se fissurent,
26:38se rompent
26:38et se détachent
26:40des glaciers,
26:41libérant une énergie
26:42considérable
26:43et produisant
26:44des sons
26:44à très basse fréquence
26:45capables de parcourir
26:47des océans entiers.
26:48Ces émissions
26:49peuvent rappeler
26:50des signaux biologiques,
26:51surtout lorsqu'elles sont
26:52captées à grande distance
26:54et altérées par l'eau.
26:55En comparant le gloup
26:57à d'autres enregistrements
26:58similaires,
26:59les scientifiques
27:00ont relevé
27:00des correspondances
27:01frappantes.
27:03L'origine n'était
27:04donc pas un monstre,
27:05mais l'Antarctique
27:06lui-même
27:06en perpétuelle transformation.
27:10Pour beaucoup,
27:11cette explication
27:12suscita des sentiments
27:13partagés.
27:14Certains admettant même,
27:16sur des plateformes
27:17comme Reddit,
27:18qu'ils préféraient
27:18l'hypothèse
27:19d'une créature inconnue.
27:22Un autre phénomène
27:24sonore étrange
27:25fut enregistré
27:25au début
27:26des années 1980
27:27dans le Pacifique Sud
27:28lors d'une mission
27:29scientifique
27:30près de la Nouvelle-Zélande.
27:32Les chercheurs
27:33exploraient
27:33le bassin sud
27:34des Fidji,
27:35où les profondeurs
27:36dépassent 4 km.
27:38Des sons brefs,
27:40aigus
27:40et répétitifs
27:41résonnaient dans l'eau.
27:44Quatre impulsions
27:45distinctes,
27:46étonnamment semblables
27:47au cancanement
27:48d'un canard.
27:49Ce phénomène
27:50fut ainsi baptisé
27:51le bioduck.
27:53Le signal
27:54présentait
27:54une régularité
27:55marquée.
27:56Les scientifiques
27:58en conclurent
27:59qu'il devait avoir
28:00une origine biologique
28:01sans parvenir
28:02à identifier
28:02précisément
28:03sa source.
28:04Ce n'est qu'après
28:05avoir partagé
28:06leurs données
28:06avec des collègues
28:07en Australie
28:08qu'ils découvrirent
28:09un élément supplémentaire.
28:10Des sons comparables
28:12avaient été captés
28:13dans d'autres zones
28:13maritimes
28:14de la région.
28:16Des décennies
28:17plus tard,
28:18l'énigme persiste.
28:20Certains chercheurs
28:21estiment que ces couacs
28:22ne sont pas aléatoires
28:23mais pourraient
28:25constituer
28:25une forme
28:26de communication.
28:27Une hypothèse
28:28évoque les baleines
28:29de Mink et Antarctique,
28:30bien qu'aucune preuve
28:31directe ne le confirme.
28:33Il a également
28:34été observé
28:35que plusieurs sources
28:36sonores
28:36coexistaient.
28:37Lorsque l'une
28:38émettait un signal,
28:39les autres
28:40se taisaient,
28:41comme en attente.
28:43Il pourrait ainsi
28:44s'agir d'un échange
28:45résonant dans les profondeurs,
28:46dans un langage
28:47qui nous échappe encore.
28:50Imaginez une alarme
28:51terrifiante hurlant
28:53dans un laboratoire secret,
28:55signalant qu'une créature
28:56venue d'ailleurs
28:57s'est échappée.
28:59Un son brutal,
29:00perçant,
29:01oppressant,
29:02capable de vous
29:03glacer instantanément.
29:05En août 1991,
29:07des scientifiques
29:08ont enregistré
29:09quelque chose
29:10de comparable.
29:11Non pas en laboratoire,
29:13mais dans les profondeurs
29:14du Pacifique.
29:15Sur de vastes
29:16étendues océaniques,
29:17un signal étrange
29:18et répétitif
29:19est apparu
29:20à différents moments.
29:21Il se composait
29:22de tonalités étroites
29:23et ascendantes,
29:24chacune durant
29:25plusieurs secondes.
29:26Les chercheurs
29:27ont baptisé
29:28ce phénomène
29:28« upsweep ».
29:30Il est le plus souvent
29:32détecté au printemps
29:33et à l'automne,
29:34ce qui suggère
29:35un lien possible
29:36avec des variations
29:37saisonnières
29:37de l'environnement.
29:39Ou de sa source.
29:41Mais son origine exacte
29:42demeure inconnue.
29:47La seule certitude
29:48dont disposent
29:49les scientifiques
29:50est que l'upsweep
29:51a été repéré
29:52à proximité
29:53de zones
29:53soupçonnées
29:53d'activités volcaniques.
29:56Pourtant,
29:57si ce phénomène
29:58est naturel,
29:59pourquoi présente-t-il
30:00une telle régularité,
30:01une précision
30:02presque troublante ?
30:03Il donne l'impression
30:04d'un signal artificiel,
30:06comme si une installation
30:07sous-marine
30:07dissimulée diffusait
30:08périodiquement
30:09un appel
30:09depuis les abysses.
30:12Depuis sa découverte
30:13en 1991,
30:15ce signal
30:15s'est progressivement
30:16atténué,
30:17renforçant encore
30:18son statut
30:19de phénomène
30:19parmi les plus
30:20énigmatiques
30:21jamais observés
30:22sous l'océan.
30:24Un autre son mystérieux
30:25est connu
30:25sous le nom
30:26de « slow down ».
30:31Comme son nom
30:32l'indique,
30:33ce signal
30:33voit sa fréquence
30:34diminuait progressivement
30:35sur environ 7 minutes
30:37avant de s'éteindre
30:38complètement.
30:40Il a été enregistré
30:41en mai 1997
30:43par un réseau
30:44d'hydrophones
30:45situé dans le Pacifique
30:46équatorial oriental.
30:48De prime abord,
30:49il ne semble pas
30:50particulièrement puissant.
30:52Mais voici
30:53ce qui le rend troublant.
30:54Il a été détecté
30:56par trois capteurs
30:56distincts,
30:57espacés d'environ
30:585000 kilomètres.
31:00Imaginez alors
31:01son intensité
31:02près de la source.
31:03Alors,
31:03quelle était son origine ?
31:07La théorie
31:08la plus admise
31:09suggère
31:09qu'un immense
31:10iceberg en dérive
31:11aurait lentement
31:12cessé sa course
31:12avant de s'échouer.
31:14L'hypothèse
31:15est étonnamment crédible.
31:17Un bloc
31:18de glace colossal
31:19racle le fond marin
31:20avançant péniblement
31:22jusqu'à l'arrêt.
31:24La localisation
31:25renforce cette idée
31:27puisque le signal
31:28provenait
31:28de zones peu profondes,
31:30proches
31:31de petites îles.
31:32Pour cette raison,
31:33de nombreux chercheurs
31:34classent
31:34le « slow down »
31:36aux côtés du bloop
31:37parmi les bruits
31:38cryogéniques.
31:39Toutefois,
31:40cela reste une hypothèse.
31:42Et officiellement,
31:43l'origine du son
31:44n'a jamais été confirmée.
31:46Un autre enregistrement
31:47troublant
31:48provient également
31:48des profondeurs.
31:50Celui-ci évoque
31:51un gémissement
31:51bien que les scientifiques
31:52l'aient baptisé
31:53« Wistel ».
31:54Allez comprendre.
31:58Il fut capté
31:59en 1997
32:00et donne l'impression
32:01dérangeante
32:02qu'une entité
32:02gigantesque
32:03repose au fond
32:04de l'océan
32:05en sifflant.
32:07Les chercheurs
32:08pensent que
32:08cette source
32:09pourrait être
32:10un volcan sous-marin.
32:11En comparant
32:12ce signal
32:13à d'autres sons
32:13volcaniques
32:14enregistrés
32:15dans le Pacifique
32:15oriental,
32:17ils ont constaté
32:18de fortes similitudes.
32:20Il est fort probable
32:21que l'ensemble
32:21de ces sons
32:22est une origine naturelle,
32:23qu'il s'agisse
32:24d'éruptions volcaniques
32:25ou de mouvements
32:26d'icebergs.
32:27Néanmoins,
32:28leur écoute
32:28demeure inquiétante
32:29et se trouver
32:30à proximité immédiate
32:32d'un volcan sous-marin
32:33en activité
32:33serait,
32:34sans aucun doute,
32:35une expérience
32:36particulièrement
32:36éprouvante.
32:38Tu m'étonnes.
32:40Depuis des millions
32:41d'années,
32:42quelque chose
32:42se tapit
32:43dans les profondeurs
32:44de l'océan.
32:45Vous ne pouvez
32:46ni le voir,
32:46ni le toucher,
32:47ni le cartographier
32:49au sonar.
32:49Et pourtant,
32:50il retient
32:50des espèces entières
32:52là où elles se trouvent,
32:53récemment,
32:54des chercheurs
32:54ont identifié
32:55ces victimes,
32:56d'étranges cousins
32:57de méduses
32:57quasi identiques,
32:59sauf pour un détail singulier.
33:01L'une parcourt
33:02les océans du monde,
33:03l'autre reste prisonnière
33:04de l'Arctique,
33:05incapable de s'échapper.
33:07Qu'est-ce qui l'en empêche ?
33:08Ce n'est ni la glace,
33:10ni la terre,
33:10ni même la profondeur,
33:12mais quelque chose
33:12de bien plus étrange.
33:14Examinons de plus près
33:15ce mystère.
33:16Les méduses concernées
33:18appartiennent
33:18à une sous-espèce
33:19au nom aussi complexe
33:20que difficile à prononcer,
33:22aussi,
33:23vais-je m'en abstenir ?
33:25Le voici.
33:26Elles vivent
33:26à de très grandes profondeurs,
33:28entre 1 000
33:29et 2 000 mètres environ.
33:31Si profondément
33:32que la lumière du soleil
33:33n'y parvient même pas.
33:35Ce qui est étrange,
33:37c'est que certaines
33:38arborent un petit bulbe
33:39au sommet de leur corps
33:40en forme de parapluie.
33:42D'autres non.
33:43Cette infime différence
33:45détermine entièrement
33:46leur destin.
33:48Celles avec bulbe
33:49voyagent à travers
33:50tous les océans.
33:52Celles qui en sont dépourvues
33:54restent confinées
33:55dans l'Arctique
33:55comme condamnées
33:56à y demeurer.
33:58Pour élucider ce phénomène,
34:00le scientifique
34:01Ravier Monténégro
34:02et son équipe
34:02ont passé en revue
34:03plus de 120 ans
34:04de photographies
34:05et d'observations
34:06de méduses,
34:07puis ont ajouté
34:08des analyses ADN
34:10modernes.
34:12Les résultats
34:12sont étonnants.
34:14Sur le plan génétique,
34:16les méduses arctiques
34:17qu'elles présentent
34:18un bulbe ou non
34:19sont identiques
34:20aux espèces
34:21à bulbe
34:21de l'Atlantique Ouest.
34:24Cependant,
34:25en dépit
34:25de cette similarité,
34:27seules les méduses
34:28sans bulbe
34:28demeurent piégées
34:29au nord.
34:31Qu'est-ce qui les retient ?
34:32Il ne s'agit
34:33ni d'un mur
34:34sous-marin géant
34:35ni d'une barrière
34:36rocheuse.
34:37Les scientifiques
34:38estiment que
34:38cette barrière
34:39est d'ordre
34:40biologique
34:41ou géographique,
34:42à l'instar
34:43de la ligne Wallace,
34:44la frontière
34:45invisible
34:45de la nature.
34:47Imaginez naviguer
34:48en Indonésie,
34:49de Bali
34:50à Lombok.
34:51À peine
34:5235 km
34:53à franchir,
34:54pas de quoi
34:55faire une sieste
34:56prolongée
34:56sur le pont
34:57du bateau.
34:58Une fois arrivées,
35:00les plages
35:00semblent identiques,
35:02le climat
35:02semblable.
35:03Les palmiers
35:04se balancent
35:04tous de la même
35:05manière.
35:07Pourtant,
35:08en observant
35:09la faune,
35:09vous pénétrez
35:10dans un tout autre
35:11univers.
35:12Oiseaux,
35:13mammifères,
35:14même reptiles
35:15ne correspondent
35:16soudainement plus
35:16à ce que vous
35:17veniez de voir
35:18un peu plus tôt.
35:20Cette ligne
35:20invisible séparant
35:21les deux mondes
35:22est précisément
35:23la ligne de Wallace.
35:25L'histoire
35:25débute en 1859.
35:27Alfred Russell Wallace,
35:29naturaliste britannique,
35:30parcourait alors
35:31les Indes orientales.
35:33En passant
35:34d'une île
35:34à l'autre,
35:35il observa
35:35quelque chose
35:36d'inexplicable.
35:37Sur les îles
35:37occidentales,
35:38comme Borneo
35:39et Bali,
35:40les animaux
35:40semblaient
35:41typiquement asiatiques.
35:42Singes,
35:43tigres,
35:44pivers,
35:44rien d'inhabituel.
35:46Mais plus à l'est,
35:47la faune
35:48paraissait venir
35:49directement d'Australie.
35:50Marsupiaux,
35:51cacatoes,
35:52même des cousins
35:53des kangourous,
35:54les deux ensembles
35:55ne se mélangeaient
35:56absolument pas.
35:57Wallace comprit
35:58qu'une étroite bande
35:59d'eau pouvait agir
36:00comme une immense
36:01frontière biologique.
36:03Comment deux îles,
36:04assez proches
36:05pour se distinguer
36:06à l'œil nu,
36:06pouvaient-elles abriter
36:07une faune si différente ?
36:09Cette ligne n'est pas
36:10une simple curiosité
36:12naturelle,
36:12mais le produit
36:13de puissantes forces
36:14géologiques.
36:15Entre les îles
36:16s'étendent des fosses
36:17sous-marines
36:17qui n'ont jamais
36:18été asséchées.
36:19Même lorsque les anciens
36:21niveaux marins
36:21montaient et descendaient.
36:23A l'ouest
36:24s'étend le plateau
36:25de Sunda,
36:26une vaste plateforme
36:28submergée qui reliait
36:29autrefois l'Asie
36:30aux îles voisines.
36:31C'est pourquoi
36:32Borneo,
36:32Sumatra et Java
36:34regorgent d'espèces
36:35d'origine asiatique.
36:37A l'est
36:38se trouve
36:38le plateau
36:39de Saül
36:39qui reliait
36:41jadis l'Australie
36:41à la Nouvelle-Guinée
36:42et permettait
36:43la dispersion
36:44des espèces
36:44australiennes.
36:45La ligne de Wallace
36:46coupe précisément
36:47entre ces deux plateaux.
36:50Dans cette région
36:50du monde,
36:51l'archipel
36:52indo-australien,
36:53quatre grandes
36:54plaques tectoniques
36:55entrent en collision.
36:57Lorsque les mers
36:58montaient,
36:58les animaux
36:59se retrouvaient
36:59isolés sur les îles.
37:00Quand les mers
37:01redescendaient,
37:02certaines espèces
37:03parvenaient à traverser,
37:05mais en nombre limité.
37:06C'est ainsi
37:07que deux îles séparées
37:08par un simple trajet
37:09en bateau
37:09ont fini par développer
37:11des écosystèmes
37:12entièrement distincts.
37:13La ligne de Wallace
37:14n'est pas une découverte
37:16récente.
37:16Cette frontière invisible
37:18influence les animaux
37:19depuis des millions
37:20d'années.
37:21Au Pleistocène,
37:22lorsque les mammouths
37:23géants parcouraient
37:24la planète
37:25et que les océans
37:26étaient jusqu'à
37:26120 mètres plus bas,
37:28nombre d'îles
37:28indonésiennes
37:29étaient en réalité
37:30reliées entre elles.
37:32Tigres et éléphants
37:33pouvaient alors
37:33passer d'un territoire
37:34à l'autre
37:35sans jamais toucher l'eau.
37:37Mais même lors
37:38de ces fortes baisses
37:38du niveau marin,
37:40l'Asie et l'Australie
37:41ne se sont jamais unis.
37:42Ils subsistaient
37:43toujours entre elles
37:44une bande d'eau
37:45très profonde.
37:46Cet intervalle aquatique
37:47agissait comme un mur
37:48infranchissable.
37:50Depuis plus de 50 millions
37:51d'années,
37:52il empêche le mélange
37:53des espèces.
37:54Maintenant,
37:55la faune asiatique
37:55d'un côté
37:56et l'étrange faune
37:57australienne de l'autre.
38:00Cette zone centrale
38:01d'îles,
38:02coincée entre les deux continents,
38:03porte le nom
38:04de Wallacea.
38:06Seuls les animaux
38:07capables de nager,
38:08de voler
38:08ou de franchir
38:09la haute mer
38:10ont pu s'y installer.
38:11Tous les autres
38:12sont restés chez eux,
38:13sans aucune exception.
38:16Comme vous le voyez,
38:17il existe presque toujours
38:18une explication logique
38:20et scientifique
38:20à la plupart
38:21des phénomènes terrestres.
38:23Peut-être saurait-on
38:24en trouver une
38:25pour ces méduses prisonnières.
38:26Il semblerait
38:27que le problème
38:28se situe
38:28dans la dérive
38:29nord-atlantique,
38:30un courant chaud
38:31issu du Gulf Stream.
38:33Les chercheurs
38:33ignorent encore pourquoi,
38:35mais quelque chose
38:36dans cette zone
38:36empêche les méduses
38:38dépourvues de bulbes
38:39de progresser.
38:40Une hypothèse avance
38:41que les prédateurs
38:42au-delà de la dérive
38:43seraient trop dangereux
38:44pour ces animaux.
38:45Une autre suggère
38:46que la présence
38:46de ce bulbe
38:47conférerait
38:48un avantage de survie.
38:49Mais nul
38:50ne le sait réellement.
38:51Pour l'instant,
38:52tout se passe
38:53comme devant
38:53une frontière invisible.
38:54Les méduses
38:55à bulbes
38:56passent.
38:57Celles qui en sont privées
38:58restent sur place.
38:59Du côté pacifique
39:00de l'Arctique,
39:01nul besoin
39:02de barrières mystérieuses.
39:03Le détroit
39:04de Béring
39:04s'en charge déjà.
39:06Sa profondeur
39:07moyenne
39:07n'est que de 50 mètres.
39:09Bien trop faible
39:10pour laisser passer
39:10des créatures
39:11des grands fonds.
39:12Ainsi,
39:13ces méduses,
39:14avec ou sans bulbes,
39:15ne peuvent pas
39:16s'échapper vers le sud.
39:17Tant que nous parlons
39:18de vie animale,
39:19intéressons-nous encore
39:20aux particularités étonnantes
39:22de la faune
39:23le long de la ligne
39:23de Wallace,
39:24car les animaux
39:25permettent d'observer
39:26cette barrière
39:27de façon évidente.
39:28Les oiseaux,
39:30par exemple,
39:30refusent souvent
39:31de franchir
39:32le moindre espace
39:33d'eau libre.
39:33Leurs espèces
39:34s'arrêtent donc
39:35nettes à la frontière.
39:37Les mammifères
39:37se montrent encore
39:38plus rigoureux.
39:39Les chauves-souris
39:40peuvent traverser
39:41puisqu'elles volent,
39:43mais les grands animaux
39:43terrestres n'y sont
39:44jamais parvenus.
39:46Du côté australien
39:47dominant les marsupiaux,
39:49tels que les kangourous
39:50et les opossums,
39:51auxquels s'ajoutent
39:52des rongeurs indigènes
39:53arrivés plus récemment.
39:56Du côté asiatique
39:57apparaît une toute autre
39:58distribution.
39:59Singes,
40:00éléphants,
40:00tigres,
40:01félins,
40:02rhinocéros.
40:04Certes,
40:04quelques exceptions
40:05subsistent.
40:06Célèbres,
40:07situées au cœur
40:07de la séparation,
40:09abritent des macaques,
40:10des porcs
40:10et de petites tarsiers
40:11aux grands yeux.
40:12Mais dans l'ensemble,
40:14la rupture
40:14est manifeste.
40:15Il suffit de descendre
40:17de bateaux
40:17pour que le monde animal
40:18se transforme entièrement.
40:20Mais qu'en est-il
40:21des plantes ?
40:22Elles ne suivent pas
40:22toujours les règles
40:23avec la même rigueur.
40:25Les graines peuvent
40:26se fixer aux oiseaux,
40:27flotter à la surface
40:28de l'eau
40:28ou être emportées
40:30par le vent.
40:30Mais même ici,
40:31la ligne de Wallace
40:32se fait sentir.
40:34Prenez les eucalyptus.
40:35Ils sont aussi
40:36emblématiques
40:37de l'Australie
40:37que les kangourous
40:38et presque aucune espèce
40:40ne parvient à gagner l'Asie.
40:41Il n'existe
40:42qu'une seule exception
40:43qui est apparue,
40:44on ne sait comment,
40:45à Célèbes
40:46et aux Philippines.
40:47C'est là toute la magie
40:48de la ligne de Wallace.
40:50Deux îles peuvent
40:51sembler identiques,
40:52même climat,
40:53même forêt,
40:54parfois assez proches
40:55pour être visibles
40:56de part et d'autre
40:57du Détroit.
40:57Mais leur faune diffère
40:58comme le jour et la nuit.
41:00Et tout cela
41:01tient à une frontière
41:01invisible dans la mer,
41:03en place depuis
41:03des millions d'années.
41:05De telles découvertes
41:06peuvent paraître modestes,
41:07mais elles sont capitales.
41:09Elles révèlent
41:09qu'ils subsistent
41:10dans l'océan
41:11des limites cachées
41:12que l'humanité
41:13ne comprend pas encore.
41:14Ces barrières invisibles
41:15pourraient expliquer
41:16comment les animaux marins
41:18se dispersent,
41:19évoluent
41:19et survivent.
41:20Comme le soulignent
41:21les chercheurs,
41:22observer deux formes
41:23corporelles distinctes
41:25au sein d'une même
41:25famille génétique
41:26montre à quel point
41:28notre connaissance
41:29des méduses
41:29et autres organismes
41:31gélatineux
41:31est limitée.
41:32Quant à la ligne Wallace,
41:34elle demeure aujourd'hui
41:35l'un des mystères
41:36les plus fascinants
41:37de la biogéographie.
41:38Elle nous rappelle
41:39que la vie ne se répartit
41:40pas toujours
41:41de façon uniforme.
41:42Parfois,
41:43un simple bras de mer
41:44peut faire office
41:45de mur infranchissable.
41:47Les profondeurs marines
41:48recèlent que bien plus
41:49de mystères
41:49que nous ne l'imaginions.
Comments