Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Comment faire la guerre quand les caisses sont vides ? Pour le savoir notre journaliste Margo Bierry s'est rendue à Eurosatory, le salon international de la défense et de la sécurité.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Comment faire la guerre quand les caisses sont vides ?
00:02Les guerres en Ukraine ou en Iran nous ont appris quelque chose,
00:05faire la guerre, ça ne coûte plus forcément très cher.
00:07Les drones, les munitions explosives, vous en trouverez maintenant pour quelques milliers d'euros.
00:12Mais alors, comment la France peut s'adapter à cette guerre low cost ?
00:15Pour le savoir, je me suis rendue à Eurosatory.
00:19Eurosatory, c'est un salon international de la défense et de la sécurité.
00:23Il a lieu tous les deux ans à Villepinte, en Ile-de-France,
00:26et on peut y voir des tanks, des leurres, des équipements vestimentaires,
00:31des chiens robots ou encore des missiles.
00:34Mais nous, ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce sont les drones.
00:37Alors que les chaheds fabriqués par l'Iran coûtent en moyenne 30 000 euros pièce,
00:41un missile Patriot américain utilisé pour l'intercepter va coûter 3 à 5 millions d'euros.
00:46Mais les chaheds sont aussi utilisés par la Russie en Ukraine
00:49et là, le coût de la défense défie toute concurrence.
00:52Entre 1000 et 4000 euros pour un drone intercepteur.
00:55Car la référence quand on parle de low cost aujourd'hui, ce sont les drones ukrainiens.
01:00Je suis donc allée à la rencontre de Grimtech,
01:02une entreprise qui fournit un millier de drones par jour à l'armée ukrainienne.
01:25On vient de le voir, les ukrainiens produisent beaucoup,
01:28entre 4000 et 10 000 drones par jour et à bas coût.
01:31Mais en France, quelles alternatives ?
01:34J'ai échangé avec Atta Ares, une start-up française qui produit des drones intercepteurs.
01:38Nous, le credo, c'est de dire qu'on reste en dessous de la menace.
01:41Nous, on abat des chaheds. Un chahed, c'est 25 000 euros à l'échelle.
01:43Il faut qu'on soit sous ce prix-là.
01:45Et ensuite, en fonction des exigences de souveraineté sur les produits qu'on va venir chercher,
01:48est-ce qu'on veut une caméra française ?
01:50C'est plus cher qu'une caméra européenne, c'est plus cher qu'une caméra chinoise.
01:52Et en fonction de ça, on va avoir notre gamme de prix.
01:55Juste en face, j'ai repéré le stand d'Hexadrone, une autre entreprise française.
01:59Eux, ils développent des drones qui sont surtout des plateformes sur lesquelles on met un peu ce qu'on veut.
02:04Ça ne sert pas forcément à combattre, mais plutôt à transporter ou à surveiller.
02:08Pour réduire nos coûts et nos délais de production, on a essayé de standardiser notre offre.
02:12Et on a développé le TUNRA, qui est un drone multi-roll.
02:16Mais le prix d'une plateforme, suivant les options, va être entre 30 et 60 kilos euros.
02:21Mais l'intérêt du low cost pour les armées, c'est aussi de posséder plus en nombre.
02:25Et pour ça, il faut savoir produire vite et en grande quantité.
02:28Un point sur lequel la France est encore loin de l'Ukraine.
02:31Et cela s'explique.
02:33Avec un budget du ministère des Armées à 42 milliards d'euros pour les commandes d'équipements en 2026,
02:38on est très loin des 84 milliards d'euros investis par l'Ukraine, qui elle, est en guerre.
02:44Les experts s'accordent à dire que le budget de la France est insuffisant pour pousser les entreprises à produire
02:49plus
02:49et faire la transition vers une industrie de masse.
02:52Ce qu'on voit depuis ces dernières années, c'est qu'il y a une demande croissante en termes de
02:56nombre de drones.
02:57Mais tout est une problématique de marché.
02:59C'est-à-dire qu'avoir une usine entièrement robotisée, capable de produire des centaines de milliers de drones par
03:05mois,
03:06si au final on n'a pas les commandes, ça va être un risque pour l'entreprise.
03:10Aujourd'hui, on est dans l'ordre de la centaine en capacité de production.
03:14L'idée, c'est de monter progressivement en cadence avec des partenaires,
03:17d'être en capacité de fournir jusqu'à 1000 intercepteurs par mois,
03:20en sachant que c'est du matériel qui évolue aussi beaucoup.
03:22Et ça, c'est un vrai enjeu avec le théâtre ukrainien,
03:24et toutes les deux semaines, faire des itérations produits.
03:27Le ministère des Armées affirme faire des efforts.
03:30Catherine Vautrin a annoncé en avril la livraison de 5000 drones,
03:33avec une commande de 10 000 supplémentaires en 2026 pour 400 millions d'euros.
03:38Pour passer au low cost, certains experts pensent qu'il faudrait simplifier les processus de fabrication et de certification,
03:44revoir l'ingénierie des produits français ou leurs normes.
03:47D'autres affirment aussi que pour opérer un tel changement,
03:49il faudrait passer en économie de guerre et solliciter les industriels comme Renault et Michelin.

Recommandations