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15 novembre 2009. Francis Guazelli vient d'être abattu. Après l'assassinat de Richard Casanova et Francis Mariani, le notable était l'un des derniers historiques de la "Brise de mer" encore en vie. La bande de voyous qui a mis la Corse en coupe réglée pendant plusieurs décennies est décimée. Deux clans se battent désormais pour l'héritage : D'un côté, les proches de Casanova. De l'autre, les fils des parrains assassinés rêvent de vengeance. Christophe Guazzelli abandonne net sa carrière naissante de footballeur. Il se lance dans le trafic de drogue pour financer sa vendetta. L'Etat français, lui, ne peut que compter les morts.
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02:04Après 30 ans de règne, les barons de la brise de mer vont finir par s'entretuer.
02:13Plus tard, les fils seront accusés de les avoir vengés.
02:21Mais la brise n'est pas vaincue.
02:23Au contraire, elle a contaminé la Corse.
02:30La brise de mer a injecté le poison de la banalité de la violence.
02:37À partir de 2008, on a une hécatombe en Corse.
02:45Si on fait le ratio du nombre de meurtres par habitant,
02:50ça voudrait dire qu'à certaines périodes, en région parisienne,
02:53on aurait entre 600 et 800 assassinats par an.
02:57Quel gouvernement qui accepterait ça en région parisienne ?
03:00Il n'y en a pas.
03:04Vous les comptez, les gens que j'ai pu enterrer de morts violentes,
03:07je pense que ça dépasse peut-être une centaine de personnes au plus.
03:14À partir du moment 2008-2009, où la brise, elle implose,
03:19tout d'un coup, c'est tout un équilibre économique, politique,
03:22et évidemment, dans le monde des voyous, qui est bouleversé.
03:25Ça tire dans tous les coins.
03:27Il y a des proches d'élus qui se font tuer,
03:30il y a un haut cadre de la collectivité territoriale qui se fait assassiner,
03:34il y a le directeur de la chambre de commerce d'Ajaccio, des commerçants.
03:40Quand je deviens ministre de l'Intérieur,
03:42cette pieuvre, c'est l'emblème de la mafia,
03:45est en train d'étendre son emprise sur la Corse.
03:51Avec l'arrivée au pouvoir des nationalistes et des autonomistes en 2015,
03:55les gens se disent qu'ils ont la connaissance
03:57et ils ont cette espèce de pouvoir de dissuasie.
04:01Est-ce que l'emprise mafieuse sur l'île a reculé ?
04:05Non.
04:06La pression criminelle, elle est plus forte que jamais.
04:12Aujourd'hui, ni l'État français, ni les nationalistes corses
04:17ne parviennent à stopper la dérive mafieuse de l'île.
04:20Et les premières victimes, ce sont les corses eux-mêmes.
04:37Et les premières victimes, ce sont les forces de l'île.
05:15Les premières victimes, ce sont les forces de l'île.
05:3726 degrés c'est pas mal à Calvi, 25 à Bastia Portovesque, 23 à Corté.
05:42Dans l'actualité ce soir, Hillary Clinton revient dans la course à l'investiture démocrate aux Etats-Unis.
05:47Elle l'emporte avec plus de 8 points d'écart.
05:49Les faits se sont passés en fin de matinée à Portovesque, où Richard Casanova a été assassiné alors qu'il
05:54sortait d'une concession automobile.
05:56La victime, âgée de 49 ans, aurait été l'un des fondateurs du gang de la Brise de Mer.
06:09J'arrive en Corse en septembre 2008.
06:14Richard Casanova a été assassiné le 23 avril 2008, un petit peu avant midi, à Portovesque.
06:21Il est tombé, après avoir été atteint de plusieurs balles, tiré par une arme de guerre, sur le parking d
06:30'une concession automobile.
06:36Richard Casanova, il se fait prendre comme un lapin.
06:39On n'a pas grand-chose, on n'a pas grand-chose au départ.
06:43Peu de témoins, évidemment, comme d'habitude.
06:45Il sortait de cette concession où il avait rencontré le patron.
06:51Lorsqu'il tombe, il a une importante somme en liquide à la main.
06:57Des billets de 500 euros, notamment.
06:59Quelques téléphones.
07:01Sur son corps, on trouve des projets immobiliers, Portovesque et Appropriane.
07:08Richard Casanova a également des passes pour rentrer dans le domaine de Murtoli.
07:16Et il peut accéder sans problème à cet endroit et y vivre avec sa femme et ses enfants.
07:28Alors, le domaine de Murtoli, c'est pas beau.
07:34C'est juste magnifique.
07:37C'est un domaine au bord de l'eau.
07:40Le domaine de Murtoli, c'est un des plus jolis domaines de vacances qui m'étaient donné de voir.
07:50Il y a toute la jet-set du monde entier, à la fois politique et du monde du cinéma, qui
07:56s'y retrouvent chaque été.
07:59Donc, un des grands habitués des lieux, c'est Nicolas Sarkozy, qui vient avec son épouse et ses enfants.
08:04Mais il y a aussi Pénélope Cruz.
08:07Leonardo DiCaprio a été pris en photo sur la plage du domaine de Murtoli.
08:11Et ils ont pu croiser Richard Casanova.
08:14Et donc, quand il meurt, il a sur lui cette carte magnétique, ce sésame, pour pouvoir rentrer dans le domaine
08:20de Murtoli sans même sonner.
08:21Ils ne sont pas très nombreux à l'avoir, cette carte.
08:26On a utilisé cette carte pour se rendre dans le domaine du Murtol.
08:29Et on a demandé à la femme de ménage la villa de Richard Casanova.
08:35Donc, nous ont amené dans une villa qui me dit, mais c'est là que vit Murtol quand il vient
08:40dans le domaine.
08:54Après la mort de Casanova, les représailles n'ont pas tardé.
09:05La brise de mer succombe en moins de deux ans.
09:10À partir de 2008, ça va tomber comme un gravelot.
09:13Ils se tuent les uns entre les autres.
09:20On a Francis Mariani qui meurt dans l'explosion d'un hangar avec une quantité d'armes assez démentielle.
09:28On arrive dans un contexte d'apocalypse.
09:34Il y en avait partout, en fait.
09:38Il y a les corps qui sont disloqués.
09:40Et la personne qui s'avèrera être Francis Mariani avait complètement explosé.
09:44Il y avait une voiture qui avait volé en l'air.
09:47Il est 17h30 lorsque les premiers secours arrivent à proximité du hangar d'intérieur duquel au moins deux personnes ont
09:53péri carbonisé.
09:55Pour l'instant, ce qu'on peut supposer, c'est qu'il y a une explosion qui entraîne un incendie
09:59avec au moins deux victimes.
10:03C'est comme s'il y a eu un attentat très fort.
10:07Il y avait quand même plusieurs dizaines de kilos d'explosifs.
10:10Bien sûr qu'on pense tout de suite à des gens qui pourraient être sympathisants du mouvement terroriste de l
10:17'FLNC.
10:17Mais pour l'instant, c'est trop tôt pour en parler.
10:22Ce jour-là, quand le hangar explose, la première pensée, c'est que c'est un attentat commis par le
10:27FLNC.
10:28C'est leur mode opératoire.
10:29Ça paraît évident.
10:31En fait, pas du tout.
10:32Francis Mariani, qui était avec un de ses amis ce jour-là, préparait un attentat contre un de ses ennemis.
10:38Est-ce qu'il y a eu une erreur de manipulation et tout a explosé ?
10:42Première hypothèse.
10:43Autre hypothèse, c'est un attentat téléguidé à distance avec une télécommande.
10:50Il y avait des bombes qui étaient posées, qui ont été actionnées à distance.
11:06Après la mort de Francis Mariani, Francis Gozzelli, il part à la chasse tranquille, tout seul.
11:13Il a pris une salve de balle dans le van.
11:18Le van a plongé dans un ravin.
11:22Il est à une quinzaine de mètres en contrebas.
11:32Je descends, c'était assez abrupt d'ailleurs, on s'équipe de combinaisons blanches et on y va pour voir
11:39un petit peu.
11:40Et moi, je le reconnais tout de suite à ses yeux bleus.
11:44Et je dis, c'est Francis Gozzelli.
11:55Et là, on entend une voiture qui arrive en trombe.
11:58Deux jeunes qui sortent.
12:02Le général essaye d'en bloquer un.
12:06Et il essaie de lui faire un croche-pied pour l'éviter qu'il fonce sur le corps.
12:13Et en fait, on s'aperçoit que c'est les fils de Francis Gozzelli qui ont eu l'information.
12:18C'est pas très loin de chez eux.
12:26Il a fallu vraiment les maîtriser.
12:27Ils étaient dans une crise d'honneur incroyable.
12:35Concernant la mort de Francis Gozzelli, il n'y a pas de témoin, évidemment.
12:41Il n'y a pas d'écoute téléphonique, il n'y a rien.
12:43Mais dans le cadre d'une autre enquête qui est menée au même moment sur d'autres assassinats,
12:47il y a une tablette qui va être saisie.
12:50Et qui va montrer que le matin de l'assassinat de Francis Gozzelli,
12:54il y a une recherche qui est faite sur Google.
12:56« Assassinat Francis Gozzelli » pour voir s'il y a un article.
13:01À ce moment-là, à l'heure où cette recherche est faite,
13:04les autorités ne sont pas au courant.
13:05Le corps n'a pas encore été découvert.
13:11La tablette en question appartient au beau-frère de Casanova,
13:16Jean-Luc Germani.
13:21Il est le nouveau visage du clan.
13:24Déjà condamné pour braquage,
13:27Germani est soupçonnée de vouloir venger l'honneur de la famille.
13:32Aux obsèques de Richard Casanova,
13:35un autre homme attire l'attention des enquêteurs.
13:39Michel Thomy.
13:42Celui que Casanova appelait tonton,
13:44est multimillionnaire.
13:46C'est peut-être lui le plus riche des Corses.
13:53L'homme possède déjà de nombreux casinos en Afrique,
13:55comme ici, à Libreville, au Gabon.
13:58Là-bas, il est surnommé l'empereur des Jeux.
14:01Oh, vous savez, empereur !
14:03Pas du tout.
14:04On est venu pour être bien installé dans le pays
14:07et pas venir simplement pour prendre de l'argent et s'en aller.
14:09Vous voyez ?
14:10Parce que regardez la qualité du produit, ça a 4 ans.
14:20Michel Thomy, il est originaire d'un village dans le sud de la Corse.
14:24Il commence sa carrière comme croupier,
14:26puis très vite, il va monter les échelons.
14:28Il va prendre la direction d'un casino à Bandol.
14:30Et là, il est soupçonné d'avoir dissimulé les recettes du casino
14:33et il est interdit d'exercer.
14:38Il va faire quelques mois de prison, ressortir.
14:42Puis, prendre la direction d'un nouveau casino à Annemasse.
14:47Il est soupçonné cette fois d'avoir obtenu l'autorisation d'exploiter ce casino
14:51en échange du financement d'une campagne électorale,
14:54celle de Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur à plusieurs reprises,
14:58grande figure de la droite parisienne et Corse.
15:01Nous appelons à nous rejoindre, les hommes et les femmes
15:04qui ont au cœur l'amour de la patrie !
15:07Donc il est condamné cette fois pour corruption.
15:11Il va considérer que travailler en France est vraiment trop compliqué,
15:17qu'on lui met trop de bâtons dans les roues,
15:18et donc il va partir en Afrique.
15:20Au Gabon, c'est Michel Thomy qui dirige le PMU.
15:24Bonjour, ça va ? Bonjour.
15:25L'année dernière, les Gabonais ont parié pas moins de 140 millions de francs.
15:31Une véritable manne.
15:33Alors qu'en France, le PMU reverse 80% de ses gains aux parieurs,
15:38ici c'est seulement la moitié.
15:39Comment les Corses ont-ils décroché cette concession très lucrative ?
15:43Les mauvaises langues murmurent qu'ils ont su obtenir les faveurs du président Bongo.
15:49Michel Thomy tutoie les présidents africains.
15:52Il entretient ses amitiés avec des cadeaux et des services.
15:56Il est l'incarnation de la France-Afrique.
15:59Au sein de ce qu'on appelle la France-Afrique,
16:01donc la présence française dans les anciennes colonies,
16:04les Corses, ils ont toujours joué un rôle un peu à part.
16:06C'est-à-dire que la Corse a été une société très pauvre.
16:09Donc une bonne partie des Corses, en fait, partaient dans les colonies.
16:12Et donc ces gens-là, ils ont aussi noué des liens à l'école, par exemple,
16:17avec ceux qui allaient devenir les futurs dirigeants de pays africains indépendants.
16:21Donc quand Michel Thomy arrive sur le continent africain,
16:24il peut s'appuyer sur ce réseau qui est implanté là depuis longtemps
16:27et qui est extrêmement dense.
16:30En Afrique, Michel Thomy, il fait un peu ce qu'il veut quand il veut, en fait.
16:35Il est capable de se déplacer où il veut, quand il veut,
16:38en bateau, en avion, avec des jets privés
16:41ou des jets qui appartiennent notamment à certains États.
16:47Pour comprendre le succès de Michel Thomy,
16:50il faut connaître l'étendue de son réseau, pas seulement africain.
16:58Au sein de son réseau pascois, il y a un autre Corse,
17:02à la réputation très sulfureuse.
17:13Un homme de l'ombre avec qui Michel Thomy échangeait directement.
17:18Le patron du renseignement intérieur français, Bernard Squarsini.
17:24Michel Thomy avait des relations particulières avec les ministres de l'Intérieur,
17:31les chefs d'État, il en a fait profiter les services.
17:38Pour la DGSE et la DCRI à l'époque,
17:42c'est très important au niveau du gain de temps
17:44lorsque la menace islamiste radicale se développe,
17:50y compris sur le continent africain.
17:52Il y a eu des attentats.
17:54Il a apporté une bonne connaissance des milieux de certains chefs d'État
18:01dont il a fait profiter le drapeau français.
18:05Bernard Squarsini connaît bien Michel Thomy et ses amis corse.
18:14À tel point qu'on lui prête même des rencontres
18:16avec Richard Casanova en personne.
18:19Comme lors du très bref séjour en prison du voyou à la fin de sa cavale,
18:23peu avant d'être libéré sous caution.
18:28Concernant la protection potentielle de Richard Casanova,
18:33la sainte information que j'ai eue,
18:36que l'une des premières personnes,
18:38ou la première personne,
18:40à l'avoir visitée lors de son arrivée
18:44à la maison d'arrêt de la santé à Paris après son arrestation,
18:47aurait été le responsable de la direction générale de la sécurité intérieure,
18:51M. Squarsini.
18:54Et je lui aurais apporté quoi ?
18:58Des chocolats, des châtaignes ?
19:02Et qu'est-ce qu'il m'aurait donné en échange ?
19:06C'est là le truc.
19:15La collaboration d'un truant avec les policiers
19:18est toujours un sujet tabou.
19:22Concernant Richard Casanova,
19:24c'est encore plus vrai.
19:2616 ans après son assassinat,
19:28son ombre plane,
19:29menaçante.
19:34Même mort,
19:35Richard Casanova fait peur.
19:38Révéler que le plus mystérieux membre de la brise de mer
19:41collaborait avec les policiers
19:42n'est pas sans risque.
19:47Même pour l'un d'entre eux.
19:51Je préfère rester dans l'anonymat.
19:53Il y a toujours, on va dire, mes voyous.
19:55Il y a toujours des proches de la brise de mer
19:58et ils n'ont pas envie de montrer mon visage, on va dire.
20:03C'est toi.
20:05Ah non, non, non, on connaît l'or.
20:07Prendre juste l'oeil, mais pas l'enseignation,
20:09le sourcil et le début du lignes.
20:19Voilà, j'ai travaillé au ministère de l'Intérieur
20:23il y a bon 30 ans.
20:25Je me déplaçais beaucoup.
20:27J'allais souvent à Marseille,
20:29en Corse.
20:32Je connaissais pas mal le dossier
20:34en mythisme,
20:36Corse.
20:37On a commencé à
20:40s'intéresser à Richard Casanova.
20:43Dans les années, on va dire
20:4792.
20:48On avait quelques éléments.
20:50On disait, voilà, il va souvent en Afrique,
20:52il va dans le sud de la France.
20:55Mais on ne le trouvait pas.
21:03Et puis en 1999,
21:06on a un collègue qui a le contact
21:07avec une personne du banditisme.
21:11J'ai dit au collègue,
21:13on a dit que
21:14ça serait intéressant de voir ce contact.
21:17vous verrez qui c'est quand
21:19tu es dans le restaurant.
21:23Dans le restaurant,
21:25est arrivé
21:27Richard Casanova.
21:30Un beau gosse,
21:32charmant et charmeur.
21:35Et Casanova nous explique
21:37son travail, on va dire.
21:39Et il nous dit que,
21:41en gros,
21:43il travaille pour l'État.
21:46on peut travailler
21:47pour la DGSE
21:48ou d'autres services
21:50et
21:51nous dit
21:52qu'il faut un peu
21:53le laisser tranquille.
22:00Le collègue,
22:01en gros,
22:02il nous l'a fait
22:03rencontrer
22:04pour
22:04faire comprendre
22:06qu'il ne fallait pas
22:06travailler sur lui
22:08car il avait des contacts
22:10dans la police
22:11et ailleurs.
22:15Le criminel
22:16corse
22:17était donc
22:18particulièrement
22:18bien renseigné.
22:21Les policiers
22:22qui l'ont traqué
22:23pendant des années
22:23auraient pu
22:24le chercher
22:25encore longtemps.
22:28Richard Casanova,
22:30un fantôme
22:31redoutablement
22:32connecté.
22:37entre lui
22:37et son compère
22:38Michel Thomy,
22:39l'empereur des jeux
22:40et l'ami
22:41des présidents
22:41africains,
22:42le plus influent
22:44n'était peut-être
22:45pas celui
22:45qu'on croit.
22:49Au début des années 80,
22:51Michel Thomy,
22:51après un scandale
22:52au casino
22:53de Bandol,
22:54se retrouve
22:54pestiféré,
22:56sans le sou,
22:56etc.
22:58A priori,
22:59c'est là
22:59que Richard Casanova
23:00a noué
23:01un lien
23:02avec ce
23:02Michel Thomy.
23:05Vraisemblablement
23:05en l'aidant financièrement.
23:06Il l'a remis
23:07en selle
23:08et il était en dette
23:09vis-à-vis de Richard Casanova
23:10et tout au long
23:12de sa carrière,
23:12notamment africaine,
23:14avec succès,
23:15avec beaucoup
23:16d'argent,
23:16etc.
23:18Quel que soit
23:18le niveau de richesse
23:19de Michel Thomy,
23:21de son influence,
23:23son poids,
23:23de son amitié
23:24avec un grand nombre
23:25de chefs d'État africains,
23:26n'enlevaient rien
23:27à la dette contractée
23:28au début des années 80
23:28avec Richard Casanova
23:30et donc la brise.
23:32Moi,
23:32je pense qu'il y a
23:33un certain nombre
23:34d'éléments aujourd'hui
23:34qui permettent de croire,
23:35de penser
23:35qu'il n'était pas
23:37totalement libre
23:37et il n'est toujours
23:38pas totalement libre
23:39de ces décisions
23:41qui concernent aujourd'hui
23:41les héritiers
23:42de Richard Casanova.
23:44À la mort du voyou,
23:45Michel Thomy
23:46prend sous son aile
23:47sa veuve
23:47et ses deux enfants.
23:49Il paye intégralement
23:50le loyer
23:51de leur grand appartement
23:52parisien
23:52et fait profiter
23:54le clan Casanova
23:55de sa fortune.
23:57Cette fortune
23:57qui va faire couler
23:58le poison de la haine
23:59au sein de la brise de mer.
24:02L'argent
24:02qui a été prêté
24:03par Richard Casanova
24:04au début des années 80
24:05à Michel Thomy
24:06qui lui a permis
24:07de devenir
24:07un homme richissime
24:09sur le continent africain,
24:10cet argent-là,
24:13si on s'en tient
24:13aux règles internes
24:15de la brise de mer,
24:16ça n'était pas
24:16l'argent de Richard Casanova.
24:19ça appartenait finalement
24:20au patrimoine
24:21de la brise de mer
24:22de ses membres fondateurs.
24:26Donc,
24:27les profits générés
24:28par cette mise initiale,
24:30par définition,
24:31devaient revenir
24:31dans le pot commun
24:32de la brise de mer.
24:33Et le procès
24:33qui a été fait
24:34par Francis Mariani
24:34et Richard Casanova,
24:35c'était justement
24:36de ne pas reverser
24:37le fruit de cette mise initiale
24:39de façon équitable
24:40à l'ensemble
24:41des membres de la brise.
24:42Richard Casanova,
24:44lorsqu'il est abattu,
24:46très difficile à résoudre,
24:49nous avons très peu
24:50d'éléments
24:52à partir
24:53de la scène de crime.
24:54L'interpellation
24:56de Claude Chossa
24:56se révélera déterminante
24:59pour l'enquête
25:00sur le meurtre
25:01de Richard Casanova.
25:14Ce jour-là,
25:15en garde à vue,
25:17Claude Chossa
25:17devient pour les policiers
25:18français
25:19le premier voyou corse
25:20à signer ses aveux
25:22et ses accusations.
25:24Chossa était une petite main
25:26de la brise de mer.
25:27Mais il était surtout
25:28l'homme à tout faire
25:29de Francis Mariani.
25:32Un an après la mort
25:33de son patron,
25:35Chossa a été confondu
25:36par son ADN.
25:38Il va donc passer
25:39un marché
25:39avec l'enquêteur présent
25:40le plus gradé
25:41le commissaire Boudet.
25:48Dès qu'on se retrouve
25:49en tête à tête,
25:50il me regarde
25:51très sérieusement
25:51et me dit
25:52écoute,
25:52voilà ce qui se passe.
25:58Si je passe
25:59les fêtes de Noël
26:00à Ajaccio
26:01et si je peux rester
26:03à Ajaccio
26:03pour recevoir
26:04la visite
26:05de mes enfants,
26:07je te dirai
26:07tout ce que je sais
26:08sur Richard Casanova.
26:15Donc là,
26:15j'ai été
26:16relativement intéressé
26:19et je lui ai dit
26:20écoute,
26:21si c'est pour me le dire,
26:22ça ne m'intéresse pas.
26:23Est-ce que tu es prêt
26:24à écrire
26:24tout ce que tu sais
26:25sur Richard Casanova ?
26:29Il me dit
26:30j'écrirai
26:30tout ce que je sais
26:31sur Richard Casanova.
26:39selon Claude Chausa,
26:41le jour des faits,
26:43il va nous déclarer
26:45que c'est Francis Mariani
26:46le tireur
26:49et il va nous expliquer
26:50ce qui s'est passé.
26:52Francis Mariani
26:53aurait vu
26:53quelqu'un,
26:56un enculé.
27:00Francis Mariani
27:01arrive tout excité,
27:02tout affolé
27:02en disant
27:03purée c'est fantastique,
27:04c'est lui,
27:05c'est lui,
27:05c'est lui,
27:06va chercher les armes.
27:07Il s'est rendu compte
27:08qu'il ne pouvait pas tirer
27:09parce qu'il n'était pas
27:10assez grand
27:10et c'est Claude Chausa
27:12qui est allé chercher
27:13une brique
27:14qui aurait permis
27:15de faire une marche
27:15et là,
27:16Francis Mariani
27:17a eu la possibilité
27:18de tirer,
27:19de tuer
27:19Richard Casanova.
27:21Après les coups de feu,
27:22il a vu arriver
27:23Francis Mariani
27:24tout excité
27:24en disant
27:25je l'ai eu,
27:25je l'ai eu
27:26et ils sont partis
27:27à ce moment-là.
27:39Et donc,
27:40à partir de ce moment-là,
27:41Chausa,
27:42ce qu'il sait quand même
27:42au fond de lui-même
27:43qu'il n'est que le Larbin,
27:44je veux dire,
27:45il n'a pas de relation
27:45d'amitié.
27:47Mariani,
27:47sur un malentendu,
27:48peut très bien
27:49lui mettre une balle
27:49dans la tête.
27:51Surtout qu'en plus,
27:51il était témoin
27:52des assassinats,
27:54donc il peut un jour
27:55dire,
27:56j'ai vu Mariani,
27:57je l'ai vu tuer un tel.
28:00Il a peur
28:00tous les jours
28:01de mourir.
28:02Alors ensuite,
28:03savoir si Chausa
28:04nous a tout dit,
28:06là,
28:06je suis convaincu
28:07que non.
28:08La seule chose
28:09que je peux dire,
28:09c'est que tout ce qui
28:11était vérifiable
28:12a été vérifié,
28:13a été concrétisé,
28:14a été confirmé.
28:25Malgré toutes ces révélations,
28:27la justice a refusé
28:28à Claude Chausa
28:29le statut de repenti.
28:32Car en France,
28:33pour en bénéficier,
28:35il ne faut pas être accusé
28:36de crime de sang.
28:38Aujourd'hui,
28:39Claude Chausa vit donc
28:40caché,
28:41sans aucune protection.
28:45Mais à l'époque,
28:46il espère que la justice
28:48le protégera.
28:49Il joue son batout.
28:53Les policiers multiplient
28:54les interrogatoires.
28:56Ce témoin vaut de l'or.
29:01Il prolonge
29:02les gardes à vue
29:02au maximum.
29:09Pendant quatre jours,
29:11Claude Chausa
29:12leur raconte
29:12la brise de mer
29:13de l'intérieur.
29:16Par exemple,
29:17il nous a confirmé
29:18que quand un membre
29:19du groupe
29:19voulait faire une action,
29:22il fallait
29:23l'approbation
29:24du groupe.
29:25Donc,
29:25Francis Mariani
29:26avait fait
29:27état
29:28aux autres membres
29:29de sa volonté
29:30de tuer Richard Casanova.
29:31Et les membres
29:32ne s'y étaient pas opposés.
29:33Donc,
29:34à partir de ce moment-là,
29:35ils étaient responsables
29:36et ils devaient
29:37être éliminés.
29:41Pour les proches
29:42de Richard Casanova,
29:43c'est toute la brise
29:44de mer
29:44qui est coupable.
29:46Donc,
29:46toute la brise de mer
29:47qu'il faut éliminer.
29:51La génération
29:52des pères
29:53s'entretue
29:53et enclenche
29:54la mécanique
29:55de la vengeance.
29:57car en Corse,
29:58la vendetta
29:59n'est pas un vain mot,
30:00surtout pour les fils
30:01de Royaux.
30:08Quand le fils
30:09de Francis Guadzeli
30:10apprend la mort
30:11de son père,
30:12je ne peux pas
30:12ne pas m'en souvenir.
30:1515 novembre.
30:17A l'époque,
30:18Gilles Favard
30:19s'occupe
30:19de la carrière sportive
30:20du jeune Guadzeli.
30:23Christophe Guadzeli
30:23avait un rêve,
30:24c'est de devenir
30:25footballeur professionnel.
30:27Il touche déjà
30:27un bon salaire.
30:28Il touche
30:28au-delà de 3 500,
30:30je crois qu'il était
30:31à 3 700,
30:323 800 par mois,
30:33brut.
30:34Il a un joli contrat.
30:40Après la mort
30:41de son père,
30:41je lui ai dit
30:44repars,
30:44reviens quand tu veux.
30:47On avait mis en sommeil
30:48son truc,
30:49on était tous
30:49d'accord là-dessus.
30:51La vérité,
30:52c'est qu'il n'est jamais
30:52revenu.
30:54Et ce n'était plus
30:55le même.
30:57Elle a changé
30:58complètement.
30:59Ce n'était plus le même.
31:02Son visage avait
31:03changé,
31:04ses yeux avaient changé.
31:07Et là,
31:07j'ai su que
31:08c'était mort.
31:13Que sa vie
31:14avait basculé.
31:24j'ai compris
31:25qu'il avait
31:25qu'une idée
31:26en tête.
31:40Sa mère,
31:41c'est une femme
31:41qui a toujours vécu
31:43dans ce milieu.
31:44elle savait très bien
31:44qui était son mari
31:46et elle a compris
31:47tout de suite
31:48que son fils
31:51allait vouloir
31:52venger le père.
32:02les coutumes corse
32:04ont toujours intrigué
32:05et fasciné
32:06les français du continent.
32:11La vendetta
32:12plus que toutes les autres.
32:18Bonsoir.
32:19La Corse
32:20est une île
32:21de la Méditerranée
32:23rattachée malgré elle
32:24à la France
32:24en 1768.
32:26Je crois
32:27qu'il serait bon
32:28d'expliquer
32:28aux téléspectateurs
32:29qui ne savent pas
32:30forcément ce qu'est
32:31vraiment la vendetta
32:32en quoi elle consiste.
32:33lorsque un homme
32:34a senti sur lui
32:36un certain mépris
32:37qu'il est obligé
32:38par conséquent
32:39de se venger
32:40de ce mépris
32:40qu'il a senti sur lui
32:41ou bien d'autre part
32:43lorsque à l'égard
32:43d'une femme
32:44par exemple
32:45il y a eu
32:45quelques vestes déplacées
32:47et que par conséquent
32:49cet honneur de la femme
32:50peut être considéré
32:50comme étant outravé
32:51il est nécessaire
32:52que cet honneur
32:53soit vengé.
32:55Madame,
32:56Messieurs...
33:10Il y a une gravure
33:12du 18e siècle
33:13qui illustre
33:14un petit peu
33:14l'ancrage
33:15de la culture
33:15de la vendetta
33:16en Corse.
33:17Sur cette gravure
33:18on voit une femme
33:19qui tend un linge
33:21c'est la chemise
33:21ensanglantée du père
33:22à ses trois fils
33:23qui lui font le serment
33:25qu'ils le vengeront
33:26avec des armes
33:27qui sont entreposées
33:28au-dessus.
33:31La Corse
33:31est une île méditerranéenne
33:33où les liens familiaux
33:34sont très forts
33:34et où on ne peut pas
33:36compromettre quelqu'un
33:37compromettre son honneur.
33:38Une femme par exemple
33:39si son honneur est compromis
33:41elle va être vengée
33:42par son père
33:42par son frère.
33:44Et pourquoi la vendetta
33:45en Corse
33:46cette tradition
33:47ne s'est pas arrêtée ?
33:48Parce que l'histoire
33:49de l'île
33:50est très chaotique
33:51elle a été envahie
33:51plusieurs fois
33:52par des puissances
33:54étrangères
33:54que ce soit l'Italie
33:55où la France
33:56qui est venue
33:57ces puissances
33:58sont venues à chaque fois
33:59avec leur propre corpus
34:00de lois
34:01avec leurs propres idées
34:02sans vraiment s'adapter
34:03aux populations
34:05locales
34:05qui étaient là.
34:06Donc ils n'ont jamais
34:07reconnu en fait
34:09cette justice
34:10comme étant la leur.
34:11La vendetta est née
34:12en partie du refus
34:14d'une justice
34:14ou d'une absence
34:15de justice
34:16mais est-ce qu'elle n'est pas
34:17aussi conforme
34:18au caractère
34:19qu'en Corse
34:20M. Fleury ?
34:21Chez moi
34:22à Carabouche
34:23une brebis
34:24est sautée
34:26dans un jardin.
34:27La propriétaire
34:28du jardin
34:29lance un caillou
34:30et brise une patte
34:31à la brebis.
34:34La brebis
34:35appartenait
34:36à une veuve
34:36un de ses cousins
34:38tu vois le celui
34:39qui avait fait l'offense.
34:41Finalement
34:42pour le question
34:43de l'histoire
34:43il y a eu 36 morts.
34:45Il y a eu 36 morts.
34:47Ça c'est arrivé chez nous.
34:57Sur cette terre de Corse
34:58tout
35:01vous incite
35:02à entrer
35:03dans un esprit
35:04de vengeance.
35:05Un esprit de vengeance
35:06qui empoisonne la Corse.
35:09Pierre-Jean Franceschi
35:11connaît bien
35:11la famille Gouadzelli.
35:13C'est lui
35:14qui a officié
35:15au finérail du père.
35:16Lui qui a tenté
35:17d'apaiser
35:18la colère du fils.
35:21C'est ce que je dis
35:22aux enfants.
35:23Je dis
35:23ton père ne voudrait pas ça.
35:25Et si tu t'engages
35:26là-dedans
35:27demain
35:27tu peux être une victime
35:28parce que celui
35:29à qui tu vas tuer
35:29encore son père
35:31il va peut-être
35:32réagir
35:33comme toi
35:33tu réagis aujourd'hui.
35:36combien de fois
35:36j'ai pu avoir dit
35:37à l'un ou à l'autre
35:38il faut peut-être partir
35:41parce qu'ici
35:42il y a eu une chance sur deux
35:43de mener à la mort.
35:46Les réponses
35:47qui m'ont été faites
35:48c'était
35:49je ne peux pas partir.
35:52Alors je peux comprendre
35:53c'est aussi un choix
35:55qu'on peut faire
35:55sans être suicidaire
35:57pour autant.
36:00Vivre
36:01c'est vivre ici.
36:04Ailleurs
36:05c'est pas vivre.
36:09C'est ce qui fait
36:10peut-être
36:10notre particularité
36:12aux Corses.
36:13C'est l'attachement
36:14viscéral
36:14que nous avons
36:15pour cette terre
36:16qui est la nôtre.
36:19Rester au pays
36:21et se préparer
36:21à tuer
36:22ou à être tué.
36:24Christophe Guadzelli
36:26n'écoutera pas
36:27les conseils
36:27de l'homme d'église.
36:30Selon les enquêteurs
36:31il va patienter
36:32dans l'ombre
36:33et mûrir
36:34sa vengeance.
36:48Il faut de l'argent
36:49pour financer
36:50une vendetta.
36:51Beaucoup d'argent.
36:54L'ancien footballeur
36:55aurait donc décidé
36:57de devenir
36:57trafiquant de drogue.
37:01Ce qui est assez étonnant
37:02quand on travaille
37:03sur les histoires
37:04corse
37:04c'est que les histoires
37:04de vendetta
37:06montrent que les gens
37:07sont prêts
37:08à attendre des années,
37:11à monter
37:11des systèmes
37:13très complexes
37:14pour financer
37:15cette vengeance.
37:16Le plan
37:17il ne se prépare pas
37:17comme ça en deux jours
37:18surtout que si
37:19les cibles qu'on a
37:20sont des membres
37:21du grand banditisme
37:22qui sont méfiants,
37:24qui se protègent,
37:25qui roulent en voiture
37:25blindée,
37:26qui ne sortent pas
37:27au restaurant
37:29comme ça
37:30sans être protégés
37:31donc ça nécessite
37:33de financer
37:33une espèce
37:34de petite armée
37:35qui va vivre
37:36dans la clandestinité.
37:38On s'aperçoit
37:38que Christophe Godzeli
37:39s'est tout d'un coup
37:41lancé dans le trafic
37:42de stupes
37:43à niveau international
37:44et a négocié directement
37:45l'approvisionnement
37:47de drogue, etc.
37:48Il avait mis en place
37:48aussi son propre
37:49réseau de vendeurs
37:50en Corse.
37:56Lui, il dit
37:56« Moi, je ne suis pas
37:57un trafiquant de stupes.
37:58Ce n'est qu'un moyen
37:59pour accomplir
38:00ce devoir
38:01que je considère
38:02être sacré,
38:02venger mon père. »
38:04Il est tellement
38:04attentif à cela
38:05qu'il s'en prend
38:06à ses plus proches,
38:08complices,
38:09qui à un moment donné
38:10l'un d'entre eux
38:10va aller raqueter
38:13et il va lui demander
38:14de rendre l'argent.
38:15Il dit
38:15« Moi, je vais te donner
38:17l'argent dont tu as besoin.
38:18Je veux que tu te consacres
38:19à notre tâche
38:20qui est la vengeance. »
38:28Le père de Christophe
38:29était devenu voyou
38:31en braquant.
38:32Aujourd'hui,
38:33les banques
38:34n'ont plus de liquidités
38:35ou presque.
38:36La génération des fils
38:37s'enrichit grâce à la drogue.
38:40L'argent sale du trafic
38:41est beaucoup plus facile
38:42à blanchir.
38:47La brise de mer
38:48se vantait
38:49de ne pas toucher
38:50à la drogue.
38:52Aujourd'hui,
38:53l'usage
38:54et le trafic
38:57ont pris une place
38:59vraiment inquiétante
39:00en Corse.
39:00C'est-à-dire que
39:01même dans des villages
39:01reculés,
39:02vous avez des familles
39:03entières
39:04qui vivent
39:05de ce trafic-là.
39:07Les braquages
39:08de banques
39:08ont quasiment disparu
39:10de la criminalité
39:12en France
39:13et pas qu'en France.
39:14Et chaque bande,
39:15maintenant que ce soit
39:16en Haute-Corse,
39:17en Pleine-Orientale,
39:18en Balagne
39:19ou en Corse du Sud,
39:20les stups,
39:21que ce soit
39:21cannabis ou cocaïne,
39:24aujourd'hui,
39:24ont pris une place
39:25vraiment importante
39:26qui contribue
39:28à déstructurer
39:29l'organisation sociale
39:30insulaire.
39:34Le trafic de drogue
39:36s'ajoute
39:37à tous les autres mots
39:38que connaît la Corse.
39:40Gangrénée
39:41par la violence,
39:42l'île concentre
39:43à elle seule
39:4320% des règlements
39:45de comptes
39:45commis sur tout
39:46le territoire français.
39:49Les années
39:50se suivent
39:51et se ressemblent.
39:53En 2012,
39:54par exemple,
39:5520 homicides.
40:02Mais cette fois,
40:03ce n'est pas seulement
40:04le nombre de morts
40:05qui provoque
40:06l'indignation,
40:07c'est le profil
40:08des victimes.
40:11Antoine Solacaro,
40:12le plus célèbre
40:13des pénalistes corse,
40:14a été abattu ce matin.
40:16Jamais en France
40:16depuis plus de 20 ans,
40:18un avocat
40:18n'avait été assassiné.
40:20Au même moment
40:21où presque,
40:21un autre homme
40:22a été tué par balle
40:23dans le nord de l'île.
40:28Depuis des dizaines
40:29d'années,
40:29oui,
40:30la violence
40:30est profondément
40:31enracinée.
40:32C'est la région
40:33d'Europe
40:33où il y a
40:34le plus
40:34d'assassinats
40:35et de meurtres.
40:36Et vous voulez
40:36que le ministre
40:37de l'Intérieur
40:37n'y ait cette réalité
40:39qui est aussi
40:40enracinée
40:41dans la culture corse.
40:43Et c'est la raison
40:43pour laquelle
40:43je demande aux corses
40:45également de nous aider.
40:46Mais c'est une réalité.
40:46Vous le répétez ce matin.
40:47Dans la culture corse,
40:48il y a de la violence.
40:49Le silence,
40:51le règlement
40:51d'un certain nombre
40:52d'affaires
40:52par le meurtre,
40:54par l'assassinat,
40:56le fait que des mafias
40:58prospèrent sur l'île.
40:59J'ai été le premier ministre
41:00de l'Intérieur
41:00à utiliser
41:01le mot mafia
41:02pour définir
41:03ce qu'est aujourd'hui
41:04la réalité
41:04de la violence
41:05et du crime organisé.
41:07dans la culture corse,
41:08tous les corses
41:08se sentent impliqués.
41:10Non,
41:10parce qu'ils sont
41:11les premières victimes.
41:12un ministre de l'Intérieur
41:14qui utilise
41:15le mot mafia
41:16sait faire
41:17ce que l'État français
41:18déteste faire.
41:20Reconnaître
41:21qu'en Corse,
41:22son autorité
41:23est bafouée.
41:26L'assassinat
41:27d'un avocat célèbre
41:28marque
41:29sans aucun doute
41:30un tournant.
41:32Les organisations
41:32criminelles
41:35franchissent
41:35une étape supplémentaire,
41:38agissent
41:39d'une certaine manière
41:39comme si
41:40elle se sentait
41:42libre de le faire.
41:44Et je pense
41:44qu'à ce moment-là,
41:45il faut qualifier
41:46ce qui est en train
41:47de se passer.
41:48Donc j'utilise
41:48le mot mafia,
41:49oui,
41:49pour frapper les esprits
41:50en Corse,
41:52mais également
41:53pour mobiliser
41:54les services
41:55qui sont sous
41:56mon autorité.
41:58Mais le problème
41:59corse
42:00est un dossier brûlant.
42:02Et le directeur
42:03des services
42:03de renseignement
42:04de l'époque
42:05va donner
42:06à son ministre
42:06de tutelle
42:07un étrange conseil.
42:09Quand je deviens
42:10ministre de l'Intérieur,
42:11j'étais très marqué
42:12par ce que m'a dit
42:13un très haut fonctionnaire
42:14de la police,
42:16Bernard Squarsini,
42:19et qui m'a dit
42:20« Il ne faut pas
42:23vous occuper
42:23du problème corse.
42:25Il ne faut pas
42:28mettre le doigt
42:29là-dedans.
42:30Au nom de quoi
42:31la Corse
42:32n'est pas
42:32un territoire
42:33qui échapperait
42:34aux règles
42:35et aux lois
42:36de la République. »
42:38Le ministre
42:40de l'Intérieur
42:40ne suivra pas
42:41ce conseil.
42:42Il va s'attaquer
42:44aux parrains
42:44des parrains,
42:45le tonton
42:46de Richard Casanova,
42:48le Corse
42:49Michel Thomy.
42:51« Le nom de code
42:52qui est donné
42:52à cette enquête
42:53c'est Soprano.
42:55Le lien est évident
42:56avec une série
42:58sur la mafia américaine.
43:05Et donc,
43:06comme il y a
43:06des filatures,
43:08comme il y a
43:08des photos
43:10qui ont été faites,
43:11comme il y a
43:11un travail de police
43:12qui a été amené,
43:13je vois qu'il y a
43:13des liens aussi
43:15entre ce personnage,
43:18Tommy,
43:19et des chefs
43:19d'État africains.
43:22Par exemple,
43:23je vois des photos
43:24avec le président
43:24du Mali,
43:25Ibrahim Bouboukhar Keïta.
43:26Il y a des liens
43:27pour organiser
43:29des déplacements
43:30en avion,
43:31d'achat de costumes.
43:35Je suis quand même
43:36très étonné
43:36de l'Empire,
43:39de l'étendue
43:40de l'action
43:41de ce personnage
43:43haut en couleur
43:44qu'est Michel Thomy.
43:47Donc je vois bien
43:48toutes les conséquences
43:49politiques,
43:51diplomatiques
43:52que cela peut engendrer.
43:54Mais j'ai aussi
43:56une photo
43:57sortant d'un restaurant
43:58parisien,
44:00Corse,
44:03entre celui
44:04qui a été
44:05directeur central
44:06du renseignement intérieur,
44:08Bernard Squarsini
44:09et Michel Thomy.
44:13Et tout le monde
44:14dans les services,
44:15tout le monde
44:15au ministère de l'Intérieur,
44:17à mon avis,
44:18n'ignorait rien
44:19des activités
44:20de Michel Thomy.
44:22donc des liens
44:24entre
44:26des réseaux
44:27mafieux
44:27et des représentants
44:28de l'État,
44:29la corruption
44:30est toujours
44:31possible.
44:34Michel Thomy
44:35que je connais
44:36très bien
44:36est quelqu'un
44:38qui a fait
44:39fortune
44:40dans les jeux
44:41en Afrique,
44:42dans le relationnel.
44:43J'ai été amené
44:44à le rencontrer
44:45épisodiquement
44:45à travers
44:46des amis
44:47et puis
44:49c'est
44:52rien de plus,
44:53j'ai aucune affaire
44:53avec lui,
44:54rien de spécial,
44:56des relations amicales
44:59sans plus.
45:01Enfin,
45:02il faut savoir
45:03de quel côté
45:04on est.
45:04Quand on est un policier,
45:05quand on pratique
45:06l'enseignement,
45:06quand on a la responsabilité
45:08d'un service
45:09entier de l'État,
45:11même si on connaît
45:12les personnes,
45:13il faut faire
45:14attention.
45:15Mais je comprends mieux
45:16alors les mots
45:16de Bernard Squarsini
45:17en disant
45:19il ne faut pas forcément
45:20s'intéresser trop
45:21aux affaires corse.
45:24L'enquête
45:25contre Michel Thomy
45:26accouchera d'une souris.
45:28Il est cop d'un an
45:29de prison avec sursis,
45:30pour une affaire
45:30de dessous de table
45:31au Gabon.
45:34Le multimillionnaire
45:35corse reste libre
45:36et peut continuer
45:37à veiller sur son clan.
45:40Mais dans le camp
45:41d'en face,
45:42Christophe Guadzelli
45:43est aussi dans
45:44le collimateur
45:44des policiers.
45:46Ils ont repéré
45:47son trafic de drogue.
45:50C'est à cette époque
45:52que le jeune voyou
45:52se rapproche
45:53d'un ami d'enfance,
45:55Jacques Mariani,
45:56le fils
45:57de Francis Mariani.
46:00Ensemble,
46:01ils sont soupçonnés
46:02de s'allier
46:02pour venger leur père.
46:04Quand je rencontre
46:05quasiment en même temps
46:06Jacques Mariani
46:07et Christophe Guadzelli,
46:08il y a plusieurs éléments
46:09que je comprends.
46:14Il y a six personnes
46:15dans le groupe
46:16H.E. Corse
46:17adversaires
46:18qui font aussi
46:19considérées
46:20comme responsables
46:21de la mort
46:22de leur père,
46:24c'est Jean de Gervani
46:25et tous ses lieutenants.
46:28Dix mois
46:28avant la vendetta,
46:30cet homme
46:30a fait la rencontre
46:31de Jacques
46:32dans un hôtel
46:33de la boule.
46:44Pendant près d'un an,
46:46cet homme
46:47et Jacques Mariani
46:48vont se voir
46:49presque chaque jour.
46:51Jacques travaille
46:52dans cet hôtel.
46:53Il est en liberté conditionnelle.
46:56Les deux vont se lier
46:58d'amitié
46:58et l'homme raconte
46:59avoir assisté
47:00au préparatif
47:01de la vendetta.
47:04Christophe dit à Jacques
47:05« Tu coupes le bracelet,
47:07on se met en clandestinité.
47:10Il est clair
47:11que ce qui habitait
47:12réellement Christophe,
47:13c'était la vendetta
47:15pour venger
47:15l'honneur de son père. »
47:20Mais,
47:21très clairement,
47:22au début,
47:23Jacques n'est pas prêt
47:24à faire ça.
47:25Quand il sort de prison,
47:26il a aussi envie
47:27de projeter de sa famille,
47:29de voir son fils,
47:30de jouer un peu
47:31au-delà-lis.
47:33Mais,
47:34dans ce milieu-là,
47:35l'honneur,
47:36c'est quelque chose
47:37qui est plus important
47:38que tout le reste.
47:44Ça commence
47:45par sourcer
47:46le matériel
47:46de surveillance,
47:49sourcer
47:50le matériel
47:51de protection,
47:52trouver des armes.
47:54Ça,
47:54c'est des choses
47:55qui se sont discutées
47:56devant moi.
47:58Et puis,
47:58sur les six personnes
48:00qu'il faut dessouder
48:01un certain nombre
48:02d'entre eux
48:02sont toujours incarcérées.
48:04Donc,
48:04il y a la difficulté
48:05d'obtenir des complices
48:06en prison
48:07pour pouvoir
48:08leur aider leur compte.
48:17« Cathy Chatelain,
48:18ma cliente,
48:19au moment des faits,
48:20elle est surveillante
48:21pénitentiaire au sein
48:22de la maison d'arrêt
48:23de Borgo depuis quatre ans.
48:25Elle est aujourd'hui
48:26mise en examen
48:28dans un procès criminel
48:29pour meurtre
48:29avec préméditation
48:31en bonne organisée.
48:41Elle a vécu
48:43une partie de sa vie
48:44dans le Pas-de-Calais
48:45et elle arrive en 2014
48:46au sein de la maison
48:47d'arrêt de Borgo,
48:48d'une maison d'arrêt
48:49un peu particulière
48:50dans laquelle,
48:51semble-t-il,
48:51les détenus font un peu
48:52la loi.
48:53À savoir que certains détenus
48:56protégeraient
48:56les surveillants pénitentiaires
48:57alors que, par essence,
48:59c'est plutôt l'inverse
49:00qui a vocation
49:01à se dérouler.
49:07Et Mme Châtelain,
49:09à un moment,
49:11rencontre des difficultés
49:12avec d'autres détenus
49:13et un détenu en particulier
49:16va prendre sa défense.
49:19Derrière ce détenu,
49:21en réalité,
49:22il y a la brise de mer,
49:23en tout cas.
49:24Il y a Christophe Gwazeli.
49:27Durant ces trois années
49:29qui précèdent les faits,
49:31Cathy Châtelain va nouer
49:32avec ce détenu
49:33des liens un peu particuliers
49:35à tel point
49:36qu'on va lui demander
49:38des services.
49:39Ce qu'on va lui demander
49:40dans un premier temps,
49:41ce sont des informations
49:42sur les dates
49:43et heures de sortie
49:47de Jean-Luc Codiacioni.
49:52Jean-Luc Codiacioni,
49:54détenu à Borgo,
49:56fait partie de la liste
49:57des six hommes à abattre.
49:59Ces six hommes
50:00que Christophe tiendrait
50:02pour les assassins
50:02de son père.
50:07La surveillante de prison
50:08apprend que Codiacioni
50:10vient d'obtenir
50:11une permission de sortie.
50:14Elle leur expliquera
50:16qu'il a prévu
50:17de revenir
50:17le 5 décembre 2017
50:19de Paris
50:21par avion
50:23à l'aéroport
50:24de Bastiam.
50:25Selon les enquêteurs,
50:27Christophe Gwazeli
50:28ne connaît pas bien
50:29le visage de sa cible.
50:31Il aurait donc demandé
50:32à Cathy Châtelain
50:33de la lui désigner.
50:47Je suis expert comptable
50:49à Paris.
50:51Et ce jour-là,
50:52j'avais pris l'avion
50:53pour aller travailler
50:55chez un de mes clients
50:55situé à Bastia.
51:00Cathy Châtelain,
51:02elle est présente
51:03ce jour-là
51:03à l'aéroport
51:04de Bastia
51:04pour identifier
51:06et désigner
51:08Jean-Luc Codiacioni.
51:11Cet avion
51:12avait un peu
51:13de retard
51:13et à l'atterrissage,
51:14je suis sorti
51:15comme d'habitude,
51:17normalement.
51:18Elle boit
51:20un café,
51:23attend
51:23l'arrivée
51:25de l'avion
51:26qui a un petit peu
51:27de retard d'ailleurs.
51:28Après,
51:28je vais pouvoir essayer
51:28d'attraper
51:29la navette
51:30qui emmène
51:31les passagers
51:32à Bastia.
51:38Cathy Châtelain
51:39s'attend à rencontrer
51:40Jean-Luc Codiacioni
51:40seule.
51:42Sauf que
51:44Kilicini,
51:45un autre détenu
51:47qu'elle connaît
51:48et pour qui
51:49elle a plutôt
51:49des sentiments
51:51d'affection,
51:52arrive pour
51:53accueillir
51:53Jean-Luc Codiacioni.
51:55Elle les voit,
51:57elle les salue,
51:58elle les identifie,
52:00elle les dessine.
52:06Et à ce moment-là,
52:08j'ai entendu
52:08des énormes coups
52:09de pétards
52:11derrière mon dos.
52:13Je me suis retourné
52:14et à ma grande surprise,
52:15qu'est-ce que j'ai vu
52:16un homme
52:18avançant
52:18avec un pistolet
52:19mitrailleur
52:20dans les mains
52:20tirant des rafales
52:23de mitrailleuses.
52:25Codiacioni
52:26et Kilicini,
52:27quelques minutes après,
52:29seront abattus
52:30à l'entrée
52:31de l'aéroport.
52:38Quelques heures plus tard,
52:40Jacques Mariani
52:40reçoit un SMS
52:42de son ami Christophe.
52:52Christophe Guadzelli
52:53et Jacques Mariani,
52:54les fils,
52:55sont aujourd'hui
52:56en prison.
53:00Mais si la brise de mer
53:01est en sommeil,
53:02la Corse,
53:04elle,
53:04ne connaît pas de répit.
53:06Il est environ
53:07minuit hier soir
53:08lorsque le jeune homme
53:09est pris pour cible.
53:10Un ou plusieurs hommes
53:11embusqués l'attendent,
53:12non loin du domicile familial.
53:14Le jeune homme
53:14de 24 ans
53:15est atteint
53:15par plusieurs projectiles
53:17tirés par une arme
53:17de chasse.
53:18Jean-Antoine Marché
53:19il s'écroule
53:20sur le pas de sa peau.
53:21Une centaine de kilos
53:21de cannabis
53:22ont été saisis
53:22en fin de semaine dernière.
53:2417h30
53:24lorsqu'un homme âgé
53:25de 48 ans
53:26est pris pour cible
53:27par un assassinat
53:28à la une
53:29de l'actualité
53:29en Corse
53:30de ce lundi
53:3016 septembre.
53:31Il était 18h30
53:32lorsqu'il a été atteint
53:33par plusieurs tirs
53:33d'armes à feu.
53:34Ce mardi 11
53:34on joue un marqué
53:35par un assassinat
53:36commis ce matin
53:37à Bonifacio Nomea.
53:38Revenons sur cette saisie
53:39de drogue record
53:40entre mardi et mercredi.
53:41La gendarmerie de Corse
53:42a saisi 100 kilos
53:43de résine de cannabis
53:44et un peu plus de 7 kilos.
53:48Bonsoir à tous.
53:48C'est un deuxième collectif
53:49anti-marche.
53:50C'est donc vu le jour
53:51en moins d'un mois
53:52après celui composé
53:53d'une trentaine de membres
53:54de la société civile.
53:55C'est au tour de la famille
53:56et des proches
53:57de Maxime Souzine
53:58assassiné il y a trois semaines
54:00de s'ériger
54:01contre ceux
54:01qui considèrent
54:02comme une dérive mafieuse
54:03de la société.
54:10Mon neveu
54:11c'était quelqu'un
54:11qui était opposé
54:12à la drogue
54:12c'était quelqu'un
54:13qui était opposé
54:13aux voyous
54:13opposés aux raquettes.
54:15Ils l'ont tué
54:15au fusil à lunettes
54:16avec des cartouches
54:18pour tuer les ours.
54:20Les premiers assassinats
54:21dont j'ai eu connaissance
54:22je ne savais pas
54:23qui c'était
54:23puis après petit à petit
54:24je connaissais de nom
54:25après je connaissais de vue
54:26après je connaissais
54:27parce que j'avais parlé
54:28avec elle
54:31et c'est arrivé
54:32jusqu'à ce que mon neveu
54:33se fasse assassiner.
54:34Oui je veux dire
54:35le mal s'est rapproché.
54:40La mafia Corse
54:41est en train de prendre
54:42tellement de force
54:43qu'elle va devenir
54:44un modèle
54:44un modèle culturel
54:45un modèle économique.
54:49Pour la première fois
54:50sur l'île
54:51des hommes et des femmes
54:52se lèvent pour dire
54:53publiquement non
54:54à la mafia.
54:56Ils militent
54:57pour que la France
54:57adopte des lois
54:58à l'italienne
54:59où les accusés
55:01de crimes de sang
55:01peuvent bénéficier
55:02du statut de repenti
55:04où la justice
55:05peut protéger
55:06un voyou
55:06même s'il a tué
55:08pourvu que son témoignage
55:10fasse tomber
55:11un clan mafieux.
55:14Demain,
55:15celui qui a appuyé
55:15sur la gâchette
55:16dit voilà
55:17je veux une immunité
55:18et je vous dis
55:19qui a commandité
55:21je vous donne
55:21tous les noms
55:22etc.
55:23Moi personnellement
55:24je signe.
55:25Je suis pour que les gens
55:26puissent respirer
55:26et qu'ils choisissent
55:28le destin
55:28qu'ils ont envie
55:28de se choisir.
55:30Voilà.
55:33Mais le sentiment
55:35dominant en Corse
55:36c'est la peur.
55:38Comment voulez-vous ?
55:40On ne peut pas demander
55:41à des gens
55:41qui travaillent le matin
55:43et qui rentrent
55:43chez eux le soir
55:44de lutter
55:45contre le crime organisé.
55:46Ce n'est pas possible.
55:47C'est à l'État
55:48de le faire.
55:55Depuis la naissance
55:56de la brise de mer
55:57il y a 40 ans
55:58l'État français
55:59n'a jamais bien
56:00su composer
56:01avec l'île de beauté.
56:06Aujourd'hui
56:06les Corses
56:08lui font de moins
56:08en moins confiance.
56:10les nationalistes
56:11sont au pouvoir
56:12depuis 2015.
56:16La mafia prospère
56:18la brise de mer
56:19est morte
56:19mais son fantôme
56:21hante toujours
56:22la Corse.
56:23est dans la mer
56:52la corse.
56:53la corse.
56:53On ne peut pas
57:23...
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