00:00Vanessa, on va démarrer ensemble.
00:03Kinésithérapeute au sein de la section féminine de l'Olympique de Marseille.
00:06Des kinés, il y en a partout.
00:08Il y en a dans le sport, bien sûr, mais il y en a en cabinet, en hôpital, etc.
00:12Comment est-ce que vous avez atterri à l'Olympique de Marseille ?
00:15Alors, il faut savoir que contrairement au staff technique,
00:20où eux, ils sont salariés à 100%,
00:21nous, le staff médical, en tout cas, on a tous une activité à côté.
00:25Donc moi, j'ai mon cabinet à côté, sur Marseille.
00:29Donc j'ai été diplômée il y a maintenant 15 ans.
00:33Ça fait longtemps.
00:36Et j'ai un peu fait comme tout le monde, c'est-à-dire que je faisais du domicile,
00:40je m'occupais des personnes âgées, parce qu'il en faut.
00:43Et au fur et à mesure, j'ai voulu un peu me perfectionner dans le milieu du sport.
00:46Donc j'ai fait une sur-spécialisation en kinés du sport, il y a maintenant 4 ans.
00:52Et après, j'ai fait comme tout le monde, comme tous les collègues qu'on a entendus tout à l
00:55'heure,
00:55j'ai postulé. J'ai postulé d'abord pour un club de volet féminin, donc professionnel aussi,
01:01qui était sur Venelle.
01:02J'ai fait 2 saisons avec eux, ce qui m'a permis, au final, d'avoir un peu plus de
01:07connaissances,
01:07vraiment dans le milieu sportif de haut niveau, avoir les contraintes,
01:11parce que comme il disait, on travaille beaucoup, on n'a pas spécialement de week-end,
01:15donc il faut vraiment aimer ça.
01:17En tout cas, en kinés dans le milieu médical, on rencontre des médecins,
01:19on rencontre des chirurgiens, et on se fait des connaissances.
01:22Et c'est de là où j'ai rencontré M. Abouzbilly, qui est un responsable médical à l'OM.
01:29Et quand il y a eu un poste qui s'est libéré en juillet dernier, il m'a contactée.
01:34J'avoue que je n'ai pas forcément réfléchi, c'est l'OM, je suis marseillaise.
01:37C'est ce que j'allais vous demander, effectivement.
01:39D'où est-ce que vous venez ?
01:40Mais c'est intéressant, parce que vous aviez, vous, pour ambition d'arriver à l'Olympique de Marseille,
01:46ou juste parce que vous êtes marseillaise, comme vous dites, donc un peu une évidence ?
01:50Je ne vais pas mentir, oui.
01:51Oui, c'est sûr que quand j'ai été kiné, avant même de commencer le milieu du sport,
01:56oui, l'OM, c'était un objectif, mais on ne parlait pas beaucoup des filles,
02:01on ne parlait pas beaucoup du sport féminin.
02:03Et malheureusement, le sport, l'OM qu'on connaît, garçon, l'accès aux filles n'est pas forcément toujours facile.
02:13Et surtout, moi, je voulais aussi développer le côté féminin.
02:16Donc c'est pour ça qu'effectivement, quand la section féminine, les Marseillais, se sont un peu plus développés,
02:22évidemment, mon objectif était un peu plus réduit.
02:24Et je voulais essayer d'y arriver, oui, essayer de les aider à développer ce projet-là du sport féminin,
02:30et qu'on puisse pas uniquement parler de l'OM garçon,
02:34parce que oui, on les voit, ils sont là, etc.,
02:37mais les filles sont tout aussi importantes.
02:39Et ce sont également des sportifs de haut niveau à s'occuper.
02:44Comment vous êtes arrivée à devenir kiné ?
02:47Vous disiez tout à l'heure que rien ne vous prédestinait à ça,
02:49parce que vous veniez d'un milieu modeste.
02:52Pourquoi vous dites ça ?
02:53Parce qu'au départ, je voulais être policière.
02:56Mais à l'époque, il fallait faire 1m60.
02:59Et je suis très petite.
03:01Et après, je me suis rendue compte que j'avais peur de tout.
03:05Donc, policière, c'était pas pour moi.
03:07Je ne voulais pas rester derrière un bureau,
03:09parce que je suis hyper active,
03:11donc rester assise, c'était pas du tout possible.
03:14Et j'ai eu une de mes tantes qui était kiné,
03:16donc j'ai commencé à être un peu avec elle.
03:17Et au final, ça m'a plu.
03:19Donc, je me suis lancée dans ces études-là.
03:21Je ne savais pas au départ qu'il fallait passer par médecine.
03:24Donc, c'est vrai que pour moi, c'était rédhibiteur,
03:27parce que je sais que médecine, c'est très compliqué,
03:29qu'on nous dit, et justement, on me l'a dit au lycée,
03:31que c'était uniquement pour certaines personnes
03:34qui avaient les moyens,
03:35qui avaient une grande famille derrière,
03:37qui pouvaient les aider financièrement, etc.
03:40Ce que je n'ai pas, même si ma famille m'a aidée.
03:42Mais voilà, donc, j'ai pas mal hésité.
03:46Et au final, je me suis quand même lancée.
03:48Oui, j'ai mis un an de ma vie de côté pour pouvoir faire médecine.
03:51Vraiment, un an.
03:52On n'a plus de vie, on ne voit pas le soleil,
03:55on n'a plus d'amis.
03:56Désolée, mais oui, c'est comme ça.
03:58Vous avez eu le moyen de ses ambitions.
03:59Et voilà, ça a été très compliqué.
04:01Et au final, j'ai réussi.
04:02Mieux que finalement, certaines personnes
04:04qui venaient de milieux plus favorisés.
04:09Et je suis rentrée dans l'école de kiné,
04:12donc il y a maintenant 15 ans.
04:13Et tout a découlé après, par la suite.
04:17Et vous déconstruisez quelque chose aussi,
04:18l'idée reçue qu'il faut être forcément athlétique,
04:21costaud, grand,
04:22pour s'occuper de sportifs de haut niveau.
04:24C'est parce que vous me voyez, c'est pour ça.
04:26Tu avais dit que vous étiez petite.
04:27Je ne me serais pas permise.
04:28C'est vrai qu'au départ,
04:30on voit les kinés comme des personnes
04:32assez fortes, assez grandes,
04:34où il faut arriver à manipuler,
04:36ou en tout cas à porter un patient
04:38de ses bras, etc.
04:39Donc c'est vrai que quand je suis arrivée
04:41dans l'école de kiné,
04:42j'étais l'une des plus petites.
04:44Et on m'a mis un binôme,
04:45l'un des plus grands et des plus gros.
04:47Donc dès le début, sa jambe était mon poids,
04:49pour vous donner un exemple.
04:51Et en fait, on a des techniques.
04:53Je n'ai pas plus de force.
04:55Alors oui, un peu plus que quand j'ai démarré,
04:57mais on a des techniques pour justement
04:58arriver à s'occuper, malgré notre petite taille,
05:01de personnes qui peuvent avoir leur taille
05:04ou leur poids.
05:05Et oui, bien sûr, ça peut être avec...
05:07On peut arriver à tout, en fait.
05:09Je pense qu'il faut juste des adaptations.
05:12Que ce soit au niveau, comme je vous disais,
05:14au niveau des études financièrement,
05:16oui, je me suis adaptée.
05:17Oui, j'ai travaillé à côté.
05:19Et que ce soit au niveau de ma force,
05:21effectivement, oui, j'ai adapté.
05:22Je monte sur une table alors qu'un kiné ne monte pas sur une table.
05:24Je fais beaucoup de soins au sol,
05:26parce que je suis petite et que c'est plus facile pour moi.
05:28Mais au final, du moins qu'on l'explique aux patients
05:30ou aux sportifs, ça passe et c'est assez acceptable.
05:34J'aimerais qu'on parle avec chacun de vous,
05:36d'ailleurs, on va en parler,
05:36mais du rythme de vie.
05:37Vous l'avez évoqué un petit peu en préambule.
05:40Forcément, travailler dans un club de foot,
05:42dans un club tel que l'Olympique de Marseille,
05:43c'est particulier.
05:44Vous encore plus, même si on l'a vu aussi,
05:46que l'administratif est calé aussi sur le rythme sportif.
05:49Mais c'est quoi un petit peu vos semaines type ?
05:52Peu de week-ends ?
05:53On va encore un petit peu rester avec vous, Vanessa.
05:55Mais voilà pour nous parler de ce rythme-là de vie particulier.
05:58Moi, je parle parce que j'ai mon cabinet.
06:00Donc, c'est vrai que je partage mon cabinet
06:03et les entraînements avec les filles.
06:05On est plusieurs kinés.
06:07Donc, ce qui nous permet justement de pouvoir travailler
06:08dans son cabinet et avec les filles.
06:11Et après, oui, les week-ends, c'est les matchs.
06:14Un week-end sur deux, c'est un match à domicile
06:16et un week-end sur deux, c'est un match en extérieur.
06:18Comme il disait, c'est vrai que le fait d'être passionné,
06:20donc passionné de foot, passionné de mon métier,
06:23ça passe assez facilement de se dire que le samedi,
06:25je le passe avec mes joueuses, avec mon staff.
06:29En plus, on créait des liens,
06:30que ce soit avec les joueurs.
06:32Tout à l'heure, j'entendais Ilyas
06:33qui disait qu'avec les joueurs,
06:37il y avait un lien,
06:38mais ils n'arrivaient pas trop à le définir.
06:40C'est vrai que nous...
06:41Alors, moi, je parle pour ma part,
06:43parce qu'après Abdel, ça sera peut-être différent,
06:44mais nous, en tant que kinés,
06:46étant donné qu'on est tout le temps avec elle,
06:49on a un lien un peu plus, je dirais, intime,
06:53même si ce n'est pas un peu plus intime.
06:55Et c'est vrai qu'on crée une sorte d'amitié-travail
06:59qui nous permet d'arriver à accepter facilement
07:01qu'effectivement, le vendredi soir,
07:03jusqu'à des 22 heures, on soit avec elle,
07:05à travailler pour préparer au match du lendemain.
07:08Parce qu'on rigole quand même,
07:10on se confie, on parle,
07:12que ce soit de notre vie ou de la leur.
07:15Et c'est vrai que par contre, le dimanche,
07:16après, on dort bien.
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