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  • il y a 2 heures
L’écrivain Boualem Sansal parle de l’écriture de son livre : «Lorsque vous êtes en prison depuis 1 ou 2 mois, vous perdez votre identité, vous êtes un prisonnier».

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Transcription
00:00Parce que je crois que je suis poète, quelque part.
00:03En tout cas, j'aime ça.
00:06Quand j'étais jeune, on faisait presque des concours d'apprentissage de la poésie.
00:11Je connaissais des milliers et des milliers de poèmes.
00:13Je les ai tous perdus, maintenant.
00:15Mais c'était une époque où la vie était poétique.
00:20Mais là, avec des gars qui sont en détresse,
00:23il y a des pages merveilleuses, je ne peux pas les lire.
00:26Mais le poème que vous faites en collégial, c'est incroyable.
00:29– Oui, c'était un jeu, en fait.
00:34Il faut s'occuper.
00:35C'est que, voilà, quand vous rentrez en prison,
00:38on va dire la première semaine,
00:41vous êtes encore vous-même, marque,
00:43face à une institution, etc.,
00:46dans des conditions extrêmement difficiles.
00:48Vous cherchez vos marques, vous essayez de vous installer dans cette nouvelle vie.
00:53Et puis, il se passe quelque chose, à votre insu.
00:57Au bout d'un mois, deux mois, vous avez perdu votre identité,
01:00vous êtes un prisonnier.
01:0246, moi, c'était prisonnier, 46, 611.
01:05Box numéro 18B.
01:08Et là, on est pris dans cette...
01:11On a oublié sa vie antérieure, pour le moment.
01:15Mais on s'invente une vie.
01:17Et voilà.
01:18En moi, il y a des choses qui sont remontées.
01:20C'était la poésie, ce goût de la poésie.
01:23C'est de regarder la vie, pas avec la raison,
01:27pas avec son corps, mais avec quelque chose,
01:30qui est la poésie.
01:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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