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  • il y a 2 heures
L’analyste politique et géopolitologue, Michel Fayad, parle de l’accord Iran/USA : «Donald Trump a peut-être gagné sur le champ de bataille, mais il a perdu sur le plan politique».

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Transcription
00:00Tout d'abord, il faut être précautionneux. Le texte complet n'a pas été publié et donc on a des
00:06versions américaines et iraniennes qui filtrent et qui s'opposent et qui divergent assez souvent,
00:11notamment sur l'essentiel, la gestion du détroit d'Hormuz, la souveraineté du Liban, le calendrier des allègements des sanctions
00:18et du déblocage des fonds.
00:20Et Trump, en fait, a peut-être gagné sur le plan de la guerre, du champ de bataille, mais a
00:26perdu visiblement d'un point de vue politique.
00:29C'est vraiment l'Iran qui a gagné en termes d'accord de paix puisque ce n'est pas totalement
00:35un accord de paix.
00:35Bien sûr, c'est un document d'entente et justement, ce n'est pas contraignant.
00:39Ils s'entendent à avoir un agenda de réunion, une feuille de route, une promesse de négocier plus tard.
00:45Et rien qui engage sérieusement l'Iran pour vraiment arrêter son programme nucléaire, arrêter son programme balistique, arrêter son soutien
00:53au proxy.
00:54Et donc, on a d'un côté, de l'autre côté, on a l'Iran, lui, qui obtient des choses
00:59concrètes.
01:00Donc, notamment la réouverture du détroit d'Hormuz qui va lui permettre d'exporter son pétrole et également la levée
01:08du blocage de ses propres ports.
01:10Donc, ses pétroliers vont pouvoir sortir.
01:12Et il y a également le fait que ses avoirs vont être débloqués, 12 milliards immédiatement et 12 milliards au
01:17bout de la période des 60 jours.
01:19Les sanctions vont être allégées.
01:21Et donc, en fait, on s'entend pour négocier durant les 60 jours, après les 60 jours, sur le nucléaire.
01:27C'est ça.
01:28Et donc, en fait, un Iran affaibli obtient finalement un renforcement politique.
01:34Maintenant, si on compare 2015 à aujourd'hui, parce que vous vous souvenez, il y avait eu un accord sur
01:39le nucléaire en 2015.
01:40C'est ça.
01:40L'accord de 2015, lui, il mettait un cadre dès le premier jour pour contrôler le nucléaire iranien.
01:47Or, aujourd'hui, il n'y a pas ce contrôle.
01:49Il y a juste une entente, encore une fois, sur une réunion à venir sur le fait de négocier comment
01:54on va contrôler le programme nucléaire iranien.
01:59Et Trump avait dit à l'époque, si vous vous souvenez, que l'accord de 2015 avait été trop généreux,
02:04notamment en termes de fonds donnés à l'Iran.
02:06Il avait, comment dire, il avait des limites comme le fait d'expirer à un moment donné.
02:12Et il n'avait également rien dit sur les missiles et rien dit sur les proxys, donc proxys Hezbollah, par
02:17exemple.
02:17Et là, les mêmes critiques que Donald Trump avait faites sur l'accord de 2015, on peut les appliquer sur
02:23son accord d'aujourd'hui.
02:24Et donc, finalement, qu'est-ce qu'il a vraiment réussi ? C'est bien là la question.
02:28Et même en 2026, comme je le dis, le grand problème, c'est que l'Iran encaisse immédiatement et en
02:33plus gagne du temps.
02:35Et vous savez qu'avec le temps, l'Iran pourra se reconstituer militairement.
02:39Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les 24 milliards ne vont pas servir vraiment à
02:43relancer l'économie iranienne qui a besoin de 600 milliards de dollars,
02:46mais vont servir à reconstituer les gardiens de la révolution et également les proxys comme le Hezbollah, les Hachal-Sharbi
02:53en Irak.
02:54Et donc, il y a la question même du détroit d'Hormuz qui se pose avec est-ce que les
02:59Iraniens vont imposer un péage ou ne vont pas imposer un péage ?
03:02Donc, s'ils imposent un péage, c'est une sorte d'humiliation pour Donald Trump.
03:06Ensuite, le troisième, c'est la question du Liban où vraiment l'Iran a négocié à la place du Liban
03:12et prétend être le garant de la souveraineté libanaise.
03:14Et là, c'est assez tragique.
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