00:01Réformer la France, relancer la valeur travail, gagner plus, une fois dit tout cela, qu'est-ce qu'on fait
00:06?
00:06La question est posée à Jean-Philippe Cartier, chef d'entreprise à la tête de H8 Invest,
00:12une entreprise qui investit dans des fonds qui accompagnent des entreprises.
00:16Merci d'être sur CNews.
00:17C'est à vous.
00:17Vous avez rédigé un manifeste qui va être adressé au gouvernement avec plein d'idées,
00:21il y a vraiment beaucoup de réformes.
00:23On commencerait par quoi pour 2027 ?
00:25On commencerait par quoi ?
00:27Je commencerais déjà par vous dire que 2027, c'est une année charnière pour les entrepreneurs,
00:32que je représente à travers le pouvoir de l'action.
00:34Et l'idée, c'est de se dire qu'on ne peut pas continuer une année de plus avec ces
00:38normes,
00:38avec cette impossibilité d'aller de l'avant dans un monde qui bouge aussi vite que la France aujourd'hui.
00:43Donc avec un certain nombre d'amis, hommes, femmes, entrepreneurs ou salariés impliqués,
00:48on a décidé de s'investir et de créer un espèce de pacte croissance et prospérité.
00:53Ça veut dire que 2027, c'est l'année de la dernière chance ?
00:56En tous les cas, moi, c'est parti d'une tribune dans le Figaro où j'avais dit « je
00:59me bats ou je me barre ».
01:00Donc j'ai créé beaucoup d'entreprises en France, j'ai créé beaucoup d'emplois.
01:03Et je trouve qu'on est arrivé à un point un petit peu de non-retour me concernant.
01:07Et je pense qu'on doit être beaucoup plus écoutés dans le débat public.
01:11Et j'ai l'impression que les entrepreneurs et autres, hommes, femmes, salariés,
01:17commencent à comprendre qu'il faut que ça bouge de manière plus radicale.
01:20Mais vous, chef d'entreprise, prêt à vous engager, c'est rare qu'un patron fasse de la politique ouverte
01:24ou vent ?
01:24Je ne suis pas un homme politique, je reste avant tout un entrepreneur.
01:27Mais on ne peut pas faire que de se plaindre ou de râler dans notre coin.
01:30Il faut prendre la parole, c'est pour ça que je suis chez vous, c'est pour ça qu'on
01:33prêche la bonne parole.
01:34On essaie de défendre des idées qui nous paraissent évidentes.
01:37Parce que quand on le fait, on ne défend pas que notre position de chef d'entreprise.
01:40On défend surtout une situation auprès de nos salariés qui ont un problème colossal de pouvoir d'achat.
01:46Et nous, on est acculé à ne plus pouvoir augmenter les salaires comme on le souhaiterait.
01:49Puisqu'on est arrivé à un point de rupture entre la partie que vous connaissez par cœur,
01:53vous l'entendez tous les jours sur vos antennes, du coup du travail,
01:55qui fait qu'on ne progresse plus avec son salaire.
01:57Et on a besoin de trouver des solutions.
02:00Je pense souvent, pardonnez-moi de vous couper cet exemple.
02:02C'est l'exemple d'une de mes dernières affaires.
02:04J'ai ouvert un hôtel 5 étoiles dans le sud de la France, le Macandille.
02:08Je dis toujours 3 200 000 euros de masse salariale chargée,
02:121 350 000 euros qui restent à la fin dans la poche des salariés.
02:15Donc nous, on ne peut pas faire beaucoup plus.
02:18Et surtout, où va l'argent ?
02:19Vous connaissez cette phrase.
02:20Alors on va vous expliquer qu'ils vont dans 650 milliards de dépenses de santé.
02:23Tout ça, on en a conscience.
02:24Mais il va falloir faire des arbitrages.
02:25Et je pense qu'il nous faut un chef de l'État capable de comprendre
02:29qu'on est arrivé à un point de non-retour en termes d'arbitrage.
02:32Donc ça veut dire sacrifice.
02:33Mais est-ce que les Français sont prêts à aller faire ces sacrifices ?
02:36Je ne sais pas si on peut appeler ça sacrifice.
02:38Je pense qu'il faut faire des choix, en fait.
02:41Le choix sur la durée du travail, le choix sur la taxation,
02:44le choix sur le coût du travail, le choix sur le déremboursement d'un certain nombre de choses.
02:48Il y a des choix à faire, comme n'importe quel patron, chef d'entreprise, de PME, de TPE.
02:52Moi, je m'adresse aux millions de petits entrepreneurs qui gèrent leur PME
02:56et qui sont ennuyés matin et midi et soir par le poids de la bureaucratie, le poids de la norme
03:03et surtout le coût du travail.
03:05Ce coût du travail, qui est l'un ou le plus cher du monde, ne peut pas rester dans l
03:09'État et il faut que ça soit entendu.
03:11Oui, parce que dans les cotisations, il y a bien sûr le chômage, il y a la retraite, il y
03:14a la santé.
03:15Il y a les abus, il y a l'absentéisme, comment résoudre tous ces problèmes.
03:18Vous avez raison de le dire, 4000 euros nets que touche un salarié, c'est 8000 sortis par le patron.
03:25Nos salariés commencent à bien le comprendre parce qu'on a souvent des échanges avec eux
03:28pour expliquer qu'on est à des points où, encore une fois, on ne peut plus forcément augmenter ou faire
03:32comme on le voudrait
03:33et une taxation de leur côté qui ne fait que de progresser, d'augmenter.
03:37Donc, il faut des réformes claires, courageuses.
03:39Et je pense que nous, je dis bien nous, ce n'est pas Jean-Philippe Cartier, mais de manière claire,
03:43et encore une fois, on le voit de plus en plus, nous devons agir et peser sur 2027.
03:47Nous, nous ne parlons pas de sécurité ou d'immigration, ce n'est pas notre sujet.
03:50On a tous le droit d'avoir un avis dessus, mais nous parlons de ce que nous connaissons le mieux,
03:54c'est-à-dire l'entreprise et la création d'emplois.
03:56Et peut-être faire comprendre aux Français que l'économie, c'est important.
03:59Je crois que vous avez appris l'économie dès le plus jeune âge, ça vous a toujours intéressé.
04:02Ce n'est pas le cas. Les Français se détournent de l'économie, ils ne comprennent pas comment fonctionne une
04:06entreprise.
04:06On est un peu une société de la rente, on n'est pas un pays d'entrepreneuriat à proprement parler,
04:11on n'est pas les Etats-Unis, avec ce qu'il y a de bien et de moins bien.
04:13Et je pense que l'éducation économique devrait être beaucoup plus importante
04:18et beaucoup plus exprimée et concrète par nos politiques.
04:22Et c'est un peu cette impression qu'on a avec la gestion de nos finances,
04:25on a l'impression que c'est un puissant fonds.
04:27Non, c'est comme un foyer.
04:29Sinon les enfants payeront.
04:30Voilà, d'une manière ou d'une autre, quelqu'un paye.
04:32Si on ne fait rien l'année prochaine, certains commencent à dire,
04:34oui, vous verrez, rien ne changera. C'est quoi la suite ? C'est le FMI ?
04:38La suite, c'est le FMI. La suite, c'est des politiques beaucoup plus agressives.
04:42La suite, c'est des choix vers lesquels il ne faut pas arriver.
04:45Donc il faut, en fait, je vais vous dire, moi, ce qui me gêne profondément,
04:49c'est qu'un projet politique, dans le mot projet, il y a un projet, il y a une vision.
04:54Et depuis 10 ans, 20 ans, 30 ans, il n'y a plus aucune vision.
04:57On a pu croire au début du quinquennat, le premier d'Emmanuel Macron,
04:59qui avait une forme de vision. On a vite compris à l'étape 2 du quinquennat,
05:03du second quinquennat, que cette vision avait disparu.
05:06Mais il faut une vision. Je reviens de Chine, avec les qualités et les défauts de ce pays.
05:10Tous les Européens occidentaux, que j'ai vu, qui travaillent là-bas,
05:13me disent qu'il n'y a qu'une chose en tête en Chine, c'est la vision.
05:16Donc là, c'est Chine 2030. Après, ça sera Chine 2035.
05:19Nous n'en avons pas. Et s'il n'y a pas de vision et qu'il n'y a
05:21pas de cap, il n'y a pas de projet.
05:22Oui, mais il y a aussi travailler plus. Ça, on n'est pas prêt à le faire.
05:26Oui, travailler plus, travailler mieux. Il y a plein de choses autour de ça.
05:31Travailler pour gagner sa vie.
05:33La France guichet d'aide sociale, il faut arrêter.
05:36Je pense que de toute manière, nous n'avons plus les moyens d'être un guichet social.
05:40Je crois qu'on en a tous conscience. Mais par contre, il faut que la France puisse être un pays
05:44où ceux qui veulent s'investir et travailler s'enrichissent. Ce n'est pas un gros mot.
05:48En Angleterre, Madame Thatcher l'avait fait avec le libéralisme.
05:50Ronald Reagan aussi, ça a mis des gens dans la rue.
05:52Qu'est-ce que vous ferez s'il y a des manifs majeurs ?
05:55Je pense que les gens ont compris qu'on est arrivé à un point de non-retour
05:58et qu'on n'avait pas d'autre choix que de se remonter les manches.
06:00Mais pour ça, il faut expliquer aux Français un vrai projet de société
06:03et avec une vision à 2035 et où on va les emmener
06:06et où nous voulons qu'aillent leurs enfants et qu'est-ce qu'on leur souhaite, c'est-à-dire
06:10le meilleur.
06:10Dernière question, le MEDEF ne semble pas vraiment écouter.
06:13Ils ont du mal. Quand ils réclament une baisse des dépenses pour 2027,
06:17on leur ferme la porte. On l'a vu récemment.
06:19Sébastien Leurcoeur-Dieu a dit « Mêlez-vous de vos affaires », en gros.
06:21Je pense que le MEDEF, avec lequel nous partageons plein d'idées similaires,
06:27donne aussi souvent l'impression de représenter les très grandes entreprises.
06:30Moi, je m'adresse beaucoup plus à ce que je représente et à ce que je suis,
06:32c'est-à-dire les milliers, les millions de micro-entreprises, de PME, de TPE, ETI.
06:37Et ces gens-là ont l'impression que depuis 20 ans, ça bouge plutôt en leur défaveur.
06:40Même les auto-entrepreneurs, en fait.
06:41C'est toujours taxer plus pour gagner moins.
06:44Donc, ce n'est pas une course au moins d'impôts.
06:46C'est une course au mieux travaillé.
06:47Et surtout, moi, je veux qu'on ait plus de liberté.
06:50Ceux qui veulent travailler plus, ils doivent pouvoir les faire.
06:52Ils doivent être totalement déchargés de ce travail et du coût de l'impôt.
06:56Jean-Philippe Cartier était sur CNews.
06:58Merci beaucoup d'être venu à la tête de H8 Invest.
07:02Donc, votre entreprise qui investit dans des start-up pour développer l'économie
07:06et la sauver, espérons, française.
07:08Merci. Restez avec nous sur CNews.
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