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  • il y a 15 minutes
Une femme s’est fait passer pour une victime du Bataclan alors qu’elle n’y était pas le 13 novembre 2015. On vous explique le phénomène des fausses victimes.

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Transcription
00:00Une femme s'est faite passer pour une victime des attentats du Bataclan alors qu'elle ne se trouvait pas
00:04dans la salle le soir du 13 novembre.
00:08C'est le sujet de la nouvelle série Max, une amie dévouée.
00:11Lorsqu'elle est mise, il joue une fausse victime s'engageant auprès d'une association de rescapés.
00:15Elle les aide tout en les trompant.
00:22Mais si on remonte dans l'histoire, on se rend compte que prétendre être la victime d'une catastrophe c
00:26'est un phénomène récurrent.
00:27Prenez le 11 septembre, l'attentat qui a marqué le début des années 2000.
00:31Tania Head présente une histoire créée de toutes pièces aux journalistes alors qu'elle se trouvait à Barcelone le jour
00:36de l'attentat.
00:37Alors oui, c'est l'histoire de Tania Head.
00:41C'est une femme qui s'est réinventée une vie complète dans les tours jumelles du World Trade Center.
00:47Cette femme, elle est fascinante.
00:50Elle a une histoire absolument similaire à celle de la fausse victime du Bataclan.
00:54Elle s'invente des histoires et pourquoi elle le font ?
00:57Parce que les attentats ont une caractéristique particulière.
01:00Les attentats, ça nous concerne tous, ça nous cible tous.
01:03Elles choisissent des rôles de victimes alors qu'elles auraient pu choisir aussi des rôles de sauveuses.
01:08Et ça, ça dit quelque chose d'assez simple.
01:11C'est qu'aujourd'hui, être une victime, c'est avoir une valeur sociale.
01:13Ce qu'elles sont venues chercher là, c'est une vie meilleure, c'est une valeur sociale rehaussée.
01:17Ce qu'elles y trouvent, c'est aussi le moyen de rompre avec une solitude.
01:20Je suis là pour une association de victimes qui a besoin de moi.
01:23Ça va ?
01:24T'as le droit de craquer.
01:25On va trouver ensemble, t'es pas tout seul.
01:27Je vais quand même faire remarquer, parce qu'il ne faudrait quand même pas qu'on imagine qu'être une
01:30victime, c'est un statut enviable,
01:32que ce signe qu'elles recherchent, ce signe qui va les marquer et faire d'elles des personnes exceptionnelles,
01:37pour les vraies victimes, c'est un stigmate.
01:39Des faux survivants, il y en a aussi eu pour le naufrage du Costa Concordia en 2012,
01:43ou encore celui du Titanic, 100 ans plus tôt.
01:46Autre exemple, plusieurs hommes se sont fait passer pour des survivants du débarquement en Normandie en 1944.
01:51Moi, ce qui me frappe dans cette frise, c'est que c'est quand même globalement de nos contemporains, nos
01:55contemporains immédiats.
01:57Donc ce que ça dit, cette accumulation d'histoires de mythomanie,
02:01c'est que le statut de victime n'est plus du tout le même.
02:04Il y a eu une véritable inversion.
02:06Certains de mes collègues historiens parlent d'air de la victime ou de culte de la victime.
02:11Ce qui, hier, était absolument insupportable devient une valeur ajoutée.
02:17Au début du XXe siècle, on n'a pas à proprement parler de victime.
02:21Le mot de victime ne renvoie à rien.
02:23Quand vous êtes victime, y compris d'une petite escroquerie mineure ou d'une petite violence,
02:29vous n'avez pas de rôle en justice.
02:31Vous n'avez pas à raconter ce qui vous est arrivé.
02:33Donc ce qui s'est passé entre temps et ce qui explique la multiplication de ces histoires,
02:37c'est que devenir victime, c'est devenir quelque chose comme un héros, un héros inversé.
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