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  • il y a 21 heures
L’émission “Stupéfiant !” sur France 2 consacre un documentaire à Johnny Hallyday, l’artiste. À travers des archives, témoignages et analyses, le programme revient sur sa carrière exceptionnelle, son influence sur la culture française et les raisons qui ont fait de lui une véritable icône populaire.

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Musique
Transcription
00:04:43Qu'adviendra-t-il des droits à l'image et d'interprétation, des 80 albums, des 1000 chansons ?
00:06:02Un arrêt récent
00:06:32Bonjour maître
00:09:15Pour David Hallyday
00:13:09les redevances, elles risquent bien d'être gelées à un moment donné
00:13:12en attendant que le conflit se résolve.
00:13:15Donc tout ça peut évidemment abîmer une oeuvre, c'est évident.
00:13:20Comme une mise en garde aux héritiers de Johnny.
00:13:23Les négociations seraient d'ailleurs en cours pour parvenir à un accord à l'amiable
00:13:27entre la veuve et les enfants.
00:13:36Certaines batailles de succession semblent ne jamais devoir se terminer.
00:13:41C'est le cas de celle de Léo Ferré, mort il y a 25 ans,
00:13:45dans ce village de Toscane, Castellina in Chianti.
00:13:51Jolie môme, avec le temps, cet extra,
00:13:54ses chansons à texte sont devenues des monuments de la musique française.
00:13:59Avec sa troisième et dernière épouse, Marie-Christine Ferré,
00:14:03il s'était installé dans cette maison en 1975.
00:14:08La veuve est aujourd'hui la gardienne du temple.
00:14:12Comment et où il composait ? Il se mettait à son piano ?
00:14:15Voilà, à son piano, il avait une petite table à côté.
00:14:18Il écrivait sa musique.
00:14:20Il se l'a dit un petit peu quand il y avait un mot ?
00:14:22Ah non, non, non, ça jamais.
00:14:24Il était assez grand pour trouver les mots tout seul.
00:14:27Je n'avais pas à me mêler de son écriture.
00:14:30Il faisait ça très bien.
00:14:33Avec ses trois enfants, dont Mathieu, le fils aîné,
00:14:36elle est dépositaire du droit moral de Léo Ferré, jusque dans les moindres détails.
00:14:40La moquette, elle est là depuis qu'elle a été mise, en 1971.
00:14:45Et elle n'a jamais bougé ?
00:14:46Elle n'a jamais bougé.
00:14:47Personne ne veut qu'on la change.
00:14:49Pourquoi ?
00:14:50Parce que c'est Léo qui avait choisi la couleur.
00:14:53Alors, ça doit rester.
00:14:55C'est comme ça.
00:14:56Ce n'est pas que pour le choix de la couleur, c'est parce que Léo a passé ici.
00:15:00Avec le temps.
00:15:03Depuis sa mort en 1993, l'héritage de Léo Ferré n'est toujours pas réglé.
00:15:09Tout va bien.
00:15:10Avant de rencontrer Marie-Christine, l'artiste était mariée à Madeleine.
00:15:15Leur divorce est prononcé en 1973.
00:15:18Problème, les ex-époux ne sont jamais parvenus à s'entendre sur le partage de leurs biens.
00:15:25Depuis, la fille unique de Madeleine, Annie Butor, réclame la part des droits artistiques qui revenaient à sa mère.
00:15:33Mathieu Ferré avoue sa lassitude.
00:15:38Moi, j'ai presque 50 ans et j'ai passé ma vie à entendre parler de ça.
00:15:44Je ne comprends pas comment un tribunal, un juge, une administration puissent permettre qu'il reste des indivisions comme ça
00:15:51aussi longues.
00:15:52C'est difficile de dire, hein ?
00:15:56C'est quoi qui est difficile de dire quoi ? De dire quoi, c'est difficile de dire.
00:15:59C'est la faute à qui, c'est pourquoi ?
00:16:00Mais la faute à qui, de quoi ?
00:16:03Dans ces histoires-là de succession et d'héritage.
00:16:06Moi, je pense que c'est tout le temps, souvent, la faute de l'artiste lui-même.
00:16:13Mon père nous a laissé un héritage merveilleux, intellectuel, culturel, musical, poétique et tout ce qu'il veut.
00:16:22Un héritage économique aussi.
00:16:25Et il nous a laissé aussi un héritage, son divorce.
00:16:28Eh bien ça, c'est pas de la tarte, je peux vous le dire.
00:16:32Du coup, Mathieu a préféré les sardines.
00:16:35Une sardine connectable.
00:16:37C'est extra.
00:16:38Depuis 2010, cette marque de conserve utilise l'un des plus grands succès de son père.
00:16:44Une sardine connectable.
00:16:45C'est extra.
00:16:46Voilà, moi je suis le diable, le salaud qui pense qu'à l'argent et qui a autorisé à vendre
00:16:53une chanson extraordinaire comme cet extra pour des sardines.
00:16:56Bon.
00:16:57Quand nous, on comprend qu'après, pendant 25 ans, vous payez un expert, eh bien quand il y a une
00:17:03opportunité, que ce soit les sardines qui payent les experts,
00:17:06eh bien comme ça, c'est Léo qui nous a laissé un héritage, mais son héritage, il sert aussi à
00:17:11payer les experts.
00:17:13Donc s'il n'y avait pas eu ce procès-là, probablement il n'y aurait pas eu de publicité.
00:17:18Avec le temps
00:17:20Un scénario que semble désormais vouloir éviter la famille de Johnny.
00:17:25Certains parlent d'un accord avant le 30 novembre, date du prochain rendez-vous au tribunal.
00:17:31Avec le temps
00:17:36En 1990, Johnny Hallyday s'étonne.
00:17:39Aujourd'hui, les intellos m'invitent à dîner.
00:17:41Ils regrettent qu'on ne se soit pas connus avant.
00:17:43Et pourtant, moi, je n'ai pas changé.
00:17:45Le rocker, qui a été si longtemps méprisé, s'amuse des temps qui changent.
00:17:49Ce soir, on va vous raconter ses rencontres avec Duras, Sagan, Goddard et les autres.
00:17:54Johnny et les intellos, c'est signé Gabriel Garcia.
00:18:01C'est une époque où la lumière des projecteurs se posait à peine sur le jeune Johnny Hallyday.
00:18:09Où le rocker montait sur ses premières grandes scènes
00:18:11et n'assurait encore que les premières parties d'artistes établis ?
00:18:17L'histoire de Johnny et des intellos commence un mercredi de 1960.
00:18:27Bonjour.
00:18:28Bonjour.
00:18:29Je crois que j'ai trouvé la première trace de relation de Johnny avec les intellos.
00:18:32Oh là là.
00:18:32C'est le monde.
00:18:34Ah, ça doit être l'alambra 60.
00:18:37Il y a 57 ans, première critique de Johnny dans le monde.
00:18:41C'est Claude Sarraute.
00:18:42Oui, c'est ça.
00:18:42Ce déchaîne.
00:18:44Oui, alors c'est le premier vrai concert, en fait, de Johnny Hallyday.
00:18:48D'accord.
00:18:48Tout Paris est là.
00:18:49Et en fait, il y a des réactions absolument incroyables.
00:18:53Henri Salvador est là, il va être très, très méchant.
00:18:54Il va dire des choses atroces.
00:18:56Il est au concert, Henri Salvador ?
00:18:57Oui, oui, oui.
00:18:58Il va dire des choses atroces sur Johnny et Johnny mettra beaucoup d'années à lui pardonner.
00:19:05Mais 68 n'est pas encore passé par là.
00:19:09Ah, tu t'avais dit, je t'ai dit.
00:19:13Et les journalistes sous-estiment complètement l'arrivée du rock'n'roll.
00:19:18Alors, allons voir page 13.
00:19:22C'est vraiment Johnny qui est en tout petit.
00:19:24J'avoue avoir pris au soubresaut, aux convulsions, aux extases de ce grand Flandrin rosé-blond,
00:19:30le plaisir fait d'intérêt et d'étonnement mêlé,
00:19:33parce que là, on se dit que tout va bien,
00:19:35que procure une visite au chimpanzé du zoo de Vincennes.
00:19:38Donc là, c'est quand même très violent.
00:19:41La relation de Johnny à l'intelligentsia va devenir encore plus violente.
00:19:45Corinne-François Deneuve, maître de conférences en littérature,
00:19:48l'a analysée ligne par ligne pour les besoins de sa biographie de Johnny Hallyday.
00:19:52Nous sommes quatre ans plus tard et l'écrivain Marguerite Duras,
00:19:56un télo patenté, débarque sur le ring du rocker.
00:20:00Elle livre une interview à couteau tiré où Johnny passe pour un imbécile.
00:20:06Donc vraiment, ils envoient l'intellectuel auprès du non-intellectuel par excellence.
00:20:12Le titre de l'interview est assez improbable.
00:20:16La Ferrari, le poireau et l'autobus, oui.
00:20:18Oui, je trouve que cette interview, elle est très méchante.
00:20:21Parce qu'on ne sait pas si c'est une interview ou si c'est Duras
00:20:25qui décide de dire ce qu'elle a envie de dire sur Johnny.
00:20:28Johnny répond finalement très peu.
00:20:29Il y a plein de parenthèses où il y a Marguerite Duras qui commente en disant
00:20:32« Je m'étonne, j'abandonne, il ne comprend pas ce que je veux dire,
00:20:37il ne peut pas le comprendre. »
00:20:38Là, c'est définitif.
00:20:39Et puis, elle lui pose quand même cette question.
00:20:42« Vous lisez. »
00:20:43Et lui répond « Je ne suis pas un intellectuel. »
00:20:45« Non, je ne lis pas. »
00:20:47Elle s'étonne toujours.
00:20:48« Vous voudriez lire. »
00:20:49« C'est difficile quand on est en tournée. »
00:20:51Ces générations de journalistes et d'intellectuels ne comprennent pas ce phénomène Johnny. »
00:20:57La rupture est consommée.
00:20:59Mais Johnny n'a rien à faire du dédindé lettré.
00:21:01À 20 ans, il est riche, célèbre et nourrit une toute autre ambition.
00:21:06Cette Ferrari n'est même pas un cadeau d'anniversaire.
00:21:08Il se l'est acheté il y a près d'un an avec ses cachets.
00:21:13Cheveux au vent, il rêve d'un destin à l'américaine.
00:21:19Johnny se voit capable de réussir au cinéma comme il l'a fait dans la chanson.
00:21:25Mais au milieu des années 60, au lieu du succès,
00:21:28Hallyday enchaîne les nanars.
00:21:30Western spaghetti au scénario Baclay
00:21:32ou Western à la sauce Made in France.
00:21:36Johnny Hallyday tourne en compagnie de Sylvie Vartan
00:21:40une séquence de son premier grand film « D'où viens-tu Johnny ? »
00:21:44Quantonné à des rôles simplistes,
00:21:46Johnny joue le chanteur et flirte avec Vartan comme dans la vie.
00:21:49Les réalisateurs ne le prennent pas au sérieux
00:21:52et les intellos qu'ils pensaient pouvoir ignorer
00:21:54lui ferment la porte du cinéma d'auteur.
00:22:00Des fois, je me sens très mal à l'aise
00:22:01dans une certaine condition, dans certaines personnes
00:22:04parce que moi aussi, je manque un peu de culture
00:22:06et je m'en aperçois, je veux dire.
00:22:08Et des fois, c'est beaucoup plus dur
00:22:09parce que quand on s'en aperçoit
00:22:13et qu'on le sait,
00:22:14c'est des fois encore plus dur.
00:22:17Début 70, Johnny est en pleine remise en question
00:22:20et tente un virage stylistique à 180 degrés.
00:22:25Qui a couru sur cette plage ?
00:22:28Elle a dû être très belle.
00:22:30Est-ce que son sable était blanc ?
00:22:33Poème écologiste sur la 7e de Beethoven.
00:22:37Est-ce qu'il y avait des fleurs jaunes
00:22:39dans le creux de chaque dune ?
00:22:42J'aurais bien aimé toucher du sable
00:22:44une seule fois, entre mes doigts.
00:22:48Derrière cette improbable incursion
00:22:50chez les chanteurs à texte,
00:22:51une nouvelle plume,
00:22:53celle de Philippe Labreau.
00:22:56Regardez la tranche que j'ai, moi.
00:23:01Ma banane et mes rouflaquettes.
00:23:04Et pendant que je travaille,
00:23:05on y lit le journal.
00:23:07L'écrivain, le journaliste,
00:23:09met sa culture et ses références classiques
00:23:11au service de Johnny.
00:23:14Une caution intellectuelle
00:23:16qui étoffe les textes
00:23:17en même temps que l'image du jeune homme
00:23:18au parcours scolaire chaotique.
00:23:21Un jour, il m'a avoué cette chose extraordinaire.
00:23:24Il m'a dit qu'un jour,
00:23:25son père l'avait enfermé dans un placard
00:23:26pour pas qu'il aille à l'école.
00:23:28Donc vous avez affaire à quelqu'un
00:23:29qui n'est pas élevé comme vous et moi.
00:23:31Donc, bien sûr,
00:23:33ce manque d'éducation
00:23:35et ce qui, évidemment,
00:23:38pour une pauvreté de vocabulaire,
00:23:41une maigreur de vocabulaire,
00:23:43a fabriqué chez lui une inhibition,
00:23:45une sorte de complexe.
00:23:48Pas assez cultivé,
00:23:50au début des 70s,
00:23:51Johnny sait qu'il lui faudra
00:23:52un sésame pour se faire accepter.
00:23:55Il attendra à 12 ans
00:23:57sa rencontre avec un ambassadeur
00:23:59de charme.
00:24:07Il tourne alors
00:24:08un petit sketch pour la télé
00:24:10avec une certaine Nathalie Baye.
00:24:17Tu dis rien, Johnny.
00:24:19Ça va ?
00:24:21Tout va bien.
00:24:22Continue, ma jolie.
00:24:26Première rencontre
00:24:27et début d'une histoire d'amour
00:24:29qui éveille l'intérêt du cinéma.
00:24:31Baye est une actrice estampillée
00:24:33un télo
00:24:34et deux ans seulement
00:24:35après leur rencontre,
00:24:36Hallyday est à Cannes.
00:24:38La chanson populaire
00:24:39s'assoit à la table du cinéma
00:24:40d'auteur
00:24:42de Jean-Luc Godard.
00:24:44On a entendu Hallyday
00:24:45s'expliquer sur vos relations.
00:24:47On a peu entendu Godard
00:24:48encore s'expliquer
00:24:49sur les relations avec Hallyday.
00:24:52Mais Johnny est un
00:24:54vrai professionnel
00:24:55et moi, en tant qu'amateur,
00:24:57j'étais intéressé
00:24:57une fois de tourner
00:24:58avec un vrai professionnel.
00:25:03En 1985,
00:25:04Serge Toubiana assiste
00:25:05au show Godard
00:25:06sur la croisette.
00:25:07Le critique dirige alors
00:25:09les cahiers du cinéma.
00:25:11Nathalie Baye,
00:25:13parce qu'elle connaissait Godard
00:25:14ou que Godard
00:25:15l'avait déjà dirigée,
00:25:16je pense qu'elle a dû faciliter
00:25:17la relation entre Johnny Hallyday
00:25:18et Jean-Luc Godard.
00:25:20Et l'idée d'être le premier
00:25:21à associer un couple,
00:25:23à l'époque,
00:25:24c'était un couple dans la vie.
00:25:26C'était une idée
00:25:27à la fois de marketing,
00:25:28on va dire,
00:25:29un peu comme Godard
00:25:30peut en avoir,
00:25:31mais c'était une très belle idée
00:25:33romantique.
00:25:35Attention,
00:25:36romantisme à la Godard.
00:25:36Je ravi que je ne fais pas ça.
00:25:38Je fais tout le tour
00:25:39et puis trois bandes.
00:25:41Vous ne cassez pas le cul.
00:25:42J'ai envie d'être seul.
00:25:45et vous ne me faites pas bander.
00:25:49Sur le tournage du film,
00:25:51le réalisateur est à l'égal
00:25:52de sa réputation.
00:25:54Eh !
00:25:55Ça fait maintenant cinq semaines
00:25:57qu'on est quand même curieux.
00:25:59On a une curieuse relation avec toi.
00:26:01Eh oui,
00:26:01mais moi j'ai aussi
00:26:02une curieuse relation avec vous.
00:26:03Je sais.
00:26:04Tout le monde subit ses foudres.
00:26:06C'était une curieuse relation
00:26:07avec le soleil.
00:26:08Sauf Johnny.
00:26:09Le rockeur l'obsède
00:26:11et profite d'un coaching Godardien
00:26:13approfondi.
00:26:14C'est bien le truc de monter un peu.
00:26:15Le Seigneur peut être un peu
00:26:16un peu
00:26:17pas un clorent.
00:26:19Il est fort,
00:26:19mais pas un clorent.
00:26:20Il est rageur un peu.
00:26:22Les Seigneurs sont maudites.
00:26:24Les Seigneurs sont maudites.
00:26:27C'est vrai.
00:26:30Car les grandes villes,
00:26:33Seigneurs,
00:26:33sont maudites.
00:26:35À partir du moment
00:26:36que Godard s'intéresse à Johnny
00:26:37et fait un film avec lui
00:26:39et dans un film
00:26:40où Johnny est bien,
00:26:42ça change beaucoup.
00:26:44Pour moi,
00:26:44ça a changé beaucoup de choses.
00:26:45Le coup d'œil
00:26:46et le coup de génie de Godard,
00:26:47c'est d'avoir vu
00:26:49Johnny tel qu'en lui-même,
00:26:51déjà homme,
00:26:52fabriqué,
00:26:54sûr de son aura,
00:26:56de chanteur,
00:26:57de rockeur.
00:26:58Et date,
00:26:58c'est dit,
00:26:59c'est un personnage.
00:27:01Dans ses chambres d'hôtel,
00:27:03Johnny gagne en quelques semaines
00:27:04de tournage
00:27:05ses premiers galons
00:27:06aux yeux des intellos.
00:27:08« Du jour au lendemain,
00:27:09j'ai fait un film
00:27:09avec Johnny Godard
00:27:10et du jour au lendemain,
00:27:13tous les intellos,
00:27:14soi-disant,
00:27:16on dit,
00:27:16ah tiens,
00:27:17finalement,
00:27:17Johnny Hallyday,
00:27:18il n'est pas si con que ça.
00:27:19Donc,
00:27:20il suffit de tourner
00:27:20un film avec Godard. »
00:27:23Juste après « Détective de Godard »,
00:27:25Johnny Hallyday est embauché
00:27:26par un cinéaste engagé,
00:27:28star de l'époque,
00:27:29Costa Gavras.
00:27:31Dans « Conseil de famille »,
00:27:32il associe Hallyday
00:27:34à Fanny Ardent.
00:27:36Gavras,
00:27:37oscarisé pour ses films
00:27:38sur l'autoritarisme,
00:27:40Palme d'or en abordant
00:27:41la torture,
00:27:42découvre d'un coup
00:27:43en Johnny
00:27:44une profondeur insoupçonnée.
00:27:46« Est-ce que vous auriez
00:27:47choisi Johnny Hallyday
00:27:48s'il n'avait pas joué
00:27:49chez Godard avant ? »
00:27:52« Non,
00:27:53probablement pas.
00:27:53Parce que ce qu'il avait
00:27:54joué jusqu'avant,
00:27:55c'était des films
00:27:56très légers,
00:27:56un tout petit peu,
00:27:57à la manière des Américains,
00:27:58des chanteurs américains.
00:27:59Ce qui était déterminant,
00:28:00c'est que j'ai vu sur l'écran.
00:28:02Il n'y avait pas
00:28:02ces côtés brillants,
00:28:05explosifs de la scène.
00:28:06Il y avait quelqu'un
00:28:06de posé,
00:28:07de grave.
00:28:09Cette nouvelle image
00:28:10fait rêver les réalisateurs,
00:28:11mais moins les fans historiques.
00:28:14Difficile de se reconnaître
00:28:15dans ce nouveau reflet,
00:28:16plus polissé.
00:28:18« On a fait une tournée
00:28:19pour présenter le film
00:28:20et j'ai découvert
00:28:21une chose formidable.
00:28:22Chaque fois qu'on a été
00:28:23à un endroit,
00:28:25il y a beaucoup,
00:28:25beaucoup de gens
00:28:26qui venaient les voir
00:28:27comme chanteurs,
00:28:28pas comme acteurs.
00:28:30Et c'est vrai que c'était
00:28:31en même temps émouvant
00:28:32et en même temps
00:28:33un peu agaçant
00:28:34parce qu'on allait
00:28:34pour attirer les gens
00:28:36aux salles. »
00:28:38C'était pas leur Johnny.
00:28:39C'était un Johnny,
00:28:40d'ailleurs c'est pareil
00:28:41pour Détective,
00:28:42c'était un Johnny
00:28:42presque civilisé,
00:28:45cultivé,
00:28:46transformé par le regard
00:28:47des cinéastes.
00:28:49Et c'est ça le cinéma.
00:28:50Et bien son public
00:28:51ne l'a pas suivi
00:28:54quand il a fait
00:28:55les choix de cinéma.
00:28:57Johnny Hallyday
00:28:58ne transforme pas l'essai,
00:29:00il se sépare
00:29:01de Nathalie Baye
00:29:02et retrouve le costume
00:29:04du rockeur
00:29:04si dur
00:29:05à enlever.
00:29:08Véronique Mortegne
00:29:09est une ancienne
00:29:10journaliste au Monde.
00:29:11Elle a consacré
00:29:12une biographie
00:29:13au haut
00:29:13et au très bas
00:29:14du roi Hallyday.
00:29:17Dans les années 90,
00:29:19Johnny Hallyday
00:29:19ne va pas bien.
00:29:21Il est dans
00:29:21Saint-Creux,
00:29:23il est très ivrogne
00:29:24et au milieu de tout ça,
00:29:26il y a un écrivain
00:29:27qui est Daniel Rondeau
00:29:27qui a déjà collaboré
00:29:29au Monde, etc.
00:29:31Rondeau
00:29:31qui connaît bien Johnny,
00:29:33qui l'aime bien,
00:29:33qui est proche,
00:29:35en fait
00:29:35a l'autorisation
00:29:37de libérer
00:29:38un certain Johnny,
00:29:40la parole de Johnny.
00:29:42Daniel Rondeau
00:29:43accouche Johnny
00:29:43dans une interview-événement.
00:29:45Nous sommes le 7 janvier 98
00:29:47et pour la première fois,
00:29:49l'ancien yéyé
00:29:49apparaît sur la une
00:29:50du journal de référence.
00:29:53A l'intérieur,
00:29:54deux pages entières
00:29:55dans lesquelles
00:29:55le musicien
00:29:56avoue se droguer,
00:29:57boire
00:29:58et profondément déprimer.
00:30:01La cocaïne,
00:30:02oui,
00:30:02j'en ai pris longtemps
00:30:03en tombant de mon lit
00:30:04le matin.
00:30:06On ne peut pas faire
00:30:07ce métier
00:30:07si on est normal.
00:30:08Il faut que j'aille mal
00:30:09pour savoir
00:30:09que je pourrais aller bien.
00:30:11Le tout
00:30:11dans un texte bourré
00:30:13de références intellos
00:30:14par Daniel Rondeau
00:30:14de Paul Morand
00:30:15à Ernest Hemingway
00:30:16en passant par
00:30:17Héros et Thanatos,
00:30:18d'un coup,
00:30:19Johnny devient fréquentable.
00:30:20C'est un coup de tonnerre
00:30:21quand même,
00:30:22c'est repris partout.
00:30:23On nous explique
00:30:24que voilà un homme
00:30:25qui a des états d'âme,
00:30:26qui réfléchit à la vie,
00:30:27à la mort,
00:30:28comment voulez-vous
00:30:29que ça ne fasse pas
00:30:29un petit effet ?
00:30:32Mais derrière le scoop,
00:30:33il y aurait surtout
00:30:34un coup de com'
00:30:34de la maison de disques
00:30:35de Johnny,
00:30:36Universal.
00:30:38C'est elle qui,
00:30:38en sous-main,
00:30:39aurait commandé
00:30:40l'interview à Daniel Rondeau
00:30:41sans que la direction du monde
00:30:42ne voit rien venir.
00:30:43Le papier est préparé
00:30:45en secret.
00:30:47Personne n'est au courant,
00:30:48c'est un deal
00:30:49de la direction du monde.
00:30:51Jean-Marie Colombaddy
00:30:52était directeur à l'époque,
00:30:53donc il deal directement,
00:30:54officiellement,
00:30:55avec Johnny et Rondeau.
00:30:57Mais les dirigeants du monde
00:30:58qui connaissent très très très mal
00:30:59le monde du spectacle,
00:31:01etc.,
00:31:01ne soupçonnent pas
00:31:02une seconde
00:31:03que ça a été décidé
00:31:04dans un bureau d'Universal.
00:31:06D'ailleurs,
00:31:06les photos
00:31:07qui ont été données
00:31:08au monde en exclusivité
00:31:09étaient celles du disque
00:31:11qui paraît
00:31:11quelques temps après.
00:31:12Donc on est bien là
00:31:13dans le marketing.
00:31:14Mais à ce moment-là,
00:31:15personne ne comprend rien.
00:31:17Moins d'une semaine après,
00:31:18sort le nouvel album
00:31:19de Johnny
00:31:19et la chanson
00:31:21Allumer le feu,
00:31:22incroyable succès.
00:31:24À l'époque,
00:31:25Jean-Marie Colombaddy
00:31:25dirige le monde.
00:31:27Se rend-il compte
00:31:27qu'il pourrait servir
00:31:28un vaste coup de com' ?
00:31:31Si l'exercice
00:31:32n'avait pas été réussi,
00:31:33on ne l'aurait pas publié.
00:31:34Évidemment que ça servait
00:31:36à un moment donné
00:31:37les intérêts de Johnny,
00:31:38mais ça a servi
00:31:38les intérêts du monde
00:31:39vis-à-vis de son positionnement,
00:31:41de ses lecteurs,
00:31:42de la qualité
00:31:42de ce qu'il pouvait apporter.
00:31:44Soit dit,
00:31:45Véronique Mortaigne
00:31:46connaît bien son sujet.
00:31:49Entre la première critique
00:31:50et l'interview de 98,
00:31:5340 années
00:31:53pendant lesquelles Johnny
00:31:54n'aura pas eu sa place
00:31:55dans les rubriques culture.
00:31:56Mais désormais
00:31:57plus de marche arrière,
00:31:59Alidé joue
00:32:00et réussit même là
00:32:01où le chanteur
00:32:02a échoué
00:32:02à l'export.
00:32:15Johnny interprète
00:32:17un tueur amnésique
00:32:18pour un réalisateur
00:32:19adulé de la critique,
00:32:20Johnny Tho.
00:32:21Pour ce rôle,
00:32:23le Hongkongais
00:32:23aurait voulu Delon,
00:32:24mais M. Delon refuse.
00:32:28Et Delon me dit,
00:32:29Alain Delon meurt,
00:32:30Alain Delon n'est pas malade.
00:32:32Je lui dis,
00:32:32vous n'êtes pas malade,
00:32:33vous avez pris une balle
00:32:33dans la tête.
00:32:35Il n'en démord pas.
00:32:37La productrice française
00:32:38du film propose alors
00:32:39le rockeur national
00:32:40au réalisateur hongkongais.
00:32:42Évidemment,
00:32:43Johnny Tho n'a pas
00:32:43la moindre idée
00:32:44de qui on lui parle.
00:32:45On lui explique
00:32:46que Jean-Rénaud c'est non,
00:32:47qu'Alain Delon c'est non,
00:32:48qu'on veut quelqu'un
00:32:50de charismatique
00:32:51et qu'en France
00:32:51le plus charismatique
00:32:52de tous,
00:32:53c'est Johnny Hallyday.
00:32:54Et il me dit,
00:32:54oui,
00:32:55rencontrons Johnny Hallyday
00:32:56volontiers.
00:32:57En fait,
00:32:58il me dit,
00:32:58j'ai parlé à tous
00:32:59les chauffeurs de taxi
00:33:00que j'ai pris
00:33:00depuis que je suis arrivée.
00:33:01J'ai demandé à tous
00:33:02les gens que je croisais
00:33:02Johnny Hallyday.
00:33:04Tout le monde dit,
00:33:04bah Johnny.
00:33:05Voilà.
00:33:07S'en suivent trois mois
00:33:07de tournage en Asie
00:33:08et un film salué à Cannes.
00:33:11D'un seul coup,
00:33:12les unrocks,
00:33:13Télérama,
00:33:14le célèbre
00:33:15et parlent de son charisme,
00:33:18de son talent,
00:33:18de sa capacité,
00:33:21de sa présence.
00:33:22C'est ça qu'il a filmé,
00:33:24Johnny Tau.
00:33:26Il faut que je retourne voir
00:33:27avant d'en essayer de creuser.
00:33:31Tout de suite ?
00:33:36Si ça vous fait plaisir,
00:33:38je peux rester avec vous.
00:33:40Il y a sept ans,
00:33:42Johnny retourne
00:33:42dans son arrondissement
00:33:43de naissance à Paris.
00:33:45Celui qui a rempli
00:33:46le stade de France
00:33:47veut s'offrir
00:33:48un nouveau frisson.
00:33:50C'est combien de représentations
00:33:51de Johnny sur ses planches ?
00:33:5272 représentations.
00:33:54Voilà.
00:33:55Ça le comble à chaque fois ?
00:33:56Oui, bien sûr, oui.
00:33:58700 places,
00:33:58un peu plus de 700 places.
00:34:01Pour cette pièce de deux heures,
00:34:03Bernard Murat,
00:34:03le metteur en scène,
00:34:04fera répéter Johnny
00:34:05plusieurs semaines.
00:34:07C'était un stress
00:34:08pour lui quand même
00:34:09d'être sur les plans.
00:34:09Il avait peur,
00:34:10il avait peur, oui.
00:34:11Il avait peur.
00:34:11Mais il a aimé ça.
00:34:12Il a aimé avoir peur
00:34:13de nouveau
00:34:15parce que c'est vrai
00:34:16qu'il n'avait plus tellement
00:34:17le trac
00:34:17quand il chantait
00:34:18devant 10 000 personnes.
00:34:19Ce n'est pas...
00:34:20Voilà.
00:34:21Ce n'est pas la même chose.
00:34:23Pas peur du tout.
00:34:25Mais qui va m'aider
00:34:26à montrer mes cadeaux ?
00:34:28Votre mari d'un jour,
00:34:29va-t-elle faire ?
00:34:30Non, Chicken va les rapporter.
00:34:31Voilà.
00:34:33Ah bah non.
00:34:35La Chicken,
00:34:37il ne va pas faire ça, Chicken.
00:34:39Au théâtre Édouard VII,
00:34:41il joue une pièce
00:34:42de Tennessee Williams.
00:34:44Ce même Tennessee
00:34:45qui en 1985 déjà
00:34:47se rêve en nous
00:34:50avec ses mots à lui
00:34:51inspiré Michel Berger.
00:34:54Quelque chose
00:34:55de Tennessee
00:34:57cette force
00:34:58qui nous pousse
00:34:59vers l'infini
00:35:02Il y a peu d'amour
00:35:04avec tellement d'envie
00:35:07Si peu d'amour
00:35:08avec...
00:35:09À partir du moment
00:35:09où quelqu'un tient
00:35:11aussi longtemps
00:35:14sur scène
00:35:15avec un public,
00:35:17avec une ferveur,
00:35:18avec une capacité
00:35:18de se renouveler,
00:35:20de faire appel
00:35:20à des paroliers différents,
00:35:23chapeau.
00:35:23Là, on dit,
00:35:24voilà,
00:35:24c'est pas simplement
00:35:26un phénomène de foire,
00:35:27c'est un phénomène profond.
00:35:29Les intellos
00:35:30qui ont toujours
00:35:31fredonné Johnny
00:35:32ont probablement
00:35:33fini par l'aimer
00:35:34sans parvenir peut-être
00:35:35à se l'expliquer.
00:35:43Bonjour Jean-Marie Perrier.
00:35:45Bonjour chère Léa.
00:35:46Merci d'avoir accepté
00:35:47notre invitation.
00:35:48Vous êtes le photographe,
00:35:49l'ami de toujours
00:35:50de Johnny Hallyday.
00:35:50Vous avez été
00:35:51pendant longtemps,
00:35:52on va le voir,
00:35:53vous allez nous expliquer
00:35:54dans son premier cercle.
00:35:56Pour parler de Johnny,
00:35:57vous nous avez apporté
00:35:58des photos
00:35:59qui n'ont jamais
00:36:01été publiées.
00:36:01C'est possible,
00:36:02ça existe,
00:36:02des photos de Johnny
00:36:03qu'on ne connaît pas encore ?
00:36:04Celles que j'ai là,
00:36:05non, j'ai l'impression que...
00:36:06Celles-là,
00:36:06depuis les années 60,
00:36:07on ne les a jamais vues nulle part.
00:36:08Non.
00:36:09Alors celles-là,
00:36:10c'est les débuts ?
00:36:12Oui, là,
00:36:12ça c'est en Camargue
00:36:14qu'il est en train
00:36:15de tourner ce film
00:36:17oubliable
00:36:17qui s'appelait
00:36:18D'où viens-tu Johnny ?
00:36:19Il a 4 ans de moins
00:36:20que moi,
00:36:21donc il a 24 peut-être,
00:36:2324, oui.
00:36:24Sylvie aussi,
00:36:25elle est toute jeune
00:36:26et vous immortalisez
00:36:27leur amour.
00:36:29Oui,
00:36:30c'est-à-dire que
00:36:31ce qui est fou,
00:36:32c'est que
00:36:32c'est des mômes
00:36:34qui, à eux deux,
00:36:35représentaient
00:36:35ce qui se passe
00:36:36dans les années 60.
00:36:37Ils veulent être américains,
00:36:39ils veulent avoir une vie
00:36:41en scène,
00:36:41en cinémascope.
00:36:43Oui.
00:36:43C'est ça.
00:36:44Sylvie Vartan,
00:36:45à votre avis,
00:36:45c'est sa plus grande
00:36:46histoire d'amour ?
00:36:48Oui,
00:36:49pour moi,
00:36:49je suis un peu orienté
00:36:51parce que c'est celle
00:36:52que j'ai vue de plus près,
00:36:53c'est celle qui m'a touchée
00:36:54évidemment le plus.
00:36:56Maintenant,
00:36:56histoire d'amour,
00:36:57comprenez,
00:36:58grande histoire d'amour,
00:36:59tout ça,
00:36:59il faut voir,
00:37:00il faut qu'on ait une autre
00:37:01conversation.
00:37:03Alors ça,
00:37:03vous voyez,
00:37:04c'est merveilleux
00:37:04parce que ce que j'aime
00:37:05beaucoup,
00:37:05c'est la tendresse du regard,
00:37:07la tendresse du regard
00:37:08qu'il y a dedans.
00:37:09On dirait un enfant,
00:37:10là.
00:37:10Oui,
00:37:10c'est un mot merveilleux.
00:37:12Et est-ce que ce regard-là,
00:37:13il a continué à l'avoir
00:37:15tout le temps plus tard ?
00:37:17Oui,
00:37:17Toujours,
00:37:17toujours.
00:37:18Mais moi,
00:37:18il m'a ému toute ma vie,
00:37:19ce type-là.
00:37:19Et puis,
00:37:20je me suis marré avec lui.
00:37:21Je me suis marré beaucoup.
00:37:23Troisième photo.
00:37:25Alors ça,
00:37:25c'est très amusant.
00:37:26On dirait James Dean,
00:37:27là.
00:37:27Oui,
00:37:27mais justement,
00:37:27je crois que c'est la première séance
00:37:29qu'on a fait ça.
00:37:30Et alors,
00:37:31lui comme moi,
00:37:32on était,
00:37:32c'est vrai,
00:37:33obsédés par ce premier film
00:37:34qu'on avait vu
00:37:35à l'Est d'Éden.
00:37:36Donc,
00:37:37on s'est marré tout de suite.
00:37:38On a dit,
00:37:38bah tiens,
00:37:39automatiquement,
00:37:40on a fait une séance
00:37:41genre James Dean.
00:37:41Mais en fait,
00:37:42c'était au second degré.
00:37:43Il n'était pas dupe.
00:37:44Il était beau,
00:37:45il était sexy,
00:37:46il était animal.
00:37:48Comment vous le décririez,
00:37:49vous qui les avez tous photographiés ?
00:37:51Qu'est-ce qu'il avait en plus ?
00:37:52Alors,
00:37:52très franchement,
00:37:53ce n'est pas une réponse hypocrite,
00:37:54mais Dieu merci,
00:37:55je ne peux pas vous dire pourquoi.
00:37:57Je ne sais pas,
00:37:57je n'en sais rien.
00:37:58Il était au-dessus du reste,
00:38:00dès le départ.
00:38:01Dès le départ.
00:38:02C'est pour ça que sur cette fameuse photo,
00:38:04je l'avais mis un peu au-dessus.
00:38:04Mais c'est ce que j'allais vous dire
00:38:05sur la photo de Salut les copains.
00:38:06mais j'ai fait exprès.
00:38:07Ils sont tous là
00:38:08et vous le mettez lui
00:38:10sur une échelle.
00:38:11Ils n'étaient pas jaloux,
00:38:12les autres,
00:38:12que seul Johnny était sur les échelles ?
00:38:14Ils n'étaient pas au courant.
00:38:14J'ai fait,
00:38:14bon,
00:38:15je ne voulais pas les vexer.
00:38:16Il y avait tout le monde
00:38:16avec des gens que je connaissais.
00:38:18Il y avait des gens
00:38:18qui vendaient autant de disques
00:38:19que lui,
00:38:21Claude François
00:38:21ou Richard Anthony.
00:38:23C'est bon.
00:38:24Donc,
00:38:24j'avais laissé traîner cette échelle
00:38:25et puis au dernier moment,
00:38:27je lui ai dit,
00:38:27alors qu'il dépassait tout le monde,
00:38:29je lui ai dit,
00:38:29je ne te vois pas bien,
00:38:30tu peux monter d'un cran
00:38:31parce que je voulais
00:38:31qu'il soit au-dessus.
00:38:32C'est marrant ça.
00:38:33Et comme ils étaient tous
00:38:33en train de me regarder,
00:38:34personne n'a vu.
00:38:34Ils l'ont vu après.
00:38:36Bon,
00:38:36ce n'était pas grave.
00:38:36Et tout le monde a compris.
00:38:38Vraiment.
00:38:39Autre photo ?
00:38:40Ah oui,
00:38:40ça c'était,
00:38:41écoutez,
00:38:41c'est un fan
00:38:42qui m'a envoyé cette photo.
00:38:43Vous vous souvenez
00:38:44où vous étiez là ?
00:38:47Aucune idée.
00:38:48Aucune idée.
00:38:48Aucune idée.
00:38:49Vous n'avez pas l'air très frais
00:38:50l'un et l'autre,
00:38:51là.
00:38:51Non,
00:38:52mais lui,
00:38:53il était capable
00:38:54de ne pas dormir
00:38:55pendant trois jours
00:38:55et trois nuits.
00:38:56Ah oui,
00:38:57ça,
00:38:57je l'ai vu.
00:38:58Mais on en a fait
00:38:59des kilomètres comme ça.
00:39:00Et des accidents.
00:39:01Ah oui,
00:39:02ça.
00:39:03Ça,
00:39:04vous voulez dire,
00:39:04le truc où on a failli,
00:39:06on a vraiment failli
00:39:07claquer d'ailleurs.
00:39:08Alors là,
00:39:09il n'avait pas dormi
00:39:10pendant trois jours
00:39:10et trois nuits
00:39:11et il sort de scène
00:39:12à deux heures du matin
00:39:13avec le costard en soie noir,
00:39:15avec les cheveux collés
00:39:16et il me dit,
00:39:17on va à Tarbes.
00:39:20Tarbes-Saint-Tropez,
00:39:21Saint-Tropez-Tarbes,
00:39:22c'est que des nouilles
00:39:22pendant 600 bornes
00:39:23et à l'époque,
00:39:24il n'y a pas d'autoroute.
00:39:25Et il me dit,
00:39:26bon,
00:39:26on y va maintenant.
00:39:27Alors,
00:39:27on monte dans une Lamborghini Miura,
00:39:29je ne sais pas si vous avez
00:39:29déjà vu ce truc-là,
00:39:30c'est un espèce de tombeau
00:39:31sur des roulettes.
00:39:33Et vous êtes allongé,
00:39:34il y a de l'essence jusque-là.
00:39:35Oui,
00:39:36parce que l'essence,
00:39:36c'était devant.
00:39:38Et on part,
00:39:38boum,
00:39:39ça va,
00:39:39250 à l'heure.
00:39:40À l'époque,
00:39:41il n'y a pas de ceinture,
00:39:42il y a,
00:39:42bon,
00:39:42alors hop,
00:39:43il fonce
00:39:43et on passe la nuit comme ça
00:39:44et au petit matin,
00:39:46effectivement,
00:39:47il y a une tâche d'huile,
00:39:49boum,
00:39:49mais on rentre dans un arbre
00:39:50direct à 150 chronos,
00:39:53il sort,
00:39:54moi,
00:39:54j'étais à travers le pare-brise,
00:39:55donc il me faut un petit moment
00:39:57et je le regarde de dos
00:39:58et je le vois de dos,
00:39:59s'éloigner
00:40:01et il est en train de vivre sa mort.
00:40:03Mais lui,
00:40:04il a vie en cinémascope,
00:40:05il a vie comme James Dean,
00:40:06il meurt comme James Dean.
00:40:08Il le pense vraiment.
00:40:09Vous n'avez rien ?
00:40:10Je pense,
00:40:11si,
00:40:11si,
00:40:11moi,
00:40:11je saigne,
00:40:12mais alors,
00:40:12je saigne,
00:40:13j'ai l'air 4,
00:40:14je suis en sang.
00:40:16Bon,
00:40:16alors,
00:40:17je vais vers lui
00:40:18parce que je suis très inquiet
00:40:19parce que je me dis,
00:40:20il est carrément en train de mourir.
00:40:22Il a un steak tartare dans le bide,
00:40:23donc j'avance
00:40:25et il est allongé par terre.
00:40:26Ça,
00:40:27et tout à coup,
00:40:28il ouvre un oeil
00:40:28et il me voit,
00:40:29je suis debout et en sang,
00:40:30il s'assoit,
00:40:31il fait,
00:40:31je n'ai rien.
00:40:33Enfin bon,
00:40:34le soir,
00:40:34il était sur scène.
00:40:35Mais si vous voulez,
00:40:36c'était terrible
00:40:36parce qu'au fond,
00:40:37ça,
00:40:37c'était la mort
00:40:38qu'il aurait voulu.
00:40:39Un mot aujourd'hui,
00:40:41tout le monde se passionne
00:40:42pour évidemment
00:40:42les déchirures
00:40:43de la famille
00:40:44autour de l'héritage.
00:40:46Qu'est-ce que ça vous inspire ?
00:40:50D'abord,
00:40:51est-ce que ça vous surprend ?
00:40:53Les histoires d'héritage,
00:40:54ça ne me surprend pas,
00:40:55c'est que partout,
00:40:55dans toutes les familles,
00:40:56mais c'est jamais au grand jour.
00:40:58Mais bon,
00:40:59avec lui,
00:40:59toute sa vie,
00:40:59il a été au grand jour
00:41:00tout le temps.
00:41:01Donc,
00:41:01ce n'est pas vraiment surprenant.
00:41:03Ce qui me fait vraiment
00:41:03de la peine pour lui,
00:41:04c'est que
00:41:06ça donne une image de lui
00:41:07qu'il n'avait pas.
00:41:09Ça gâche un peu
00:41:11ce que les gens pensent de lui.
00:41:13Pourquoi ?
00:41:14Ce que je n'aime pas
00:41:15dans tout ce qui se passe,
00:41:17le jour de l'enterrement,
00:41:18par exemple,
00:41:19le jour de l'enterrement,
00:41:21moi,
00:41:21ce qui m'a touché,
00:41:22c'est ses vrais amis,
00:41:24voilà,
00:41:24ce qu'on appelle des amis,
00:41:25puisque si vous voulez,
00:41:25le mot ami
00:41:26est très galvaudé
00:41:28dans le métier.
00:41:29Mais dehors,
00:41:30les gens qui sont venus
00:41:32avec les motards,
00:41:33ça,
00:41:33c'était ses amis,
00:41:34parce qu'ils n'avaient rien
00:41:34à attendre de lui.
00:41:35Il n'y avait pas d'échange,
00:41:37il n'y avait rien.
00:41:38Il l'aimait,
00:41:39lui,
00:41:39pour ce qu'il était.
00:41:40Tout le reste,
00:41:41tout le reste m'exaspère.
00:41:43Pourquoi ?
00:41:43Parce que d'abord,
00:41:44j'aurais voulu pour lui
00:41:45qu'on fasse un enterrement
00:41:47comme les Noirs
00:41:48dans le sud de la Louisiane,
00:41:50c'est-à-dire qu'on fasse la fête.
00:41:51Un enterrement
00:41:52qui lui ressemble,
00:41:53c'est-à-dire qu'on rigole,
00:41:54qu'on chante,
00:41:55qu'on fasse de la musique,
00:41:56qu'on danse,
00:41:56qu'on dise des bêtises
00:41:57et qu'on se bourre la gueule.
00:41:58C'est ça que j'aurais voulu pour lui.
00:41:59Ça ne lui ressemblait pas,
00:42:00finalement ?
00:42:00Mais écoutez,
00:42:02c'est très bien,
00:42:03la Madeleine,
00:42:04tout ça,
00:42:04les officiels.
00:42:05Les présidents de la République,
00:42:06les stars,
00:42:07tout ça.
00:42:13l'enterrement de Simone Veil,
00:42:14comprenez ?
00:42:14Ça n'a pas de sens.
00:42:16Alors, il y a le curé
00:42:16qui parle du ciel,
00:42:17moi, je n'y crois pas,
00:42:18donc ça m'énerve.
00:42:19Ensuite, il y a les discours
00:42:20très convenus,
00:42:22ça, puis c'est long.
00:42:22Et puis, il y a les tronches
00:42:23d'enterrement,
00:42:24puis tout le monde qui se sert.
00:42:25Alors, la plupart,
00:42:26ils ne peuvent pas s'encadrer.
00:42:27Donc, non, c'est pas possible.
00:42:28Vous êtes le seul à dire ça.
00:42:30On s'est tous prosternés
00:42:31devant cette cérémonie.
00:42:32Non, c'était très bien organisé.
00:42:34C'était parfait.
00:42:36C'était un peu le bal des fous.
00:42:37Oui, c'est comme tout le monde.
00:42:43Vous êtes sûr de ça ?
00:42:43Oh, ben, c'était pas un mec
00:42:44qui cherchait le respect.
00:42:45Vous voulez être aimé
00:42:46par respecté, c'est ça ?
00:42:49Il voulait vous en mettre
00:42:50plein la tronche
00:42:50parce que vous êtes spectateur,
00:42:52c'est tout.
00:42:52C'était ça, son truc.
00:42:54Bon, et là, sur l'héritage
00:42:56où on se déchie,
00:42:58est-ce que c'est aussi ça, Johnny ?
00:43:00Il fallait s'attendre à ça ?
00:43:01Tout ce que j'ai vu, moi,
00:43:03c'est que quand on m'explique
00:43:06que Johnny a marqué
00:43:08sur un testament
00:43:11qu'il renie deux de ses gosses,
00:43:13je ne le crois pas.
00:43:15Je le connais,
00:43:16je ne le crois pas.
00:43:17Donc vous pensez
00:43:18qu'il a été manipulé ?
00:43:19Tout ce que je vois,
00:43:21c'est que lui,
00:43:23je ne le vois pas
00:43:24faire à deux de ses enfants
00:43:26ce que son père lui avait fait à lui.
00:43:28Parce que c'est ça qui s'est passé.
00:43:29Le père, il l'a viré comme une merde.
00:43:31Il ne fait pas ça avec ses gosses.
00:43:33Ce n'est pas possible.
00:43:34Je ne le crois pas.
00:43:35Alors, il a été malade
00:43:36pendant dix ans
00:43:37d'une façon très lourde
00:43:38avec des traitements très lourds.
00:43:40Alors, peut-être
00:43:41qu'il n'était pas toujours
00:43:41exactement en face.
00:43:43Peut-être qu'il ne l'a pas
00:43:44vraiment réalisé,
00:43:45mais ce n'est pas vrai.
00:43:46Je ne peux pas croire,
00:43:47je ne le crois pas
00:43:48qu'il a dit
00:43:49« Bon, ces deux-là,
00:43:50on les met au placard. »
00:43:51Ce n'est pas vrai.
00:43:52Ce n'est pas possible.
00:43:53C'est absolument impossible.
00:43:54Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:43:56Je ne sais pas.
00:43:57Et mon intention
00:43:58n'est pas du tout
00:44:00de critiquer Laetitia.
00:44:02D'abord, je ne la connais pas.
00:44:03C'est pour ça.
00:44:03Ensuite, c'était
00:44:04« Elle a perdu son mari
00:44:05et les deux gosses. »
00:44:06Ce n'est pas ça le problème.
00:44:07Le problème,
00:44:08c'est que par contre,
00:44:08je voudrais savoir
00:44:10quel est l'avocat américain
00:44:11qui la conseille
00:44:12parce que le mec,
00:44:14il n'a pas inventé
00:44:15le soutien-gorge
00:44:16parce que franchement,
00:44:17c'était tellement simple
00:44:18d'arranger les choses
00:44:19au lieu de la mettre
00:44:20dans cette situation-là
00:44:21qu'elle se retrouve là
00:44:22comme ça, détestée
00:44:23par la France entière.
00:44:25Bon, je ne sais pas qui c'est,
00:44:26mais ce n'est pas Mazarin,
00:44:27un pépère.
00:44:28La dernière photo,
00:44:29Jean-Marie Perrier ?
00:44:30Oui.
00:44:31C'est surtout le sourire.
00:44:33Vous voyez,
00:44:34est-ce que vous avez
00:44:35vu la photo du sourire ?
00:44:36La première.
00:44:38Vous l'avez la première ?
00:44:40On va la remettre.
00:44:41Regardez-moi ce sourire-là.
00:44:43Ce sourire-là,
00:44:44vous voyez,
00:44:46ce n'est pas le sourire
00:44:47d'un type
00:44:48qui est capable de dire
00:44:50« Ah non, moi,
00:44:51deux de mes gosses,
00:44:51ça ne m'intéresse pas. »
00:44:52Je vous jure que c'est faux.
00:44:53Ce n'est pas possible.
00:44:54Ce n'est absolument pas possible.
00:44:57Merci, Jean-Marie Perrier.
00:44:58Je vous en prie.
00:44:58Merci beaucoup.
00:44:59Merci beaucoup.
00:45:03Et si on osait poser
00:45:04la question ?
00:45:06Johnny Hallyday
00:45:07était-il un grand artiste ?
00:45:08Il n'a au fond
00:45:09composé qu'un seul grand tube,
00:45:11toute la musique que je gêne.
00:45:12Il était avant tout
00:45:13un interprète, Johnny.
00:45:15Et il a développé
00:45:16un art propre,
00:45:17celui de performeur,
00:45:18un performeur hors normes.
00:45:20L'art de Johnny,
00:45:21c'est un reportage
00:45:22de Paul Sanfourche.
00:45:26Il y a des disparitions
00:45:28qui sont aussi
00:45:29des révélations.
00:45:32Longtemps boudé
00:45:33par le milieu artistique,
00:45:35Johnny est désormais
00:45:36au panthéon
00:45:37des interprètes français.
00:45:39Nous allons vous montrer
00:45:40pourquoi
00:45:41il était un grand artiste.
00:45:52Ces cordes vocales
00:45:53sont des cordes de ténor
00:45:53puisque de toute façon
00:45:54il atteint même des fois
00:45:55des six bémols.
00:45:58Chanteurs, créateurs, danseurs,
00:46:00eux l'ont toujours défendu.
00:46:02Il garde le bassin,
00:46:03comme ça il peut chanter
00:46:04et il va loin en plus.
00:46:06Un performeur
00:46:07avec lequel
00:46:08ils ont tous rêvé
00:46:09de travailler.
00:46:11quand même Johnny Hallyday
00:46:12c'est un peu
00:46:13une institution.
00:46:15Johnny,
00:46:16tête d'affiche
00:46:17de spectacle grandiose,
00:46:19resté légendaire.
00:46:21Tout le monde
00:46:22voulait être au 98
00:46:23au stade de France
00:46:25pour accompagner
00:46:26Johnny Hallyday
00:46:27et ça se comprend.
00:46:29Ils nous livrent
00:46:30leur regard
00:46:31sur un artiste
00:46:33hors normes.
00:46:41L'art de Johnny
00:46:43c'était d'abord
00:46:44le chant.
00:46:50Une voix si puissante
00:46:51qu'on croirait l'entendre
00:46:53jusqu'en Pologne
00:46:54à Varsovie.
00:46:55Nous y avons rendez-vous
00:46:57avec un autre stentor.
00:47:02Roberto Alagna,
00:47:03le plus célèbre
00:47:04des ténors français
00:47:05en pleine séance photo.
00:47:14Salut !
00:47:14Comment allez-vous ?
00:47:15Eh bien ça va bien.
00:47:16Et vous ?
00:47:17Nous on est un petit peu
00:47:18en speed
00:47:19parce qu'on n'arrive pas.
00:47:20Qu'est-ce qu'on fait
00:47:21de la Varsovie ?
00:47:22On enregistre.
00:47:23Un disque
00:47:23mais c'est secret.
00:47:24D'accord.
00:47:25C'est pas un CD
00:47:26de reprise de Johnny.
00:47:27Ah non, non, non, non.
00:47:28Non, non, ça aurait pu.
00:47:29J'aimerais bien.
00:47:29J'aimerais bien
00:47:30parce que j'adore Johnny.
00:47:32Une passion pour l'idole
00:47:33des jeunes
00:47:34qui remonte à l'enfance
00:47:35de Roberto Alagna.
00:47:37La voix du rockeur
00:47:38l'a toujours fasciné.
00:47:40Alors je voulais vous faire
00:47:41écouter quelque chose.
00:47:42Dans Allumer le feu
00:47:44par exemple
00:47:46où Johnny tutoie les sommets.
00:48:01Comment on fait
00:48:02pour atteindre
00:48:02une telle note
00:48:03techniquement ?
00:48:05Ça, c'est des notes
00:48:06déjà de ténor.
00:48:06Donc c'est des notes aiguës.
00:48:09Ça dépasse les si bémols.
00:48:10Donc déjà,
00:48:11c'est la tessiture de ténor.
00:48:12Je me souviens
00:48:13un jour,
00:48:13on était dans son restaurant
00:48:14et il m'a montré
00:48:15sa façon de respirer.
00:48:16Et il me disait
00:48:17regarde, j'ai appris.
00:48:18Et il travaillait vraiment
00:48:19avec le diaphragme.
00:48:20Comme il avait vraiment...
00:48:21Oui, il me disait
00:48:22touche-moi.
00:48:23Alors je le touchais comme ça
00:48:24et je le voyais
00:48:24que quand il chantait,
00:48:26ce n'était pas un son
00:48:27qui venait de la gorge
00:48:27mais c'était bien appuyé
00:48:29du diaphragme.
00:48:30Voilà, du diaphragme.
00:48:31Donc c'est le vrai son appuyé,
00:48:33soutenu, lyrique.
00:48:34Et pour ça,
00:48:35moi je l'appellerais bien
00:48:36le divo aussi
00:48:37parce que c'est une sorte
00:48:37de divo Johnny.
00:48:40Une voix divine
00:48:42restée puissante
00:48:43jusqu'à la fin
00:48:43grâce à un secret
00:48:44bien connu des ténors.
00:48:45Je vais peut-être enlever ça
00:48:46parce que ça commence
00:48:47à être un peu serré.
00:48:50Appelé couverture
00:48:50qui se passe aussi
00:48:51avec...
00:48:51Démonstration.
00:48:52C'est...
00:48:52Vous faites...
00:48:56C'est ça.
00:48:58Ça, c'est la couverture.
00:48:59Et c'est ça
00:49:00qui permet après de monter.
00:49:01Ouvrir les sons,
00:49:02c'est par exemple,
00:49:03je ne sais pas
00:49:03s'il va faire
00:49:04Il suffira...
00:49:06Ça, c'est ouvert.
00:49:07On peut se casser la voix.
00:49:08Il faut...
00:49:08Il suffira...
00:49:09Il faut le couvrir, le son.
00:49:11Et en couvrant le son,
00:49:13ça permet de maintenir
00:49:15l'instrument en bon état.
00:49:17Pour Roberto Alagna,
00:49:19Johnny, c'est l'interprète complet.
00:49:21Comme dans cette reprise
00:49:23de Diego.
00:49:24Où pour lui,
00:49:25le rockeur
00:49:26prend la dimension
00:49:26d'un tragédien.
00:49:37Là, quand il chante Diego,
00:49:39il joue ce personnage
00:49:40dans cette prison.
00:49:42Il est là.
00:49:43On a toute la souffrance
00:49:45de ce personnage.
00:49:46Elle est sur son visage.
00:49:47On peut la lire.
00:49:48Donc, il est en train de jouer
00:49:49comme nous
00:49:50lorsque nous jouons
00:49:51à un opéra.
00:49:52Si je chante
00:49:53l'air de paillasse,
00:49:54je vais avoir le masque
00:49:55de la comédia de l'art
00:49:56et de ce paillasse.
00:49:57comme ça,
00:49:58qui va se grimer
00:49:59pour chanter sa douleur.
00:50:00Et bien là, on l'a.
00:50:01On a ce personnage.
00:50:03Donc, c'est ça la grâce.
00:50:05Ça, c'est...
00:50:06On ne peut pas apprendre ça.
00:50:09L'art de Johnny,
00:50:12c'est aussi une science
00:50:13du mouvement.
00:50:14À Grenoble,
00:50:16rendez-vous avec
00:50:16l'un des plus grands
00:50:17chorégraphes français,
00:50:19Jean-Claude Galota.
00:50:20Bonjour.
00:50:21Je vous dérange.
00:50:23Bonjour.
00:50:23Ça va ?
00:50:24Oui, impeccable.
00:50:25Voilà, rentrer dans
00:50:26l'univers de la danse.
00:50:27L'univers de Galota.
00:50:285, 6, 7, 8 et...
00:50:31Ce sont aussi bien
00:50:33des créations
00:50:33pour l'opéra de Paris
00:50:35que cette pièce.
00:50:37100% rock'n'roll.
00:50:42Une passion qui remonte
00:50:44à l'enfance du chorégraphe
00:50:45où, devant sa télé,
00:50:49il disséquait
00:50:49le style Hallyday.
00:50:55Oh, trop bien.
00:50:56C'est incroyable.
00:50:57Qu'est-ce qu'il y a de remarquable,
00:50:58justement ?
00:50:59D'abord, il est assez musclé,
00:51:00donc il n'est pas maigre
00:51:02et il est déhanché
00:51:03comme s'il n'y avait pas de muscles.
00:51:06Il garde le bassin,
00:51:07comme ça, il peut chanter
00:51:08et il fait la torsion
00:51:10et il va loin, en plus.
00:51:11Il va très, très loin.
00:51:12Quand on regarde ça,
00:51:13si on est chorégraphe,
00:51:14on dit, mais il a
00:51:15la capacité du danseur.
00:51:17Plus que le billet global,
00:51:19il va tourner,
00:51:20il va s'arrêter,
00:51:21il sait qu'il y a le micro là.
00:51:22Et quand on lève la jambe,
00:51:24on part à l'arrière.
00:51:25Lui, hop,
00:51:26il maîtrise, en fait.
00:51:27Il y a cette puissance
00:51:29et cette facilité
00:51:31étonnante, quoi, étonnante.
00:51:32Non, c'est une bête de scène.
00:51:36Johnny, c'est une de ses obsessions
00:51:38et il a justement
00:51:40envie de tenter quelque chose.
00:51:44Qu'est-ce que vous allez nous mettre ?
00:51:46Alors, je vais mettre
00:51:46Johnny Hallyday
00:51:48dans quelques cris
00:51:50écrits par Françoise Sagan.
00:51:52Alors, vous savez,
00:51:53c'est interdit pour nous
00:51:54de mettre ce genre de musique.
00:51:55Alors, comme c'est interdit,
00:51:56on va le faire.
00:51:58Interdit pas qui ?
00:52:01Par le milieu.
00:52:02Donc, Johnny,
00:52:03avec la danse contemporaine
00:52:04sur des paroles
00:52:04de Françoise Sagan,
00:52:06c'est trop bien, quoi.
00:52:07Eh ben, on essaie.
00:52:08Allez.
00:52:11Et voilà comment
00:52:12des danseurs contemporains
00:52:14se confrontent pour la première fois
00:52:16à du Johnny.
00:52:21Il y a quelques années,
00:52:23Jean-Claude Galotta
00:52:23avait eu un projet fou.
00:52:25Faire danser la star
00:52:27dans un de ses ballets.
00:52:30Malheureusement,
00:52:30pour le fan qu'il est,
00:52:32le projet n'a jamais vu le jour.
00:52:47Le chorégraphe reste pourtant convaincu
00:52:49des talents du rockeur.
00:52:51Voilà.
00:52:52Là, je couperai là.
00:52:53On dirait que c'est fait pour ça.
00:52:58C'est concluant pour vous, là.
00:53:00En tout cas.
00:53:01Ouais, carrément.
00:53:02Ouais, non, ça fait la pêche.
00:53:06Mais quels secrets se cachent
00:53:08derrière l'incroyable énergie
00:53:10de Johnny ?
00:53:12Sur scène,
00:53:14peu d'artistes sont capables
00:53:16de telles démonstrations
00:53:17de force
00:53:18des performances
00:53:20aussi bien artistiques
00:53:23que physiques.
00:53:27Le physique,
00:53:28c'est d'ailleurs le métier
00:53:29d'Hervé Lewis.
00:53:30Bonjour Hervé.
00:53:31Salut.
00:53:32Ça va ?
00:53:32Ouais, très bien.
00:53:33Bon, c'est chez vous, alors ?
00:53:34Ben, ouais, c'est le lieu
00:53:35où on souffre un petit peu.
00:53:37Pendant 20 ans,
00:53:38il a été l'entraîneur personnel
00:53:39du chanteur.
00:53:41Ouais, ça, c'était...
00:53:42C'était avec Johnny
00:53:43à Los Angeles,
00:53:44au Gold Gym de Los Angeles.
00:53:45On avait fait 3 mois d'entraînement
00:53:47tous les jours,
00:53:472 fois 2 heures,
00:53:482 fois 3 heures,
00:53:49ça dépendait des jours.
00:53:50Intense.
00:53:50Intense, ouais, intense.
00:53:52Mais on avait même fait
00:53:53la couverture
00:53:53du monde du muscle.
00:53:54Début des années 90,
00:53:56Johnny cède à la mode
00:53:57du bodybuilding,
00:53:59allant même
00:53:59jusqu'à faire
00:54:00des séries de pompes
00:54:01sur scène.
00:54:03Un style viril,
00:54:04à la Rocky,
00:54:05pour épater son public.
00:54:08à l'époque,
00:54:08à l'époque, c'était révolutionnaire,
00:54:09complètement révolutionnaire.
00:54:10Les chanteurs,
00:54:11même Johnny,
00:54:12il a dit lui-même,
00:54:13il se plantait derrière le micro,
00:54:14puis voilà, il chantait.
00:54:14Lui, non, il a voulu...
00:54:15En fait, lui,
00:54:16ce qu'il voulait,
00:54:16c'est apporter le maximum
00:54:17de choses avec du rêve,
00:54:18avec de l'énergie,
00:54:19avec de la force,
00:54:20avec de l'originalité,
00:54:21avec de l'intensité,
00:54:22tout ça bout à bout.
00:54:23Un spectacle, quoi.
00:54:24Ouais, un vrai spectacle.
00:54:25Grâce à son physique,
00:54:28Johnny avait l'art
00:54:29des entrées fracassantes.
00:54:31Parc des Princes, 1993.
00:54:35Johnny,
00:54:37épaulé par Hervé Lewis
00:54:38et son producteur,
00:54:40Jean-Claude Camus,
00:54:41traverse une foule
00:54:42de 60 000 personnes.
00:54:45On a dit,
00:54:46on y va,
00:54:47donc on a suivi,
00:54:47mais en fait,
00:54:48le problème,
00:54:48c'est que les gens étaient là
00:54:49depuis toute la journée,
00:54:50il n'y avait pas d'air,
00:54:50on ne pouvait pas respirer,
00:54:51on n'avait pas pensé
00:54:52à ce détail-là,
00:54:53et puis on a travaillé
00:54:54et on a traversé la foule
00:54:55et je pense que c'est
00:54:56une des entrées
00:54:56les plus spectaculaires
00:54:57qu'il y a eu dans l'Europe,
00:54:58on a traversé la foule
00:54:59trois soirs de suite.
00:55:00Et c'est une vraie dépense physique aussi.
00:55:02Alors ça,
00:55:02c'est une vraie dépense physique
00:55:03et puis mentale aussi,
00:55:04parce que c'était quand même
00:55:05assez tendu.
00:55:05Et puis arriver à peut-être
00:55:0730 mètres de la scène,
00:55:08c'était bloqué.
00:55:08Tous les gens étaient comme ça,
00:55:09on ne pouvait plus passer.
00:55:10Et après,
00:55:11il faut chanter deux heures.
00:55:12Le fait de s'entraîner
00:55:13un peu comme un sportif
00:55:14de haut niveau,
00:55:15lui rajoutait,
00:55:16d'abord,
00:55:16il était plus à l'aise,
00:55:24de la mise en scène.
00:55:25Johnny savait aussi
00:55:26soigner le décor.
00:55:29Pour ses spectacles,
00:55:30il s'était même offert
00:55:31les services d'un architecte,
00:55:33aujourd'hui retraité
00:55:34en Haute-Savoie.
00:55:36Donc ça,
00:55:37c'est le chalet
00:55:37que vous avez construit.
00:55:38Oui.
00:55:38C'est ça ?
00:55:39Oui, oui.
00:55:40C'est un peu plus simple
00:55:41que le concert
00:55:41du Parc des Princes.
00:55:42Ah oui,
00:55:43complètement plus simple.
00:55:44Luc Delemasure
00:55:45a élaboré les décors
00:55:47de ses concerts
00:55:47pendant 10 ans.
00:55:49Et Johnny savait
00:55:50très précisément
00:55:51ce qu'il voulait.
00:55:52L'architecte
00:55:53découvre à ses dépens
00:55:54dès leur première rencontre
00:55:55pour préparer
00:55:56le Parc des Princes
00:55:57en 93.
00:56:00J'avais pris
00:56:01la Chrysler Tower
00:56:01qui est une tour américaine,
00:56:03toujours référence à l'Amérique.
00:56:05Et je me suis dit
00:56:05je vais lui donner
00:56:06de l'épaisseur
00:56:06donc je vais les coucher
00:56:07dans le stade
00:56:08par rapport à la scène.
00:56:09Donc il regarde,
00:56:10il me regarde comme ça
00:56:11et il me dit
00:56:12mais pourquoi tu me fais
00:56:13un temps plastique ?
00:56:14C'est pas ça le rock'n'roll ?
00:56:16Donc il avait le coup d'œil
00:56:17quand même ?
00:56:17Ah mais complètement.
00:56:18Oui, oui,
00:56:19il a plus que l'œil.
00:56:21Mais dans tous les projets
00:56:22de toute façon,
00:56:22chaque fois qu'il m'a dit
00:56:23un truc,
00:56:24c'était incroyablement précis.
00:56:28Et donc sur ces décors,
00:56:29sur ces scènes grandioses,
00:56:30c'est lui qui avait
00:56:31le dernier mot en fait ?
00:56:32Ah bah toujours.
00:56:33Toujours.
00:56:35Le summum de cette collaboration,
00:56:37c'est le concert
00:56:38du Stade de France 98.
00:56:41Luc a accepté
00:56:42de nous montrer
00:56:42un de ses souvenirs personnels.
00:56:43C'est un document de l'époque,
00:56:46le caméscope aussi,
00:56:47d'époque.
00:56:49Tout est l'époque.
00:56:49Tout est l'époque.
00:56:50Des images inédites
00:56:52où l'on voit le rockeur
00:56:54au travail.
00:57:09Johnny, décontracté,
00:57:11malgré l'important budget
00:57:12du spectacle,
00:57:1360 millions de francs
00:57:14de l'époque.
00:57:18La selle,
00:57:19c'est la taille d'un collège,
00:57:206500 m².
00:57:21Il y avait 300 choristes,
00:57:22il y a plus les choristes
00:57:23de Johnny,
00:57:24il y avait tout
00:57:25l'orchestre symphonique.
00:57:27Enfin voilà.
00:57:27C'est une petite ville en fait
00:57:28que vous construisiez.
00:57:29Ah oui, oui.
00:57:31Au plus près de la star
00:57:32et de ses proches,
00:57:34l'architecte est resté
00:57:35marqué par son charisme.
00:57:37Cette manière bien à lui
00:57:38d'occuper l'espace.
00:57:42Il y a toujours sa clope au bec.
00:57:44On sent un regard perçant.
00:57:46Et voilà,
00:57:47il se dit tiens,
00:57:48le public va être là,
00:57:49qu'est-ce que je vais faire ?
00:57:50Enfin tout son imaginaire
00:57:52à lui est en train
00:57:53de fonctionner.
00:57:54Il y a les sens de l'espace,
00:57:56il sent un peu comme un animal
00:57:58dans un bois,
00:58:00un truc,
00:58:01il a son territoire.
00:58:03Il prenait carrément
00:58:03possession des lieux,
00:58:04c'était le patron.
00:58:07Le concert du Stade de France
00:58:09l'apothéose de l'art à la Johnny.
00:58:16Tout y est.
00:58:18Une arrivée par les airs
00:58:19façon James Bond.
00:58:21Trois heures de son et lumière.
00:58:2440 chansons tous les soirs.
00:58:27Au total,
00:58:30plus de 200 000 spectateurs
00:58:32viennent voir Alidé,
00:58:34le performeur.
00:58:35Sous l'œil aussi
00:58:36d'un autre pro de la baguette.
00:58:39Et ils sont dirigés
00:58:40par M. Olivier Holt.
00:58:44Olivier Holt
00:58:45a dirigé de nombreux orchestres
00:58:47un peu partout en Europe.
00:58:49Et 20 ans plus tard,
00:58:53il reste admiratif
00:58:54devant un tel chef-d'œuvre scénique.
00:59:02qui est très agréable.
00:59:04Ce qui est très agréable,
00:59:05d'accord,
00:59:06pour moi qui vient du monde classique
00:59:07et qui a l'habitude des théâtres,
00:59:09c'est que là,
00:59:11tout est surdimensionné,
00:59:12mais là,
00:59:13tout est très très bien équipé.
00:59:14C'est qu'il y a à peu près
00:59:15les meilleurs partout,
00:59:17que ce soit le son,
00:59:18l'image,
00:59:19l'organisation.
00:59:20Et quand on se réunissait,
00:59:22c'était très vite bien goupillé,
00:59:23vous voyez ce que je veux dire ?
00:59:25Il ne s'agrippait jamais.
00:59:26C'était très impressionnant,
00:59:27vraiment.
00:59:28La touche finale
00:59:29à cet art de la performance,
00:59:32c'est un roi du sur-mesure
00:59:34qui va nous la donner.
00:59:36Pour ses tenues de scène,
00:59:38Johnny faisait appel
00:59:39aux plus grands couturiers,
00:59:41comme Jean-Paul Gauthier.
00:59:42Bonjour.
00:59:43Merci de nous accueillir.
00:59:44Je vous en prie.
00:59:45Donc ici,
00:59:46on est dans le salon couture.
00:59:48Dans son atelier,
00:59:50il a réalisé
00:59:51cinq costumes de scène
00:59:52pour le chanteur.
00:59:53C'était en 2003,
00:59:55avec ce style futuriste.
00:59:57C'était une cape,
00:59:58comme ça,
00:59:59qui l'enveloppait,
01:00:00il apparaissait comme ça,
01:00:01tout en cuir noir,
01:00:02donc tout cuir noir.
01:00:03Et là,
01:00:03regardez là,
01:00:04comment il se tient,
01:00:05écarte les épaules
01:00:06et tout,
01:00:07la position.
01:00:07Il est déjà sur scène.
01:00:08Ouais,
01:00:08il est déjà sur scène.
01:00:09C'est ça qui est quand même
01:00:10assez génial,
01:00:11je trouve, non ?
01:00:12Il y a presque un côté
01:00:12super héros, là.
01:00:13Oh bah totalement,
01:00:14mais c'est un super héros.
01:00:16C'était un super héros.
01:00:17Ça l'est toujours,
01:00:18d'ailleurs,
01:00:18puisqu'il est toujours là,
01:00:19en fin de compte.
01:00:20Quand même,
01:00:21il a de l'allure.
01:00:21Il sait qu'il est regardé,
01:00:23en fin de compte,
01:00:23son métier,
01:00:24c'est de chanter,
01:00:25mais d'être regardé.
01:00:26Pour capter le regard du public,
01:00:29Johnny a su jouer
01:00:29avec les modes.
01:00:32Les plus grands créateurs
01:00:33l'ont habillé,
01:00:35comme Yves Saint-Laurent
01:00:36dans les années 70,
01:00:39ou plus tard,
01:00:40Jean-Claude G3
01:00:41et Léonard.
01:00:43Pas mal d'audace.
01:00:45Il y a certains looks
01:00:45avec le bandeau perlé et tout.
01:00:47Ça, c'est hard.
01:00:50Enfin, jusqu'à un certain point.
01:00:52Alors, je vais vous raconter,
01:00:53ça, c'est une anecdote.
01:00:53J'avais proposé,
01:00:54ceci dit, entre nous,
01:00:55à Johnny,
01:00:56quelque chose qu'il n'a pas pris.
01:00:58C'était un kilt, quand même.
01:00:59Je t'ai dit, en kilt,
01:00:59ça serait pas mal,
01:01:00Johnny en kilt et tout.
01:01:01Bon, ça, ça a été quand même
01:01:02tout de suite écarté
01:01:03sans aucun commentaire.
01:01:05Bon.
01:01:05Est-ce qu'il y a un style,
01:01:06Johnny Hallyday ?
01:01:06Est-ce que c'est quelqu'un
01:01:07qui avait du style ?
01:01:08Ce qui portait très facilement
01:01:09les vêtements
01:01:10et il a suivi un petit peu
01:01:12les modes et les courants.
01:01:14Ce qui est très bien,
01:01:14ce qui est le même
01:01:15d'une superstar, quoi.
01:01:17C'est justement,
01:01:19voir un peu avec l'évolution,
01:01:20l'évolution de la société,
01:01:23des envies,
01:01:24des rêves aussi.
01:01:25C'est ça,
01:01:26il doit incarner le rêve aussi.
01:01:28Ah oui.
01:01:29Plus de 50 ans de carrière
01:01:30à incarner les rêves.
01:01:33Lui n'en avait qu'un seul.
01:01:37Resté sur la scène.
01:01:38Si je ne veux plus sur scène,
01:01:39qu'est-ce que je vais faire ?
01:01:40Je ne sais faire que ça.
01:01:48Bonjour, Clos Lelouch.
01:01:49Bonjour.
01:01:50Merci d'avoir accepté
01:01:51notre invitation.
01:01:52On ne vous présente pas.
01:01:52Vous avez réalisé
01:01:53quelques-uns des films cultes
01:01:54du cinéma français.
01:01:55Un homme et une femme,
01:01:56Itinéraire d'un enfant gâté,
01:01:58entre autres.
01:01:59Mais si on vous a invité
01:02:00aujourd'hui,
01:02:00c'est pour parler de Johnny.
01:02:02Pour parler de Johnny
01:02:03parce que vous êtes le dernier,
01:02:04un des premiers d'abord,
01:02:06et le dernier à avoir filmé
01:02:07de Johnny Hallyday.
01:02:09Oui, oui.
01:02:09J'ai eu cette chance.
01:02:11J'ai fait son tout premier clip.
01:02:14On a pris ça
01:02:15Les Copitone à l'époque.
01:02:16Il avait 16 ans, 17 ans.
01:02:18Et puis,
01:02:18j'ai tourné
01:02:20ses derniers films.
01:02:21Mais quand je dis
01:02:22que vous êtes le tout dernier
01:02:23à l'avoir filmé,
01:02:24c'est que même le jour
01:02:26de cet hommage
01:02:28à la Madeleine,
01:02:29on vous a vu sortir
01:02:31votre portable
01:02:32et filmé autour.
01:02:34Oui.
01:02:34Pourquoi vous avez fait ça ?
01:02:36Parce que d'abord,
01:02:37il y avait un million de gens
01:02:38qui filmaient.
01:02:39Et puis parce que j'avais envie
01:02:41de laisser un petit cadeau
01:02:43aux enfants.
01:02:44J'ai fait ce film pour eux.
01:02:46Voilà.
01:02:47J'ai filmé Johnny
01:02:49pendant toute sa vie.
01:02:50Et ça aurait été dommage
01:02:51que je ne le filme pas
01:02:52ce jour-là.
01:02:53Vous ne vous êtes pas fait engueuler ?
01:02:55Par qui ?
01:02:55Par la famille
01:02:56qui vous a dit
01:02:57mais pourquoi tu filmes
01:02:57à ce moment-là ?
01:02:58Non, au contraire,
01:02:59c'était même
01:03:01ce qu'ils espéraient.
01:03:02Vous y avez pensé avant
01:03:04à filmer,
01:03:04à sortir votre portable
01:03:05ou c'est spontanément
01:03:06quand vous étiez là ?
01:03:07Si vous voulez,
01:03:08je sors mon portable
01:03:09et je vous filme tout de suite.
01:03:10Non, par contre,
01:03:10je veux bien
01:03:10que vous sortiez votre portable
01:03:11et que vous montriez
01:03:12ce que vous avez filmé.
01:03:13Non, mais ça,
01:03:13je ne vous le montrerai pas.
01:03:14Pourquoi ?
01:03:15Parce que c'est pour la famille.
01:03:16Vous ne montrerez jamais
01:03:17ces images que vous avez filmées ?
01:03:19La famille,
01:03:19on fera ce qu'elle veut.
01:03:20Mais ça,
01:03:25chacun sa vie,
01:03:26il y a quelqu'un
01:03:26qui dit à Johnny
01:03:28tu es la France,
01:03:29vous êtes la France.
01:03:30Est-ce que vous diriez
01:03:30que c'était ça Johnny,
01:03:32qu'il était la France ?
01:03:34Oui, je pense
01:03:34qu'à un moment donné,
01:03:35quand on devient une star,
01:03:37on est le reflet
01:03:38de ceux qui vous acclament.
01:03:41Gabin,
01:03:41il y a eu la France de Gabin,
01:03:43il y a eu la France de Belmondo,
01:03:44il y a la France de Depardieu,
01:03:46il y a eu la France
01:03:47de Brigitte Bardot.
01:03:48Je veux dire qu'à un moment donné,
01:03:50une star représente un pays.
01:03:52Un peu à la manière
01:03:52de ce que disait Roland Barth
01:03:53dans les mythologies.
01:03:54Oui, il disait
01:03:55le steak frites,
01:03:56la déesse,
01:03:57c'est une mythologie.
01:03:58Johnny était une mythologie.
01:03:59Oui,
01:04:00oui,
01:04:00et inconsciente.
01:04:01Je veux dire,
01:04:02il n'en était pas conscient.
01:04:03Je veux dire que...
01:04:04Oh, il le savait quand même.
01:04:05Oui, enfin,
01:04:06les autres le disaient.
01:04:07Oui, mais pas lui.
01:04:08Quel acteur il était
01:04:09que le louche ?
01:04:11Johnny,
01:04:11c'était quoi comme acteur ?
01:04:12Ce n'était pas un acteur
01:04:14qui était là
01:04:14pour faire son numéro.
01:04:17Voilà.
01:04:19Quand il faisait un numéro,
01:04:20il n'était pas bon.
01:04:21Moi, j'étais ravi
01:04:22de ce qu'il faisait
01:04:22devant ma caméra.
01:04:23et j'avais ce sentiment
01:04:25de faire du reportage.
01:04:26Quand je prends un acteur,
01:04:28c'est pour lui faire faire
01:04:29ce qu'il sait faire
01:04:29et non pas pour lui faire faire...
01:04:30Et Johnny sait faire Johnny.
01:04:31Voilà.
01:04:32Et personne n'a fait mieux
01:04:33Johnny Hallyday
01:04:34que Johnny Hallyday.
01:04:35Vous permettez que je photographie
01:04:36votre sourire ?
01:04:37Non, non.
01:04:38Je ne suis pas du tout
01:04:38photogénique.
01:04:39Toutes les femmes
01:04:40sont photogéniques
01:04:41quand elles sourient.
01:04:44Vous avez dû
01:04:44en faire sourire beaucoup.
01:04:47J'en avais surtout
01:04:48pleuré beaucoup.
01:04:49Quand on fait
01:04:50ça à l'Ontem,
01:04:51c'est l'histoire
01:04:52d'un homme
01:04:52qui veut
01:04:54réconcilier
01:04:54sa famille,
01:04:55ses filles,
01:04:56etc.
01:04:59Pourquoi tu fais la gueule ?
01:05:00Mais je ne fais pas la gueule.
01:05:03C'est mes filles,
01:05:04tu comprends ?
01:05:04Elles ne seraient pas mieux
01:05:04là à profiter
01:05:05de tout ça avec nous ?
01:05:07J'ai l'impression
01:05:07que vous avez péché.
01:05:08Chaque fois que tu s'appelles
01:05:09la source répondeur,
01:05:11elle raccroche.
01:05:12C'était un peu
01:05:13le cas de Johnny.
01:05:14C'était le mien.
01:05:15C'était notre histoire
01:05:15à tous les dents.
01:05:16Alors pardonnez-moi,
01:05:17mais la transition
01:05:17est toute faite
01:05:18parce que c'est un peu
01:05:19ce qui résonne aujourd'hui
01:05:20avec ses problèmes d'héritage
01:05:22sur un homme
01:05:22qui finalement n'a pas
01:05:23vraiment réussi
01:05:24à réconcilier sa famille.
01:05:26Lui avait le sentiment
01:05:27qu'il avait réussi
01:05:28parce qu'à chaque fois
01:05:29qu'il croisait
01:05:32il leur donnait de l'amour,
01:05:33que ce soit ses copains,
01:05:34ses enfants.
01:05:36Mais vous les connaissez tous.
01:05:37Vous connaissez Laetitia,
01:05:39Laura, David,
01:05:40leur mère,
01:05:41Sylvie Vartan,
01:05:42Nathalie Baye.
01:05:43Qu'est-ce que vous,
01:05:43le louche qui connaissait
01:05:45si bien l'homme,
01:05:46pensez quand vous voyez ça ?
01:05:49Ça, ça le regarde lui.
01:05:52C'est toujours compliqué
01:05:53la famille.
01:05:54Toutes les familles
01:05:55sont compliquées.
01:05:56La seule personne
01:05:57qui pourrait vous répondre
01:05:58aujourd'hui,
01:05:58c'est Johnny.
01:05:59Mais vous êtes triste pour lui
01:06:00quand vous voyez ça ?
01:06:02Non.
01:06:03Non ?
01:06:04Non, parce que
01:06:05ce qui arrive à Johnny
01:06:07en ce moment
01:06:08est arrivé à plein,
01:06:09plein d'autres gens.
01:06:11Donc c'est normal,
01:06:12vous dites ?
01:06:13C'est une saloperie
01:06:15les héritages,
01:06:16en général.
01:06:17Vous comprenez
01:06:18qu'on puisse décider
01:06:19au fond
01:06:19des hérités
01:06:21de ses enfants ?
01:06:22Je ne me prononcerai pas
01:06:24sur ce qui se passe
01:06:25actuellement
01:06:26parce que c'est
01:06:27trop personnel.
01:06:28Voilà, donc moi,
01:06:29je sais que j'ai sept enfants
01:06:32donc j'espère
01:06:33que quand je ne serai plus là,
01:06:36qu'ils se contenteront
01:06:38de mes restes.
01:06:39Voilà.
01:06:41Mais il y a quand même
01:06:41une question qui se pose
01:06:42sur qui aura
01:06:43la garde de l'œuvre
01:06:45quand même.
01:06:45C'est ça aussi
01:06:46qui se joue
01:06:47au-delà de l'argent
01:06:47et de l'héritage ?
01:06:49L'œuvre,
01:06:50c'est le public
01:06:50qui va décider.
01:06:52Ce n'est pas Laetitia,
01:06:53ce n'est pas les enfants,
01:06:54c'est le public.
01:06:56Est-ce qu'ils auront envie
01:06:57de l'écouter ou pas ?
01:06:58Et là,
01:06:58je peux vous dire oui.
01:07:00Vous savez,
01:07:00il y a un seul critique
01:07:01qui compte,
01:07:02c'est le temps qui passe.
01:07:04Il restera, Johnny ?
01:07:05Oui.
01:07:06Le temps qui passe.
01:07:06Dans 30 ans,
01:07:07dans 50 ans,
01:07:07on chantera toujours
01:07:08ces chansons ?
01:07:09Sûr.
01:07:10Merci beaucoup.
01:07:11Merci de nous avoir
01:07:12dit quelques mots
01:07:13sur Johnny Hallyday.
01:07:14Merci que vous.
01:07:17C'est maintenant
01:07:18l'heure de la brigade
01:07:19du stup.
01:07:20Ce soir,
01:07:20Loïc Prigent
01:07:21a fait une découverte.
01:07:22Il y a eu
01:07:22un autre Johnny.
01:07:24Il était américain,
01:07:25il est mort il y a 40 ans
01:07:26et il s'appelait Elvis.
01:07:38Le jour de la mort
01:07:39de Johnny,
01:07:40les journaux du monde entier
01:07:41relatent ce deuil français
01:07:42en cherchant à l'expliquer
01:07:43à leur public.
01:07:44Et ce jour-là,
01:07:45le monde entier
01:07:46va faire la même
01:07:47métaphore artistique.
01:07:49Known as the French Elvis.
01:07:51Known as the French Elvis.
01:07:52Calladay is the French Elvis.
01:07:54The nickname of French Elvis.
01:07:56Le Elvis français est mort.
01:07:58Partout,
01:07:58la même comparaison
01:07:59qui se répète
01:08:00jusqu'à devenir
01:08:01une nouvelle vérité officielle,
01:08:03une révélation
01:08:04pour le public français
01:08:05qui n'avait plus forcément
01:08:06cette notion
01:08:06que oui,
01:08:07sur le fond bâtismal
01:08:08de Johnny Hallyday,
01:08:09il y avait
01:08:10la figure d'Elvis.
01:08:27En replongeant
01:08:28dans les archives,
01:08:29la ressemblance
01:08:30avec l'idole américaine
01:08:31absolue
01:08:31est troublante,
01:08:32flagrante.
01:08:32Ici,
01:08:33on est en 1958.
01:08:35À ce moment-là,
01:08:36Elvis a 23 ans
01:08:37et Johnny en a 15.
01:08:38Et manifestement,
01:08:39Elvis est le modèle.
01:08:41Guitar sèche
01:08:42et blouson en cuir tout neuf
01:08:43et pour le coup,
01:08:44il a 15 ans
01:08:44donc il n'a pas encore eu
01:08:45le temps d'user
01:08:46quoi que ce soit.
01:08:46J'avais la voix
01:08:47qui n'est pas mieux encore.
01:08:49Comme Elvis,
01:08:50Johnny fera des films
01:08:51légers au cinéma.
01:08:53Comme Elvis,
01:08:54Johnny fera des mariages
01:08:55événements.
01:08:56Comme Elvis,
01:08:57il aura un public
01:08:57de fans
01:08:58prêt à se tatouer.
01:08:59Comme Elvis,
01:09:00il aura des statues folles
01:09:01à son effigie.
01:09:02Comme Elvis,
01:09:03une armée de sosies
01:09:04enthousiastes.
01:09:13À noter que les sosies
01:09:14n'imitent que le vieux Johnny.
01:09:16Le jeune Johnny,
01:09:17sexy,
01:09:18sémillant,
01:09:18tout frais,
01:09:19ne les intéresse pas.
01:09:20C'est le vieux Johnny
01:09:21qui a tout traversé,
01:09:22survécu à tout
01:09:23qui les fascine.
01:09:24J'ai aimé son look
01:09:26surtout sur la fin
01:09:27à partir de l'âge
01:09:29de 55 ans.
01:09:31Et je l'ai adapté,
01:09:34adopté.
01:09:35Comme Elvis,
01:09:36Johnny doit se taper
01:09:37son service militaire
01:09:38en public.
01:09:39Comme Elvis,
01:09:40il est devenu symbole
01:09:41de la jeunesse
01:09:41qui se rebelle
01:09:42et ne veut pas penser
01:09:43à des guerres
01:09:43qui, croit-on,
01:09:44ne viendront plus.
01:09:45Et comme Elvis,
01:09:46le pouvoir en place
01:09:47le met en scène
01:09:48en troufion séduisant.
01:09:50Johnny a le droit
01:09:51d'avoir une piaule
01:09:52pour enregistrer sa musique
01:09:53mais en échange,
01:09:54il devra poser en uniforme
01:09:55pour la pochette du disque.
01:09:57Et l'armée le force
01:09:58à escalader des échelles
01:09:59qui ne vont nulle part
01:10:00et à se jeter dans le vide.
01:10:02Johnny va donc reprendre
01:10:03les chansons d'Elvis
01:10:04et va les traduire
01:10:05patiemment en français.
01:10:07Les chansons en anglais
01:10:08d'Elvis
01:10:08vont devenir
01:10:09des chansons en français
01:10:10de Johnny.
01:10:11Amour d'été
01:10:13Love me true
01:10:16All my dreams fulfilled
01:10:21Ce n'est pas fait
01:10:26pour la vie
01:10:30Promise Land d'Elvis
01:10:38est devenu
01:10:38La Terre Promise.
01:10:40Enregistré par Johnny
01:10:40en 2 temps 3 mouvements,
01:10:42Johnny obligé de lire
01:10:42les paroles tapées
01:10:43à la va-vite
01:10:44par moment
01:10:44il chante en yaourt,
01:10:46sans doute un couplet
01:10:46qu'on n'a pas fini
01:10:47de traduire
01:10:47au café d'en face.
01:10:54Johnny va aussi coller
01:10:56à l'imagerie tardive
01:10:57d'Elvis Presley
01:10:58le Elvis bourré
01:10:59de médicaments
01:10:59victime de l'orgie
01:11:00électroménagère américaine
01:11:02en fin de parcours
01:11:03tragique à Las Vegas.
01:11:04Et bien ce Elvis-là,
01:11:05Johnny va l'interpréter aussi
01:11:07à coups de combis blanches
01:11:08pattes d'eff
01:11:09et franges et broderies.
01:11:17Il imitera longtemps Elvis
01:11:18comme ici dans ce duo
01:11:19avec Kim Wilde.
01:11:21Même déhanché,
01:11:22même mouvement de rythme
01:11:23de la main
01:11:23et presque la même voix grave
01:11:26comme un pastiche.
01:11:41Mais regardez Johnny chanter
01:11:43Blue Sweat Shoes
01:11:44qui, oui,
01:11:44est une chanson d'Elvis.
01:11:55Johnny arrive en combi
01:11:56dénime, clouté, sequin,
01:11:58il se recoiffe la banane
01:11:59en maxi volume
01:11:59et jette le peigne au public.
01:12:01Le même mouvement
01:12:02de genoux désarticulé.
01:12:04Et quand il est filmé de dos,
01:12:05on pourrait croire
01:12:06que c'est Elvis
01:12:06prêt à monter dans une Chevrolet
01:12:08pour aller manger
01:12:09un cheeseburger.
01:12:10Mais en fait,
01:12:11il semble le Elvis originel
01:12:12des années 50
01:12:13qu'il a tellement bien étudié
01:12:14et copié
01:12:15qu'il peut le projeter
01:12:16dans les années 70
01:12:17avec des solos de guitare
01:12:19dignes du glam rock.
01:12:20Il est camp
01:12:21et il est trop blond,
01:12:22on dirait David Bowie
01:12:23en train de pasticher Elvis.
01:12:25Comme Elvis est mort
01:12:26à 42 ans,
01:12:28on pourrait dire
01:12:28que Johnny va,
01:12:29à travers lui,
01:12:30faire vivre à Elvis
01:12:31plusieurs décennies de rock.
01:12:33Il fera le punk
01:12:34qu'Elvis n'a pas eu
01:12:35le temps de faire.
01:12:35Il remplira des stades
01:12:37qu'Elvis n'a pas connu.
01:12:38Il fera du cinéma crédible
01:12:39qu'Elvis n'a pas eu
01:12:40le temps de faire.
01:12:47Et il deviendra
01:12:48le biker
01:12:48qu'Elvis n'a pas eu
01:12:50le temps d'être.
01:12:51Mais revenons
01:12:52à ce Johnny-ci
01:12:53en pleine insouciance
01:12:54baby-boom
01:12:55dont la seule inquiétude
01:12:56dans la vie
01:12:56est celle
01:12:57de bien accorder sa guitare.
01:12:59Il est à l'aise,
01:13:00il est heureux,
01:13:01le pétrole ne coûte rien,
01:13:02le chômage n'existe pas.
01:13:03Elvis ne va pas mourir
01:13:05à 42 ans.
01:13:05tout va bien
01:13:06dans le second meilleur
01:13:07pays du monde
01:13:08après l'Amérique.
01:13:09Et j'ai aimé
01:13:09Elvis passé
01:13:10à cause de cette chanson.
01:13:14J'ai besoin de silence.
01:13:15Un peu de silence
01:13:16s'il vous plaît.
01:13:17Il demande du silence
01:13:18mais sans prévenir,
01:13:19enfin,
01:13:20il a prévenu,
01:13:20mais quand même,
01:13:21on ne s'attend pas à ça,
01:13:22sa voix passe en mode
01:13:24velours,
01:13:24en mode Elvis.
01:13:26Oui,
01:13:26ils ont raison,
01:13:27Johnny est le Elvis français.
01:13:56Et voilà,
01:13:57c'est tout pour ce soir.
01:13:58Merci à vous de nous avoir suivis.
01:13:59On se retrouve la semaine prochaine
01:14:01pour un nouveau Stupéfiant.
01:14:03Stupéfiant parce que la culture
01:14:04est une drogue dure.
01:14:05Très belle nuit
01:14:05à tous
01:14:06et à toutes.
01:14:45C'était votre programme
01:14:47avec
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