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Conférence de presse de l’AJP : Mme Élisabeth Borne, députée Ensemble pour la République du Calvados, ancienne Première ministre

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00:19:30et puis sur les mesures évidemment à prendre pour que ça n'arrive plus jamais, ou en tout cas qu
00:19:35'on puisse se dire que tout a été fait pour que ça n'arrive plus.
00:19:38Nous évoquerons aussi bien sûr les principaux dossiers législatifs du moment, ils sont nombreux dans les prochaines semaines,
00:19:44ce matin notamment le projet de loi de justice criminelle de Gérald Darmanin qui a été rejeté en commission,
00:19:50et puis bien sûr avec vous qui avez été Premier ministre d'Emmanuel Macron après sa réélection en 2022,
00:19:56nous essaierons de tirer les premiers enseignements des deux quinquennats du président,
00:20:01et puis de tracer des perspectives en vue de 2027, notamment à travers ce que vous avez écrit dans votre
00:20:07livre « Réveillons-nous ».
00:20:09Voilà, quelques mots encore avant de commencer pour vous rappeler que notre rencontre est retransmise sur le portail vidéo internet
00:20:14de l'Assemblée nationale,
00:20:15que vous pouvez ensuite retrouver la rencontre sur ce portail vidéo et sur le site de l'AJP.
00:20:19Un live tweet est par ailleurs assuré par notre ami Stanislas Noyer sur le compte de l'AJP,
00:20:24et tout de suite je laisse la parole à Chantal Didier avec qui j'ai comme toujours le plaisir d
00:20:28'animer cette rencontre
00:20:29pour une première question justement sur cette triste affaire Liana.
00:20:34Oui, bonjour Madame la Première Ministre.
00:20:36Donc cette affaire Liana suscite un émoi et une colère légitimes.
00:20:41Des enquêtes administratives ont été mises en route.
00:20:45Qu'attendez-vous de ces enquêtes ? Pensez-vous qu'elles vont effectivement démontrer une chaîne de défaillance,
00:20:53comme on dit ces jours-ci ?
00:20:58Alors d'abord, je pense qu'on est face à un drame épouvantable,
00:21:03et je pense que ça appelle à beaucoup de retenue par respect pour la famille et des proches de Liana.
00:21:11Sans oublier aussi la petite fille qui a été victime de viols dont la maman a déposé plainte au mois
00:21:20d'août dernier.
00:21:21Donc on est sur des situations absolument dramatiques.
00:21:23Et moi je le redis, je pense que ça devrait appeler chacun à de la retenue.
00:21:28Si le gouvernement a demandé des enquêtes administratives,
00:21:33c'est qu'il a manifestement des bonnes raisons de penser qu'il y a eu,
00:21:37au-delà de sujets plus structurels sur lesquels on pourra revenir,
00:21:41qu'il y a eu en effet des défaillances.
00:21:43Quand on voit qu'une plainte a été déposée, je le disais, au mois d'août,
00:21:49que tous les éléments pour démontrer la réalité du viol dont a été victime la petite Rosa étaient dans le
00:21:58dossier,
00:21:59personne ne peut comprendre que le suspect n'ait même pas été entendu.
00:22:05Donc au-delà des questions générales qu'on peut se poser sur la façon dont on prend en charge les
00:22:12mineures victimes de violences,
00:22:14et peut-être ça vaudra la peine qu'on y revienne parce que c'est un sujet sur lequel naturellement
00:22:19on a essayé d'agir ces dernières années
00:22:22pour améliorer l'écoute des enfants victimes de violences.
00:22:28Mais donc au-delà de ces questions plus générales sur lesquelles on doit toujours progresser,
00:22:35je pense qu'en l'occurrence, manifestement, il y a eu des dysfonctionnements
00:22:39et c'est ce que l'enquête administrative des trois inspections pourra établir.
00:22:43Est-ce que, bon, la réaction assez traditionnelle est de dire, bon, la justice manque de moyens.
00:22:50Dès qu'il y a un problème, c'est faute de moyens.
00:22:52Est-ce qu'en l'occurrence, c'est vraiment faute de moyens ?
00:22:57Enfin, je pense qu'il faut distinguer deux choses.
00:22:59Le fait qu'il y ait pu y avoir des dysfonctionnements,
00:23:02des décisions qui n'étaient pas pertinentes dans la gestion de ce dossier,
00:23:10et le fait que, par ailleurs, il est avéré que la justice manque de moyens.
00:23:17Quand on se compare aux autres pays, je pense que ça mérite d'être dit,
00:23:21parce que moi j'entends beaucoup de critiques à nouveau contre la justice.
00:23:25Il faut que quand même chacun ait en tête qu'au regard de notre population,
00:23:30on a deux fois moins de magistrats que la moyenne européenne
00:23:33et quatre fois moins de procureurs.
00:23:37Donc oui, la justice manque de moyens.
00:23:39C'est bien pour ça qu'on a engagé une augmentation des moyens de la justice.
00:23:45Et je rappelle, pour tous ceux qui peuvent critiquer les politiques menées ces dernières années,
00:23:50qu'on aura augmenté de plus de 50% les moyens de la justice en 2027
00:23:56par rapport à ce qu'il y avait en 2017.
00:23:57Donc manifestement, dans un pays dans lequel, en général, on ne lésine pas sur la dépense publique,
00:24:03on doit avoir une dépense publique qui bat les records à l'échelle de la planète.
00:24:08Et pour autant, la justice en France est sous-dotée.
00:24:12Je pense que ça mérite d'être dit.
00:24:13Et que quand on adresse des critiques générales à la justice,
00:24:17il faut avoir en tête que la justice est sous-dotée
00:24:20et que par ailleurs, les outils informatiques,
00:24:22pour lesquels là aussi, on a engagé des plans de modernisation,
00:24:25mais malheureusement, tout ça ne se fait pas en quelques années,
00:24:30de rattraper tout ce retard.
00:24:31La justice est sous-dotée et la justice est mal armée en termes de moyens informatiques.
00:24:37Je pense que c'est la réalité de notre pays.
00:24:40Effectivement, la question des défaillances éventuelles et des moyens n'est pas forcément contradictoire.
00:24:45Est-ce que vous faites partie par ailleurs de celles et ceux qui considèrent qu'il faut renforcer l'arsenal
00:24:50législatif ?
00:24:51Il y a un projet de loi qui va arriver sur la protection des enfants,
00:24:54une proposition de loi intégrale qui devrait, elle, arriver sur les violences sexuelles et sexistes
00:25:00envers les enfants et les femmes.
00:25:03Est-ce que, sans qu'on sache vraiment d'ailleurs si ça aurait changé quelque chose dans cette affaire spécifiquement,
00:25:07vous considérez que c'est un sujet sur lequel il faut encore muscler la réponse législative ?
00:25:13Vous savez, je pense que ça me paraîtrait utile de partir de fait, de regarder où on en est dans
00:25:26les décisions qui avaient été annoncées.
00:25:28Par exemple, on avait demandé, c'était au moment du Grenelle des violences conjugales,
00:25:34une formation de tous les policiers et de tous les gendarmes pour mieux recueillir la parole des femmes victimes de
00:25:40violences et des enfants.
00:25:42Bon, où en est-on dans cette formation ?
00:25:44Manifestement, il y a un certain nombre de cas où on peut se dire que la parole n'a pas
00:25:49été bien recueillie.
00:25:50Ce n'est pas le cas, en l'occurrence, dans le drame qui nous occupe.
00:25:55Et je pense qu'on peut aussi se rappeler qu'on a créé des unités d'accueil pédiatrique enfants en
00:26:03danger
00:26:04et que c'est précisément dans une de ces unités que la petite Rosa a pu être entendue.
00:26:11Et c'est ce qui a permis sans doute aussi de bien recueillir les éléments nécessaires à l'instruction de
00:26:18la plainte qui avait été déposée.
00:26:19Donc je pense que n'oublions pas qu'il y a un certain nombre d'avancées qui ont été réalisées.
00:26:24Ensuite, personne ne peut dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas des mesures complémentaires à prendre.
00:26:30Je pense qu'on a vraiment aussi à s'occuper, avant de faire des nouvelles annonces, de la mise en
00:26:36œuvre de ce qui a été annoncé.
00:26:38Et on voit aussi qu'il y a un enjeu, et c'est ce que porte la loi intégrale, pour
00:26:43avoir une bonne coordination de tous ceux qui doivent agir autour de l'enfant, de l'école.
00:26:49Parce que, notamment à l'occasion des programmes d'éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité,
00:26:56que moi j'ai souhaité d'abord inscrire dans le cadre d'un programme et généraliser depuis la dernière rentrée,
00:27:02on rappelle à l'enfant ce qui est normal et ce qui ne l'est pas, et donc ça veut
00:27:07dire qu'il faut que l'école se mette ensuite en situation de recueillir cette parole.
00:27:12Évidemment, on a le rôle des conseils départementaux en charge de la protection de l'enfance,
00:27:16et on doit attendre des forces de l'ordre qu'elles soient capables d'entendre la parole des victimes.
00:27:23Mais je pense que cet enjeu qui est porté par la loi intégrale, de dire que ça doit être une
00:27:27politique globale,
00:27:28et il faut veiller à la bonne coordination de tous les acteurs qui doivent intervenir sur ces sujets dramatiques,
00:27:34me paraît effectivement une bonne idée.
00:27:37Jannick.
00:27:38Merci. Bonjour.
00:27:40Deux questions. Est-ce que vous êtes pour l'imprescriptibilité des violences, des viols, des agressions, enfin, contre les mineurs,
00:27:49comme certains le demandent ?
00:27:51Et deuxième question, est-ce que comme pour l'affaire du sang contaminé, vous êtes pour la mise en cause
00:27:56de la responsabilité politique du ministre compétent,
00:27:59en l'occurrence Gérard Darmanin ?
00:28:03Vous savez que la question de l'imprescriptibilité et de façon générale la prescription, c'est un sujet qui est
00:28:10extrêmement sensible.
00:28:11Je pense que ça mérite d'être regardé de façon générale.
00:28:15Vous savez que sur les agressions sur mineurs, il y a déjà des règles qui font que la prescription ne
00:28:22court qu'à partir de la majorité de la personne,
00:28:25pour une durée de 30 ans, que par ailleurs on a introduit la notion de prescription glissante, qui peut sans
00:28:31doute être renforcée.
00:28:33Et quand on aborde des sujets d'imprescriptibilité qui sont réservés aujourd'hui aux crimes contre l'humanité,
00:28:38je pense que ça mérite qu'on l'aborde avec une vision globale sur d'autres drames qui pourraient justifier
00:28:47aussi de réfléchir au délai de prescription.
00:28:52Donc je pense que sur ces sujets extrêmement sensibles, qui par ailleurs tangente des problèmes constitutionnels,
00:28:58c'est important d'avoir une vision d'ensemble et de ne pas ouvrir de façon cloisonnée les réflexions sur
00:29:05le sujet.
00:29:06Ensuite, je pense que les responsables politiques, naturellement, ils doivent rendre compte de ce qu'ils ont fait.
00:29:11En l'occurrence, je pense que les enquêtes administratives pourront le montrer.
00:29:18Si on a des défaillances humaines dans le traitement d'un dossier, je pense qu'on peut toujours aller chercher
00:29:26la responsabilité des ministres.
00:29:28Mais en l'occurrence, je ne crois pas qu'on fasse progresser des choses si on vient rechercher la responsabilité
00:29:33d'un ministre.
00:29:34Je vous dis, évidemment, personne ne peut dire qu'il ne faut pas continuer à progresser.
00:29:43Ayons quand même en tête ce qui a pu être fait ces dernières années, y compris les lois qui ont
00:29:49pu être votées précisément pour protéger les enfants victimes de violences.
00:29:53Là aussi, je ne dis pas du tout, et c'est le sens du texte sur la protection de l
00:29:58'enfance que présente le gouvernement, qui traitera une partie de ces sujets,
00:30:02qui naturellement n'est pas la révolution que certains peuvent appeler de leur vœu sur ces problèmes de protection de
00:30:10l'enfance.
00:30:10Mais enfin, en tout cas, voilà, je pense que distinguons à la fois ce qui doit continuer à être amélioré,
00:30:18de dysfonctionnements qui ont pu intervenir et être à l'origine du drame qui s'est produit,
00:30:24et de la responsabilité qu'un ministre a en tant que responsable de son administration.
00:30:30Nicolas.
00:30:31Oui, deux questions, si vous permettez. La première, qu'est-ce qui fait qu'en Espagne, on a pu réussir
00:30:38à faire reculer les violences contre les femmes et contre les enfants, d'ailleurs,
00:30:42et qu'on n'y soit pas parvenu en France ? C'est la première question. La seconde, vous avez
00:30:47vu sans doute ce contraste, l'écrasante majorité des violences sexuelles sont commises par les hommes.
00:30:54Dans la rue, hier, on a vu très peu d'hommes. Qu'est-ce que ça vous inspire, ce contraste
00:30:59?
00:31:01Écoutez, ce que ça m'inspire, c'est peut-être que contrairement à ce qui se passe en Espagne, il
00:31:07n'y a pas aujourd'hui en France une prise de conscience globale de la société sur la gravité de
00:31:14ces violences contre les femmes et contre les enfants.
00:31:17Et je pense que l'Espagne, qui s'est engagée dix ans avant nous dans une politique globale de lutte
00:31:22contre les violences faites aux femmes, manifestement, les mentalités ont davantage bougé en Espagne qu'elles ne peuvent avoir bougé
00:31:29chez nous.
00:31:30Et je pense que c'est tout l'enjeu, c'est d'avoir un véritable changement d'état d'esprit
00:31:36pour que chacun se sente concerné par ces problèmes de violence, que chacun se sente aussi le devoir d'alerter
00:31:47quand on sait qu'on a un voisin qui peut être auteur de violences conjugales ou de violences sur ses
00:31:53enfants.
00:31:54C'est une mobilisation de l'ensemble de la société. Est-ce qu'on est en train de progresser ?
00:31:59Je l'espère. Mais vous voyez, moi, je note aussi que quand vous regardez la prolifération, l'accès facilité à
00:32:09des contenus pornographiques,
00:32:10par exemple pour les très jeunes enfants, je crois que c'est un enfant, un garçon sur deux de 12
00:32:16-13 ans qui consulte mensuellement des contenus pornographiques.
00:32:21Donc ça ne doit pas nous rassurer. Et je pense qu'on a besoin pour avancer, que l'ensemble de
00:32:27la société s'empare de ces sujets et puis qu'on puisse aussi s'attaquer à tout ce qui,
00:32:33à la racine, peut alimenter cette violence qui s'exerce sur les enfants et sur les femmes.
00:32:41Pour cette prise de conscience, vous diriez que ça doit être l'un des sujets de 2027 pour qu'il
00:32:48y ait un effet peut-être de choc dans l'opinion,
00:32:51au-delà des événements malheureux comme la mort de l'INA qui réveille les consciences. Et puis finalement, ensuite, les
00:32:57choses ne bougent peut-être pas suffisamment
00:33:00dans la société. Il y a eu beaucoup de travaux à l'Assemblée nationale depuis ces dernières années, des commissions
00:33:06d'enquête sur les violences dans le cinéma,
00:33:08sur l'inceste en ce moment qui termine ces travaux. Il y a eu beaucoup de lois votées aussi, notamment
00:33:13l'ordonnance de protection pour les femmes victimes de violences
00:33:18à l'intérieur de leur famille et qui devraient être déclinées d'ailleurs pour les enfants prochainement. Est-ce que
00:33:24ça doit faire partie des sujets qui structurent le débat politique
00:33:27dans les prochains mois selon vous ? Je pense que sur ces questions, enfin sur les enjeux de sécurité, de
00:33:34protection de nos concitoyens,
00:33:37il y a quelques thèmes qui me paraissent majeurs, parmi lesquels effectivement les violences sur les femmes et les violences
00:33:44sur les enfants.
00:33:45Je pense que ça n'est pas d'ici la fin du quinquennat qu'on réglera les problèmes de protection
00:33:50de l'enfance.
00:33:51C'est clairement pour moi des sujets qui doivent être abordés dans une vision globale, y compris avec ces questions
00:33:58effectivement de violences sur enfants.
00:34:00Donc je pense que ça fait vraiment partie des sujets sur lesquels on a besoin d'avoir une politique globale
00:34:06sur plusieurs années.
00:34:09Je le redis, ce sont des sujets structurels. Si l'Espagne a progressé, c'est grâce à une politique globale
00:34:18qui a été lancée il y a une vingtaine d'années.
00:34:20Et je pense que c'est nécessaire aussi dans notre pays.
00:34:30Est-ce que vous iriez jusqu'à dire, parce qu'aujourd'hui c'est un sujet qui est dispersé, disons,
00:34:35entre plusieurs ministères,
00:34:37la question des violences envers les enfants, les femmes, les violences sexuelles et sexistes,
00:34:41est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à créer un ministère qui soit capable d'homogénéiser l'ensemble des politiques
00:34:46menées sur ce sujet ?
00:34:48— Alors ce dont je suis convaincu... Enfin d'abord, dans mes gouvernements, il y avait une secrétaire d'État
00:34:55à l'enfance.
00:34:56Et je pense que ça n'est pas inutile quand on voit les difficultés et les drames auxquels on peut
00:35:03être confronté.
00:35:04Et je suis convaincu qu'il y a besoin en tout cas d'une très forte coordination entre les différents
00:35:13ministères dans ces domaines.
00:35:14— Naturellement, il n'y a pas que les ministères qui sont concernés avec le rôle, notamment, des départements sur
00:35:20la protection de l'enfance.
00:35:21Mais je pense que c'est certainement des politiques sur lesquelles on ne peut progresser qu'en ayant une vision
00:35:27globale et en coordonnant l'ensemble des acteurs.
00:35:30— Alors si on a bien compris, il faut se réveiller sur ce sujet-là. Réveillons-nous. C'est aussi
00:35:34le titre de votre livre sorti, publié récemment.
00:35:38— Est-ce que ce titre veut dire que peut-être au fil des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, le
00:35:48pouvoir s'est un peu assoupi en ne prenant pas peut-être un certain nombre de décisions essentielles pour l
00:35:56'avenir du pays ?
00:35:57Si on vous comprend bien, le prochain quinquennat s'annonce de certaine façon difficile dans les décisions à prendre.
00:36:05Vous expliquez que la situation n'est pas désespérée, mais qu'attention, on n'est quand même pas loin de
00:36:12difficultés qui pourraient plomber durablement l'avenir du pays.
00:36:16— Alors ça n'était pas le sens du réveillons-nous. Le réveillons-nous, il est plus sur le fait
00:36:21qu'on a un contexte...
00:36:23— Je pense qu'il est indispensable que chacun prenne conscience de l'ampleur des défis à la fois au
00:36:29plan international avec une multiplication de crises,
00:36:33le retour des guerres, avec le dérèglement climatique qui est toujours là, et puis des difficultés propres à notre pays,
00:36:41notamment sur le fait que nous ne créons pas assez de richesses et que si on veut continuer à financer
00:36:46un modèle social très généreux,
00:36:48— ça pose la question de la façon dont nous pouvons collectivement créer plus de richesses.
00:36:52Ça pose aussi la question de la part qu'on pense que ce modèle social doit capter dans les richesses
00:37:02qui sont créées.
00:37:03— Je pense que la discussion que vous avez certainement suivie sur le dernier budget a été très illustrative de
00:37:10ce point de vue-là,
00:37:11puisqu'on a commencé par débattre du budget de la sécurité sociale, dont on ne peut pas dire qu'il
00:37:16est atterri à l'endroit qui était escompté initialement.
00:37:20Donc finalement, on voit qu'on a consacré beaucoup plus de nos ressources au financement de notre protection sociale.
00:37:26Et puis quand on a abordé le budget de l'État, c'est-à-dire le budget dans lequel on
00:37:29investit pour notre sécurité, pour notre défense,
00:37:33pour l'éducation, l'innovation, la recherche, la transition écologique, il n'y a plus d'argent.
00:37:38Bon, est-ce que c'est ça qu'on veut pour notre pays ? Ou est-ce que collectivement, on
00:37:42peut se dire qu'on doit absolument arriver à contenir notre dépense sociale
00:37:47pour se dégager dans un contexte où on a par ailleurs une charge de la dette qui pèse très fortement
00:37:55dans nos dépenses ?
00:37:56Donc est-ce qu'on est prêt, collectivement, dans notre pays, à se dégager des marges de manœuvre pour préparer
00:38:03l'avenir ?
00:38:03Et je pense que c'est un débat important pour la prochaine présidentielle.
00:38:07— De ce point de vue-là, le rapport du corps, qui devrait être voté et publié demain, mais qui
00:38:13a déjà assez largement fuité,
00:38:16vous paraît porteur d'enseignement. On sait la réforme que vous avez réussi à faire passer non sans difficulté à
00:38:23l'Assemblée nationale
00:38:24lorsque vous avez été première ministre. Réforme qui est suspendue jusqu'en 2027, mais la question va sans doute se
00:38:30reposer
00:38:30avec d'autant plus d'acuité après 2027. Sur cette question des retraites, ça fait partie des choses sur lesquelles
00:38:39on a finalement
00:38:40peut-être un peu coincées au cours de ce quinquennat et qu'il va falloir reprendre avec d'autant plus
00:38:45d'énergie.
00:38:46— Vous savez, le rapport du corps, il documente de façon plus précise, mais il rappelle une évidence.
00:38:55On a une espérance de vie qui s'allonge. On n'est pas dans une période où la population active
00:39:03augmente de façon très substantielle.
00:39:06Donc le rapport entre le nombre d'actifs et le nombre de retraités ne cesse de se dégrader.
00:39:12Et si on veut continuer à financer une retraite par répartition, il n'y a pas de doute.
00:39:17Comme tous nos voisins, il faut que ceux qui le peuvent, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas
00:39:22été victimes d'usure professionnelle,
00:39:25qui n'ont pas travaillé dans des métiers pénibles, travaillent progressivement plus longtemps.
00:39:30Donc je pense que c'est une évidence. Alors ensuite, certains peuvent nous dire qu'il y a d'autres
00:39:35solutions.
00:39:35Il n'y a qu'à taxer les riches. Il n'y a qu'à augmenter les cotisations.
00:39:41Augmenter les cotisations, on sait très bien qu'on détruit de l'emploi.
00:39:44Donc on ne réglera pas le problème de cette façon.
00:39:47Et donc je pense qu'il faut qu'on puisse avoir un débat le plus apaisé possible sur la nécessité
00:39:54collectivement de travailler davantage.
00:39:56Ça passe par la retraite.
00:39:57Ça peut passer par le taux d'emploi des...
00:40:01Vous savez que notre pays se singularise aussi par la faible part des jeunes qui ont un travail, notamment sur
00:40:07la tranche 20-25 ans,
00:40:09par la faible part des seniors sur la part 60-64 ans qui ont un emploi.
00:40:15Si on ne se retrousse pas les manches et si on ne prend pas ce problème à bras le corps,
00:40:20je pense que ça n'annonce pas des jours formidables pour notre pays.
00:40:24Donc c'est un débat qu'il faut avoir, a fortiori dans un contexte où par ailleurs,
00:40:28on sait qu'avec le vieillissement de la population, il y a forcément une tendance naturelle des dépenses de santé
00:40:34à augmenter.
00:40:35Alors depuis 2017, je rappelle qu'on consacre 80 milliards d'euros de plus à nos dépenses de santé.
00:40:41Donc on voit qu'on a aussi un enjeu majeur d'efficacité de la dépense publique,
00:40:46parce que je ne pense pas que nos concitoyens perçoivent qu'il y a 80 milliards d'euros de plus
00:40:51pour la santé
00:40:51et que beaucoup continuent à avoir des difficultés pour accéder à un médecin, a fortiori à un spécialiste,
00:40:58même si je note que dans certains territoires, et c'est le cas de ma circonscription,
00:41:03des maisons de santé voient le jour et que ça mériterait aussi d'être dit.
00:41:07Et peut-être dire que, vous voyez, je pense qu'on souffre beaucoup, j'aborde la question de l'efficacité
00:41:12de l'action publique dans mon livre,
00:41:13parce que je pense qu'on aura du mal à progresser si on continue à ne pas évaluer les politiques
00:41:21qu'on lance
00:41:21et si on est incapable de rendre compte à nos concitoyens des progrès qui sont accomplis ou non.
00:41:28Et si les politiques ne marchent pas, il y a lieu de se poser la question de les réorienter.
00:41:35Mais si on ne pilote pas de façon, voilà, avec plus de rigueur et d'efficacité nos politiques publiques,
00:41:41et si on ne gère pas de façon plus efficace les ressources qu'on consacre à ces politiques,
00:41:47je pense qu'il y a du souci à se faire.
00:41:49Frédéric.
00:41:49La dernière réforme des retraites, c'est vous qui l'avez portée, c'est votre bilan.
00:41:54On a le sentiment que, dans la campagne présidentielle qui a commencé,
00:41:57ce bilan n'est pas tellement défendu par les différents candidats, y compris au sein du bloc central.
00:42:03Est-ce que vous regrettez cette absence de défense du bilan, le vôtre,
00:42:07et celui plus généralement des autres premiers ministres d'Emmanuel Macron ?
00:42:11Et quelle voie vous allez porter, justement, dans la campagne présidentielle pour faire avancer ces sujets dont vous parlez à
00:42:18l'instant,
00:42:19et notamment aussi défendre le bilan des deux derniers quinquennats ?
00:42:24Écoutez, moi, je pense que c'est indispensable de faire le bilan de ce qui a été fait,
00:42:30de ce qui a marché et de ce qui n'a pas marché.
00:42:33D'abord parce que ça ferait peut-être du bien à notre morale de se dire qu'il y a
00:42:36des choses qui ont marché.
00:42:38On peut penser à l'attractivité, on peut penser à la création d'emplois,
00:42:42on peut penser aux résultats qu'on a obtenus sur la transition écologique,
00:42:48où on a doublé le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre,
00:42:53et on a à nouveau commencé à le doubler sur le début de ce quinquennat.
00:42:59Mais je pense que c'est indispensable, y compris si on veut faire des propositions pertinentes,
00:43:05de voir ce qui a marché et ce qui n'a pas marché.
00:43:07Donc oui, moi, je vais m'efforcer de parler de ces sujets,
00:43:13y compris, vous voyez, j'aborde dans mon livre la question du pouvoir d'achat.
00:43:17Je pense que c'est intéressant d'avoir en tête que l'idée de départ en 2017
00:43:21était de se dire qu'en faisant baisser le chômage,
00:43:24en permettant à plus de nos concitoyens d'accéder à un emploi,
00:43:30on apporterait une réponse à ces questions de pouvoir d'achat.
00:43:33On voit que ça reste la préoccupation numéro un des Français.
00:43:37Donc ça veut dire qu'il faut en tirer les conséquences,
00:43:41sans doute sur le fait d'arrêter de vouloir financer l'ensemble de notre protection sociale
00:43:46par des cotisations assises sur le travail.
00:43:49Je pense qu'il y a un assez large accord sur le fait que ce modèle
00:43:54qui est issu du lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
00:43:59où on avait des actifs, peu de chômage, peu de retraités,
00:44:03doit être repensé, mais plus fondamentalement sur la nécessité aussi
00:44:08de se préoccuper de la qualité des emplois que notre économie peut créer,
00:44:14donc de soutenir de l'innovation, de soutenir la réindustrialisation du pays
00:44:18comme on a pu commencer à le faire.
00:44:20Mais ce sont des politiques de long terme sur lesquelles
00:44:22je pense qu'un peu de continuité dans l'action est absolument indispensable.
00:44:26Jacques.
00:44:27Oui, en mai 2025, vous avez déclaré que vous envisagez éventuellement
00:44:33d'être candidate à la présidence de la République.
00:44:36Je voulais savoir sur votre cheminement où vous en êtes.
00:44:39Et deuxièmement, que pensez-vous de ce duel qui est annoncé
00:44:43dans le bloc central entre Gabriel Attal et Édouard Philippe ?
00:44:48Alors j'avais dû dire qu'à un moment où chacun se présente,
00:44:52et on l'a vu encore hier, se pense légitime à être candidat
00:44:57à la présidence de la République, je ne voyais pas très bien
00:44:59pourquoi je me sentirais moins légitime que d'autres.
00:45:01Mais je pense que ce n'est vraiment pas le sujet du moment.
00:45:04Je pense qu'aujourd'hui, on assiste à une multiplication de candidatures
00:45:07entre les extrêmes et que peut-être qu'il faut davantage s'attacher
00:45:11à proposer un projet, précisément à faire le bilan de ce qui a marché
00:45:16et de ce qui n'a pas marché, pour proposer sur des bases construites
00:45:22des réponses aux préoccupations de nos concitoyens.
00:45:28Moi, je le dis aussi dans le livre.
00:45:29Moi, je pense que finalement, notre vie politique est marquée
00:45:34par l'élection présidentielle où on continuait à vouloir rechercher
00:45:40l'homme providentiel qui va régler tous les problèmes du pays.
00:45:43Moi, je n'y crois pas du tout.
00:45:45Vous voyez, je n'y crois pas du tout.
00:45:47Je pense que peut-être qu'on devrait tirer les leçons
00:45:50des quinquennats qui se succèdent, où on cherche l'homme providentiel.
00:45:54Puis au bout de quelques mois, évidemment, tout le monde
00:45:56est forcément déçu.
00:45:57Donc voilà, je pense que de faire quelques réformes,
00:46:01quelques ajustements institutionnels pour que le président de la République
00:46:05soit dans le rôle qui est prévu par la Constitution de 1958,
00:46:08c'est-à-dire incarne l'unité du pays, soit le garant du bon fonctionnement
00:46:13de nos institutions, de l'intégrité du territoire national,
00:46:17et puis qu'on puisse faire émerger des coalitions vis-à-vis
00:46:22desquelles le Premier ministre est responsable et qu'on cherche
00:46:26des compromis.
00:46:27Je pense que c'est indispensable si on souhaite que notre pays
00:46:30puisse surmonter tous les défis qu'il a devant lui.
00:46:33Anita.
00:46:33Alors, j'ai plusieurs questions.
00:46:36Dans quel cadre serait-il souhaitable de faire le bilan des deux quinquennats ?
00:46:44Quelle obédience, en quelque sorte ?
00:46:46Et je voudrais vous demander ce que vous pensez de la formule
00:46:50de votre successeur qui parlait de désmicardiser la France.
00:46:55Et la troisième question, vous évoquez les coalitions.
00:47:00Comment peut-on faire des coalitions sans proportionnel ?
00:47:05Alors, je pense qu'il me semblerait raisonnable que tous ceux
00:47:10qui font des propositions se penchent sur ce qui a été fait.
00:47:13Vous voyez, ça me paraîtrait un exercice de cohérence intellectuelle
00:47:20avant de multiplier les promesses, de regarder ce qui a pu être fait,
00:47:25ce qui a marché, ce qui peut être en cours de mise en place,
00:47:30plutôt que d'ignorer tout ce qui a pu être fait par les uns et les autres.
00:47:35Je dis ça parce que vous voyez, moi, j'entends beaucoup
00:47:38que les Français seraient tentés par des régimes autoritaires.
00:47:42En fait, je pense que les Français, ils veulent de l'efficacité.
00:47:45Ils attendent des résultats. Et si on n'est pas capable d'avoir
00:47:50un regard lucide sur les politiques qu'on engage,
00:47:53d'être capable de s'assurer que les annonces se traduisent
00:47:56dans la réalité vécue par nos concitoyens,
00:47:59si on n'est pas capable de corriger les politiques qui sont menées
00:48:04quand les résultats ne sont pas là, je pense qu'on accrédite la thèse
00:48:08que les démocraties ne sont pas efficaces.
00:48:10Et là aussi, pour être efficace, vous voyez,
00:48:13et je pense que la fin de ce deuxième quinquennat,
00:48:17après la dissolution, nous montre à quel point c'est nécessaire.
00:48:21Je pense que pour avoir des résultats, il faut de la constance et du temps.
00:48:26Et donc c'est pour ça que moi, je crois beaucoup à la nécessité
00:48:29de bâtir des coalitions et à la nécessité de pouvoir,
00:48:33y compris sur des sujets majeurs, par exemple la santé,
00:48:37par exemple l'école, par exemple le logement,
00:48:41rechercher des consensus entre les différents partis de gouvernement,
00:48:46comme par exemple les Danois ont pu le faire sur leur politique de santé,
00:48:50ce qui évite qu'à chaque fois qu'on a un changement de majorité
00:48:54ou de responsable, on donne des coups de volance dans tous les sens
00:48:58et à la fin on n'a pas de résultat.
00:49:00Donc voilà, je pense que chacun, avant de faire des propositions,
00:49:05devrait veiller à regarder ce qui a été fait,
00:49:08ce qui a bien marché, ce qui n'a pas marché.
00:49:10Sur la desmicardisation, je ne peux pas vous dire
00:49:14que je trouve que le terme est magnifique,
00:49:16mais je pense que c'est un vrai sujet.
00:49:18Je pense que c'est un vrai sujet.
00:49:21Évidemment, on entend certains responsables politiques
00:49:24qui vous disent qu'il faut augmenter le SMIC,
00:49:26ça devait être dans le programme du NFP d'augmenter le SMIC de 200 euros.
00:49:30Je pense que ça n'est pas le problème.
00:49:32Moi, je suis convaincu que ce dont souffrent beaucoup de nos concitoyens,
00:49:37c'est de ne pas avoir de perspective d'augmentation de leur pouvoir d'achat.
00:49:42Et on a besoin d'avoir des perspectives,
00:49:45de se dire aujourd'hui, c'est un peu difficile,
00:49:48mais je vais pouvoir faire reconnaître mon expérience au sein de l'entreprise
00:49:52et ça tombe bien parce qu'on a réformé la validation des acquis de l'expérience.
00:49:57Je vais pouvoir avoir une formation continue pour pouvoir progresser
00:50:03et qu'on soit capable de proposer des trajectoires de progression professionnelle
00:50:09à nos concitoyens et qu'on sorte d'une situation dans laquelle
00:50:12trop d'entre eux passent toute leur vie au SMIC
00:50:16et c'est naturellement insupportable.
00:50:19Et le rôle de la proportionnelle dans les compromis ?
00:50:21Et le rôle de la proportionnelle, moi, je suis absolument convaincu
00:50:25que c'est indispensable d'avoir une dose de proportionnelle.
00:50:30D'abord parce qu'on a toujours un débat quand on parle du mode de scrutin
00:50:36entre la représentativité et l'efficacité, la stabilité.
00:50:41Je pense qu'on a pu tester aujourd'hui que le mode de scrutin
00:50:45uninominal à deux tours qui n'est pas la meilleure solution
00:50:48en termes de représentativité n'offre en plus pas la stabilité.
00:50:51Donc c'est le moment de se pencher sur l'introduction
00:50:55d'une dose de proportionnelle.
00:50:57Moi, j'ai participé à un colloque sur le sujet
00:51:01dans lequel je pense qu'on a un projet de loi organique
00:51:04qui propose d'introduire une dose de proportionnelle
00:51:08à hauteur de 40% pour compléter l'élection
00:51:12qui continuera à se faire au scrutin uninominal à deux tours
00:51:15pour 60% des députés
00:51:17et qui assurera une bonne représentativité
00:51:20et qui évitera aussi, et je pense que c'est essentiel,
00:51:24que les partis de gouvernement ne soient obligés
00:51:27de s'enfermer dans des accords avec les extrêmes,
00:51:31comme on l'a vu successivement avec la NUPES et le NFP
00:51:34dans une alliance avec LFI
00:51:36et comme on a pu le voir avec Éric Ciotti
00:51:39qui a cherché un accord avec le Rassemblement national
00:51:42parce que c'était indispensable pour son élection, sa réélection.
00:51:48Donc vous voyez, je crois beaucoup que c'est une condition
00:51:53pour pouvoir trouver des compromis
00:51:56et agir dans la durée, ce qui est indispensable
00:52:00pour obtenir des résultats qu'attendent nos concitoyens.
00:52:03Ça fait partie, je rebondis, des propositions institutionnelles que vous faites.
00:52:07Vous êtes aussi favorable à un septennat qui serait non renouvelable.
00:52:11Qu'est-ce que ça changerait ? Pourquoi ?
00:52:14En fait, moi, je pense qu'on peut tous noter
00:52:19que le fonctionnement de nos institutions
00:52:23s'est un peu détraqué après la réforme constitutionnelle de 2000
00:52:27où je pense qu'on n'a pas mesuré à quel point on changeait
00:52:31l'esprit des institutions par rapport à 1958
00:52:35en passant à un quinquennat et 62.
00:52:40Mais en tout cas, si on reste à l'esprit de 1958...
00:52:42Non, mais moi, je ne pense pas qu'on puisse imaginer
00:52:46de revenir sur l'élection du président de la République
00:52:48au suffrage universel.
00:52:50Il y a beaucoup de pays autour de nous
00:52:51qui ont une élection de leur président de la République
00:52:55au suffrage universel, sans que pour autant...
00:52:57Le Portugal.
00:52:59Sans que pour autant, il y ait de la confusion
00:53:02sur le rôle respectif du président de la République
00:53:05et du Premier ministre, comme on peut avoir dans notre pays.
00:53:07Et sans qu'il y ait finalement une forme d'occultation
00:53:11de l'importance du scrutin législatif
00:53:14par rapport au scrutin qui devient l'alpha et l'oméga
00:53:18de notre vie politique,
00:53:19qui est maintenant l'élection présidentielle.
00:53:22Donc voilà, moi, je pense vraiment
00:53:25que l'équilibre des institutions s'est détraqué.
00:53:28Alors, un certain nombre de présidents de la République
00:53:30ont émis l'hypothèse de supprimer
00:53:32la fonction de Premier ministre.
00:53:34Je pense que pour le coup, ça supposerait
00:53:37une remise à plat complète de nos institutions
00:53:40parce que le Premier ministre, c'est celui
00:53:42qui est responsable devant le Parlement
00:53:44et qui incarne donc l'équilibre
00:53:46entre l'exécutif et le législatif.
00:53:48Donc moi, je pense qu'il est préférable
00:53:50de revenir à l'esprit de nos institutions
00:53:53avec un président qui préside,
00:53:54un Premier ministre qui gouverne.
00:53:55Mais ça suppose de faire de l'élection législative
00:54:00un vrai temps fort de notre vie politique
00:54:03qui doit permettre de faire émerger des partis
00:54:06qui ne sont pas enfermés dans des alliances électorales
00:54:10avec les extrêmes
00:54:12et qui pourront ensuite participer à des coalitions
00:54:14dans lesquelles on pourra avoir des compromis
00:54:16et donc une action dans la durée.
00:54:18Nathalie et puis Jean-Michel.
00:54:20Oui, bonjour, Madame la Première ministre.
00:54:21On l'entend depuis le début,
00:54:22vous avez des idées à défendre.
00:54:24Vous ne les défendez pas au sein de Renaissance
00:54:27puisque vous avez quitté la direction de ce parti.
00:54:30Quand est-ce que vous allez proposer
00:54:31et est-ce que vous allez proposer
00:54:32un projet au sein de votre propre formation ?
00:54:36Concrètement, en termes de calendrier,
00:54:38comment ça va s'organiser ?
00:54:41Alors d'abord, je propose quelques pistes
00:54:45dans le livre que j'ai publié
00:54:50et avec Bâtisson Ensemble
00:54:53et ceux qui m'ont rejoint
00:54:54et y compris avec les débats
00:54:56qu'on va pouvoir avoir dans les territoires.
00:54:58Moi, je suis bien déterminé
00:55:00à ce qu'on puisse creuser,
00:55:03amender ces pistes de travail
00:55:04et je souhaite pouvoir approfondir
00:55:07ces propositions, je l'ai dit,
00:55:09en travaillant de la gauche réformiste
00:55:12à la droite modérée.
00:55:15Et évidemment, tout ça a vocation
00:55:18à déboucher à l'automne.
00:55:21Jean-Michel.
00:55:21Oui, bonjour, Jean-Michel.
00:55:22L'ami chroniqueur, nouvel économiste.
00:55:24Au moment où vous présentiez
00:55:26la réforme des retraites,
00:55:27le président du corps disait
00:55:29les dépenses de retraite ne dérapent pas.
00:55:32Aujourd'hui, on a les nouveaux documents
00:55:34que l'on connaît.
00:55:35Il est immédiatement traité
00:55:37nouveau président de macroniste libéral.
00:55:40Donc la question, c'est...
00:55:42Vous avez parlé de débat.
00:55:43Ce n'est pas un débat.
00:55:44C'est un combat politique
00:55:45que la Macronie a perdu.
00:55:47Alors comment vous pensez arriver
00:55:50à inverser la tendance
00:55:52et à retrouver, pardon,
00:55:54le rocardisme,
00:55:55produire avant de distribuer ?
00:55:57Vous savez, moi, je pense que c'est très intéressant
00:56:01d'être au contact de nos concitoyens
00:56:03parce que bien souvent, ça nous montre
00:56:06qu'ils sont plus lucides sur la situation
00:56:09qu'un certain nombre de leurs représentants.
00:56:11Et le constat que moi, je fais,
00:56:14c'est que je pense qu'il y a assez peu de Français
00:56:16qui n'ont pas compris
00:56:17que j'ai porté la réforme des retraites
00:56:18et y compris le décalage
00:56:21de l'âge de départ à 64 ans.
00:56:23Et avant que le sujet soit mis
00:56:25comme condition de non-censure
00:56:27par le Parti socialiste,
00:56:29je note que plus personne ne m'en parlait.
00:56:31Ça ne veut pas dire que tout était réglé.
00:56:33Et je regrette évidemment
00:56:35que le conclave qui avait été lancé
00:56:37par François Bayrou pour traiter
00:56:38un certain nombre de métiers
00:56:39qui sont mal pris en compte aujourd'hui
00:56:41en termes de pénibilité,
00:56:43je regrette que ce conclave
00:56:44n'ait pas pu déboucher.
00:56:45Mais je note que les Français
00:56:47ne me parlaient pas tous les 4 matins
00:56:48de la retraite à 64 ans.
00:56:50Donc voilà, je pense qu'il faut faire
00:56:52la part des choses
00:56:52entre la compréhension
00:56:54que nos concitoyens ont,
00:56:55il y a des réalités qui s'imposent,
00:56:57on ne voit pas par quel miracle
00:56:58quand la durée de vie,
00:57:00quand l'espérance de vie s'allonge,
00:57:03quand tous nos voisins sont amenés
00:57:04à faire le constat que du coup,
00:57:07il faut travailler un peu plus longtemps.
00:57:08Pourquoi notre pays échapperait ?
00:57:10Quelle est la recette miracle ?
00:57:11Je pense que nos concitoyens
00:57:12en sont conscients.
00:57:13Pour éviter de tourner en rond
00:57:15sur ce sujet
00:57:16et peut-être rebattre les cartes,
00:57:17il faudrait changer le système
00:57:18et passer à un système par points.
00:57:20Ça fait partie des propositions
00:57:21que vous faites.
00:57:22Moi, je dis qu'on peut étudier
00:57:23les deux systèmes.
00:57:25Enfin, évidemment,
00:57:25je pensais que le système par points
00:57:27avait un intérêt
00:57:28puisque je l'ai défendu
00:57:29au sein du gouvernement
00:57:31dans le premier quinquennat.
00:57:32Je note aussi
00:57:34qu'il s'est heurté
00:57:34à des difficultés importantes
00:57:36et que ceux qui plaident
00:57:37pour le retour
00:57:38d'un système universel
00:57:40ne doivent pas oublier
00:57:41qu'en particulier
00:57:43les agents publics
00:57:45dont la rémunération
00:57:46est pensée précisément
00:57:48pour un calcul de la retraite
00:57:50sur les six derniers mois,
00:57:52ça suppose de remettre à plat
00:57:53la rémunération
00:57:54des agents publics.
00:57:56Donc ça n'est pas
00:57:56un petit chantier.
00:57:58Mais voilà,
00:58:00c'est sans doute par ailleurs
00:58:01pas inutile
00:58:02de se poser la question
00:58:03des modalités de rémunération
00:58:05des agents publics
00:58:06puisque la promesse était
00:58:07vous êtes embauché
00:58:09avec un salaire plus bas
00:58:10que vos collègues du privé,
00:58:13mais vous avez
00:58:14une progression garantie
00:58:15et puis vous avez
00:58:15une bonne retraite.
00:58:16Cette promesse
00:58:17ne fonctionne absolument plus.
00:58:19Mais enfin,
00:58:19en tout cas,
00:58:19voilà,
00:58:20si on veut revenir
00:58:21à un système universel,
00:58:22il faut reposer la question
00:58:24des modalités
00:58:25de rémunération
00:58:26des agents publics.
00:58:27Je pense qu'on a besoin
00:58:29et moi,
00:58:31ça me frappe
00:58:32et on en a parlé
00:58:33avec Olivier Dussopt,
00:58:34vous savez,
00:58:34on peut faire des propositions
00:58:36de système de retraite
00:58:39peut-être plus séduisant
00:58:42que le système actuel.
00:58:44Tout ça peut être abordé
00:58:45de façon très sereine
00:58:46jusqu'au moment
00:58:46où on pose la question
00:58:47de l'équilibre du système.
00:58:49Je crois qu'Edouard Philippe
00:58:50a pu le mesurer lui-même
00:58:51puisque c'est au moment
00:58:53où il a introduit
00:58:54l'âge d'équilibre
00:58:55qu'un certain nombre
00:58:56de crispations sont assurées.
00:58:58Mais c'est assez dommage.
00:58:59Assurer l'équilibre
00:59:00de notre système de retraite
00:59:02est un enjeu assez crucial.
00:59:04Voilà,
00:59:05donc je pense que les...
00:59:06Enfin,
00:59:06je pense que c'est utile
00:59:08de remettre...
00:59:10Enfin,
00:59:10de retravailler
00:59:11sur les avantages
00:59:12et inconvénients
00:59:13des deux systèmes.
00:59:15Mais dans un cas
00:59:16comme dans l'autre,
00:59:17on n'échappe pas
00:59:18à avoir des mécanismes
00:59:20pour assurer
00:59:21l'équilibre
00:59:22du système de retraite.
00:59:23Et moi,
00:59:24je note
00:59:24que quand j'ai fait
00:59:26le choix
00:59:27de m'écarter
00:59:28de ce qu'avait défendu
00:59:30le président de la République
00:59:30dans sa campagne,
00:59:32c'est-à-dire la retraite
00:59:32à 65 ans
00:59:33pour venir
00:59:35à une retraite
00:59:36à 64 ans
00:59:37mais avec
00:59:38un allongement
00:59:39de la durée de cotisation,
00:59:40une accélération
00:59:41de l'allongement
00:59:42de la durée de cotisation,
00:59:43c'était sur la base
00:59:44d'une analyse
00:59:45qui est que
00:59:45jouer uniquement
00:59:46sur la durée de cotisation
00:59:49pénalise
00:59:50en fait que finalement
00:59:51la meilleure façon
00:59:52de répartir l'effort
00:59:53est de jouer à la fois
00:59:55sur un âge de départ
00:59:57et sur une durée de cotisation.
00:59:59Si vous supprimez
01:00:00l'âge de départ
01:00:01pour arriver
01:00:01au même équilibre,
01:00:03vous êtes obligés
01:00:03d'allonger davantage
01:00:05la durée de cotisation
01:00:06et par exemple,
01:00:08pour toutes les femmes
01:00:08qui ont des carrières
01:00:09interrompues,
01:00:10c'est extrêmement pénalisant
01:00:12et ça les oblige
01:00:13à travailler
01:00:14très longtemps,
01:00:16au moins jusqu'à 67 ans
01:00:17dans le système actuel.
01:00:19Janique et puis Nicolas.
01:00:20Oui, madame,
01:00:20quand on relit un petit peu,
01:00:22on réécoute
01:00:23les propositions
01:00:23que vous faites
01:00:24pour l'avenir,
01:00:26on peut se poser la question,
01:00:27est-ce que vous,
01:00:28vous vous considérez
01:00:29comme étant du centre droit
01:00:30ou du centre gauche ?
01:00:32Je trouve que
01:00:32votre image
01:00:34n'est pas très claire
01:00:36malgré votre passage
01:00:37à Matignon
01:00:38et toutes les responsabilités
01:00:39que vous avez occupées.
01:00:41occupées
01:00:41et deuxième question
01:00:42un peu caricaturale,
01:00:43ne me répondez pas,
01:00:44je vais essayer
01:00:44que ce scénario
01:00:45ne se passe pas.
01:00:46Si au deuxième tour
01:00:48de la présidentielle,
01:00:49il y a Jean-Luc Mélenchon
01:00:50face à un candidat
01:00:52ou une candidate RN,
01:00:53qu'est-ce que vous
01:00:54prenez-vous
01:00:55comme vote ?
01:00:58Alors,
01:00:59ça me rassure
01:00:59que vous me disiez
01:01:00que vous ne savez pas
01:01:01si je suis de centre droite
01:01:02ou de centre gauche
01:01:03parce que je pense
01:01:03que je suis du centre au centre.
01:01:05Voilà.
01:01:06En fait,
01:01:07je fais partie
01:01:08de ceux qui considèrent
01:01:09que le centre
01:01:10n'est pas une béquille
01:01:11de la droite
01:01:12ni une béquille
01:01:12de la gauche
01:01:13mais est une force politique.
01:01:15Voilà,
01:01:16je suis dans l'extrême sens
01:01:17si vous voulez.
01:01:17Je pense que
01:01:20le centre
01:01:21est une force politique
01:01:22en tant que telle
01:01:23et à vocation
01:01:24à travailler.
01:01:25Et vous savez,
01:01:27moi je rappelle
01:01:27que le Parlement
01:01:30a pu voter
01:01:31plus de 60 textes
01:01:33quand j'étais
01:01:33à Matignon
01:01:34et on l'a fait
01:01:35tantôt avec la droite,
01:01:37le plus souvent,
01:01:38parfois avec la gauche.
01:01:39Et donc du coup,
01:01:41voilà,
01:01:41je pense que
01:01:43le positionnement
01:01:44pour moi,
01:01:44le centre
01:01:45est une force
01:01:46en tant que telle.
01:01:47Sur l'hypothèse
01:01:49que vous évoquez,
01:01:49d'abord,
01:01:50je vous dis quand même
01:01:51que je pense
01:01:52que ça serait
01:01:53particulièrement grave
01:01:54pour notre pays.
01:01:56Enfin,
01:01:56je pense qu'il faut
01:01:57quand même mesurer
01:01:58ce que ça veut dire
01:01:59pour la France,
01:02:01ce que ça voudrait dire
01:02:03aussi pour l'Europe.
01:02:05et c'est le début
01:02:07du détricotage.
01:02:08Je ne vois pas
01:02:08comment on peut
01:02:09poursuivre le projet
01:02:10européen
01:02:10dans une telle hypothèse
01:02:11où la France
01:02:12aurait un gouvernement
01:02:13d'extrême droite
01:02:15et une principale force
01:02:16d'opposition
01:02:17qui serait
01:02:17d'extrême gauche.
01:02:18Donc je pense
01:02:18qu'on doit effectivement
01:02:19tout faire
01:02:20pour éviter
01:02:20cette hypothèse.
01:02:22Après,
01:02:22je l'ai dit,
01:02:23moi je ne voterai
01:02:23ni pour l'un
01:02:24ni pour l'autre.
01:02:25ça pose la question
01:02:26que vous avez pointée
01:02:27dans un certain nombre
01:02:28d'interventions
01:02:29de la question
01:02:30du choix
01:02:31du candidat
01:02:31du bloc central
01:02:32pour éviter
01:02:32cette situation
01:02:34avec un éventuel
01:02:34second tour
01:02:35RN-LFI.
01:02:37Comment,
01:02:40par quel processus
01:02:41est-ce que c'est
01:02:41les sondages,
01:02:42est-ce que c'est
01:02:42une primaire,
01:02:43comment le bloc central,
01:02:44le socle commun
01:02:45peut se mettre d'accord
01:02:46sur un candidat
01:02:47et lequel ?
01:02:48Est-ce que vous avez
01:02:49un avis sur la question
01:02:50ou est-ce qu'il faut
01:02:50laisser se décanter
01:02:51encore un petit peu
01:02:52les choses
01:02:52et puis que
01:02:54si l'un se détache
01:02:56dans les sondages,
01:02:57ils finissent
01:02:57par prendre l'ascendant
01:02:58et être le candidat
01:02:59de ce camp politique ?
01:03:02Alors je crois
01:03:02qu'on a un comité
01:03:03de liaison aujourd'hui
01:03:04donc peut-être
01:03:05que la lumière
01:03:05va jaillir
01:03:06à l'issue
01:03:07de ce comité
01:03:08de liaison.
01:03:09Je voudrais peut-être
01:03:10quand même dire
01:03:11que ça appelle
01:03:12un peu de gravité
01:03:14cette situation
01:03:15quand on a
01:03:17une multiplication
01:03:18de candidatures
01:03:19entre les extrêmes
01:03:20mais je pense
01:03:21qu'il faut que
01:03:22chaque candidat
01:03:22ait en tête
01:03:23que si on n'arrive
01:03:25pas à se rassembler
01:03:27le risque
01:03:28c'est celui
01:03:29que vous avez évoqué
01:03:30c'est-à-dire
01:03:30un deuxième tour
01:03:31entre le RN
01:03:33et LFI.
01:03:34Et donc je pense
01:03:35que tous ceux
01:03:36qui sont candidats
01:03:36doivent quand même
01:03:37mesurer la responsabilité
01:03:38qu'ils auront
01:03:39devant l'histoire
01:03:40d'avoir permis
01:03:42ou d'avoir conduit
01:03:44dans notre pays
01:03:45à un deuxième tour
01:03:47RN-LFI.
01:03:48Donc j'espère
01:03:48que chacun
01:03:49a bien en tête
01:03:50l'importance
01:03:51de sa responsabilité
01:03:53au-delà
01:03:54des ambitions individuelles
01:03:55qui sont naturellement
01:03:56toujours légitimes.
01:03:58Nicolas.
01:03:59Oui je voudrais
01:03:59revenir sur la question
01:04:00qui vous était posée
01:04:01tout à l'heure
01:04:02celle de votre candidature
01:04:03vous avez écarté
01:04:04l'homme providentiel
01:04:05mais pas la femme.
01:04:07Donc est-ce que c'est
01:04:08un volontaire
01:04:09involontaire
01:04:10et est-ce que
01:04:11je pense que vous avez
01:04:12remarqué quand même
01:04:12que la candidature
01:04:13est un exercice
01:04:14une figure de style
01:04:16masculine
01:04:16essentiellement
01:04:17si on accepte
01:04:17les deux marines ?
01:04:19Alors je remarque
01:04:21en effet que
01:04:22il y a une forme
01:04:23de désinhibition
01:04:24chez les messieurs
01:04:26où chacun considère
01:04:27qu'il est parfaitement
01:04:28légitime
01:04:28pourquoi pas moi.
01:04:30Donc je ne suis pas sûr
01:04:34que ça donne
01:04:35une excellente image
01:04:36de la classe politique
01:04:37d'avoir tous les trois jours
01:04:40quelqu'un qui se dit
01:04:41pourquoi pas moi.
01:04:43Ensuite moi je vous dis
01:04:44ce qui m'importe
01:04:45aujourd'hui
01:04:47c'est peut-être
01:04:48d'avoir exercé
01:04:49des responsabilités
01:04:50pendant de nombreuses années
01:04:52au sein du gouvernement
01:04:54ou à la tête du gouvernement
01:04:55en fait je pense
01:04:56que les défis
01:04:57auxquels on fait face
01:04:58sont particulièrement
01:05:00importants
01:05:01et que ça appelle
01:05:03vraiment un travail
01:05:04sur le fond
01:05:05ça appelle
01:05:06de mobiliser
01:05:07toutes les énergies
01:05:09pour trouver
01:05:11le chemin
01:05:11pour permettre
01:05:12à notre pays
01:05:13de créer
01:05:14plus de richesses
01:05:16de proposer
01:05:17des emplois
01:05:18de meilleure qualité
01:05:19d'accompagner
01:05:20les jeunes
01:05:21et de leur redonner
01:05:22un peu d'espoir
01:05:23parce que moi
01:05:23je ne vois pas
01:05:24aujourd'hui
01:05:24dans les discours
01:05:25des uns et des autres
01:05:26qu'est-ce qui peut
01:05:27motiver notre jeunesse
01:05:29à aller mettre
01:05:30un bulletin
01:05:31dans l'urne
01:05:31qu'est-ce qu'on propose
01:05:32à notre jeunesse
01:05:34qu'est-ce qu'il y a
01:05:35d'enthousiasme
01:05:35dans ce que proposent
01:05:37les uns et les autres
01:05:37moi j'entends
01:05:38beaucoup
01:05:40de candidats
01:05:41de présumés candidats
01:05:42de potentiels candidats
01:05:44qui vous parlent
01:05:45d'interdiction
01:05:45et de sanctions
01:05:47je crois que ça ne fait pas
01:05:48un projet
01:05:49pour la jeunesse
01:05:49et il se trouve
01:05:50que à titre personnel
01:05:51et compte tenu
01:05:52de mon parcours personnel
01:05:54moi je suis très attaché
01:05:55à ce que chaque jeune
01:05:56puisse se dire
01:05:57qu'il a le droit
01:05:58de rêver
01:05:59qu'il a le droit
01:05:59de rêver grand
01:06:00avec de l'ambition
01:06:01et qu'on est capable
01:06:02de l'accompagner
01:06:03pour trouver sa place
01:06:05dans notre société
01:06:07et voilà
01:06:08et réussir sa vie
01:06:09et je pense que c'est
01:06:10un enjeu majeur
01:06:11de se dire que
01:06:12oui il y a une place
01:06:14pour de l'espoir
01:06:15pour la jeunesse
01:06:16et on est tous
01:06:20décidés collectivement
01:06:21à préparer un pays
01:06:22qui aille mieux
01:06:23sur une planète
01:06:24qui soit vivable
01:06:25et dans lequel
01:06:26chacun trouve sa place
01:06:28Stéphanie, Samy
01:06:29et puis Yannick
01:06:30bonjour Stéphanie
01:06:31Despierres pour LCP
01:06:32est-ce que vous considérez
01:06:33que le paysage
01:06:33politique actuel
01:06:34très fragmenté
01:06:35à l'Assemblée nationale
01:06:36est devenu la règle
01:06:38et que ça va être
01:06:38la même chose
01:06:39pour les années à venir
01:06:40ou est-ce que vous pensez
01:06:41qu'à un moment
01:06:42on aura des forces
01:06:44plus larges
01:06:45moins éclatées
01:06:46qui vont se reconstituer
01:06:49Alors moi je ne crois pas
01:06:52que le fait majoritaire
01:06:55va se réimposer
01:06:57de façon magique
01:06:59après l'élection présidentielle
01:07:01donc c'est pour ça
01:07:02que je pense que
01:07:04il faut s'habituer
01:07:06à fonctionner
01:07:07dans le cadre de coalitions
01:07:09on peut espérer
01:07:10que ce soit moins éclaté
01:07:11qu'aujourd'hui
01:07:12mais à la fin
01:07:13je pense qu'il faut s'habituer
01:07:14comme le font tous les pays
01:07:16autour de nous
01:07:16à travailler
01:07:17dans le cadre de coalitions
01:07:19et évidemment
01:07:20un scrutin proportionnel
01:07:22et une débrique importante
01:07:26pour permettre
01:07:27ces coalitions
01:07:29et pour éviter
01:07:30que les parties
01:07:31ne soient enfermées
01:07:32dans une logique
01:07:33de bloc contre bloc
01:07:35Samy
01:07:41On a l'habitude de dire
01:07:43que les derniers budgets
01:07:44du quinquennat
01:07:45sont des budgets
01:07:47un peu à minima
01:07:47et qu'ensuite
01:07:48la question est réglée
01:07:49par le nouvel exécutif
01:07:50avec un budget rectificatif
01:07:51vous avez souligné
01:07:53les défis budgétaires
01:07:54qui atteignent le pays
01:07:55vous avez parlé
01:07:55des dépenses sociales
01:07:56vous venez de dire
01:07:57aussi que le fait majoritaire
01:07:58risque de ne pas se réimposer
01:08:00est-ce que dans ces conditions
01:08:01vous pensez
01:08:02qu'il faut des budgets
01:08:03en fin d'année
01:08:04qui soient très ambitieux
01:08:05parce qu'on ne sait pas
01:08:06ce qu'on pourra faire
01:08:07en termes de budget rectificatif
01:08:08l'an prochain
01:08:09ou est-ce que vous considérez
01:08:10que puisqu'on sera
01:08:11en pleine campagne présidentielle
01:08:13il faut acter le fait
01:08:14qu'on ne pourra pas
01:08:15aller très loin
01:08:15sur ces deux budgets
01:08:16de fin d'année
01:08:19alors je pense
01:08:20qu'il serait assez audacieux
01:08:21de vouloir présenter
01:08:23un budget extrêmement ambitieux
01:08:25et d'imaginer
01:08:26qu'il puisse être adopté
01:08:28après
01:08:30voilà
01:08:30on peut être audacieux
01:08:32non moi je pense que
01:08:33j'espère
01:08:36que les différents
01:08:37groupes parlementaires
01:08:39peuvent s'accorder
01:08:40sur le fait
01:08:41qu'il faut un budget
01:08:42pour le pays
01:08:43que je crois
01:08:44que c'est David Amiel
01:08:45qui est en train
01:08:46de faire documenter
01:08:47l'impact
01:08:48qu'aurait
01:08:48une loi spéciale
01:08:50je crains
01:08:51que maintenant
01:08:52la banalisation
01:08:53de la loi spéciale
01:08:55voilà
01:08:55ne soit
01:08:56devenue
01:08:57assez large
01:08:58mais je pense
01:08:58que ça serait
01:08:59très pénalisant
01:09:00pour notre pays
01:09:01évidemment
01:09:01d'attendre
01:09:02de vivre
01:09:03sous le régime
01:09:04d'une loi spéciale
01:09:05jusqu'à
01:09:05probablement
01:09:06début août
01:09:08et donc
01:09:09du coup
01:09:09il faut bien
01:09:10que notre pays
01:09:11ait un budget
01:09:12je pense qu'il serait
01:09:13raisonnable
01:09:13de se dire
01:09:14qu'on fait
01:09:14un budget d'attente
01:09:15un budget d'attente
01:09:17qui a vocation
01:09:19à être remplacé
01:09:20par un budget
01:09:21rectificatif
01:09:22après l'élection
01:09:23présidentielle
01:09:24et vraisemblablement
01:09:25l'élection
01:09:25de la nouvelle
01:09:26assemblée
01:09:26j'espère que
01:09:28chacun
01:09:28peut admettre
01:09:30que ça n'est
01:09:31l'intérêt
01:09:31de personne
01:09:33alors qu'on sera
01:09:34dans la campagne
01:09:36présidentielle
01:09:37que le débat
01:09:38se déplace
01:09:39dans un cafarnaum
01:09:40comme ceux
01:09:40qu'on a connu
01:09:41ces deux dernières années
01:09:42au sein de l'Assemblée nationale
01:09:44je pense que ça n'est
01:09:45l'intérêt de personne
01:09:46sur la méthode
01:09:47certains évoquent
01:09:47l'éventualité
01:09:49ou en tout cas
01:09:49l'hypothèse
01:09:50d'un accord
01:09:51de 49-3
01:09:52assez tôt
01:09:53dans le processus
01:09:54budgétaire
01:09:54pour ce budget
01:09:55d'attente de fonctionnement
01:09:56ça vous semblerait
01:09:57être la bonne façon
01:09:58de faire
01:09:58si ça s'avère possible
01:10:00alors je pense
01:10:01que ça serait
01:10:01la bonne hypothèse
01:10:02moi je suis très réticente
01:10:05sur les ordonnances
01:10:06parce que je pense
01:10:08que
01:10:08on a
01:10:10pu mesurer
01:10:11toute la souplesse
01:10:12de notre constitution
01:10:13et sa capacité
01:10:14à régler
01:10:16des situations
01:10:18improbables
01:10:19je ne suis pas
01:10:20pour qu'on continue
01:10:21l'innovation
01:10:22c'est quand même
01:10:23d'un point de vue
01:10:24démocratique
01:10:25un objet
01:10:26assez particulier
01:10:27les ordonnances
01:10:28c'est-à-dire que
01:10:28les ordonnances
01:10:29ça existe
01:10:30mais en général
01:10:31après une loi
01:10:33votée par le parlement
01:10:34habilitant
01:10:35à légiférer
01:10:36par ordonnance
01:10:37
01:10:38on est dans une situation
01:10:39où on peut prendre
01:10:40des ordonnances
01:10:41avec une habilitation
01:10:42qui vient de la constitution
01:10:43donc on peut quand même
01:10:45admettre
01:10:45que ça n'est pas
01:10:46très démocratique
01:10:47et moi je souhaite
01:10:48qu'on puisse éviter
01:10:49de recourir
01:10:49aux ordonnances
01:10:50sur le budget
01:10:52et donc qu'on puisse
01:10:53trouver un accord
01:10:54et je pense
01:10:55qu'ensuite
01:10:55il y a une réalité
01:10:56qui s'impose
01:10:58quand on n'a pas
01:10:59de majorité
01:11:00on ne peut pas
01:11:01faire adopter
01:11:02un budget
01:11:02sans recourir
01:11:03au 49-3
01:11:05Oui
01:11:06encore une fois
01:11:07quand on réécoute
01:11:08les réponses
01:11:08à toutes les questions
01:11:09qu'on vous pose
01:11:10on sent que vous y répondiez
01:11:11plus volontiers
01:11:12sur le terrain
01:11:13de l'économique
01:11:14et du social
01:11:15on va dire
01:11:15enfin plutôt sur le terrain
01:11:16de l'économique
01:11:16alors que d'autres
01:11:17mettent en avant
01:11:19plutôt des questions
01:11:19de sécurité
01:11:20d'immigration
01:11:23de punition
01:11:24même dans les domaines
01:11:24économiques et sociaux
01:11:25je pense à la réforme
01:11:26du chômage
01:11:27est-ce que vous reconnaissez
01:11:28dans ce que je viens
01:11:30de caricaturer
01:11:31un petit peu
01:11:31c'est-à-dire que l'économie
01:11:32et le social
01:11:33passent avant
01:11:34la sécurité
01:11:35et l'immigration
01:11:36à vos yeux
01:11:37Vous savez
01:11:38je réponds aux questions
01:11:39que vous me posez
01:11:40j'ai consacré
01:11:41un chapitre
01:11:42enfin trois chapitres
01:11:43aux questions
01:11:44de sécurité
01:11:45d'immigration
01:11:46et de laïcité
01:11:47parce que je pense
01:11:48que c'est des questions
01:11:50qui traversent
01:11:52notre société
01:11:53qui sont
01:11:54des sujets
01:11:55de préoccupation
01:11:56majeurs
01:11:56pour nos concitoyens
01:11:57et que ce n'est pas
01:11:58des sujets
01:11:58qu'on doit laisser
01:11:59aux extrêmes
01:11:59donc du coup
01:12:01dans mon livre
01:12:01je fais des propositions
01:12:03sur ces différents sujets
01:12:05je pense qu'on a besoin
01:12:06d'une politique
01:12:07d'immigration maîtrisée
01:12:08que nos concitoyens
01:12:10sont légitimes
01:12:11à attendre
01:12:11qu'on maîtrise
01:12:12l'immigration irrégulière
01:12:14qu'on décide
01:12:14qui on accueille
01:12:15et dans quelles conditions
01:12:16qu'on puisse aussi
01:12:19décider
01:12:20enfin qu'on puisse aussi
01:12:21être plus efficace
01:12:22dans l'éloignement
01:12:23de ceux
01:12:23qui n'ont pas
01:12:25de titre de séjour
01:12:26et donc je pense
01:12:27qu'il faut une réponse
01:12:28ferme
01:12:29mais de façon construite
01:12:31et crédible
01:12:32sur ces questions
01:12:33d'immigration
01:12:34je pense aussi
01:12:35qu'on a besoin
01:12:36de travailler
01:12:36sur l'intégration
01:12:38en fait je propose
01:12:39un ministère
01:12:39de l'immigration
01:12:40et de l'intégration
01:12:41mais pas de l'identité nationale
01:12:42parce que je pense
01:12:44qu'on a besoin
01:12:44d'une politique
01:12:45dans ce domaine
01:12:46aujourd'hui
01:12:47vous avez notamment
01:12:49une procédure
01:12:50main d'oeuvre étrangère
01:12:51qui est inaccessible
01:12:52à beaucoup
01:12:52de petites entreprises
01:12:54alors même
01:12:55qu'on sait
01:12:56qu'il y a des secteurs
01:12:56qui ont besoin
01:12:57de cette main d'oeuvre étrangère
01:12:59mais contrairement
01:13:00à ce que peuvent faire
01:13:01un certain nombre
01:13:02de nos voisins
01:13:03les branches professionnelles
01:13:05ne se sont pas organisées
01:13:06pour aller recruter
01:13:08pour aller recruter
01:13:10former
01:13:10apprendre la langue
01:13:12apprendre les valeurs
01:13:13du pays d'accueil
01:13:14à des personnes
01:13:15qui pourraient venir
01:13:16ensuite sur notre territoire
01:13:17et je pense que
01:13:18la politique d'intégration
01:13:19c'est un enjeu
01:13:20absolument majeur
01:13:22je crois que je le dis
01:13:23dans le livre
01:13:24moi j'ai été frappé
01:13:25quand vous avez
01:13:26certaines écoles
01:13:27où 80% des parents
01:13:30ne parlent pas le français
01:13:31vous imaginez
01:13:32que ça devient compliqué
01:13:33moi j'entends
01:13:35tous ceux qui nous disent
01:13:35il faut restaurer
01:13:37l'autorité
01:13:37et le niveau
01:13:38à l'école
01:13:39oui regardons un peu
01:13:40à quoi fait face
01:13:41l'école publique
01:13:42aujourd'hui
01:13:42c'est par exemple
01:13:43à des écoles
01:13:44dans lesquelles 80%
01:13:45des parents
01:13:45ne parlent pas français
01:13:47donc je pense qu'il faut
01:13:48aborder ces sujets
01:13:49et proposer des vraies réponses
01:13:51plutôt que les fausses solutions
01:13:53proposées par les extrêmes
01:13:56bonjour madame la première ministre
01:13:58Xavier Robert
01:13:59RRB Nouvelle-Calédonie
01:14:00ça vous indique
01:14:01là où je vais vous emmener
01:14:02que pensez-vous
01:14:03de l'ordonnance
01:14:04de non-lieu
01:14:04décidée par les juges
01:14:06chargés
01:14:07d'instruire
01:14:08les événements
01:14:08du 13 mai 2024
01:14:10en Nouvelle-Calédonie
01:14:11je rappelle pour mémoire
01:14:14les 16 morts
01:14:15les 2 milliards de dégâts
01:14:17les milliers d'emplois
01:14:19supprimés
01:14:20une économie
01:14:20qui depuis 2 ans
01:14:21n'arrive pas
01:14:21à se relever
01:14:23est-ce que
01:14:24on peut croire
01:14:26la
01:14:27l'hypothèse
01:14:28d'une manif
01:14:29qui a dégénéré
01:14:30d'une manif
01:14:31de plusieurs milliers
01:14:31de jeunes
01:14:32qui a dégénéré
01:14:33et à la fin
01:14:34toujours pas de coupables
01:14:35identifiés
01:14:36et puis une seconde question
01:14:38c'est sur la date
01:14:39où a été annoncée
01:14:40cette ordonnance
01:14:41de non-lieu
01:14:42c'était vendredi dernier
01:14:43c'est-à-dire
01:14:43à 3 semaines
01:14:44des provinciales
01:14:45est-ce que c'est pas
01:14:46de votre point de vue
01:14:49à minima
01:14:50une maladresse
01:14:53moi je peux pas
01:14:54me prononcer
01:14:55sur l'ordonnance
01:14:55vous voyez
01:14:56je fais partie
01:14:57des rares personnes
01:14:58qui s'expriment pas
01:14:59sur un dossier
01:15:00dont elles
01:15:00ne connaissent pas
01:15:01en fait
01:15:02et donc
01:15:03du coup
01:15:04j'ai pas les éléments
01:15:04pour vous répondre
01:15:05sur la décision
01:15:06qui a été prise
01:15:07ensuite
01:15:08évidemment
01:15:09que ça risque
01:15:10de susciter
01:15:11de l'incompréhension
01:15:12et évidemment
01:15:13que ça peut avoir
01:15:14un impact
01:15:15sur les élections provinciales
01:15:17j'ai pas de doute
01:15:18sur le sujet
01:15:19ensuite
01:15:19il se trouve
01:15:20que la justice
01:15:21ne consulte pas
01:15:23le gouvernement
01:15:24sur le calendrier
01:15:26de ces décisions
01:15:28Frédéric
01:15:29je crois
01:15:29le micro arrive
01:15:33tout à l'heure
01:15:34donc
01:15:34vous avez évoqué
01:15:35votre éventuelle
01:15:36candidature
01:15:37et votre positionnement
01:15:38au centre
01:15:38on a compris
01:15:39que c'était
01:15:40l'espace politique
01:15:42sur lequel
01:15:42vous vous situez
01:15:43aujourd'hui
01:15:43on a aussi noté
01:15:45que vous avez quitté
01:15:45les instances
01:15:46de renaissance
01:15:47donc pris
01:15:48une certaine distance
01:15:49avec le parti
01:15:50de Gabriel Attal
01:15:52et peut-être
01:15:52avec Gabriel Attal aussi
01:15:53est-ce que vous allez
01:15:54rejoindre
01:15:55un autre parti politique
01:15:57est-ce que vous allez
01:15:58rejoindre un autre groupe
01:15:59parlementaire
01:16:00ou est-ce que vous allez
01:16:01créer votre propre
01:16:03parti politique
01:16:05alors il se trouve
01:16:05que j'ai créé
01:16:06j'ai créé
01:16:08mon propre
01:16:09parti politique
01:16:10non non
01:16:11c'est un parti politique
01:16:12au sens
01:16:13c'est un
01:16:15effectivement
01:16:16une structure
01:16:16qui a vocation
01:16:17à proposer des idées
01:16:19mais aussi
01:16:19à les défendre
01:16:20donc c'est pas un think tank
01:16:21il y a un certain nombre
01:16:22de personnalités
01:16:23qui m'ont rejointe
01:16:24et il y a des militants
01:16:25qui nous rejoignent
01:16:27et voilà
01:16:28moi je souhaite porter
01:16:29cette voix là
01:16:29ça veut pas dire
01:16:30naturellement
01:16:31que je
01:16:31enfin je pense
01:16:32que c'est indispensable
01:16:33qu'on puisse
01:16:34travailler avec
01:16:35les partenaires
01:16:36du centre
01:16:37mais en effet
01:16:39enfin vous savez
01:16:40peut-être
01:16:42moi je me suis engagé
01:16:43en politique
01:16:44après avoir eu
01:16:45une vie professionnelle
01:16:46bien nourrie
01:16:47donc je me suis engagé
01:16:48pour des idées
01:16:48et je pense que
01:16:50c'est ce qui prime
01:16:50en politique
01:16:51et donc du coup
01:16:52je souhaite exprimer
01:16:53les idées
01:16:54et les valeurs
01:16:55auxquelles je crois
01:16:57et c'est ce que je fais
01:16:58j'extrapolais tout à l'heure
01:16:59peut-être un peu
01:17:00sur les intentions
01:17:01du titre de votre livre
01:17:02quand on regarde
01:17:03les livres publiés récemment
01:17:04le vôtre
01:17:05celui d'Edouard Philippe
01:17:06qui a été publié
01:17:08il y a un peu plus longtemps
01:17:09c'était il y a un an
01:17:09sur le prix de nos mensonges
01:17:12le livre de Gabriel Attal
01:17:13on a l'impression
01:17:14que sur le constat
01:17:16sur les difficultés
01:17:17la situation
01:17:18dans laquelle le pays est
01:17:22et les difficultés
01:17:23auxquelles il va être confronté
01:17:24et sur la nature
01:17:26des décisions à prendre
01:17:27difficile peut-être
01:17:29vous êtes
01:17:31à l'instant T
01:17:32en tout cas
01:17:32peut-être plus proche
01:17:33de la vision
01:17:34d'Edouard Philippe
01:17:35que de celle
01:17:35de Gabriel Attal
01:17:36est-ce que j'extrapole
01:17:38là encore
01:17:38ou est-ce que
01:17:40à la fois dans le constat
01:17:41et dans les décisions
01:17:44à prendre
01:17:44vous vous reconnaissez
01:17:45peut-être plus
01:17:46aujourd'hui
01:17:48entre deux anciens
01:17:49premiers ministres
01:17:50moi j'ai pas vu
01:17:51les propositions
01:17:52d'Edouard Philippe
01:17:53et je crois
01:17:54qu'il a annoncé
01:17:55qu'il allait les distiller
01:17:57sans précipitation
01:17:59donc voilà
01:18:00moi je pense
01:18:01que le constat
01:18:02que je fais
01:18:03dans le livre
01:18:03sur les défis
01:18:05de notre pays
01:18:06enfin je pense
01:18:07qu'il faut être aveugle
01:18:08pour pas les voir
01:18:10sur aussi
01:18:13le défi
01:18:13de l'efficacité
01:18:15de l'action
01:18:16et de l'impatience
01:18:17de nos concitoyens
01:18:19d'avoir une action
01:18:20qui ait davantage
01:18:22d'impact
01:18:23dans leur vie
01:18:24quotidienne
01:18:25enfin je pense
01:18:26qu'il faut
01:18:27ne pas parler
01:18:27avec les français
01:18:28pour ne pas le mesurer
01:18:30sur la nécessité
01:18:32sans doute
01:18:32de changer
01:18:35notre mode
01:18:36de gouvernement
01:18:37pour qu'on
01:18:38on arrête
01:18:39vous voyez
01:18:40moi je suis frappé
01:18:41sur le fait
01:18:43que la tentation
01:18:46persiste
01:18:46perdure
01:18:48quand on est face
01:18:49à une difficulté
01:18:50de proposer
01:18:51une nouvelle loi
01:18:52mais qui peut croire
01:18:54que de voter
01:18:54une nouvelle loi
01:18:55va régler
01:18:56une difficulté
01:18:57on sait très bien
01:18:58que
01:18:59il y a déjà
01:19:00vous voyez
01:19:01vous prenez par exemple
01:19:02les questions
01:19:02de stockage d'eau
01:19:03pour les agriculteurs
01:19:05je crois qu'on en est
01:19:05à la troisième loi
01:19:06d'urgence
01:19:09pour faciliter
01:19:10le stockage d'eau
01:19:10des agriculteurs
01:19:11donc il faut peut-être
01:19:12se pencher
01:19:12sur les lois précédentes
01:19:14et voir
01:19:15quels sont
01:19:15les décrets
01:19:16qui manquent
01:19:16ou les actions
01:19:17qui manquent
01:19:18pour permettre
01:19:20de faire déboucher
01:19:21les projets
01:19:22qui sont indispensables
01:19:24à une partie
01:19:25de nos agriculteurs
01:19:26donc voilà
01:19:26je pense qu'on a vraiment
01:19:29à réfléchir
01:19:30à la façon
01:19:31dont on peut agir
01:19:32je pense que ça passe
01:19:33par le fait
01:19:33de donner beaucoup plus
01:19:34de liberté
01:19:36à ceux qui sont
01:19:37directement
01:19:38sur le terrain
01:19:39face aux réalités
01:19:41beaucoup plus
01:19:41de marge de manœuvre
01:19:42mais que ça devient
01:19:44un enjeu urgent
01:19:45d'avoir une action
01:19:45publique plus efficace
01:19:47de toute façon
01:19:47il n'y a pas de mystère
01:19:48quand on peut considérer
01:19:49qu'un certain nombre
01:19:51de sujets
01:19:51de problèmes
01:19:52ne sont pas réglés
01:19:53alors qu'on est
01:19:54le pays
01:19:54qui a la dépense publique
01:19:56la plus importante
01:19:58l'un des pays
01:19:59en tout cas
01:19:59qui a la dépense publique
01:20:00la plus importante
01:20:01sur la planète
01:20:02on se dit
01:20:02qu'on a un vrai enjeu
01:20:03d'efficacité
01:20:05Philippe
01:20:05j'aurais deux questions
01:20:07à vous poser
01:20:07madame
01:20:07une question politique
01:20:08je prolonge
01:20:09la question de Frédéric
01:20:11des médias ont rapporté
01:20:12que François Véroux
01:20:13travaillait à une confédération
01:20:15des centres
01:20:16associant plusieurs parties
01:20:18UDI, Radicaux
01:20:19et peut-être votre mouvement
01:20:20qu'en est-il
01:20:20est-ce que vous êtes
01:20:21vraiment associé ou pas
01:20:23et puis deuxième
01:20:25question sur le fond
01:20:26quand vous avez été
01:20:26première ministre
01:20:27dans votre intitulé
01:20:28il y avait
01:20:28vous étiez
01:20:29le pilotage
01:20:30de la transition écologique
01:20:31est-ce que vous n'avez
01:20:32pas l'impression
01:20:33que depuis 2022
01:20:33il y a un recul
01:20:35magistral
01:20:35en termes de visibilité
01:20:37de mesures
01:20:37et qu'il y a
01:20:38d'autres
01:20:39préoccupations
01:20:40qui sont apparues
01:20:43et que donc
01:20:44on assiste
01:20:44à un très très grand
01:20:45recul
01:20:45de ces questions-là
01:20:46et est-ce que vous n'avez pas
01:20:47quel est votre sentiment
01:20:48sur cette espèce
01:20:48d'attrition
01:20:49des moyens
01:20:50et de la préoccupation
01:20:51écologique
01:20:52que les indices
01:20:54d'inquiétude écologique
01:20:56sont grandissants
01:20:57dans le monde
01:20:58sur votre première question
01:20:59moi je vous dis
01:21:00je souhaite
01:21:01que le centre
01:21:02soit une force politique
01:21:04inscrite durablement
01:21:06dans notre vie politique
01:21:08donc du coup
01:21:09si tous ceux
01:21:11qui portent
01:21:12cette conviction
01:21:12peuvent se rassembler
01:21:13je pense que ce sera
01:21:14une bonne chose
01:21:16sur votre deuxième question
01:21:17moi je me désole
01:21:19de voir que le travail
01:21:20qui a pu être mené
01:21:22pour arriver
01:21:23à une planification écologique
01:21:25à déployer
01:21:26dans des copes régionales
01:21:28et territoriales
01:21:30n'est plus franchement porté
01:21:34de temps en temps
01:21:35on a un sursaut
01:21:37quand on traverse
01:21:38une canicule
01:21:39où on se dit
01:21:40mais personne ne s'occupe
01:21:41des problèmes
01:21:42de dérèglement climatique
01:21:44voilà
01:21:44et donc je pense
01:21:45que cette méthode
01:21:46de la planification écologique
01:21:47elle est indispensable
01:21:49parce que
01:21:50elle permet
01:21:51d'abord
01:21:52d'inscrire une action
01:21:54dans la durée
01:21:54et que par ailleurs
01:21:56elle permet
01:21:56d'essayer d'avoir
01:21:58là aussi
01:22:00la répartition
01:22:01de l'effort
01:22:01la plus équitable
01:22:02entre les différents secteurs
01:22:05entre
01:22:06l'état
01:22:07et les collectivités
01:22:08les entreprises
01:22:09les citoyens
01:22:10et de pouvoir aussi
01:22:11expliquer à chacun
01:22:12qu'il n'est pas le seul
01:22:14à devoir porter
01:22:17les efforts
01:22:18liés à la transition écologique
01:22:20donc je pense
01:22:22que c'est important
01:22:23de pouvoir reprendre
01:22:24ce sujet à bras le corps
01:22:25je note
01:22:26que la préoccupation
01:22:27a largement disparu
01:22:29vous voyez
01:22:29que notre jeunesse
01:22:30qui faisait des marches climat
01:22:32fait plutôt aujourd'hui
01:22:33des marches Gaza
01:22:35et j'espère
01:22:36qu'à un moment donné
01:22:38d'abord
01:22:38la situation
01:22:39pourra s'apaiser
01:22:40au Proche-Orient
01:22:40et que
01:22:41ce sujet
01:22:42de la transition écologique
01:22:44à la fois
01:22:45dans son volet
01:22:46baisser nos émissions
01:22:47de gaz à effet de serre
01:22:48et puis s'adapter
01:22:49au dérèglement climatique
01:22:52qui est déjà là
01:22:52pourra revenir
01:22:53sur le haut de la pile
01:22:54enfin je suis vraiment
01:22:55convaincu
01:22:55que de toute façon
01:22:56c'est un sujet
01:22:56auquel on n'échappe pas
01:22:58et que du coup
01:23:00il vaut mieux
01:23:00le prendre en charge
01:23:01de façon organisée
01:23:03et avec un peu
01:23:04de continuité
01:23:05et de constance
01:23:05là aussi
01:23:06parce que le défi
01:23:07est là
01:23:08on a entendu
01:23:09ce que vous disiez
01:23:10sur parfois
01:23:12la boulimie
01:23:13boulimie législative
01:23:14il y a beaucoup
01:23:15de textes là
01:23:15qui arrivent
01:23:16dans les prochains jours
01:23:16les prochaines semaines
01:23:17d'ici à la pause estivale
01:23:20le projet de loi
01:23:20sur la justice criminelle
01:23:22de Gérald Darmanin
01:23:22qui a d'ailleurs été rejeté
01:23:23ce matin en commission
01:23:25le projet de loi
01:23:26sur la sécurité
01:23:27de Laurent Nouniès
01:23:29le projet de loi
01:23:30constitutionnel
01:23:31sur l'autonomie
01:23:32de la Corse
01:23:34est-ce que vous considérez
01:23:35que ces projets de loi
01:23:37sont utiles et nécessaires
01:23:38qu'il faut que l'assemblée
01:23:39continue à faire son travail
01:23:40jusqu'à la fin du quinquennat
01:23:42en termes de législatif
01:23:44et puis il y a notamment
01:23:45un texte
01:23:46dont l'adoption définitive
01:23:48est annoncée
01:23:49pour le 15 juillet
01:23:50c'est la proposition de loi
01:23:52sur l'aide à mourir
01:23:53est-ce que sur ce texte là
01:23:55en particulier
01:23:55vous estimez
01:23:56qu'il est temps
01:23:57d'aboutir
01:23:59alors je considère
01:24:00naturellement
01:24:01qu'il est temps
01:24:01d'aboutir
01:24:02sur ce projet de loi
01:24:03j'avais lancé
01:24:04les travaux
01:24:05de la convention citoyenne
01:24:08j'écris dans le livre
01:24:09qu'on voit
01:24:10que les conventions citoyennes
01:24:12ne produisent pas forcément
01:24:14enfin fonctionnent bien
01:24:15quand elles sont
01:24:16sur un sujet sociétal
01:24:18cerné
01:24:18moins bien
01:24:19quand on leur soumet
01:24:20un problème très vaste
01:24:23comme ça peut être le cas
01:24:24sur la convention citoyenne
01:24:26sur le climat
01:24:27ou sur les temps de l'enfant
01:24:29donc
01:24:29tout ça pour dire
01:24:31que j'espère bien
01:24:32que ce projet de loi
01:24:32pourra aboutir
01:24:33il est attendu
01:24:34par beaucoup
01:24:35de nos concitoyens
01:24:37ensuite
01:24:38sur l'ordre du jour
01:24:39du parlement
01:24:39enfin je pense que
01:24:41chacun est conscient
01:24:42du fait que
01:24:44le fonctionnement
01:24:45de l'Assemblée nationale
01:24:46est compliqué
01:24:47et ça doit nous inciter
01:24:49à chercher des textes
01:24:52qui sont
01:24:54plutôt
01:24:55consensuels
01:24:55ou consensuels
01:24:56ou en tout cas
01:24:56qui sont capables
01:24:57de réunir
01:24:58une majorité
01:24:59qui répondent
01:25:01à des préoccupations
01:25:01quotidiennes
01:25:02de nos concitoyens
01:25:05et qui sont attendus
01:25:06dans les territoires
01:25:06c'est le cas
01:25:07du texte
01:25:07du projet de loi Riposte
01:25:09par exemple
01:25:09que vous avez mentionné
01:25:11de pouvoir
01:25:12et puis en plus
01:25:12les événements récents
01:25:13montrent à quel point
01:25:14c'est important
01:25:14de pouvoir
01:25:15mieux contrôler
01:25:16l'usage
01:25:17des mortiers
01:25:18d'artifice
01:25:18de pouvoir
01:25:20interdire
01:25:20les rêves partis
01:25:21enfin ce sont vraiment
01:25:22des sujets
01:25:23qui pourrissent la vie
01:25:24au quotidien
01:25:24dans tous nos territoires
01:25:26et sur lesquels
01:25:27je pense que c'est important
01:25:28de continuer
01:25:29à apporter des réponses
01:25:30et là on est sur
01:25:30des objets
01:25:31bien cernés
01:25:33dont je pense
01:25:33qu'ils ne doivent pas
01:25:34être trop
01:25:36irritants
01:25:37pour les uns
01:25:37ou les autres
01:25:38donc j'espère que ce projet
01:25:39pourra être rapidement débattu
01:25:40une toute dernière question
01:25:42si vous permettez
01:25:42de Janik
01:25:43que pensez-vous
01:25:48du boycott
01:25:49répété maintenant
01:25:50par certaines municipalités
01:25:52de gauche
01:25:53ou organisateurs
01:25:54de festivals
01:25:55d'artistes
01:25:55israéliens
01:25:57notamment pour les festivals
01:25:58de cet été
01:26:01en fait
01:26:02je pense que
01:26:04quand on commence
01:26:05à confondre
01:26:06le gouvernement israélien
01:26:08l'état d'Israël
01:26:10les juifs
01:26:11en France
01:26:12quand on commence
01:26:13à confondre
01:26:14le gouvernement
01:26:15de monsieur Netanyahou
01:26:16et tout artiste israélien
01:26:18on est sur une mauvaise pente
01:26:21voilà
01:26:21donc je pense
01:26:22que le fait
01:26:23qu'on puisse
01:26:24ne pas être d'accord
01:26:25avec le gouvernement
01:26:25de monsieur Netanyahou
01:26:27ne doit pas conduire
01:26:29à empêcher
01:26:30tout échange culturel
01:26:31avec des artistes israéliens
01:26:33juste
01:26:34au vu de toutes ces questions
01:26:37et de vos réponses
01:26:37pensez-vous
01:26:38qu'un candidat
01:26:39ou une candidate
01:26:39puisse gagner
01:26:40sinon en promettant
01:26:42du sang et des larmes
01:26:43du moins en promettant
01:26:44de la rationalité
01:26:48je crois que c'est pas
01:26:49un gros mot
01:26:49la rationalité
01:26:50et je pense que
01:26:54moi j'espère
01:26:55qu'on
01:26:56je fais confiance
01:26:57à nos concitoyens
01:26:59je le disais tout à l'heure
01:27:00sur le fait
01:27:00qu'ils sont lucides
01:27:01sur la situation
01:27:03qui sont sensibles
01:27:06enfin qu'ils attendent
01:27:08de la part
01:27:09des responsables politiques
01:27:10beaucoup d'écoute
01:27:11et de considération
01:27:14mais que
01:27:15si on est capable
01:27:17de dialoguer
01:27:18en étant à l'écoute
01:27:20en respectant
01:27:21en écoutant
01:27:22les préoccupations
01:27:24je pense qu'il y a un chemin
01:27:26on verra si
01:27:27l'appel à la responsabilité
01:27:29que vous avez
01:27:30lancé tout à l'heure
01:27:30est entendu
01:27:31dans votre propre camp
01:27:32de ce point de vue là
01:27:33merci beaucoup
01:27:33Elisabeth Borne
01:27:34d'avoir répondu
01:27:34à nos questions
01:27:35bon après-midi à tous
01:27:38Merci
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