00:01Oui, bonjour.
00:02Alors, il a dit deux choses qui m'ont profondément heurté.
00:04Je suis loin d'être le seul, naturellement, à être heurté par ces mots très maladroits,
00:08j'allais presque dire comme d'habitude.
00:10Il a dit qu'on vit tous un moment très dur.
00:12Lui, ça va, quoi.
00:13Je veux dire, le moment très, très dur, le moment de détresse terrible, définitive, perpétuelle,
00:18ce n'est pas lui qui le vit.
00:19C'est la famille, les parents, les grands-parents, le frère de la petite Liana.
00:25Première chose.
00:26Deuxièmement, on ne répond pas à un drame par des cris.
00:29Je l'ai entendu.
00:30On répond à un tel drame par quoi ?
00:33Par son absence totale de volonté politique en ce qui concerne la sécurité de nos concitoyens,
00:38par ses dizaines de promesses non tenues, par ses mots parfois brutaux,
00:43par ses contre-vérités, parce qu'il en a proféré tout de même dans ce domaine un certain nombre,
00:48ce n'est peut-être pas d'ailleurs le seul domaine, mais c'est un autre sujet,
00:51par son absence totale d'empathie.
00:53On répond par quoi à un tel drame ?
00:56Bien évidemment que l'on est en colère,
00:58parce que ce drame, s'il repose, comme c'est très vraisemblable,
01:03sur des insuffisances professionnelles graves,
01:06et les inspections le diront et rapidement,
01:09ça paraît incontestable.
01:10Mais il repose tout de même, et votre confrère l'a dit,
01:14sur neuf années d'incurie totale.
01:18On a augmenté le budget,
01:19ce n'est pas pour autant qu'on n'est pas à l'avant-dernier rang.
01:22Bon, on a fait les états généraux de la justice,
01:24on a fait les chantiers de la justice,
01:26on a fait des promesses en long, en large et en travers qu'on n'a jamais tenues.
01:30On a promis 15 ou 20 places de prison, je ne sais plus,
01:34mais peu importe le nom, puisque de toute façon,
01:36on n'est même pas à 10% de cette promesse tenue.
01:40– On est à 5 000 pour être très juste.
01:41– 5 411 exactement.
01:42– 5 411, Johan nous dit.
01:45– 5 411, il en faudrait…
01:46– On a fait 33%.
01:49– 10 fois plus, il en faudrait 50, 60 000, je crois.
01:52J'ai même entendu le chiffre de 100 000,
01:54si on voulait vraiment avoir une politique
01:56qui tienne compte de la sécurité de nos concitoyens.
01:59Vous savez, quand la sécurité de nos concitoyens n'est plus assurée,
02:02quand les gens ont peur, et ce n'est pas de la démagogie de dire ça,
02:05ce n'est pas du populisme,
02:06eh bien, c'est un pont, c'est toute la justice qui n'est plus crédible,
02:10qui n'est plus légitime, c'est toute la police,
02:12la gendarmerie qui fait ce qu'elle peut,
02:14mais elle ne peut pas grand-chose, malheureusement,
02:15quand il n'y a pas de volonté politique,
02:17et c'est un pont de nos institutions qui est ébranlé.
02:21C'est très grave, c'est notre pacte social
02:24qui le déchire comme ça, à force de mots extrêmement maladroits.
02:29Il souffle sur les braises.
02:31Moi, j'ai un conseil, je sais qu'il écoute le conseil,
02:34mais j'aurais quand même un petit conseil contre le citoyen,
02:36pas en tant qu'ancien procureur général,
02:39ou je ne sais trop quoi, en tant que citoyen.
02:41S'il vous plaît, monsieur le Président, taisez-vous.
02:44Taisez-vous, monsieur le Président,
02:45parce que vous êtes en train de souffler terriblement sur les braises,
02:48et on ne sait pas jusqu'où cela va conduire.
02:51Taisez-vous.
02:52Arrêtez de parler de bourrage de crâne,
02:55de bourrage de crâne en parlant, par exemple,
02:56de votre chaîne, et puis des naïfs et des gogoos.
02:59Je crois.
03:01Faites taire votre ancien ministre de la Justice
03:03qui parlait de sentiments d'insécurité.
03:05Permettez-vous de convoquer le procureur de Marseille
03:08et le Président pour les engueuler, pardon du terme,
03:10mais c'est tout à fait ça.
03:11Sans d'ailleurs, je crois qu'il n'y a pas eu une grosse réaction
03:14de la conférence des premiers présidents, du CSM.
03:18C'est quand même intolérable d'entendre ça.
03:21Allons chez Francis Nachbar.
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