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  • il y a 1 jour
Marine Christine Harambat, responsable de l'accueil des victimes à l'hôpital de Mont-de-Marsan, aborde les méthodes pour parler à nos enfants de l'affaire Lyhanna.

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Transcription
00:00Comment parler de la mort de Liana avec ses enfants ?
00:03On en parle avec notre invité, nous sommes avec Marie-Christine Arambat,
00:06la responsable de l'unité d'accueil des victimes à l'hôpital de Mont-de-Marsan.
00:09Bonjour Marie-Christine Arambat, vous êtes médecin légiste,
00:13vous prenez en charge dans votre service à l'hôpital Lainé,
00:16les enfants qui ont subi des violences, qu'elles soient sexuelles ou physiques,
00:20vous accompagnez aussi leurs parents, avec votre équipe,
00:23qui est composée de médecins, d'urgentistes, mais aussi de pédiatres, de psychologues.
00:27La mort de Liana a traumatisé tout le pays,
00:31elle a aussi réveillé beaucoup d'angoisse chez les parents notamment.
00:34Alors j'ai envie de vous demander pour commencer,
00:35est-ce qu'il faut parler de Liana, de sa mort, de ce qui lui est arrivé à nos enfants
00:40?
00:41Alors pas forcément, sauf si les enfants posent des questions,
00:45mais par contre parler de possibles agressions
00:48et de ce qu'on ne doit pas subir à des enfants,
00:51oui c'est très important et il faut le faire au fil de l'eau pour tous les parents.
00:57Et il faut, c'est juste du bon sens, il faut faire des choses simples,
01:02il faut que les parents se fassent confiance,
01:05il faut qu'ils passent du temps avec leurs enfants,
01:08qu'ils s'intéressent à eux, à leur quotidien,
01:11qu'ils parlent régulièrement avec eux,
01:13parce qu'un enfant qui peut s'exprimer sans penser qu'il va être grandé
01:17ou qu'on ne va pas l'écouter,
01:18c'est un enfant qui va parler et qui va demander de l'aide plus facilement
01:22lorsqu'il se passe un événement.
01:23Alors dans cette affaire, le suspect principal,
01:26c'est le père d'une amie, de Liana, d'une camarade de classe.
01:30Comment on fait quand on est parent pour ne pas tomber justement dans la paranoïa
01:33et pour protéger ses enfants tout en ne leur faisant pas avoir peur de tout ?
01:39Alors je crois qu'il y a à mon avis trois choses importantes.
01:43La première, c'est que dès le plus jeune âge,
01:46l'enfant il doit connaître son corps.
01:48La sexualité, ce n'est pas quelque chose de caché,
01:51c'est quelque chose qui fait partie du corps.
01:52Donc il faut que l'enfant puisse nommer les parties de son corps avec ses mots à lui
01:57et ses mots vont changer, vont évoluer au fur et à mesure qu'il va grandir.
02:02Il doit savoir que son corps lui appartient
02:04et que personne ne peut y toucher sans qu'il ait donné son accord.
02:08Si les parents...
02:09Alors ça peut être compliqué pour des parents d'aborder ce sujet.
02:11À partir de quel âge justement ?
02:13Mais tout petit.
02:13Nous on voit des enfants,
02:15alors parfois de quelques mois,
02:17mais bien évidemment là ce n'est pas possible,
02:18mais on voit des tout petits enfants de 2-3 ans
02:20et certains savent très bien retranscrire en fait cet interdit
02:23et comment ils font et savoir dire non.
02:27Donc si les parents ont des difficultés,
02:29aujourd'hui il y a des petits manuels avec des images
02:32qui peuvent servir de support par exemple pour aborder ce sujet.
02:35La deuxième chose, c'est que les agresseurs souvent,
02:38très souvent, ils disent à l'enfant de garder le silence.
02:41Ils lui disent c'est un secret, il ne faut pas en parler.
02:43Et je pense que le message à faire passer aux enfants,
02:45c'est qu'un secret qui fait peur
02:47ou un secret qui rend triste,
02:49c'est un secret qui ne doit pas être gardé
02:51et qui doit être partagé avec un adulte.
02:54Un secret poison ?
02:54Voilà, c'est un secret poison, exactement.
02:57Et ensuite la troisième chose,
02:59c'est en fait tout ce qui peut au niveau des signes
03:03alerter un parent qui connaît son enfant au quotidien,
03:06tous les signes qui peuvent être différents.
03:08Il peut y avoir plein de raisons pour lesquelles un enfant
03:09a des comportements qui changent,
03:11mais dont une agression.
03:12Donc en fait, les parents, ils doivent être en alerte.
03:15Alors on peut donner des exemples très simples.
03:17Par exemple, des problèmes physiques.
03:19L'enfant se plaît d'avoir mal à la tête,
03:20il est constipé, il a des problèmes de peau,
03:23il peut changer d'humeur, devenir colérique,
03:25se renfermer sur lui-même, être inattentif,
03:29avoir des comportements régressifs quand ils sont petits,
03:31se rapprocher des parents, refaire pipi au lit,
03:33pleurer pour aller à l'école,
03:35ou avoir des peurs paniques.
03:38Si on en revient à la mort de Liana,
03:40on en parle beaucoup depuis presque une semaine,
03:43vous disiez pas forcément,
03:44vous disiez pas forcément,
03:46on ne peut pas leur en parler forcément,
03:47mais s'ils en parlent dans la cour de récré,
03:49en écoutant les infos,
03:51comment on peut aborder le sujet avec eux ?
03:53Qu'est-ce qu'on doit leur dire ?
03:55Avec quels mots ?
03:56Mais je crois qu'il faut témoigner de la bienveillance à ces enfants,
04:01il faut essayer de ne pas transférer l'angoisse des parents,
04:05parce que l'angoisse des parents, les enfants la ressentent,
04:07et puis on peut d'abord les laisser parler aussi,
04:11savoir les écouter, ne pas les interrompre,
04:13quand ils parlent, s'ils en parlent,
04:15et puis après c'est faire passer des émotions,
04:18c'est dire par exemple,
04:19je suis triste, très triste de ce qui est arrivé,
04:21je suis très en colère contre la personne qui a fait ça,
04:24c'est très mal, et la justice va s'occuper de cette personne,
04:28et je suis fière que les gens autour aient accompagné,
04:34sa famille et ses proches,
04:35pour les soutenir dans la mort de cette petite fille, par exemple.
04:40Et comment on fait pour qu'ils ne se méfient pas de tout le monde,
04:41des parents, de leurs copains, justement ?
04:43C'est aussi donner confiance aux enfants,
04:45ce que je disais au début, les parents doivent se faire confiance,
04:47parce que si les parents se font confiance,
04:49ils font confiance à leurs enfants,
04:50et leurs enfants font confiance aux parents,
04:52et ça permet de créer un dialogue,
04:53ça passe forcément par l'échange et par la discussion.
04:57Merci Marie-Christine Arambat d'avoir été avec nous ce matin,
05:01je vous rappelle que vous êtes responsable de l'unité d'accueil des victimes
05:03à l'hôpital de Mont-de-Marsan, bonne journée.
05:05Merci.
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