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Le garde des Sceaux s'exprime après une réunion avec les procureurs généraux, à qui il demande de reprendre "l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000 dossiers, d'ici au 14 juillet, à la suite de l'affaire Lyhanna. 

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Transcription
00:00On parle de la responsabilité des juges. Bruno Retailleau dit qu'il faut une autre structure, un cours pour les
00:08juges, en plus du Conseil supérieur de la magistrature.
00:12Édouard Philippe parle de la syndicalisation et dit qu'il faut mettre fin à la syndicalisation des magistrats. Qu'en
00:18pensez-vous ?
00:19Je pense que je vais me concentrer sur ce pour quoi je suis en responsabilité, c'est-à-dire de
00:24faire fonctionner la chaîne hiérarchique du parquet.
00:27La question de la syndicalisation de la magistrature, comme la façon dont les gens sont sanctionnés, c'est des questions
00:33très intéressantes qui relèvent des candidats à l'élection présidentielle.
00:37Je respecte les opinions de chacune et de chacun. Simplement, ça n'aurait, là, dans le cas précis, pas changé
00:43grand-chose.
00:45Puisque, moi, mon sujet, c'est comment il n'y a plus d'autre à faire l'IANA. Ça ne
00:50veut pas dire que je méprise les autres questions.
00:51Ça veut dire que c'est déjà assez de travail. Et je pense que les Français se diraient quel drôle
00:55de ministre.
00:55qui donnent son opinion politique sur des sujets qui vont toucher manifestement les candidats présidentiels, dont je ne suis pas,
01:00alors que j'ai encore un an à faire ici, au moins, je l'espère, pour pouvoir résoudre, ici et
01:05maintenant,
01:06les problèmes que se posent les Français, qui ont peur pour leurs enfants, et je les comprends parfaitement.
01:11Ce n'est pas un problème de syndicalisation qui, pour l'instant, a empêché, me semble-t-il, les magistrats
01:17du parquet, les enquêteurs de la gendarmerie ou l'éducation nationale,
01:20de faire fonctionner mes cercueils de politique pénale.
01:24Même si je peux m'étonner de quelques expressions syndicales, parfois, lorsqu'on évoque un certain nombre de choses très
01:30concrètes.
01:30Par exemple, quand quelqu'un fait une faute, il faut le sanctionner. Je pense que ça arrive chez les chirurgiens.
01:34Je pense que ça arrive chez les journalistes. Je pense que ça arrive chez les hommes politiques.
01:38À la Cour de justice de la République, on est sanctionné. Ça arrive chez les policiers, chez les gendarmes.
01:43J'en ai sanctionné beaucoup. Les magistrats doivent pouvoir être sanctionnés quand ils font des fautes.
01:47Et d'ailleurs, ils le sont. Et deuxième sujet. Je ne pense pas... En tout cas, je n'ai pas
01:54eu à constater,
01:55depuis que je suis garde des Sceaux, que le Conseil supérieur de la magistrature ne suivait pas les demandes de
01:59sanctions
02:00que j'ai eu l'occasion de formuler. Donc c'est en effet un test intéressant pour notre État de
02:08droit et pour le ministère de la Justice
02:09pour savoir si les moyens d'État de droit actuels nous permettent de répondre à la demande du peuple français
02:15au nom de qui la justice est rendue. Moi, j'ai confiance dans l'action du Conseil supérieur de la
02:19magistrature
02:19pour, si jamais je lui proposais des sanctions, de les étudier et de donner son avis, comme il l'a
02:25toujours fait.
02:26Et j'ai confiance dans tous les magistrats de mon pays de comprendre que, en ce qui concerne le parquet,
02:31je ne veux pas me mêler du siège puisque constitutionnellement, je n'ai pas m'aiméler,
02:34ils comprennent qu'il y a un chef, que ce chef, c'est le ministre de la Justice,
02:38qui, dans un État démocratique, doit, comme tout le monde, comme eux, rendre des comptes
02:42quand on leur pose la question de savoir ce qu'ils font des deniers publics
02:44et comment ils extrairent sa responsabilité.
02:46C'est l'article 15 de la Déclaration du droit de l'homme et du citoyen.
02:48L'État de droit, c'est aussi rendre des comptes quand on est, et c'est tout à fait normal,
02:53mis en question sur son engagement professionnel.
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