Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 21 minutes
Gérald Darmanin a annoncé dimanche 7 juin qu'il allait demander aux procureurs généraux de reprendre "l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000 dossiers, d'ici au 14 juillet, dans le sillage de l'affaire Lyhanna. Le ministre de la Justice s’exprime dans le cadre d’une conférence de presse.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Depuis 2013, le garde des Sceaux ne peut pas donner d'instructions individuelles au parquet.
00:07C'est-à-dire que très concrètement, pour que les Français comprennent, je suis parfois interpellé légalement, je reçois des
00:12lettres.
00:13Il m'arrive sur le marché de Tourcoing où je suis élu d'avoir des citoyens qui, bien sûr, me
00:17questionnent sur telle ou telle affaire qui a pu les interpeller,
00:19soit eux-mêmes, soit leur entourage, parfois sur les réseaux sociaux où on me dit prenez en considération tel ou
00:24tel drame qui me touche ou qui touche mon voisin ou ma voisine.
00:26Je n'ai pas le droit légalement d'intervenir dans l'instruction individuelle. Je n'ai même pas le droit
00:31d'appeler personnellement un procureur de la République
00:34pour demander de communiquer, d'orienter telle ou telle affaire ou demander des comptes. Je dois passer, c'est l
00:41'État de droit, et je m'en félicite par la directrice d'affaires criminelles et des grâces,
00:45en l'occurrence, qui passe par un procureur général, par exemple ici celui d'Agin ou celui de Toulouse, et
00:51qui remonte l'effet d'une procédure, ce qu'on appelle une fiche d'action publique.
00:54Donc ce que je peux faire, c'est demander une information sur une affaire. Et je n'ai pas le
00:57droit d'intervenir individuellement. Pourquoi ? Parce que les magistrats sont indépendants
01:02et responsables de chacune de leurs procédures. Le deuxième point, c'est que je peux, c'est assez, j'ai
01:07le droit de le faire, demander de prioriser ce qu'on appelle les circuits politiques pénales généraux.
01:12Je n'ai pas le droit de parler d'une affaire en particulier, mais j'ai le droit de dire
01:15en général, voilà comment vous devez traiter telle ou telle affaire.
01:18C'est ce que j'ai fait. Neuf jours après mon arrivée en responsabilité ici, j'ai été nommé le
01:22jour de Noël, comme le gouvernement de M. Bayrou pour l'ensemble des ministres.
01:26Neuf jours après, la première circulaire de politique pénale, et la seule, je n'ai pris que deux depuis mon
01:31arrivée des circulaires de politique pénale générale,
01:33je leur ai évoqué le fait que j'avais deux priorités, le narcotrafic, je pense qu'on montre à quel
01:38point on a été, je crois, efficace
01:40avec les prisons de haute sécurité, le PNACO et l'ensemble des interventions, et les violences faites aux femmes et
01:45aux enfants.
01:46Donc par nature, ça veut dire que je demande d'écarter en priorité 2, 3 et 4 toutes les autres.
01:51Les cambriolages, les vols à la tire, la diffamation, les questions d'escroquerie, j'aurais demandé de se concentrer sur
01:57ces deux points.
01:59Est-ce que j'ai fait mon travail de garde des Sceaux ? L'inspection le dira. Le Parlement est
02:02là pour le contrôler, les médias peuvent en faire une discussion.
02:04En tout cas, j'essaie de réformer le ministère de la Justice. Je crois que chacun sait qu'avec les
02:09armes qu'on donne aux ministres de la Justice,
02:10c'est-à-dire des armes qui ne sont pas celles de tous les autres ministres, est-ce que le
02:13ministre de la Justice est quelqu'un de particulier,
02:16avec des agents qui sont des magistrats qui ont un statut d'indépendance, j'ai fait, je crois, dès le
02:21début de ma prise de fonction,
02:22la priorité de ces affaires. J'ai même été interrogé par une commission d'enquête. Je vous renvoie aux attendus
02:30de cette commission d'enquête.
02:31J'ai reçu les félicitations de la présidente et du rapporteur de cette commission d'enquête, qui ne sont pourtant
02:34pas de la majorité auxquelles j'appartiens,
02:36pour dire que pour la première fois, si je veux dire, je mets des guillemets, nous mettons un mot dur
02:41sur le fait que nous n'écoutions pas assez la parole de l'enfant.
02:43Et je montrais les difficultés structurelles que nous avions. Et j'essayais de pouvoir réorienter cela.
02:49Donc je pense, monsieur, pour être tout à fait clair avec vous, étant père d'enfant et me posant chaque
02:54jour la question de savoir si je suis à ma place,
02:57ça fait maintenant 9 ans que je suis ministre et j'ai assumé des responsabilités.
02:59J'ai parfois présenté ma démission au président de la République lorsque j'ai pensé que ma responsabilité était en
03:04cause.
03:05Et je n'ai pas peur de me présenter devant le suffrage des électeurs, puisqu'à chaque fois, je me
03:08présente devant le suffrage de mes électeurs.
03:11J'ai pensé que cette défaillance, ici, n'était une défaillance qui ne tenait pas aux instructions que le ministère
03:19a données.
03:20Mais je constate que je ne tiendrai pas mon rôle de ministre de la Justice et qu'à ce titre,
03:24en effet, la question de ma présence se poserait
03:27si je n'assumais pas mes responsabilités, c'est-à-dire si je n'allais pas à une chaîne de
03:31grande écoute présenter les excuses au nom de l'institution,
03:34parce que je pense que c'est normal et que c'est la moindre des choses que l'on doit
03:37de parler au nom des personnes qui sont sous votre autorité,
03:39même lorsqu'ils sont indépendants.
03:41J'ai pensé qu'il était normal de commander une inspection à la rendre publique, ce que, avouez-le, on
03:45ne fait pas toujours dans une affaire en cours.
03:47J'ai pensé qu'il était normal d'inviter les procureurs généraux en 48 heures de venir me rencontrer pour
03:53leur rappeler un certain nombre de choses que je leur avais déjà demandées
03:56et pour leur dire ce que je pensais important qu'ils entendent en toute franchise de la part de leur
04:02ministre,
04:02et de vous dire que s'il y a, après le rapport d'inspection, des défaillances qui sont mises en
04:07avant, comme je pense qu'il y en a d'après ce que je sais,
04:10et j'ai accès aux fiches d'action publiques, c'est-à-dire remontées pour les procureurs généraux,
04:13je prendrai mes responsabilités et je proposerai des sanctions au Conseil supérieur de la magistrature,
04:18et comme je l'ai déjà dit, qui iront du blâme jusqu'à la révocation du haut magistrat, si c
04:24'est le cas.
Commentaires

Recommandations