Passer au playerPasser au contenu principal

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00J'ai suivi de la maltraitance médicale et ça a failli entraîner ma mort, story time.
00:03On commence en 2021 après le Covid, ayant passé le confinement dans un appartement au 10ème étage sans balcon.
00:08On décide qu'on a envie d'aller vivre à la campagne, on en a marre des immeubles et de
00:12Paris
00:12et vraiment on va dans un village de 500 habitants.
00:14Il y avait une boulangerie dans le village ouverte le matin et le soir, mais c'est tout.
00:18Il n'y avait même pas un commerce, vraiment, il n'y avait rien que les habitants, la boulangerie, nous
00:22et les vaches.
00:23La précision est très importante pour la suite de l'histoire.
00:25Je me souviens parfaitement du jour où je suis tombée malade parce que la veille j'étais allée nettoyer
00:29notre ancien appartement, donc vraiment j'avais passé la journée à nettoyer.
00:31C'est ça aussi qui a fait que je ne suis pas partie tout de suite à l'hôpital parce
00:34que je me suis dit
00:34c'est sûr que tu es fatiguée, hier tu as nettoyé toute la journée et aussi on essayait d'avoir
00:39notre deuxième enfant.
00:40Je m'étais levée, je me rappelle que je n'avais pas hyper faim, donc j'avais mangé une compote.
00:43Je l'avais tout de suite vomi et c'est ça qui m'a alertée et comme j'avais des
00:46tests de grossesse chez moi,
00:47j'en avais fait un et il était positif et en vrai j'étais trop contente.
00:50Tranquillement, ma journée commence et vous savez à ce moment-là, c'est là où j'avais déménagé,
00:53j'avais un atelier dans mon jardin, ceux qui étaient là à ce moment-là se rappelleront.
00:56C'est la première fois que j'avais un espace dédié à ma marque.
00:58J'ai commencé à faire les commandes, je crois qu'il était 5h du matin, mais très très vite,
01:02genre la compote, ok je la vomis une fois, je me dis bon c'est peut-être les symptômes de
01:06début de grossesse,
01:07mais je continue de vomir, genre vraiment ça ne s'arrête pas.
01:09Je vomis la compote, je vomis encore et vous savez il y a un moment donné où genre quand tu
01:13vomis,
01:14tu vomis de la bile, c'est vert, c'est amer, ça fait vraiment mal au ventre.
01:18Donc j'arrive à un moment où je vomis ça et il est genre 10h du matin, je me dis
01:21ok, là quand même,
01:23ça fait des symptômes de grossesse très très fort.
01:25À ce moment-là, j'avais que Naledi comme enfant et ma grossesse avait Naledi, elle avait été plutôt calme.
01:29Donc je me suis dit bon, c'est vrai que c'est des symptômes un peu violents, mais vas-y,
01:32je ne m'inquiète pas plus que ça.
01:33C'est peut-être juste une grossesse différente, si je savais.
01:36Entre-temps, la journée continue et je vomis tellement que je me dis vas-y, il faut quand même que
01:39je fasse un truc,
01:40peut-être passer à la pharmacie.
01:41Rappelez-vous que dans notre village, il n'y avait rien.
01:44La prochaine pharmacie se trouvait dans la ville d'à côté, donc soit 5 minutes en voiture.
01:47Je fais mon max, je monte dans la voiture et dites-vous que je me sentais tellement mal
01:51que le petit trajet de 5 minutes jusqu'à la ville d'à côté, il m'a pris 15 minutes.
01:55Pourquoi ? Parce qu'à chaque fois, je m'arrêtais sur le bas côté pour vomir.
01:58Je continue à vomir, je continue à avoir des crampes d'estomac.
02:01Je ne sais pas à ce moment-là ce que je vomissais parce qu'en fait, mon estomac, il était
02:03vide.
02:04Mais je continue de vomir, les douleurs, elles étaient insupportables.
02:07Genre quand je suis arrivée à la pharmacie, je ne sais même pas comment j'ai fait pour dire à
02:10la femme que je me sentais mal.
02:11Elle m'a donné un antivomitif compatible avec la grossesse.
02:14Elle me dit, rentrez chez vous, ça se voit vraiment que vous êtes mal.
02:17Donc je refais le chemin, je retourne chez moi.
02:19Mais vraiment, j'ai cru que j'allais faire un accident de voiture tellement je me sentais mal.
02:22Ne faites pas ça.
02:23Si vous vous sentez mal, appelez tout de suite une ambulance.
02:26Ne prenez pas la voiture pour partir à une pharmacie.
02:27Vous risquez de faire un accident.
02:29Vous vous en doutez que l'antivomitif de la pharmacie ne fait absolument aucun effet.
02:32Je continue de vomir et je m'affaiblis au point où je ne peux plus me lever.
02:36Je suis allongée littéralement.
02:39Mon ventre est tendu.
02:40On me touche, je hurle.
02:42Et là, je me dis, ok, c'est bon ma belle, tu es en train de crever.
02:45Appelle le SAMU.
02:46Et c'est là que j'ai subi la première négligence.
02:48Le médecin conseil du SAMU, en fait, il me parle comme si j'étais une conne.
02:52Il m'infantilise, il me dit, non, mais en fait, vous vomissez parce que vous avez pris un antivomitif.
02:57Vous êtes enceinte, c'est clairement un symptôme de grossesse.
02:59En fait, il minimise la douleur que je ressens au point où je lui dis, monsieur, soit vous m'envoyez
03:04une ambulance, soit je meurs.
03:06Il faut sachez aussi qu'à l'époque, Harold n'avait pas encore le permis.
03:09Donc, en vrai, l'hôpital, il se trouvait à peu près à 30 minutes de notre village, mais il ne
03:13pouvait pas me conduire là-bas.
03:15Et en plus, il y avait une alédi.
03:16Bref, il y avait des empêchements qui faisaient que Harold ne pouvait pas prendre la voiture.
03:19Donc, vraiment, je dis au mec, monsieur, là, je lui dis textuellement, je suis en train de mourir.
03:24Soit vous m'envoyez une ambulance, soit vous aurez ma mort sur la conscience.
03:27Vous savez, il répond quoi ?
03:28Vraiment, il me répond comme ça.
03:30Allez, allez, c'est bon, je vous envoie l'ambulance, mais ce sera votre faute après, vous allez la payer.
03:33Mon frère, j'étais littéralement en train de mourir.
03:36Envoie l'ambulance, ce n'est pas toi qui paye.
03:38Je suis en train de mourir, envoie l'ambulance.
03:41Genre, vraiment, la conversation, elle était lunaire.
03:43Et dites-vous que j'ai dû avoir cette conversation alors que j'étais à 10 de douleur.
03:47Genre, vraiment, j'étais en train de crever.
03:49L'ambulance arrive 30 minutes après et ce n'est pas fini.
03:51Les seules personnes qui ont été gentilles à l'écoute pendant tout ce truc,
03:55c'était les deux ambulancières qui sont venues me chercher parce qu'elles ont vu que j'étais vraiment mal.
03:58Je vous jure, en fait, l'ambulance, il suffisait qu'elle roule sur un caillou, je hurlais.
04:02J'étais derrière et vraiment, à chaque mouvement, à chaque petite secousse, je hurlais.
04:06Elle voyait comment je me crispais, comment mon corps était vraiment tendu.
04:09Elle me disait, mais en fait, on va essayer de rouler le plus vite possible.
04:12Tenez bon, on arrive à l'hôpital.
04:14Genre, elles ont vu que littéralement, j'étais en train de crever.
04:17Ce n'est pas un euphémisme, j'étais littéralement en train de mourir.
04:20On arrive à l'hôpital à peu près 30 minutes après et je me dis, c'est bon, mon calvaire
04:23va être terminé.
04:24Je suis dans un hôpital, on va me prendre en charge, ma douleur va en fait se terminer.
04:28Que nanny !
04:29L'infirmier de triage, le mec, je vous jure, si j'avais pu retrouver ce mec, si je le retrouve...
04:35D'ailleurs, je vais vous spoiler tout de suite la fin.
04:37Je n'ai pas porté plainte contre l'hôpital, je n'ai pas porté plainte contre le SAMU
04:40parce que j'étais juste trop contente d'être en vie.
04:42Oui, voilà.
04:43Donc, ne me demandez pas, est-ce que tu as porté plainte ?
04:45Je n'ai pas porté plainte.
04:46Je n'ai pas porté plainte.
04:47Quand je suis sortie de l'hôpital, j'étais juste contente de retrouver mon fils, de retrouver mon chéri et
04:51juste de respirer.
04:52Bref, il me demande la douleur, elle a combien, madame ?
04:56Je lui dis 10.
04:56Il me dit, vous êtes sûre ?
04:57Ce n'est pas plutôt 7 ou 8 ?
04:59Frère, je hurle de douleur.
05:00En fait, il faut que vous imaginiez la scène.
05:03Une femme adulte.
05:03À l'époque, j'avais 25 ans, j'allais avoir 26 ans dans quelques mois.
05:08Je suis tombée malade en février et mon anniversaire, c'est au mois de juin.
05:12Imaginez-vous une femme adulte, une femme de 25 ans, une maman.
05:15Ok, j'ai déjà accouché, oui, l'accouchement, ça fait mal.
05:17Mais imaginez-vous un adulte en train de hurler de douleur,
05:21en train de crier, en train de pleurer, en train de supplier qu'on fasse quelque chose pour que ça
05:26s'arrête ?
05:26C'était moi.
05:27Voilà, cet adulte, c'était moi.
05:29Littéralement, je me roulais au sol de douleur.
05:31En fait, je ne sais pas, je vous jure que ce truc-là, ça m'a fait plus mal que
05:35tous mes accouchements,
05:36ça m'a fait plus mal que l'abdominoplastie.
05:38Je hurlais de douleur, d'accord ?
05:41La douleur, elle était à 10 millions, d'accord ?
05:43La douleur, elle était à 10 millions.
05:44Le mec, il me regarde comme ça.
05:45Vous êtes sûres, c'est passé tout vite ?
05:46Frère, non, non, je suis en train de crever.
05:48À nouveau, vas-y, lui aussi, avec tellement de dédain, avec tellement de...
05:52Il me fait monter dans une chambre, donc en gynécologie, parce que j'étais enceinte,
05:56je leur avais dit que j'avais un test de grossesse positif,
05:58et il me laisse dans la chambre pendant une heure.
06:00Guys, rappelez-vous, je suis en train de hurler de douleur.
06:03Il me laisse dans la chambre pendant une heure.
06:05La prochaine infirmière qui vient, elle me retrouve au sol en train de hurler.
06:08Elle me menace.
06:09Elle me dit, non mais madame, si vous continuez comme ça, on va vous ouvrir le ventre,
06:12machin, machin.
06:13Ma belle, ma belle, effectivement, on m'a ouvert le ventre.
06:17J'ai une cicatrice de 15 centimètres.
06:18C'est bon ?
06:19Oui, voilà.
06:20Non, vraiment.
06:21En fait, quand je vous dis, il y avait quelqu'un qui voulait ma mort ce jour-là.
06:24Il y avait quelqu'un qui voulait que je passe à côté.
06:27Genre, vraiment, elle me dit, non, madame, levez-vous.
06:30C'est pas normal de se comporter comme ça.
06:32Vous êtes une adulte quand même, frère.
06:33Je suis en train de crever.
06:34Donc, à ce moment-là, il me donne des antidouleurs, genre vraiment fort.
06:37Genre, la morphine et tout.
06:38Genre, pump in my body.
06:40Et j'arrive enfin à fermer l'œil après pratiquement 24 heures à hurler de douleur.
06:45Sauf que, est-ce qu'on me fait des examens pour savoir ce qui m'arrive ?
06:48Non, non, non, non, non.
06:49Je passe 2-3 jours à l'hôpital.
06:51On me donne à manger.
06:53Rappelez-vous, j'ai le ventre distendu.
06:55Normalement, je ne sais pas, les médecins, les infirmières qui vont passer par là.
06:57Vous avez un patient qui arrive à l'hôpital et son ventre est distendu.
07:00Est-ce que la première chose que vous lui faites, ce n'est pas une échographie ?
07:02Pour savoir ce qui se passe dans le ventre ?
07:05Non, non, non.
07:05Ils ne me font pas d'échographie.
07:06Ils me laissent dans la chambre avec des examens qui sont super mauvais.
07:10Genre, vraiment, ça se voyait que j'étais infectieuse.
07:12Mes examens sanguins, j'étais en train de crash, d'accord ?
07:15Toujours mal au ventre, mais ils me donnent à manger.
07:17Parce que, miraculeusement, je vais me rétablir.
07:20Oui, je simule.
07:21Bah oui, c'est faux, la douleur.
07:23Ça n'existe pas.
07:23Non, mais quand je vous dis, l'expérience, elle est lunaire.
07:26En fait, j'aurais dû porter plainte contre l'hôpital.
07:28J'aurais dû porter plainte, mais j'étais juste tellement en mode,
07:30Oh, I'm alive.
07:32Je n'ai pas porté plainte.
07:33Mais bref, on continue l'histoire.
07:34Au bout de trois jours, mes examens sont toujours mauvais.
07:37On voit que rien ne s'améliore malgré les antibiotiques et tout.
07:41Il y a un médecin vraiment mon sauveur.
07:43Lui, si je le retrouve, mais bisous sur toi.
07:45C'est grâce à toi que je suis encore en vie aujourd'hui.
07:47Je ne sais même plus son nom parce que j'étais tellement dans les vapes.
07:50Merci, tu m'as sauvé la vie.
07:52Ce médecin, il rentre dans ma chambre et dit,
07:53Mais madame, est-ce que vous avez fait une échographie depuis que vous êtes venue ?
07:56Moi, je le regarde.
07:57Je fais, bah non, depuis que je suis arrivée, je ne suis pas sortie de la chambre.
08:00Et dites-vous que pendant ces trois jours, j'arrive à peine à aller aux toilettes.
08:03Donc, c'est-à-dire que le mouvement de l'estomac, le mouvement des boyaux,
08:07en gros, je n'arrive pas à faire caca.
08:09Voilà, je dis le français, je fais pipi, mais je ne fais pas caca.
08:12Genre, ça ne circule pas.
08:14Il me donne à manger, rappelez-vous.
08:16J'arrive à peine à croquer quelques petites choses.
08:18Et il me dit, mais madame, vous n'avez pas fait d'échographie depuis que vous êtes là ?
08:21Je fais, bah non.
08:23Il me dit, mais en fait, je vais vous faire une échographie tout de suite.
08:25On rentre dans la salle d'échographie.
08:26Je vous jure, je vous jure, voilà la scène.
08:28Moi, je suis comme ça, en mode crispé douleur.
08:30Il prend son truc d'échographie, il met sur mon ventre.
08:34Il fait, non mais, non mais c'est bon, là, je vous opère dans deux heures.
08:36Votre appendicite, elle a explosé.
08:38Genre, le mec a fait, touc-touc, c'est bon, je vous amène au bloc.
08:43J'ai passé trois jours de souffrance, d'accord ?
08:46Est-ce que c'est bon pour vous ?
08:48Trois jours, personne n'a pensé à me faire une échographie.
08:52Personne n'a pensé à se dire, bah tiens, elle a mal au ventre.
08:55Faudrait peut-être qu'on regarde ce qui se passe dans le ventre.
08:57Non, non, ils étaient tous là à me regarder en mode, mais qu'est-ce qu'elle simule, cette gourgandite
09:01?
09:01Non, mais vraiment.
09:04Bref, il me dit, allez, c'est bon ma belle, remballe-moi tout ça, on va aller au bloc opératoire.
09:09Donc moi, je me dis, oui, enfin quelqu'un me prend au sérieux.
09:12Enfin, cette douleur va s'arrêter.
09:14Il me dit, ne vous inquiétez pas, c'est une petite appendicite.
09:16En général, on fait des petits trous, on met des tuyaux avec des caméras.
09:19Quick, quick, en deux heures, c'est bon.
09:21Je me dis, yeah, ça va bien aller.
09:23Rappelez-vous que pendant trois jours, les autres fous du bus, ils ont laissé mon état se dégrader.
09:28Donc forcément, au lieu d'avoir juste une simple appendicite qui a explosé, ça s'est transformé en péritonite.
09:33Alors pour ceux qui ne savent pas, le péritonite, c'est la membrane qui entoure tous les organes qui sont
09:37dans ton intestin et tout ce tralala.
09:39Bah comme mon appendicite, on l'a laissé pourrir pendant trois jours dans mon estomac,
09:43bah qui s'est tapé une gigainfection et genre tout mon abdomen était rempli de pus.
09:47Donc l'opération qui était censée durer deux heures en mode tralala, bah non, elle a duré quatre heures.
09:52Ils ont dû ouvrir, nettoyer, récurer, bref, faire le grand ménage à l'intérieur.
09:57J'ai fini avec une hernie d'ailleurs parce que du coup, c'était tellement violent qu'ils ont carrément
10:02coupé autour de mon nombril.
10:03Bref, un carnage.
10:05La cicatrice, elle était agrafée.
10:07J'avais jamais vu ça.
10:08Moi, je ne savais pas qu'on pouvait faire les cicatrices des gens avec des agrafes.
10:10Carrément, je me suis réveillée.
10:11Je vois mon ventre, j'ai des agrafes sur le ventre.
10:13Frère, on aurait dit un film d'horreur, d'accord ?
10:16Bien évidemment, vu que j'étais infectieuse pro max, la grossesse, rappelez-vous, oui, j'étais enceinte, j'ai fait
10:21une fausse couche.
10:22Parce que le choc, l'opération, les quatre heures qui normalement étaient censées en être deux.
10:27Mais vu qu'il y a eu de la négligence et qu'ils m'ont laissée littéralement...
10:29En fait, ils m'ont laissée mariner dans mon pus.
10:31Ils m'ont laissée mariner dans mon jus parce qu'ils ne croyaient pas ma douleur.
10:35Ils ne croyaient pas ma douleur.
10:36Ils croyaient que je simulais.
10:38Voilà.
10:39Heureusement que ce gentil médecin est arrivé dans ma chambre et a juste décidé de faire le taf que les
10:44autres, ils n'avaient pas eu envie de faire pendant trois jours.
10:46Sinon, vraiment, je serais morte.
10:48Il m'a dit un jour de plus.
10:50Et en fait, vous étiez irrécupérables.
10:52Tellement l'infection, elle était généralisée dans mon abdomen.
10:55Et pour le petit moment drôle, haha, quand je suis sortie du bloc opératoire, vous vous rappelez l'infirmière qui
10:59m'a dit, oui, on va vous ouvrir le ventre si vous continuez.
11:01Elle est rentrée dans ma chambre.
11:03Elle a regardé mon ventre et elle a fait un commentaire en mode, ah ouais, ils ne vous ont pas
11:06raté.
11:07Elle est grosse la cicatrice.
11:08Sans blague.
11:10Sans blague, ma chérie.
11:11Donc quand tu me voyais me rouler au soleil, tu pensais que je blaguais ?
11:14Oui, la cicatrice est énorme.
11:16I was dying.
11:17Pour ne pas dire autre chose.
11:19Parce que là, j'avais envie de dire, mais vas-y.
11:21Vas-y.
11:22J'étais trop contente d'être en vie en fait.
11:23J'étais en mode, merci seigneur, je suis en vie, je vais pouvoir retourner chez moi sur mes deux pieds
11:28et pas les pieds en avant dans un cercueil en fait.
11:30Je vous passe les détails de mon séjour à l'hôpital en post-op parce que vu que j'étais
11:33plus enceinte, ils m'ont descendu dans le côté chirurgie des adultes.
11:36Ils ont eu la merveilleuse idée de me mettre dans la même chambre qu'une mamie, adorable par ailleurs, mais
11:40qui avait une poche à urine.
11:41Donc ça sentait les urines et je suis absolument hyper sensible aux odeurs.
11:45En tant que personne neuroatypique, je ne peux pas le supporter.
11:48Agré le fait que j'avais littéralement deux drains de chaque côté de mon corps, j'ai dû sortir de
11:53l'hôpital contre avis médical parce que je leur ai dit en fait,
11:55soit vous me changez de chambre, soit je vais crever parce que je ne peux pas avoir des douches partagées
12:01avec littéralement des hommes adultes.
12:03En fait, j'ai regardé le truc, je me suis dit, ce n'est pas possible.
12:06Dans la chambre, il n'y avait pas de douche.
12:07La mamie, elle avait sa poche à urine et le premier jour où je suis descendue, j'ai vu un
12:10mec bedonnant de 60 ans aller à la douche.
12:14Là, je me suis dit, oh my god, no !
12:16J'ai appelé ma copine, j'ai dit, s'il te plaît, viens seulement me chercher, viens me chercher, je
12:21sors.
12:21Puis le médecin, j'ai dit, monsieur, signez-moi la décharge, donnez-moi mes médicaments, I'm gone, j'en ai
12:26rien à foutre.
12:27Enlevez les drains, faites ce que vous voulez.
12:29Là, aujourd'hui, ma copine, elle est en route, je me casse.
12:31Il m'a regardé comme ça, je l'ai regardé comme ça, j'ai dit, j'étais en larmes, bien
12:34évidemment.
12:35Et je dis, monsieur, soit vous me sortez de cette chambre, soit je me tue, soit je me jette par
12:39la fenêtre.
12:39Alors, vraiment, premier degré, il m'a dit, ouais, mais bon, après, si vous guérissez ma...
12:44J'ai dit, c'est pas grave, c'est pas grave, au moins, j'irai mourir chez moi, parce que
12:48dans tous les cas, vous avez failli me tuer.
12:50Heureusement, le post-op chez moi a été super bien, j'ai eu une infirmière à domicile qui était adorable.
12:54Et puis, je suis là pour vous raconter l'histoire, donc ça veut dire que je ne suis pas mort.
12:57Franchement, aujourd'hui, j'arrive à en parler avec le sourire, avec des émotions et tout, mais ça m'a
13:00pris des années.
13:01Il fut un temps, je n'arrivais pas du tout à raconter ces histoires sans littéralement m'effondrer en larmes.
13:04J'ai commencé récemment une thérapie avec une psy, parce qu'en fait, je me suis rendu compte que ça
13:09m'a déclenché de l'anxiété, mais vraiment très, très, très, très forte.
13:12En plus du fait que je suis neuroatypique, mais j'en parlerai peut-être dans d'autres vidéos pour l
13:17'instant, je ne me sens pas assez à l'aise pour en parler sur les réseaux.
13:19Bref, trauma sur trauma sur trauma sur trauma.
13:24Et pendant des mois, vraiment, je n'ai pas mis les pieds dans un hôpital, parce que littéralement, j'avais
13:28peur qu'en rentrant là-bas, j'allais finir dans un cercueil.
13:32Et donc voilà pour cette story time, comment la négligence médicale a failli me tuer de la part du SAMU
13:37et de la part de l'hôpital où j'étais.
13:39Le syndrome méditerranéen, la négligence sur les personnes racisées dans les hôpitaux, c'est un phénomène très, très réel.
13:44Moi, j'ai de la chance dans mon malheur, je m'en suis sortie parce que malgré les douleurs, etc.,
13:49j'ai réussi quand même à « advocate for myself », comme on dit en anglais.
13:53J'ai réussi à faire en sorte que quelqu'un, ne serait-ce qu'une personne, prenne au sérieux ma
13:56douleur et me fasse des examens.
13:58Mais je sais qu'il y a des gens qui ne s'en sont pas sortis. Je sais qu'il
14:01y a des gens qui ont perdu des membres de leur famille, même de Strasbourg, là où j'étais.
14:04Je connais quelqu'un qui a perdu un membre de sa famille parce que malheureusement, elle a appelé le SAMU
14:09et ils ne l'ont pas cru.
14:10Il y a même eu un procès et tout. Ceux de Strasbourg, vous savez de qui je parle.
14:13Donc bref, j'en ai parlé un peu en riant, en faisant des manières et tout.
14:17Mais sachez que c'est un sujet très, très, très, très sérieux.
14:20Cinq ans plus tard, je me remets encore de cet événement.
14:22Je vous ai dit, je suis en thérapie pour ça.
14:25Donc bref, voilà. Dans les hôpitaux, les soignants, si vous passez par là, je sais que vous êtes débordés.
14:30Je sais qu'il manque du personnel. Je sais qu'il y a beaucoup de choses qui font que vous
14:33n'êtes pas dans des bonnes conditions pour faire votre travail.
14:36Mais sachez qu'il n'y a aucune chose qui justifie le fait de ne pas prendre au sérieux la
14:41souffrance d'un patient
14:42qui vient littéralement à vous dans une situation où elle hurle, elle pleure, elle se roule au sol.
14:49Enfin, à un moment donné, la douleur, ça se voit.
14:52Même si vous allez me dire, oui, il y a des gens qui abusent, même s'il y a une
14:55personne qui abuse,
14:56ce n'est pas pour autant que vous devez négliger la souffrance des autres.
15:00Voilà, je terminerai sur ces belles paroles.
15:03Je suis très reconnaissante d'être en vie, d'avoir pu continuer ma vie malgré ce trauma qui m'est
15:09arrivé.
15:09et j'espère qu'un jour, je pourrai en guérir.
15:13Voilà pour moi, voilà pour cette story time.
15:15Pas très fun finalement, mais bon.
15:17Je vous fais de gros bisous et rendez-vous à la prochaine story time
15:21qui sera, je l'espère, beaucoup plus sympathique.
15:25Bye !
Commentaires

Recommandations