00:00Plus de 5 jours après la disparition de la jeune Liana à Florence,
00:03les questions se multiplient devant le profil du suspect
00:05et la colère monte aussi chez les défenseurs des droits des enfants
00:08comme votre invité, Marek Keta, ce matin.
00:10Bonjour Sophie-Antoine.
00:11Bonjour.
00:12Merci d'être avec nous.
00:13Vous êtes membre de l'association Mouv'Enfant.
00:166 dossiers pour agression sexuelle, viol ou intérêt pour des jeunes mineurs.
00:206 dossiers dans lesquels le nom de ce Gershoi apparaît.
00:24Ce Gershoi de 41 ans, principal suspect dans la disparition de Liana vendredi dernier
00:28et son casier judiciaire est vierge.
00:30Est-ce que vous faites toujours confiance à la justice ?
00:32Non, absolument pas.
00:33Et cette affaire, l'affaire Liana, met encore une fois en lumière un échec collectif.
00:40Vraiment collectif, sociétal.
00:42On se retrouve face à une société qui n'écoute toujours pas la parole des enfants.
00:47Pour preuve en fait, dès 2017, Jérôme Barrella est mis sur la scellette
00:55parce qu'il y a une mère qui tire la sonnette d'alarme.
00:58Mais la justice estime que, comme la jeune fille a 17 ans, il n'y a aucune infraction.
01:03Et ça va continuer puisque de 2022 jusqu'à hier, ça va être trois plaintes de viol
01:09qui vont être déposées sur mineurs, dont une qui est classée sans suite.
01:13Est-ce qu'on est obligé de rappeler aussi qu'il y a un licenciement qui est effectué
01:17par la région Occitanie en 2020, exactement, et pour conduite inappropriée ?
01:23Alors, qu'est-ce qui se cache derrière ce terme inapproprié ? Je ne sais pas.
01:26Mais en tout cas, la région le licencie juste.
01:29Donc, c'est insupportable.
01:31Sophie Antoine, j'aimerais vous faire écouter ce que dit la procureure Doche,
01:34Clémence Meyer, interrogée évidemment hier au sujet de ces plaintes.
01:38Je tiens à préciser que dans le cadre d'une enquête pénale,
01:41l'audition du mis en cause est toujours le dernier acte d'enquête à effectuer
01:45après que l'ensemble des autres investigations aient été réalisées.
01:48Elle fait ici référence à la plainte déposée à Plaisance-Dutouche l'été dernier
01:52qui arrive sur la table des gendarmes, là, six mois plus tard, en janvier.
01:56Votre réaction ?
01:56Alors, tout le monde se refile la patate chaude.
01:58On a même le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
02:02qui annonce une enquête administrative.
02:04Mais on a envie de dire que c'est trop tard.
02:06Si on avait écouté les enfants, si on avait une justice et une police à hauteur d'enfants,
02:11en fait, tout cela ne serait jamais arrivé.
02:15Ça veut dire quoi, une police, une justice à hauteur d'enfants ?
02:17Mais en fait, tout le monde s'engage pour le droit des enfants.
02:19Aujourd'hui, on est dans la course des présidentielles.
02:21On a un discours de façade, on a un discours clientéliste en faveur des enfants.
02:26On a notamment aussi de grands principes fondamentaux autour de la présomption d'innocence.
02:30Mais quand est-ce qu'on va écouter les enfants ?
02:33Quand est-ce qu'on va avoir une présomption de crédibilité pour la parole des enfants ?
02:37On ne les croit pas, on ne les entend pas.
02:39Et du coup, il arrive des choses, on est face à des extrémités insoutenables.
02:43Là, ce qui se passe aujourd'hui, ça nous met toutes et tous en colère.
02:47La présomption d'innocence, ça vous agace ?
02:50Ce n'est pas que ça nous agace, en fait.
02:51C'est un principe qui est fondamental.
02:53Mais on considère, en fait, que la société a un devoir de protection vis-à-vis de ses enfants,
02:58à hauteur d'enfants, à hauteur de leur parole.
03:00Il y a des jeunes filles qui ont témoigné.
03:02Imaginez à 10 ans le courage nécessaire pour témoigner, pour dénoncer ce qu'elles ont subi.
03:09Et la justice n'a pas suivi.
03:10Aujourd'hui, cet homme, ce Jérôme Barrella, a un casier judiciaire vierge.
03:14Le courage, vous parlez quand on est un enfant.
03:17Qu'est-ce qu'il faut de plus pour qu'on les écoute ?
03:19Qu'est-ce qu'il faut de plus ? Il faut que la société, en fait, repense son fonctionnement,
03:24repense sa façon de faire et que cette justice se transforme.
03:27Donc nous, ce qu'on réclame, en fait, c'est l'application systématique d'un principe de précaution,
03:32avec des ordonnances de sûreté.
03:35Et puis aussi, là, sur cette affaire, on réclame que toutes les plaintes soient recoupées
03:40et que toute la lumière soit faite sur cette affaire,
03:42pour mettre en avant tous les dysfonctionnements, pour que ça s'arrête de se reproduire.
03:47C'est sans fin.
03:48Est-ce qu'on peut, on entend souvent aussi parler de la formation, peut-être, des enquêteurs ou des gens
03:54qui...
03:54Est-ce qu'il y a un effort à faire là-dessus ?
03:56Évidemment qu'il y a un effort à faire là-dessus.
03:58Mais nous tenons vraiment à rappeler que la lenteur et l'inertie des services de police et de justice
04:03sont les meilleurs boucliers des pédocriminels et des agresseurs.
04:09En fait, il faut faire le nécessaire pour se saisir de cette justice
04:12et la transformer dans le fond et dans la forme.
04:16Est-ce qu'on peut peut-être rappeler, il nous reste quelques secondes,
04:19rappelez vos missions, vous, à l'association, pour finir ?
04:22Vous défendez les droits des enfants ?
04:24Nous, on est dans une mission de protection, d'information, de sensibilisation,
04:27mais je profite de ces dernières secondes pour lancer un appel à la vigilance
04:31et demander aux personnes si elles ont vu un détail, si elles ont vu quoi que ce soit
04:34pour sauver l'Iriana.
04:36En fait, faites le nécessaire, saisissez-vous, allez voir la police.
04:39Mais voilà, chaque heure, chaque jour compte.
04:41Merci beaucoup, Sophia Antoine, membre de l'association Mouv'Enfant.
04:45On entend votre appel à se manifester si jamais vous avez des informations
04:51sur la disparition de l'Iriana ou toute autre chose qui pourrait faire avancer l'enquête.
04:55Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
04:56Merci à vous.
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