Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ici Matin
00:02Les anciens salariés de l'usine Tetrapac à Longvie n'en ont pas fini avec leur direction.
00:07Neuf mois après la fermeture du site, 126 d'entre eux lancent une action collective devant les prud'hommes.
00:11Ils se rassemblent ce matin devant la cité judiciaire à Dijon où se tient une première audience de conciliation.
00:16Notre invité est membre CGT de l'intersyndical Tetrapac.
00:20Il va rejoindre ce rassemblement mais juste avant il a accepté de répondre à vos questions.
00:23Bonjour Claude Rolandet.
00:25Bonjour.
00:25On lâche rien, ça c'est un des célèbres slogans de la CGT, chez Tetrapac aussi on lâche rien.
00:31A Tetrapac aussi on lâche rien, il n'y a pas de raison.
00:33On va se battre contre une direction mondiale puisque nous sommes bien employés par Tetrapac international et non pas Petrie
00:41de Dijon.
00:42Qui n'ont eu aucun scrupule à licencier 207 personnes, à sacrifier des gens pour uniquement augmenter leurs bénéfices.
00:50Neuf mois après la fermeture de Tetrapac à Longuevie, votre colère elle est toujours aussi présente.
00:55Pourquoi ? Est-ce qu'il y a une incompréhension de votre part sur ces licenciements, sur cette fermeture ?
00:59Alors la colère est toujours là puisque ce que je viens de vous dire, Tetrapac a fermé Dijon uniquement pour
01:05augmenter le taux d'occupation de ces machines en Europe.
01:08C'était trop brutal, on vous a pas prévenu avant.
01:09Bénéfices qui je le rappelle, une société dans l'industrie qui font les marges nettes à plus de 17%, c
01:15'est exceptionnel.
01:15Donc il n'y avait aucune raison de fermer Dijon, surtout qu'ils investissent à Lund sur une production qui
01:21aurait pu être faite à Dijon.
01:23Donc 360 millions sur 4 ans.
01:25Donc oui, c'est pas une question d'argent, c'est vraiment augmenter les bénéfices.
01:31La société Tetrapac appartient à une famille, à Rausing, pour ne pas les nommer, le fondateur de Tetrapac.
01:36Donc qui sont déjà multimilliardaires, donc...
01:39Pour vous, pas de problème financier, aucune raison de fermer cette usine ?
01:42Aucune raison de fermeture, non.
01:44126 ex-salariés en sont donc engagés dans cette procédure collective au prud'homme sur les 169 déjà licenciés.
01:51C'est rare d'être aussi nombreux à faire une telle action.
01:54Mais c'est pour vous montrer la colère qu'il y a vis-à-vis de la société.
01:58126, on aurait espéré plus, bien sûr, mais bon, pour certaines personnes, ils voulaient vraiment se détacher complètement de Tetrapac.
02:05Certains ont retrouvé du travail, certains cadres, d'autres ont fait valoir leur droit à la retraite aussi.
02:10Bien sûr, oui.
02:13Donc, 126, c'est vrai que c'est un chiffre assez important, au vu de l'événement et au vu
02:17de l'incompréhension de ce qui s'est passé.
02:20Chaque ancien salarié demande un chèque de 80 000 euros.
02:23Ça veut dire que vous ne lâcherez rien en dessous de cette somme, ou que c'est un point de
02:28départ pour la négociation ?
02:29Non, c'est un point de départ de négociation, bien entendu. Donc, 80 000 euros, c'est un calcul qui
02:35a été fait avec l'avocat, au vu des plafonnements Macron.
02:40Mais en sachant bien que le plafonnement Macron peut sauter, si on arrive à prouver, et on l'a fait
02:46largement, mais maintenant, ça restera un jugement,
02:49sur l'employeur réel. Si l'employeur réel n'est pas pétri de Dijon, mais bien tétrapaque, il n'y
02:54a plus de plafonnement Macron.
02:55Donc, on peut aller au-delà de ces sommes-là.
02:57Vous, Claude Rolandet, vous vous êtes mobilisé avec vos collègues syndicalistes pendant des mois devant cette usine de long vie.
03:04Comment vous vivez la fin de cette aventure ?
03:08Alors, bon, personnellement, pour moi, je suis en fin de carrière, donc ce n'est pas trop le problème.
03:14Où ça fait mal, c'est pour mes collègues qui, eux, vont rester sur le carreau.
03:17Et là, c'est très compliqué. Même les collègues qui ont retrouvé du travail, ils sont beaucoup moins bien payés,
03:21puisque c'est vrai que tétrapaque, on avait de très bons salaires.
03:25Vous avez encore de leurs nouvelles ?
03:26Oui, on essaye de faire un rassemblement tous les mois avec les collègues pour prendre des nouvelles de ceux qui
03:32ont déjà retrouvé du travail.
03:33Si, quelque part dans leur entreprise, ça se passe bien et qu'ils embauchent aussi,
03:37pour essayer de ne pas perdre les collègues qui sont dans l'expectative et qui n'ont toujours pas retrouvé
03:44de travail.
03:44Donc, on essaie de garder le lien avec tout le monde, ce qui n'est pas toujours facile,
03:48mais on a quand même pas mal de gens qui viennent nous voir.
03:50Et puis, vous aussi, votre rôle de syndicat, c'est de vérifier aussi qu'auprès des anciens salariés,
03:55la direction suit bien ses promesses en matière de reclassement, en matière de formation aussi ?
04:01Tout à fait. Il y a une commission de suivi qui se réunit tous les mois,
04:04avec le cabinet Oasis, qui avait été choisi par tétrapaque à l'époque,
04:09où on essaye de suivre les collègues et parlementer sur des formations,
04:13si la direction coince un petit peu.
04:15Pour l'instant, ça ne se passe pas trop mal,
04:17à part un ou deux cas où il a fallu essayer de se fâcher un peu,
04:19mais autrement, ça se passe relativement bien quand même.
04:21En tout cas, ce matin, 8h30, vous serez rassemblés devant la cité judiciaire
04:24pour dire que ce n'est pas fini et que vous allez continuer votre combat, c'est ça ?
04:28Ce n'est pas fini, on ne lâchera rien.
04:30Merci beaucoup Claude Rolandet d'être passé par chez nous ce matin.
04:33On rappelle que vous êtes membre CGT de l'intersyndicale chez Tétrapaque à Longuevie.
04:36Bon courage et bonne journée.
04:37Merci, au revoir.
Commentaires

Recommandations