00:00Le réveil 100% local, ici matin.
00:04La journée d'hier a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France.
00:08Et ce que disent les spécialistes, c'est que ce genre d'épisode sera de plus en plus fréquent.
00:13Hasard du calendrier, Dijon accueille jusqu'à demain les assises de la transition énergétique.
00:17Pendant trois jours, des spécialistes qui vont réfléchir à l'adaptation au changement climatique.
00:22Pour en parler à Nord, vous recevez un spécialiste des questions d'environnement.
00:25Il est invité d'honneur de ses assises, professeur à l'université de Lausanne en Suisse et philosophe.
00:30Bonjour Dominique Bourg.
00:31Bonjour Madame.
00:32Ça fait 30 ans que l'urgence climatique c'est votre sujet.
00:36Ce qu'on vit en ce moment, ces chaleurs exceptionnelles.
00:39Est-ce que ce n'est pas un peu le résultat de ce qu'on n'a jamais vraiment voulu
00:42voir ?
00:42C'est le moins qu'on puisse dire.
00:44On sait à peu près ce qu'il va nous arriver.
00:47Les premiers modèles qui tournent, c'est dans les années 60.
00:50Le GIEC est créé.
00:51Le GIEC, c'est cette institution intergouvernementale.
00:54Depuis les années 60, on dit attention, ça va arriver.
00:56Depuis les années 60, on commence.
00:58Mais le GIEC est créé en 88.
01:00C'est une plateforme intergouvernementale qui fait la synthèse de nos connaissances
01:06sur l'évolution du climat, sur les risques induits, etc.
01:10Date de 88.
01:11Donc depuis le début des années 90, on en était maintenant au 7e rapport.
01:15Il y a un 8e rapport qui paraîtra à peu près dans un ou deux ans.
01:19Alors, on sait qu'on ne peut pas revenir en arrière, bien sûr.
01:21Ce qui est là, est là.
01:23Mais est-ce qu'on peut dire aujourd'hui qu'il est trop tard pour ralentir ce réchauffement climatique ?
01:27Non, surtout pas.
01:28On peut encore agir, c'est positif.
01:30Bien sûr, mais évidemment, on peut encore agir sur différents points.
01:33Par exemple, évidemment, il ne faut jamais séparer le fait de s'adapter au fait de réduire nos émissions.
01:39Si on ne les réduit pas, on va tous crever, tout simplement.
01:42Ça n'a aucun sens.
01:43Donc il faut vraiment les réduire.
01:45Aujourd'hui, au quotidien, tout le monde peut réduire.
01:48La France réduit de 2% les dernières années.
01:50Elle s'était engagée à plutôt un rythme de 6%.
01:53Donc on est largement en deçà de ce qu'on devrait faire.
01:56Et puis, il faut effectivement aussi s'adapter.
01:59Alors, pour vous montrer à quel point on était stupide de ne pas le faire,
02:02évidemment, quand vous avez des rues qui sont arborées, il fait beaucoup plus frais.
02:06Un arbre, ça transpire.
02:09Et la transpiration, le passage, si vous voulez, du liquide au gaz, ça mange de la chaleur.
02:14Ça mange des calories.
02:15On le sent dans nos villes aujourd'hui, quand on longe un arbre, un parc, on sent qu'il y
02:18a marre de chaleur.
02:18Voilà, ce n'est pas du tout comme sous un parasol.
02:20Sous un arbre, vous avez une température fraîche.
02:23Donc, évidemment, il faudrait adapter les villes.
02:26Les constructions, il faudrait les faire de telle sorte.
02:28On a l'exemple dans certains pays chauds.
02:30Il y a des gens cités qui savent très très bien faire.
02:32Avoir des immeubles, des quartiers qui sont plus résilients à la chaleur.
02:38Mais ce n'est pas simplement nous le problème.
02:40C'est aussi, si vous voulez, on voit bien, l'économie qui a beaucoup de problèmes.
02:44Et évidemment, surtout la nature.
02:46Là, on a une canicule très forte, prolongée.
02:50Elle va durer au moins jusqu'au week-end.
02:54Les plantes, les arbres, les glaciers, les montagnes, les animaux, la faune sauvage, les animaux domestiques,
03:00ils sont comme nous.
03:01Ils souffrent énormément.
03:03Et là, ça arrive à un moment donné où beaucoup de plantes ne sont pas matures encore.
03:06Évidemment.
03:07La métropole de Dijon, où se tiennent ses assises justement en ce moment,
03:11elle met beaucoup de choses en place pour s'adapter à ce changement climatique.
03:15On parle d'un milliard d'euros d'investissement.
03:16Est-ce que ça veut dire aussi qu'en plus des arbres et de tout ce qui est déjà en
03:20place,
03:20il faut qu'on agisse sur le bâti, sur le construit.
03:24Il faut qu'on isole.
03:25Il faut qu'on rénove.
03:26Alors ça, c'est le moins qu'on peut dire.
03:28C'est en fait, si vous voulez, on a adapté le bâti au froid.
03:32Et on continue même encore à le faire aujourd'hui.
03:35Alors qu'en fait, évidemment, on a du froid.
03:38On pourra peut-être même en avoir un peu plus à l'avenir.
03:40Si ce qu'on commence à voir dans les courants marins de l'Atlantique, si vous voulez,
03:46qui mélangent les eaux froides et les eaux chaudes,
03:48qui font redescendre les eaux froides à l'équateur et remonter les eaux chaudes.
03:51Enfin, le Norcissa, ça se perturbe.
03:53C'est vrai qu'on pense moins aux eaux chaudes.
03:54Oui, oui.
03:55Alors, on ne s'est vraiment pas du tout adapté aux eaux chaudes.
03:58Maintenant, il arrive.
03:59Et n'oubliez pas qu'entre maintenant et, disons, une vingtaine d'années,
04:03tout ce qu'on connaît là va à peu près doubler d'intensité.
04:07Donc ça, il faut bien l'avoir en tête.
04:08On n'a pas une exception.
04:10On a affaire à quelque chose qui sera plus fréquent et plus fort.
04:14Et donc, effectivement, l'adaptation du bâti aux eaux chaudes,
04:18c'est quelque chose de fondamental.
04:19Il serait vraiment bon maintenant de le comprendre.
04:22Est-ce que vous pensez, Dominique Bourg,
04:23qu'aujourd'hui, nos acteurs économiques, nos agriculteurs, les militants du climat,
04:28est-ce que tout le monde est prêt à faire tous ces efforts en conséquence ?
04:32Ou est-ce qu'on se dit, ça sera pour les générations d'après ?
04:34C'est un peu ce qu'on peut entendre aussi, parfois.
04:37Alors, vraiment, avec ce qu'on est en train de recevoir sur la tête aujourd'hui,
04:40pour les générations d'après, c'est complètement idiot.
04:42C'est nos générations qui commencent, qui entrent.
04:45Et en vieillissant, on va souffrir de plus en plus, que la chose soit très claire.
04:51Donc, effectivement, s'exciter pendant la canicule pour tout oublier après,
04:55ce qu'en général on fait, c'est franchement pas la meilleure attitude.
04:59Je vous donne un exemple.
05:01Si vous voulez, des arbres dans une ville, ça fait redescendre la température de plusieurs degrés.
05:05Eh bien, évidemment, si on avait planté ces arbres il y a 20 ans...
05:09On n'aurait peut-être pas ce problème aujourd'hui.
05:10Alors, on n'aurait pas ce problème.
05:11Et si vous voulez planter aujourd'hui, on a vraiment du mal à les faire tenir en cas de canicule.
05:16Donc, pour vous montrer à quel point on était...
05:17Est-ce que nous, on va planter aujourd'hui, ça sera pour nos enfants ?
05:19Alors, ça sera pour nos enfants, mais c'est beaucoup plus difficile de planter aujourd'hui que ça ne l
05:22'était il y a 20 ans.
05:23Alors, cette erreur, on l'a faite.
05:25On va essayer de la réparer.
05:26Mais ne la refaisons pas.
05:28C'est-à-dire, on a des connaissances scientifiques qui nous permettent de savoir ce qu'on va pâtir,
05:32qu'est-ce qui va nous tomber dessus à l'avenir ?
05:36Eh bien, anticipons un peu.
05:38Et effectivement, la réforme de la ville, l'urbanisme, l'architecture,
05:43c'est un élément fondamental de ce qu'on appelle l'adaptation.
05:45Et c'est un peu de tout ça que vous allez parler,
05:48dont vous allez échanger avec toutes les personnes qui sont réunies jusqu'à demain à Dijon
05:53pour ces assises de la transition énergétique.
05:55Merci beaucoup, Dominique Bourg, d'avoir été avec nous.
05:58On rappelle que vous êtes l'invité d'honneur de ces assises,
06:00philosophe, professeur à l'Université de Lausanne
06:02et spécialiste des questions environnementales.
06:04Bonne journée à vous.
06:05Bonne journée, merci.
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