00:00...
00:18Je m'appelle Mme Kawa Mariam Kondé.
00:23Ce matin très tôt, à 5 heures.
00:27Depuis 4 heures ou 5 heures, il y a eu beaucoup de bruit.
00:31Je me suis dit, j'ai demandé qu'est-ce qui ne va pas.
00:34J'ai appelé chez ma tante pour savoir si c'est là-bas.
00:38On me dit non.
00:39Donc je me suis lévée, je suis sorti.
00:41Il y avait le bruit sur le goudron, il y avait beaucoup de bruit.
00:46Les enfants voulaient sortir, je leur ai dit de ne pas sortir.
00:50Finalement, j'ai mon frère qui était à l'étage, mon petit frère qui me dit
00:53« Ah, je tante tenei, je tante tenei. »
00:57Après, j'ai entendu, je tante tenei, ouvrir la porte.
01:01Je suis sortie, je suis sortie.
01:04J'ai trouvé ma soeur, c'est une voisine qui est une soeur de ma mère.
01:07Parce que depuis qu'elle est là, c'est confié à ma mère.
01:11Ma mère est décédée et mon frère, c'est confié à ces gens-là.
01:15Donc, elle est devenue une soeur pour nous.
01:18Plus de 20 ans, on est ensemble.
01:21Donc, elle est comme une soeur pour nous.
01:23Donc, j'ai trouvé ma soeur allongée.
01:26Elle est allongée de huit mois.
01:28Elle est allongée à terre dans le sang.
01:31Apparemment, il y a les militaires qui étaient là.
01:34L'autre, apparemment, je dis bien.
01:36Apparemment, l'autre était de force spéciale.
01:38Un autre motard qui se sont pris devant notre cour ici, là, qui faisait le bruit.
01:43Ils ont tiré, tiré trois fois.
01:45Le troisième bal qui est venu, parce qu'elle était devant sa porte.
01:49Elle préparait.
01:50C'est une vendeuse.
01:52C'est une vendeuse et elle va à Madina.
01:55Donc, elle a fait les bales.
01:56Donc, elle a fait les bales.
01:57Qu'elle va à Madina.
01:59Donc, elle préparait pour aller à Madina.
02:02Et là, dans sa soeur, rentrons.
02:05Rentrons ces gens-là.
02:06C'est tout le temps comme ça.
02:07Rentrons, il faut éviter les bales.
02:09Elle est rentrée.
02:11Sa soeur aussi est rentrée.
02:13À peine rentrée dans sa maison, la belle a traversé le portail.
02:19C'est rentrée.
02:20Ça l'a pris à l'épaule.
02:21C'est sorti derrière.
02:23De là, elle a perdu connaissance.
02:26Elle a craché, apparemment, parce que je l'ai trouvée dans le bain de sang.
02:30Donc, j'ai pris la voiture.
02:32Je l'ai amenée à l'hôpital régional qui est juste à côté, ici, à T6.
02:36Mais c'était un dépôt de corps.
02:38Depuis, on a pris, elle avait déjà rendu l'âme.
02:41Mais j'espérais que ma soeur n'était pas décédée.
02:45J'espérais qu'arrivée, que les médecins allaient me dire que ma soeur n'est pas décédée.
02:50Malheureusement, c'était un dépôt de corps.
02:53Donc, c'est ça, à 5 heures.
02:54Elle avait des enfants ?
02:56Oui.
02:56Elle a laissé 6 enfants.
02:58Elle était enceinte du 7e.
03:00Donc, elle a laissé 4 garçons et 2 filles.
03:06C'est ça.
03:06Elle s'appelle Tenen Kamara.
03:08Madame Traoré Tenen Kamara.
03:09Et son mari ?
03:10Son mari est à la morgue.
03:12Je les ai laissés là-bas.
03:14Elle peut avoir à peu près comme quel âge ?
03:16Tenen, Tenen doit...
03:18Elle était dans la trentaine.
03:20Elle devait avoir les 35 ans.
03:23Elle devait avoir les 35 ans.
03:24Est-ce que vous avez un mot à lancer à l'emploi des autorités ?
03:27On ne peut que sensibiliser.
03:29Aujourd'hui, cette situation est déplorable.
03:32Parce que c'est ce qui se passe tout le temps ici.
03:36Ce n'est pas la première fois.
03:37Une fois, mes enfants, mes frères jouent ici.
03:39Il y a un militaire encore qui est venu les attaquer,
03:42qui l'a fait sortir là.
03:44Ce jour-là, c'est mon grand jeune qui a dû aux jeunes de le laisser passer.
03:49Il y a un coin ici, au Carrefour, vers Sonoko,
03:52l'usine en face de l'usine de Sonoko.
03:54Si l'autorité peut nous aider à délocaliser complètement là-bas.
03:58Il n'y a que des barres, des trucs là-bas.
04:00Quand les gens viennent, ils aillent, ils partent là-bas pour boire.
04:03Ils font de n'importe quoi.
04:04Ce n'est pas la première fois.
04:05Tout le temps, ils menacent les gens ici.
04:07Avec l'armes.
04:10C'est les militaires.
04:11Les Kouarabiais doivent me protéger.
04:13Ils ne doivent pas me prendre.
04:15Ce qui est plus cher, c'est l'âme des êtres humains.
04:18Ils ne doivent pas nous le prendre.
04:20Aujourd'hui, ils ont pris l'âme de ma soeur et de son enfant.
04:22Demain, ça serait qui ?
04:24On ne sait pas.
04:26Nous sommes où précisément ?
04:28On est à Anta SOS.
04:30Anta Nord.
04:31Mes sincères condoléances.
04:32Merci bien.
04:43Sous-titrage Société Radio-Canada.
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