[#Exclusif] Jean Bosco Obame Ndong, Directeur général de l’Emploi
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00:00Mesdames et Moisettes et Messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'interview exclusive.
00:05Le 28 avril dernier, le ministère du Travail a présenté les résultats de la deuxième enquête nationale sur l'emploi
00:12et le chômage.
00:13Réalisée en 2024, cette étude d'envergure a mobilisé l'ensemble des équipes techniques du ministère
00:19avec l'appui de plusieurs partenaires techniques et financiers du Gabon, dont la Banque mondiale,
00:25menée sur toute l'étendue du territoire national.
00:28Cette enquête vise à fournir des données fiables pour orienter les politiques publiques en matière d'emploi et d'employabilité.
00:35Les chiffres issus de cette enquête ont suscité de nombreuses réactions, aussi bien dans la presse que sur les réseaux
00:41sociaux.
00:42Dans ce nouveau numéro d'interview exclusive, nous recevons le directeur général de l'emploi,
00:48M. Jean Bosco-Obamdon, qui a piloté ce travail de bout en bout.
01:02M. le directeur général, bonsoir et merci d'avoir accepté notre invitation.
01:06M. M. Makemba, je vous remercie pour l'opportunité que vous offrez au ministère du Travail,
01:12à travers ma modeste personne, de vulgariser les résultats de cette opération.
01:16M. M. M. M� Katzewski – Encore une fois de plus, félicitations pour ce travail d'ampleur
01:21qui va orienter, comme je le disais, les politiques publiques pour Amiosette-Degabona.
01:26M. Makemba – Merci.
01:27M. M. Makemba – Alors, emploi, chômage, éducation, migration, revenus, handicap, conditions de travail,
01:33mais aussi perception du travail décent.
01:35autant de thématiques analysées dans cette enquête et dont les grandes tendances vont vous être déclinées.
01:43Alors, monsieur le directeur général, vos équipes ont été mobilisées pour un travail d'une importance capitale, on l'a
01:50dit,
01:50mais avant d'entrer dans le vif du sujet, est-ce que vous avez rencontré des difficultés opérationnelles ?
01:57Merci. Les difficultés opérationnelles, pas vraiment parce que quand une opération est bien préparée,
02:05on fait face, on réfléchit d'avance aux difficultés opérationnelles qu'on peut y avoir.
02:10Donc, dans le cadre de ce type de travaux, il y a plusieurs phases.
02:15Il y a toute une phase préparatoire. Il y a la phase de collecte, qui s'est déroulée en novembre
02:22et décembre 2024.
02:25C'est là où on envoie les agents sur le terrain. Et c'est vraiment cette phase-là où les
02:29gens considèrent que c'est ça l'enquête.
02:31En fait, c'est la période de collecte. Ce n'est qu'une étape de l'enquête.
02:36Après le terrain, il y a toutes autres étapes qui arrivent, qui sont le nettoyage de la base de données,
02:43le traitement des données, l'analyse, la rédaction du rapport jusqu'à la publication que nous avons réalisée.
02:49Et donc, quand nous avons envoyé nos agents sur le terrain, ils ne vont pas dans l'inconnu.
02:56Ils y vont parce que nous avons choisi un échantillon et on les envoie avec une carte de la zone
03:05qu'ils sont censés dénombrer.
03:07Avant de les envoyer, nous les avons formés pendant deux semaines.
03:10Dans le cadre de cette formation, nous avons certes insisté sur comment articuler, poser les questions, enregistrer les réponses.
03:22Mais toute une partie de la formation a aussi consisté à leur indiquer comment ils devraient se présenter dans les
03:32ménages.
03:32Oui, parce qu'il y a parfois une méfiance des Gabonins.
03:35De sorte qu'ils soient plus rassurés, les enquêtés, sur la nature de l'opération.
03:44Vous savez que nous avons fait beaucoup d'élections politiques dans les années qui viennent.
03:49Et donc, une des consignes était de dire que ce n'était pas une opération politique, c'était une opération
03:55strictement administrative.
03:56Et que le gouvernement avait besoin de ces informations pour mettre en place les politiques de l'emploi qui sont
04:03fondées sur la réalité de ce qui existe pour aider à régler la question du chômage.
04:09Donc, c'était ça le message.
04:10Après, nous avons donné des indications de comportement.
04:14Une fois arrivé dans une province, une ville ou un village, il fallait d'abord aller rencontrer l'autorité administrative
04:23afin que celle-ci sensibilise les populations sur la tenue de l'enquête et l'appui qu'il faut aux
04:31équipes pour faire à bien leur travail.
04:33Alors, messieurs le directeur général, nous sommes là dans la deuxième enquête nationale.
04:37La première ayant eu lieu en 2010.
04:39Mais est-ce qu'il y a une particularité de cette enquête de 2024 par rapport à l'édition de
04:452010 ?
04:46Bon, les particularités, on peut les retrouver.
04:49Oui, la première particularité, c'est que dans le cadre de cette enquête-là de 2010, nous bénéficions naturellement de
04:57l'expérience de 2010.
04:59Parce qu'en 2010, c'était la première fois.
05:02Donc, nous avons tiré les leçons de 2010 pour faire mieux en 2024.
05:08Et en 2024, nous avons mis en place une équipe de compatriotes qui sont chargés de ces questions-là.
05:15à nos amis de la direction générale de la statistique, du ministère de la planification,
05:21qui, avec les agents de la direction générale de l'emploi du ministère du Travail,
05:25ont été constitués en une équipe technique qui a travaillé pendant un peu plus de 15 mois sur cette opération
05:32-là.
05:34Donc, il n'y a pas eu de difficultés particulières.
05:36Donc, en plus de cette équipe, pour que nos travaux soient, parce que nous avons voulu que ça soit quelque
05:48chose de moins contestable,
05:51même si on peut dire que toute opération scientifique peut donner lieu à, on ne se veut pas dire contestation,
05:57mais...
05:58Mais à des marges d'erreur.
05:59Voilà. Et donc, nous avons voulu que nos travaux soient regardés par des paires extérieures.
06:06Donc, nous avons recruté un consultant qui est venu regarder le travail que nous avons fait.
06:11Nous avons envoyé nos micro-données, la base de données, au département statistique du Bureau international du Travail,
06:18qui est notre organisme de référents au niveau international,
06:23pour regarder si les procédures que nous avons utilisées pour faire l'enquête sont les bonnes
06:30et si les indicateurs, les informations auxquelles nous sommes parvenus sont fondés au regard du processus que nous avons utilisé.
06:39Et donc, nous avons bien travaillé de ce point de vue, et avec le consultant, et avec le département statistique.
06:45Alors, plusieurs indicateurs ont été recherchés dans ce travail scientifique,
06:52mais quels étaient les principaux indicateurs et surtout pourquoi ces choix ?
06:57Avant d'arriver aux indicateurs, en tout cas, on a calculé nombreux, mais je vais m'arrêter sur deux ou
07:02trois.
07:02Mais avant d'arriver à ce calcul, il faut d'abord indiquer que nous avons travaillé sur un échantillon.
07:15On a travaillé à peu près sur 14 900 personnes qui ont répondu à la question.
07:23C'est un échantillon.
07:25Nous avons extrapolé par la suite ces résultats à l'ensemble de la population.
07:31Les statisticiens savent techniquement comment il faut faire cette opération-là.
07:35Et donc, une fois que nous avons les résultats au plan national,
07:38l'étape est d'abord de décomposer la population.
07:42On part de la population dans son ensemble, on enlève les moins de 15 ans, les jeunes enfants.
07:51Qui ne sont pas concernés par l'emploi.
07:52Qui ne sont pas concernés.
07:53Et nous obtenons ce qu'on appelle la population en âge de travailler.
07:58De cette population en âge de travailler, on va la découper en trois parties.
08:05Ceux qui ont un emploi, ceux qui sont au chômage et ceux qui sont hors-médure.
08:13Parce qu'il faut bien comprendre que tout au long de notre vie,
08:18on ne peut être que dans une seule et une seule catégorie.
08:22On ne peut pas être dans deux catégories à la fois.
08:25Soit on a un emploi, soit on est au chômage, soit on est en dehors du marché de la médure.
08:33Alors, la catégorie hors-médure, de quelle catégorie s'agit-il ?
08:37La catégorie hors-médure, ce sont les étudiants.
08:39D'accord.
08:41Les élèves, les étudiants, même s'ils ont plus de 15 ans,
08:46mais dès lors qu'ils sont encore à l'école, ils ne sont pas concernés.
08:49Et les retraités aussi ?
08:50Les retraités, les femmes au foyer, ce qu'on appelle les rentiers,
08:56c'est-à-dire ceux qui vivent le produit d'une rente,
08:59ce sont ces personnes-là, les malades de longue durée,
09:01ce sont ces personnes-là qu'on appelle les personnes hors-médure.
09:04Dans l'ancienne appellation, on les appelle aussi les inactifs.
09:08D'accord.
09:09Alors, oui.
09:10À partir du moment où on a fait le comptage de ces populations-là,
09:14nous avons les chiffres absolus.
09:15Mais pour mieux expliquer la représentation de la situation,
09:23on calcule sur la base de ces chiffres absolus
09:27ce qu'on appelle les indicateurs,
09:29pour mieux comprendre combien représente l'emploi,
09:35combien représente le chômage,
09:36combien représentent ceux qui sont hors-médure.
09:39Donc, je veux retenir, pour revenir à votre question,
09:43trois principaux indicateurs.
09:44Et nous avons travaillé sur beaucoup.
09:49Oui.
09:50L'auto de participation à la main d'oeuvre,
09:54qu'on appelle aussi l'auto d'activité.
09:57En fait, ça désigne la part de la population en âge de travailler
10:05qui a soit un emploi, soit un chômage.
10:10En fait, c'est la capacité de la main d'oeuvre que le pays peut mobiliser
10:16pour aller travailler dans les projets d'investissement.
10:20Et donc, ce taux-là, on l'a calculé.
10:24Enfin, ce n'est pas nous qui calculons.
10:25Les résultats nous ont indiqué qu'il a été établi à 49,5 %.
10:31– Oui, de main d'oeuvre, mobilisables.
10:33– Mobilisables.
10:34Ce que le pays peut mobiliser,
10:36ça veut dire à peine la moitié de la population en âge de travailler
10:39que le pays peut mobiliser.
10:40– Et là, ça correspond à combien de personnes à peu près, M. Diétre ?
10:43– Et là, nous avons 515 000 populations qui sont autour de la MEDEU.
10:48Donc, c'est autour de 300, 350 000.
10:52– Alors, restons un peu sur cet indicateur, M. le directeur général.
10:55On parle de, disons, 515 000 personnes mobilisables
10:59pour travailler sur le marché de l'emploi au Gabon.
11:02Est-ce que ce chiffre est important au regard des ambitions du gouvernement ?
11:08– Où on serait emmené, tôt ou tard, à mobiliser une main d'oeuvre étrangère ?
11:13– Non, allons étape par étape.
11:18Donc, 515 000, c'est le nombre de personnes qui ont un emploi.
11:20Si on ajoute les chômeurs, 100 000, ça fait autour de 600 000.
11:23C'est ça, la main d'oeuvre.
11:25Voilà.
11:26Alors, ce qui importe d'abord, c'est que le gouvernement trouve du travail
11:31à ces chômeurs-là qui n'ont pas de boulot aujourd'hui.
11:34– Ils sont évalués à 108 000.
11:38– 108 000, effectivement.
11:39– En 2000.
11:39– 108 733.
11:41– 733 personnes.
11:42– Qui correspond à 17,4 % de la population.
11:45– 17,4 % du taux de chômage.
11:46– C'est l'un des indicateurs principaux.
11:48– Voilà.
11:48Donc, il faut d'abord que le gouvernement trouve du travail à cela.
11:53Maintenant, s'il y a l'occasion des projets structurants qui arrivent,
11:58on est amené à constater que sur le plan local,
12:01nous n'arrivons pas à trouver la main d'oeuvre qu'il faut,
12:04peut-être que le gouvernement serait peut-être amené à faire,
12:07comme on a déjà fait en 1979,
12:10faire l'importation de la main d'oeuvre pour venir travailler dans les constantines.
12:14Mais 108 000 personnes, c'est déjà un challenge énorme pour le gouvernement.
12:19Donc, travaillons d'abord sur les nationaux,
12:24comment faire pour qu'ils trouvent du travail.
12:28Donc, le premier indicateur, c'est celui-là.
12:31Le taux de participation de la main d'oeuvre, 49,8 %.
12:35Ensuite, le taux d'emploi.
12:39Ça veut dire, parmi ceux-là que le gouvernement peut mobiliser pour aller travailler,
12:46combien ont réellement un emploi ?
12:49J'ai dit en chiffre absolu, c'est 515 000, je crois, 902 personnes.
12:54Ça représente 40 %.
12:57Voilà.
12:57Donc, sur les 600 000 dont j'ai parlé, plus dont j'ai parlé,
13:03à peine 400,
13:06voilà, un peu plus de 512 000,
13:10515 000 plutôt, ont un emploi.
13:12Donc, 40 %.
13:13Là encore, c'est plus dramatique.
13:16Donc, tous les efforts que le gouvernement fait actuellement,
13:20les grands projets,
13:21vous avez suivi Mme la ministre de la Planification
13:24qui est passée dans une échelle conturante il y a récemment,
13:28à l'occasion des 100 jours.
13:29Elle a fait un développement sur le plan national de croissance et développement.
13:35En fait, l'ensemble des projets structurants qui sont de nature
13:39a dopé notre économie
13:41et pour lesquels chacun des projets identifiés
13:47est de nature à créer l'emploi.
13:49Et donc, c'est d'abord cela.
13:53Donc, taux d'activité,
13:57taux d'emploi,
13:59qu'on appelle également ratio emploi-population,
14:02mais surtout taux de chômage.
14:03C'est surtout celui-là qui a beaucoup fait débat.
14:07On fait beaucoup débat.
14:09Donc, il a évalué à 17,4 % pour l'ensemble de la population
14:18en âge de travail.
14:21Non, l'ensemble de la main d'oeuvre.
14:22De la main d'oeuvre mobilisée.
14:23Ce n'est pas toute la population, c'est la main d'oeuvre.
14:25Donc, sur l'ensemble de la main d'oeuvre,
14:2917,4 % n'ont pas d'emploi.
14:31C'est ce que ça veut dire.
14:33C'est un ratio.
14:35Donc, c'est ça qui représente
14:39108 733 personnes.
14:40Donc, c'est encore énorme
14:41et le gouvernement a des efforts à faire là-dessus.
14:45Après, maintenant,
14:47ce taux de chômage-là,
14:48ou même le taux d'emploi,
14:49ou même le taux de participation à la main d'oeuvre,
14:52on peut les calculer par sexe, par âge,
14:58par région, par qualification,
15:01par type d'activité, par tout ce que vous voulez.
15:05Alors, si on s'arrête, par exemple,
15:07sur la question de l'âge.
15:08Oui.
15:10Nous avons calculé
15:12le taux de chômage des jeunes.
15:14On a pris
15:15la référence de l'Union africaine
15:18de 15 ans
15:19à 35 ans.
15:21C'est cela que l'Union africaine définit
15:24comme étant des jeunes.
15:26Leur taux de chômage, c'est
15:2730,5 %.
15:30Oui.
15:31C'est important, quand même.
15:32C'est important.
15:33Donc, un peu plus
15:35de 13 points au-dessus
15:37de la moyenne nationale.
15:39De la moyenne nationale.
15:40Donc, c'est un point, vous voyez.
15:42La situation est déjà dramatique
15:44pour l'ensemble des chômeurs.
15:46Elle est davantage
15:47pour les jeunes.
15:48Mais il y a quand même
15:49un paradoxe, monsieur le détail général.
15:51Vous allez poursuivre.
15:52Toujours dans cette lancée,
15:54l'enquête révèle également
15:55que la situation est encore
15:57beaucoup plus alarmante
15:58pour les jeunes diplômés
16:01qui ont fait des études supérieures,
16:03qui représentent quand même
16:0443,4 %.
16:06Bon, elle est alarmante
16:08parce que les jeunes diplômés
16:11ont des préférences
16:12en matière d'emploi.
16:14D'abord, ils ont des niveaux
16:15de diplôme élevés.
16:17Et donc, ils ne sont pas prêts
16:21à aller occuper
16:24des emplois qui correspondent.
16:26Qui sont sous-qualifiés.
16:27Voilà.
16:27Sinon, ça, c'est la sous-qualification.
16:29Ça, c'est le phénomène
16:30de classement.
16:34Voilà.
16:35Mais, à contrario,
16:37quand ils arrivent
16:38à trouver un emploi,
16:40ils trouvent des emplois
16:42de meilleure qualité
16:43que ceux qui n'ont pas
16:45de diplôme.
16:47Voilà.
16:48Merci.
16:49Merci, monsieur le détail général.
16:50On va marquer une courte pause
16:51et on revient juste après
16:52pour poursuivre cette émission.
17:00À quelques minutes seulement
17:02de l'aéroport,
17:03tu tombes sur un petit bijou.
17:06Flanabie.
17:07Ici, toutes tes pensées
17:08pour que ton arrivée
17:09soit un vrai moment d'expression.
17:11Pas juste un bonjour bien.
17:13Non.
17:14C'est une vraie expérience.
17:15Le confort,
17:17le style,
17:18tout ça dans une ambiance
17:19qui te fait te dire
17:21« Ok, là, je suis bien. »
17:23Les chambres,
17:24ce n'est pas juste pour dormir.
17:25C'est pour te poser,
17:27souffler
17:27et profiter du calme.
17:29Et le restaurant ?
17:30Hum !
17:31Le genre d'endroit
17:32où tu manges bien.
17:34Tu te détends
17:34sans avoir besoin
17:35de bouger de l'hôtel.
17:37Juste le goût du pain fort,
17:38tout simplement.
17:39Pour tes travails,
17:40ils ont tout prévu.
17:42Une salle de conférence
17:43hyper équipée
17:44où tu bosses dans le calme
17:46et franchement,
17:48je peux même vous dire
17:49que le boulot
17:49devient agréable.
17:51Et puis alors le soir,
17:53quand le soleil se couche,
17:55Flanabé s'illumine,
17:57ambiance chill,
17:58lumière douce,
18:00Flanabé,
18:01plus qu'un hôtel,
18:02une expérience avec.
18:05De retour sur ce plateau
18:07avec le directeur général
18:09du travail,
18:10M. Jean Bosco-Obamdon.
18:12Le directeur général
18:13de l'emploi, pardon,
18:14M. Jean Bosco-Obamdon
18:16qui vient nous parler
18:18de l'enquête nationale
18:20sur le travail et l'emploi
18:21réalisée par les équipes
18:22du ministère du travail
18:24durant l'année 2024.
18:27M. le directeur général,
18:28on poursuit notre entrevue.
18:31On parlait en première partie
18:32d'émission,
18:33juste avant la pause,
18:35du critère d'âge.
18:36On disait que la population
18:38de 15, 35 ans
18:39et la population jeune
18:41était particulièrement frappée
18:42par le chômage.
18:44Mais l'enquête fait également
18:45apparaître
18:46d'importantes inégalités
18:47entre les hommes
18:48et les femmes.
18:48Tout à fait.
18:50Nous avons encore fait
18:51un zoom là-dessus
18:53parce que je vous ai dit
18:54que les indicateurs,
18:57on peut les calculer
18:59à partir de plusieurs critères.
19:00Oui.
19:01Donc, on a parlé
19:02du critère âge
19:04qui révèle que les jeunes
19:05sont les plus exposés
19:07au chômage.
19:09C'est même encore plus dramatique
19:11pour les jeunes
19:12de 15 à 24 ans.
19:14Les 15-24 ans, là,
19:15c'est la définition
19:16des Nations unies
19:17qui définit
19:18que toute personne
19:19qui a entre 15 et 24 ans
19:21est considérée
19:21comme étant
19:22la population jeune.
19:24Donc,
19:25c'est 34,5%.
19:29Voilà.
19:30Donc, vous voyez,
19:32plus on est
19:33dans les tranches d'âge
19:34jusqu'à 35 ans,
19:38on avait un niveau
19:39de chômage élevé.
19:40Après 35 ans,
19:41ça commence à décroître.
19:43Voilà.
19:44Bien.
19:44Donc, la cégure
19:45est celle-là
19:45pour les jeunes.
19:47La situation
19:48est aussi difficile
19:50pour les femmes.
19:51Parce que le taux
19:52de chômage
19:53des femmes
19:53est à 21%
19:58quand celui
19:59des hommes
19:59est à 14%.
20:02Une grosse différence.
20:03Une grosse différence.
20:04Donc, là,
20:05également,
20:05les efforts du gouvernement
20:08doivent se porter
20:09sur comment trouver
20:12et aider à mieux trouver,
20:13faire en sorte
20:14que les jeunes femmes
20:15et les jeunes hommes
20:17trouvent du travail.
20:18Et qu'est-ce qui explique
20:19que les femmes soient...
20:21Est-ce qu'il y a
20:21des raisons rationnelles
20:24qui peuvent expliquer
20:24que les femmes
20:25sont plus touchées
20:26par le chômage
20:27dans notre pays?
20:28Quand on essaie
20:30d'aller en détail,
20:33on a constaté
20:35que si on regarde
20:37les métiers techniques,
20:38par exemple,
20:39il y a très peu de femmes
20:41dans les métiers techniques.
20:42Ce sont les hommes
20:42qui sont là-dedans.
20:44C'est essentiellement
20:46cela qui fait la différence.
20:49Mais pourtant,
20:51en matière d'éducation,
20:52il y a l'école
20:53étudiante au Gabon.
20:54Les jeunes femmes
20:55et les jeunes hommes
20:56vont à l'école
20:56de manière indistincte.
20:58Mais c'est la nature,
21:00la nature des emplois
21:01qui fait que les jeunes femmes
21:05demeurent longuement au chômage.
21:08Ensuite,
21:10quand on regarde
21:14la nature du chômage
21:16par type de diplôme,
21:19on se rend compte
21:20que ceux qui ont été formés
21:22dans les filières du tertiaire
21:24sont les plus exposés
21:27au chômage.
21:28Et les femmes
21:30ont été beaucoup plus formées
21:33dans les domaines du tertiaire.
21:35Et c'est la deuxième raison
21:36qui peut justifier
21:37qu'on les trouve davantage.
21:39Bon.
21:40Et puis, il y a également
21:41je pense des raisons sociologiques
21:43qui font qu'à un moment donné,
21:48les femmes,
21:52comment dire ça,
21:55sont moins conseillées.
21:57Peut-être qu'elles cherchent moins,
21:58peut-être parce qu'elles peuvent avoir
21:59un appui
22:00qui peut venir
22:01des compagnons.
22:05Alors, monsieur le directeur général,
22:06une donnée aussi
22:07a quand même
22:09attiré la curiosité,
22:11c'est le fait
22:11que le milieu urbain
22:13est beaucoup plus touché
22:16par le chômage
22:16que le milieu rural.
22:18Comment on explique ça aussi ?
22:19Alors que les opportunités
22:21sont beaucoup plus présentes
22:22dans les grandes villes.
22:24Bon, c'est le contraire.
22:25Et puis, ça tient
22:27de la manière
22:28dont on définit l'emploi.
22:30L'emploi est à la fois salarié,
22:33ça veut dire que vous travaillez
22:34pour le compte de quelqu'un
22:36en contrepartie d'un salaire.
22:39Mais l'emploi
22:40est aussi non salarié,
22:43ça veut dire que vous êtes
22:44à votre propre compte
22:45et vous produisez
22:47vous-même
22:48les propres revenus
22:49qui vous aident à vivre.
22:51Donc, en milieu rural,
22:54je commence plutôt
22:55par le milieu urbain,
22:56d'abord,
22:58c'est là qu'on a
22:59le plus grand nombre
23:00de chômeurs
23:02parce que c'est
23:02en milieu urbain
23:03qu'il y a le plus de monde.
23:05Ensuite,
23:06en milieu urbain,
23:09les demandeurs
23:10d'emploi et chômeurs
23:11exigent plus
23:13des emplois salariés.
23:16Ça veut dire
23:16qu'ils veulent aller travailler
23:18dans une entreprise
23:20où ils sont payés
23:22comme des travailleurs.
23:24Alors qu'en milieu rural,
23:26c'est beaucoup plus
23:27de trois emplois.
23:28Et donc,
23:30ça justifie
23:31qu'en milieu rural,
23:33puisque pratiquement
23:33tout le monde
23:34est occupé,
23:35bon, ça peut faire
23:36l'objet d'autres débats.
23:38Est-ce que vraiment
23:38en milieu rural,
23:39est-ce que c'est vraiment
23:40des emplois
23:42vraiment qui peuvent
23:43vous les comprendre
23:44comme...
23:44Est-ce que vraiment
23:45c'est des situations
23:45de travail
23:46qu'on peut qualifier
23:46comme des emplois ?
23:47C'est une question.
23:48Ou bien,
23:49est-ce que n'est-ce pas
23:50plutôt des situations
23:51de sous-emplois
23:52ou bien des situations
23:53d'attente
23:54en attendant
23:55de trouver
23:56mieux rural ?
23:57Mais sinon,
23:58c'est un autre débat.
23:59Mais du point de vue
24:00des normes aujourd'hui,
24:02des normes définies
24:03par le Bureau
24:04international du travail,
24:06quand vous avez
24:07une activité
24:08qui vous permet,
24:11qui vous procure
24:12des revenus
24:15avec lesquels
24:16vous menez votre vie,
24:17vous avez un emploi.
24:19Voilà.
24:20Alors,
24:20M. le dérigeant,
24:21j'aimerais qu'on revienne
24:22rapidement
24:23sur la question
24:24de genre
24:26au niveau de l'emploi.
24:27Il y a quand même
24:28une particularité
24:29au niveau de la province
24:30de Logo-Evindo
24:31où les femmes
24:33travaillent,
24:33sont plus nombreuses
24:34à travailler
24:35que les hommes.
24:36Il me semble
24:37que c'était cette province
24:38dans le rapport.
24:39Bon,
24:39j'avoue que je n'ai pas étudié
24:40spécifiquement
24:41cette question,
24:42mais si tel est le cas,
24:45ça provient
24:46de ce que je viens
24:47d'expliquer.
24:48si,
24:49je vais aller regarder
24:50en détail,
24:52s'il est identifié
24:55que la majorité
24:57des femmes
24:58sont en milieu rural
25:01et très peu
25:02en milieu urbain,
25:03ça se comprend,
25:04ça se comprend facilement
25:05parce qu'en milieu rural,
25:07on fait quoi ?
25:08On fait l'agriculture,
25:09on peut faire la vannerie,
25:10on peut faire la pêche
25:11et dès lors que tout cela
25:12vous procure des revenus,
25:13on considère
25:14que vous avez un emploi.
25:16Dans le cas
25:17des définitions
25:18du BIT,
25:20dès que si vous faites
25:22une activité,
25:23par exemple,
25:24vous êtes au village,
25:26vous fabriquez
25:27du manioc,
25:28ce manioc-là,
25:29au lieu de le consommer
25:30de façon domestique,
25:31vous le utilisez
25:32pour aller le revendre
25:33et laquelle revente
25:35vous donne des revenus
25:36pour vivre,
25:37c'est un emploi,
25:38c'est considéré
25:38comme étant un emploi.
25:40M. le directeur général,
25:42l'employabilité au Gabon,
25:43c'est aussi
25:44le travail décent.
25:45Votre enquête,
25:46ce qu'elle a aussi
25:47de fascinant,
25:47c'est que vous allez
25:48très loin,
25:49vous pointez
25:50dans l'enquête
25:51une prolifération
25:52du secteur informel
25:53qui représente
25:54plus de 86%
25:55des emplois
25:56avec des conséquences
25:57dévastatrices
25:58qu'on connaît
25:58bien évidemment
25:59en termes de cotisation
26:00retraite pour les travailleurs.
26:02Et vous allez même
26:03encore plus loin
26:04et vous dites
26:05que seulement
26:0613,5% des employeurs
26:08versent leurs cotisations
26:09à la CNSS.
26:11Bon, avant d'arriver
26:13à ces questionnements-là,
26:16vous m'avez posé
26:17antérieurement
26:18une question
26:18sur les innovations
26:19de cette enquête.
26:21Le module
26:22sur le travail décent
26:24est vraiment
26:25une innovation
26:26par rapport à 2010.
26:28De la même façon
26:29que nous avons intégré
26:30dans le cadre
26:31de cette enquête,
26:33un zoom
26:35sur tout un module
26:36sur les populations
26:38vivant avec un handicap.
26:40Donc, c'est
26:41des compléments
26:42dispensables
26:43qu'on n'avait pas
26:44en 2010.
26:46Maintenant,
26:47sur la question
26:49de l'informel.
26:52Quand on prend
26:53l'emploi,
26:55je vous ai dit
26:55que l'emploi
26:56peut être salarié
26:58et l'emploi
26:59peut être non salarié.
27:05l'emploi
27:06salarié,
27:09c'est les entreprises
27:11formelles
27:11qui sont bien établies,
27:13c'est-à-dire
27:13qui ont un numérique
27:15d'identification fiscale,
27:17qui payent les impôts,
27:18qui utilisent
27:20la comptabilité,
27:20Ouada, etc., etc.,
27:23etc.,
27:24ces entreprises-là
27:25sont moins nombreuses
27:27que les entreprises
27:29dites informelles.
27:31Oui, ça peut être
27:33un début de repense
27:34aussi.
27:35Donc, le secteur informel
27:37au Gabon
27:38regorge de plus
27:40d'emplois
27:40que le secteur
27:42formel.
27:43Et donc,
27:45la majorité
27:46de ceux qui travaillent
27:47dans le secteur
27:48informel
27:48ne sont pas
27:50immatriculés
27:51à la CNSS.
27:54Ce qui fait que
27:57quand on les prend
27:58dans leur globalité,
28:00et si on ajoute
28:01dans le secteur
28:02formel
28:03ceux
28:04qui ne sont pas
28:06déclarés
28:06à la CNSS,
28:08formels,
28:09c'est-à-dire
28:09secteurs privés,
28:10et même dans
28:11le secteur public,
28:12par exemple,
28:13certaines localités,
28:15collectivités locales,
28:18soit
28:19n'y matriculent pas
28:20leurs salariés
28:22à la CNSS,
28:23soit ne reversent pas
28:24les cotisations
28:26de leurs travailleurs
28:26à la CNSS.
28:27Et quand on fait
28:29l'ensemble
28:29de ces secteurs
28:32informels,
28:32l'ensemble,
28:34la part
28:35du privé
28:36et du public
28:37pour lesquelles
28:37on n'a pas
28:38immatriculé
28:39les salariés
28:40à la CNSS,
28:41c'est tout cela
28:41qui nous amène
28:42vers les 86%.
28:43Et donc,
28:45en matière
28:46de travail décent,
28:47c'est un point
28:48important.
28:49important.
28:51Parce que
28:53quand nous avons
28:54dans notre
28:55étude,
28:56nous avons
28:57regardé
28:58le travail décent,
28:59en fait,
28:59c'était un module
28:59traditionnel,
29:00on a essayé
29:01de questionner
29:04les gens
29:04sur comment
29:05est-ce qu'ils
29:05perçoivent
29:06le travail décent
29:07et comment
29:08est-ce qu'ils
29:09le vivent.
29:10Naturellement,
29:11avec les définitions
29:12d'humilité,
29:13de l'intégration
29:14du travail,
29:15qui,
29:16quand il parle
29:17de travail décent,
29:18il y a quatre
29:19critères.
29:20Il y a un premier
29:20critère sur le revenu.
29:22Est-ce que
29:24le revenu
29:25issu de votre
29:25emploi
29:27vous permet
29:27de faire face
29:28aux besoins
29:29essentiels
29:30de votre vie,
29:31qui sont de manger,
29:32de se nourrir,
29:33de se soigner,
29:35de se loger ?
29:37Est-ce que
29:37votre salaire
29:38vous permet
29:38de le faire ?
29:39Du point de vue,
29:40si on répond
29:41oui à cette question,
29:42du point de vue
29:43du revenu,
29:44on peut dire
29:44qu'on a un travail décent,
29:45mais ce n'est pas
29:46le seul critère.
29:47Le deuxième critère,
29:49c'est
29:51la protection sociale
29:54dont on vient
29:55de parler.
29:56Est-ce que
29:57à l'occasion
29:58de votre travail,
30:00si un événement
30:02vient
30:03vous empêcher
30:03de travailler,
30:04une maladie
30:04en accès
30:05en quelque chose
30:05de cette nature,
30:06est-ce que
30:07la sécurité sociale
30:08vous prend en charge ?
30:09Si on répond
30:10oui à cette question-là
30:11aussi,
30:12on est dans le travail décent.
30:13Troisième critère,
30:17la protection
30:18en matière
30:19de sécurité
30:19santé au travail.
30:21Est-ce que
30:21dans les conditions
30:22dans lesquelles
30:23vous travaillez,
30:24on peut dire
30:24que ce sont
30:25des conditions
30:26de travail
30:26appréciables ?
30:27Si vous répondez
30:28oui,
30:28du point de vue...
30:30Et puis,
30:31il y a un dernier
30:31élément
30:31qui concerne
30:33la question
30:34du dialogue
30:36social.
30:37Est-ce que
30:38vous travaillez
30:39dans une entreprise
30:40où on prend
30:41compte votre vue ?
30:42Est-ce qu'il y a
30:42des possibilités
30:43de dialoguer
30:44avec l'employeur
30:47pour parler
30:48des meilleures manières
30:49d'organiser
30:49le travail
30:50et des situations
30:51là ?
30:51Donc,
30:53si quelqu'un
30:54peut répondre
30:55de manière positive
30:56à ces quatre critères-là
30:57cumulativement,
30:58on peut dire
30:59qu'il est dans le travail décent.
31:00Bon.
31:01En gros,
31:03qu'est-ce qu'on a constaté ?
31:04Sur la question
31:05des revenus
31:06et sur la question
31:08des conditions
31:09de travail,
31:10les Gabon
31:10ne sont pas satisfaits.
31:12Ils sont un peu
31:13satisfaits
31:14sur la question
31:14du dialogue social
31:15où ils pensent
31:16pouvoir être compris
31:18en entreprise,
31:19même si ce n'est pas
31:19à 100%.
31:20Ils sont un peu
31:21légèrement satisfaits,
31:23surtout pour le secteur
31:24formel,
31:26pour ce qui concerne
31:27la protection sociale.
31:28Alors,
31:29monsieur le directeur général,
31:30votre enquête,
31:31c'est également
31:31des recommandations,
31:32bien évidemment.
31:34Déjà,
31:35sur cette question
31:36précise
31:37du travail décent,
31:39quelles sont
31:40les recommandations
31:41que vous avez formulées
31:42pour que le gouvernement
31:44puisse corriger le tir ?
31:46Bon,
31:46sur cette question-là,
31:48si je m'arrête
31:49simplement là,
31:50nous avons dit
31:51l'essentiel
31:54des questions
31:55qui se posent
31:55en matière
31:56de travail décent,
31:56c'est
31:58ceux qui travaillent
31:59dans le secteur
32:00informel.
32:02La recommandation
32:03logique viendrait
32:04que le gouvernement
32:06fasse des efforts
32:07pour faire en sorte
32:08que ceux
32:09qui sont dans
32:09l'informel
32:11quittent progressivement
32:12le secteur informel
32:12pour aller
32:13dans le secteur formel.
32:16Donc,
32:16ça veut dire
32:16qu'il faut leur donner
32:18des incitations
32:19et leur montrer
32:21quel est leur intérêt
32:23à aller vers le formel.
32:25Par exemple,
32:28aujourd'hui,
32:29ceux qui sont dans
32:29l'informel,
32:30quand ils sont malades,
32:32ils prennent l'argent
32:33de leur poche
32:33pour l'entreprise
32:34pour aller se soigner.
32:35S'ils ont un accident
32:38de travail,
32:39ils vont toujours
32:40prendre l'argent
32:40de leur poche
32:41ou de l'argent
32:41de l'entreprise
32:42pour aller se soigner.
32:43Or,
32:45s'ils sont immarticulés
32:47à la CNSS,
32:49la CNSS va les protéger
32:51contre les risques
32:51de la vie,
32:52maladie,
32:53santé,
32:54mais va les protéger
32:55aussi contre les risques
32:56d'accidents
32:56quand ils vont.
32:58Naturellement,
32:59moyennant
33:01une cotisation.
33:02Mais en réalité,
33:04la cotisation
33:05ne représente
33:07rien du tout
33:08par rapport
33:09à ce que la CNSS
33:10dépenserait éventuellement
33:11en cas de prise en charge
33:13d'un risque quelconque.
33:15Alors,
33:16M. le directeur général,
33:17l'enquête a également
33:17révélé une disparité
33:19de salaire
33:20selon que l'on travaille
33:21dans le secteur public
33:23ou dans le secteur privé.
33:25Est-ce qu'en matière
33:26d'amélioration
33:27de salaire
33:28du secteur privé,
33:29vous avez également
33:30formulé
33:31des recommandations ?
33:33Bon.
33:34Des recommandations
33:35sur la question
33:36du salaire,
33:37on ne les a pas formulées
33:38parce que
33:40ça dépend d'abord
33:41de la capacité
33:42de l'entreprise
33:44à...
33:45Comment on dit ça ?
33:46Ça dépend
33:48des ressources financières
33:50de l'employeur,
33:52aussi bien public
33:53d'ailleurs
33:54que privé.
33:55Et plus ça tient
33:56compte également
33:57des dispositions,
33:59des instruments juridiques
34:00qui sont, par exemple,
34:01au cours du travail
34:02ou des conventions
34:04collectives
34:05pour le secteur privé.
34:07Ça dépend également
34:09pour le secteur public
34:10des grilles
34:11de salaire
34:12qui sont attachées
34:13à chaque niveau
34:14de catégorie,
34:16catégorie professionnelle.
34:17naturellement,
34:19l'objectif
34:20de l'enquête
34:21c'est de faire
34:22le diagnostic.
34:23Elle charge maintenant
34:25pour à la fois
34:26les représentants
34:27des travailleurs
34:29de mener éventuellement
34:31des négociations
34:32avec les employeurs
34:32pour voir dans quelle mesure
34:33si tel est que
34:35ils estiment
34:35que le niveau
34:36de salaire
34:36n'est pas élevé,
34:38pour voir comment
34:38ils peuvent entamer
34:39les discussions
34:39avec les employeurs,
34:42qu'ils soient privés
34:43ou publics.
34:45Ce n'était pas le rôle
34:46de l'enquête
34:49de mener plus là-dessus.
34:50Le rôle, c'était surtout
34:52comment faire,
34:53comment aider le gouvernement
34:55à créer de l'emploi.
34:56Quelles sont les pistes
34:57qu'il faut ?
34:58Alors, parlons un peu
34:59de méthodologie,
35:00si vous voulez.
35:01Vous avez réalisé
35:01cette enquête
35:02en vous appuyant
35:03sur le résistance
35:04en général
35:05de la population
35:05et des logements
35:06de 2013.
35:07Or, 14 ans après,
35:09la population du Gabon
35:10a évolué.
35:11Comment êtes-vous parvenu
35:12à crédibiliser
35:13vos résultats
35:14malgré tout ?
35:16Bon, vous avez
35:17tout à fait raison
35:18là-dessus.
35:19Mais, comme je vous l'ai
35:21déjà dit,
35:22dans l'équipe technique,
35:23il y avait
35:24des statisticiens
35:25dont le métier
35:26est celui-là
35:27de faire des enquêtes.
35:28Donc,
35:31nous avons travaillé
35:33sur un échantillon
35:34qui a été tiré
35:36à deux niveaux.
35:37D'abord,
35:38on a tiré
35:38les zones
35:39d'enquête.
35:43176,
35:43on appelle ça
35:44le secteur
35:44de nombrement,
35:45176 au total.
35:48Dans chaque
35:50secteur
35:50de nombrement,
35:52il était question
35:53qu'on tire
35:5420 ménages.
35:57Mais,
35:58l'échantillon
35:59a été calculé,
36:01exactement
36:01comme vous le dites,
36:02sur la base
36:03des résultats
36:04du recensement
36:05de 2013.
36:07bien.
36:08Maintenant,
36:09la consigne
36:10que nous avons donnée
36:12à nos agents
36:13de terrain,
36:14c'est qu'une fois
36:15qu'ils sont arrivés
36:16dans leur secteur
36:18d'enquête,
36:20la première chose
36:22à faire,
36:23c'est d'identifier
36:24l'ensemble
36:25des ménages
36:26qui sont
36:27dans le secteur.
36:28Dans le périmètre.
36:29Voilà.
36:30Ça permet,
36:31cette opération-là,
36:32on appelle
36:32dénombrement,
36:33ça permet
36:34d'actualiser...
36:35C'est une mise à jour.
36:36Une mise à jour.
36:37Voilà, merci.
36:38Ça veut dire que
36:40on n'a pas travaillé
36:41sur la situation
36:42en 2013,
36:44on a travaillé
36:45sur la situation
36:47de 2013
36:48complétée
36:49avec le dénombrement
36:51pour la situation
36:52en 2024.
36:53Ce n'est qu'après
36:54qu'on a attiré
36:54les 20 ménages.
36:56D'accord.
36:56Voilà.
36:57Alors, merci,
36:58merci, monsieur le directeur général
36:59d'être passé chez nous
37:00pour faire de la pédagogie
37:02sur ce travail
37:03d'envergure
37:04que vous avez mené
37:05tout au long
37:06de l'année 2024
37:07en appui
37:08avec les équipes
37:09du ministère
37:10de la planification.
37:12Alors,
37:12vous êtes venu
37:13avec des prospectus
37:15et vous allez nous dire
37:17ce qu'il y a
37:17dans ces prospectus.
37:19Également,
37:20un exemplaire
37:20du rapport,
37:22je crois que c'est
37:22ce document.
37:24Voilà.
37:25C'est ce document.
37:26Voilà.
37:26Et ces prospectus,
37:28de quoi s'agit-il ?
37:29Et où est-ce qu'on peut
37:30trouver ce rapport
37:31et ces documents ?
37:32Où est-ce qu'on peut
37:32les trouver,
37:33monsieur le directeur général ?
37:33Dernay-moi d'abord
37:33le document.
37:35Donc,
37:36voilà le document.
37:39Ce document-là,
37:39c'est un rapport
37:40de synthèse.
37:42Mais le rapport
37:43principal lui-même,
37:45il est plus volumineux
37:46autour de 400 pages.
37:50Mais la synthèse,
37:51on est déjà
37:51à 116 pages.
37:54Donc,
37:56il donne
37:56les indications
37:59de tout ce qu'on a
38:00besoin de savoir
38:01sur la situation
38:01du marché du travail.
38:02Et à la fin du document,
38:04nous avons fait
38:05un récapitulatif
38:07sur l'ensemble
38:08des indicateurs
38:10qu'on a calculés.
38:10Nous,
38:11on s'est arrêté
38:11seulement sur trois.
38:12Mais on a calculé
38:13plus d'une dizaine
38:14d'indicateurs.
38:15Et il y a
38:15à la fin du document.
38:17Donc,
38:17ce rapport,
38:18c'est un rapport
38:19qui a été réalisé
38:21par des personnes
38:22qui ont travaillé,
38:24qui peuvent être...
38:25Voilà.
38:26Je ne veux pas
38:26dire limitées,
38:27mais dont la capacité
38:29est celle-là.
38:30Mais au-delà
38:32du rapport,
38:33nous avons surtout
38:35une base
38:35de données.
38:37Donc,
38:38ceux qui ne trouvent
38:39pas satisfaction
38:40dans ce rapport
38:41peuvent faire
38:42des requêtes
38:43sur
38:45les problématiques
38:46qu'ils ont besoin
38:47d'identifier.
38:48Et on peut aller
38:49dans la base de données
38:51aller leur sortir
38:53les tableaux,
38:54les données
38:54dont ils ont besoin.
38:55Donc,
38:56pour ce faire,
38:57ils peuvent s'adresser
38:58directement à nos services
38:59de la direction générale
39:00de l'emploi
39:01et on va les aider.
39:04Donc,
39:05c'est ce que je voulais dire.
39:07Ce document-là,
39:09c'est d'abord
39:12pour le gouvernement
39:12pour l'aider
39:14à mettre en place
39:15les bonnes politiques
39:16de l'emploi.
39:17mais c'est ensuite
39:18pour l'ensemble
39:19des Gabonais.
39:21Les étudiants,
39:22par exemple,
39:22qui ont besoin
39:23de travailler
39:23sur la question
39:24du marché du travail,
39:25ils ont là
39:26une source
39:28de...
39:30de...
39:31de...
39:31de première main.
39:32Voilà,
39:32de première main
39:33qui peut les aider
39:34à étayer.
39:35Et c'est une question,
39:36c'est un problème
39:37qui est d'ailleurs
39:37pointé régulièrement
39:38par des doctorants,
39:40etc.,
39:40ou d'autres
39:41qui font des master 2,
39:42qui se plaignent
39:43qu'on a rarement
39:45des données institutionnelles.
39:47Aujourd'hui, là,
39:48dès lors qu'un document
39:49est déjà publié
39:51ficellement
39:52par le gouvernement,
39:54ça devient
39:54une information publique.
39:56Donc,
39:56ils peuvent venir
39:56vers nous.
39:58Donc,
39:58nous avons fait
39:59un rapport principal,
40:00un rapport de synthèse,
40:02mais nous avons fait
40:03quelques...
40:04aussi des...
40:06quelques dépliants
40:07pour une lecture rapide.
40:09Un,
40:10sur le sous-emploi
40:10et le chômage,
40:12où on reprend
40:13les principaux indicateurs,
40:14un autre sur les principaux indicateurs
40:18du marché du travail,
40:19un autre prospectus
40:21sur le bilan de l'emploi,
40:24un sur les caractéristiques
40:25sociodémographiques.
40:26Je vais peut-être m'arrêter là
40:28sur ces caractéristiques
40:29démographiques.
40:30Parce que,
40:31en dehors de ce dont on vient
40:33de parler,
40:34nous avons collecté
40:36des informations,
40:37par exemple,
40:38sur la situation,
40:39les biens possédés
40:40par les ménages.
40:41Oui.
40:43Je prends deux biens.
40:45Par exemple,
40:46le compteur d'eau.
40:47Vous voyez que nous avons
40:48les compteurs d'eau
40:50et de l'électricité.
40:52C'est un problème
40:53d'actualité.
40:54Effectivement.
40:55Donc,
40:55nous savons
40:56au Gavon
40:58quelles sont
40:58les personnes
40:59qui ont
40:59un compteur d'eau
41:03et quels sont
41:04ceux qui n'en ont pas.
41:05Pour ceux qui en ont,
41:06par exemple,
41:07on sait
41:07ceux qui en ont
41:08dans leur domicile,
41:10ceux qui ont
41:12à l'extérieur
41:12un domicile,
41:13ceux qui sont obligés
41:14d'aller prendre
41:14un kilomètre,
41:15deux kilomètres
41:16et tirer les tuyaux.
41:17Donc,
41:18c'est vraiment
41:18une enquête transversale
41:19qui a permis...
41:20dire que ces informations-là
41:24peuvent également
41:25servir
41:26d'autres départements
41:27ministériels
41:28qui sont concernés
41:30par la question
41:31liée
41:33au règlement
41:34des questions
41:35de la propriété
41:35de la population.
41:36Nous avons également
41:38posé des questions
41:38sur, par exemple,
41:39le téléphone portable,
41:41sur, par exemple,
41:41l'utilisation du Wi-Fi.
41:42On est en plein
41:43dans la digitalisation
41:44aujourd'hui,
41:45mais quand on parle
41:46de la digitalisation,
41:46il faut savoir
41:47qui est capable
41:48d'utiliser ces services.
41:50Donc,
41:51sur l'ensemble du territoire,
41:52on peut savoir
41:53où est la ligne,
41:53où n'est pas la ligne,
41:54qui est au téléphone,
41:55qui n'est pas le téléphone,
41:55et qui peut utiliser.
41:57Donc,
41:58je prends simplement
41:59ces deux exemples,
42:00mais nous avons
42:00des informations
42:01sur les questions
42:02d'aménagement du territoire,
42:03sur les questions
42:03de logement,
42:04sur les questions
42:06liées à Bati,
42:07qui font que
42:08il y a tellement
42:10une mine
42:11d'informations
42:13issues de cette enquête
42:15que pratiquement
42:16tous les ministères sectoriels
42:17peuvent trouver
42:19chacun leur compte.
42:20Et si d'aventure,
42:22l'information
42:23n'est pas dans le rapport,
42:25je répète vraiment,
42:26nous avons une base
42:27de données.
42:28Il suffit seulement
42:29de faire la requête
42:29pour dire,
42:30nous avons besoin
42:31de telle information,
42:32est-ce que vous pouvez
42:33nous la mettre
42:34à disposition ?
42:36On écrit
42:37les algorithmes
42:37qu'il faut
42:37pour mettre
42:40à disposition
42:40les tables
42:41qu'il faut.
42:43Alors,
42:43merci encore,
42:44merci,
42:45monsieur le directeur
42:46général de l'emploi,
42:47Jean Bosco-Bam,
42:48d'être passé chez nous.
42:51Alors,
42:51je vais encore vous déranger
42:52une toute petite
42:53dernière question.
42:54Vous n'êtes pas
42:55un politique,
42:56vous n'êtes pas là
42:57pour faire la politique,
42:58vous êtes un technicien
42:59du ministère
43:00du Travail.
43:02Alors,
43:02j'aimerais quand même
43:03vous poser cette question
43:04au regard du travail
43:06que vous avez réalisé,
43:07cette enquête
43:08d'ampleur
43:08qui va aider
43:09à la décision
43:10gouvernementale.
43:10est-ce que vous dites
43:12que c'est ce type
43:13de données
43:15ou ce type
43:16d'initiatives
43:16qui a manqué
43:17au Gabon
43:18pour mener
43:18des politiques
43:19efficaces
43:20durant des années ?
43:22Bon,
43:23avant de vous répondre,
43:24je vais dire,
43:27cette étude-là,
43:29elle a été faite
43:30sous la commande
43:31du gouvernement.
43:32C'est le ministre
43:34du Travail
43:34qui a demandé
43:36qu'avant
43:37d'aller
43:38sur les politiques
43:38de l'emploi,
43:40il faut d'abord
43:41qu'on fasse
43:41le diagnostic
43:42du travail.
43:43Effectivement.
43:45Ça voudrait dire
43:46qu'eux-mêmes
43:47sont demandeurs
43:48d'informations
43:50pour ne plus avoir
43:51à faire du pilotage
43:53à vue.
43:54Donc,
43:55en tant que responsable
43:56administratif,
43:57je ne suis pas là
43:58pour faire
43:59un doigt d'accusation.
44:01Ce n'est pas mon rôle.
44:03Chacun fait son travail.
44:04Mon travail
44:05est de produire
44:08les données
44:09dont les pouvoirs
44:10publics ont besoin
44:11pour mettre en place
44:12les politiques
44:13de l'emploi
44:15qui soient fondées
44:17sur la réalité
44:19de ce qui existe
44:21actuellement
44:21sur le marché du travail.
44:24Cette enquête
44:24a été complétée
44:26par une opération
44:26qu'on a faite
44:27l'année dernière,
44:27les Assises nationales
44:28sur l'emploi
44:28qu'on a organisées.
44:30Et là,
44:31on a appelé,
44:32là,
44:32ce n'était pas
44:33la statistique,
44:34mais on a appelé
44:34les acteurs
44:35de tous bords,
44:37gouvernement,
44:38partenaires
44:39de développement,
44:40employeurs,
44:42organisation
44:42de la société civile
44:43pour venir faire
44:44leur diagnostic
44:45de comment
44:46ils voient
44:47la situation
44:48du marché du travail
44:49et quelles sont
44:50les recommandations
44:51qu'ils formulent
44:52pour que le gouvernement
44:55aille vraiment
44:56de front
44:56sur la question
44:57de la lutte
44:57contre le chômage.
44:58Donc,
44:59le rapport
45:00de ces Assises-là
45:01plus le rapport
45:01de cette enquête
45:02sont vraiment
45:03les éléments
45:03qui sont aujourd'hui
45:04mis à la disposition
45:07du gouvernement
45:08pour travailler
45:10sérieusement
45:11sur cette question-là
45:13de la lutte
45:14contre le chômage.
45:16Il faut comprendre
45:17les jeunes,
45:17c'est angoissant
45:18quand on n'arrive
45:19pas à travailler.
45:20– Effectivement,
45:20c'était votre mot de fin,
45:21M. le directeur général.
45:23Merci encore
45:23d'être passé chez nous
45:24et merci à vous,
45:25chers internautes,
45:26pour votre fidélité.
45:28À la prochaine.
45:29– Merci.
45:31– Merci.
45:31– Sous-titrage Société Radio-Canada
45:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
45:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
45:40– Sous-titrage Société Radio-Canada
45:40– Sous-titrage Société Radio-Canada
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