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Transcription
00:00Ici Bourgogne, le réveil 100% local, ici matin.
00:06A Dijon, le centre régional du psychotraumatisme a été officiellement inauguré hier au CHU.
00:12Créée en 2021, cette structure accompagne les patients victimes de traumatismes psychiques.
00:17L'approche est multidisciplinaire et elle est unique en Bourgogne-Franche-Comté.
00:20Pour en parler, Anne-Laure, votre invitée ce matin, est la responsable de cette unité.
00:24Bonjour Clotilde Riot.
00:25Bonjour Anne-Laure.
00:26Alors avant toute chose, c'est quoi un psychotraumatisme ?
00:30Un psychotraumatisme, ça va être toutes les conséquences psychologiques, psychiatriques, voire somatiques également,
00:39qui peuvent résulter d'un événement qu'on dit traumatisant.
00:42C'est un événement où en fait, il va y avoir une menace pour l'intégrité physique, voire pour la
00:49vie de la personne,
00:50et qui va dépasser ses capacités d'adaptation, notamment de gestion du stress.
00:56Et derrière, la personne va être en incapacité de gérer cet événement, de l'intégrer proprement.
01:02Et c'est toutes ces conséquences qui, par la suite, vont s'ancrer dans le corps, dans la tête des
01:09gens,
01:09et qui vont entraîner possiblement des troubles sur le plan psychique.
01:13Alors forcément, on imagine qu'on est tous différents vis-à-vis de notre capacité à gérer ces traumatismes.
01:20À partir de quand on peut dire qu'un traumatisme psychique nécessite un suivi médical ?
01:25Alors merci Anne-Laure pour cette question, puisque c'est fréquemment qu'on nous interpelle dans l'immédiat,
01:31après des événements difficiles, et on comprend parce que la détresse est grande.
01:35Mais effectivement, on considère que dans les 72 premières heures qui suivent ce genre d'événements,
01:40pour nous, ça fait partie de l'ordre de la normalité, de l'adaptation extraordinaire à des événements très très
01:48compliqués.
01:48Il faut laisser le temps un peu faire, le temps d'ingurgiter, on va dire, ce choc, c'est ça
01:52?
01:53Voilà. Mais après, si ça se maintient, si ça se maintient à plus de 72 heures,
01:57là on va parler de ce qu'on appelle un trouble de stress aigu,
01:59qu'il est urgent de prendre en considération, puisqu'effectivement, l'idée c'est de ne pas laisser les choses
02:04se chroniciser.
02:08Et après, par la suite, le trouble de stress post-traumatique, dans les définitions internationales, c'est à partir d
02:15'un mois.
02:15Donc effectivement, là on est sur quelque chose de plus chronicisé déjà,
02:20et on estime à peu près qu'au bout de trois mois, il y a un réel risque de chronicisation,
02:25puisque c'est le délai auquel on estime que les personnes peuvent mettre en place le plus de ressources,
02:33que ce soit internes et externes, pour pouvoir gérer ces événements de vie difficiles.
02:37Et au-delà, c'est vrai qu'une aide extérieure est souvent la bienvenue.
02:40Et alors vous, dans votre CRP, qu'est-ce qu'on y fait précisément pour aider, pour accompagner, pour épauler
02:47les patients ?
02:48Alors au sein du CRP, précisément ce qu'on fait, déjà on commence par tout un travail autour de l
02:53'accueil de la parole de ces patients et de ces patientes.
02:57Et ça c'est mes collègues infirmiers qui le font très bien autour d'une séance d'évaluation.
03:01On l'entendait dans le reportage à 7h30, le témoignage de cette patiente qui disait que parfois on n'arrive
03:07même pas à parler,
03:08c'est des choses qu'on n'arrive même pas à faire. Donc là, on reprend tout à la base
03:11en fait.
03:12On reprend tout à la base. Et puis après, à l'issue de ça, on discute un petit peu de
03:17tous les dossiers qu'on reçoit,
03:19et puis on leur propose une filière de nos prises en soins,
03:24ou une autre prise en charge si on estime que c'est plus adapté pour les personnes,
03:29si les personnes sont encore dans des situations de violence conjugale, on va les adresser par exemple à la Maison
03:34des Femmes,
03:35s'il s'agit par exemple d'une problématique qui concerne également des familles, des mineurs,
03:41on va également collaborer avec nos antennes partenaires des CRP mineurs, de Novilar et de La Chartreuse,
03:48pour pouvoir faire le lien. L'idée c'est de travailler aussi en pluridisciplinaire,
03:54voire de conseiller des associations type Solidarité Femmes, France Victime,
03:57voilà, l'idée c'est qu'on puisse...
03:59Un travail collaboratif en tout cas.
04:00Un travail collaboratif. Et puis nous, au sein du centre, pour répondre plus spécifiquement à votre question,
04:04on a plusieurs parcours de soins proposés.
04:08On a un parcours de soins traumatisme simple pour les gens qui ont vécu un événement unique,
04:11type un accident de voiture ou autre.
04:14Et on essaie de proposer une douzaine de séances de thérapie.
04:19Pour les parcours type trauma complexe, donc des gens qui ont vécu de multiples événements,
04:24souvent dans l'enfance, notamment de violences qu'on dit interpersonnelles,
04:28puisque c'est des violences particulièrement traumatogènes,
04:31là on va avoir un parcours en 24 séances,
04:33où on vise vraiment la stabilisation des patients dans leur quotidien,
04:37pour qu'ils puissent véritablement mener à bien leur projet.
04:39Et tout ça avec des techniques relativement différentes, très adaptées.
04:43On parlait de l'EMDR, on l'a entendu depuis 6h ce matin,
04:46notamment cette technique avec les mouvements oculaires,
04:48qui permet de soigner ces traumatismes.
04:51550, c'est un nombre qu'il faut retenir,
04:53c'est le nombre de personnes que vous avez accueillies en consultation l'an dernier.
04:56Est-ce que votre centre, il veut ou il peut faire plus ?
04:59Alors notre centre, il a pour volonté bien évidemment de faire plus.
05:04Mais l'idée, comme vous l'avez évoqué, c'est que c'est un centre qui a été créé en
05:072021,
05:08dont on a pu reprendre la gouvernance très récemment,
05:12puisqu'auparavant, il était dirigé par le professeur François Purcell.
05:17Donc on remercie pour tout le travail qu'elle a pu faire pour la création de ce centre.
05:21Mais effectivement, du coup, on a restructuré un petit peu les choses.
05:24Et donc effectivement, cette restructuration, on la veut progressive.
05:28Donc en fait, l'idée, c'est d'apporter des soins de qualité et pas dans la quantité,
05:33puisqu'on est très vigilants aussi au sein du centre, à la prévention du trauma vicarien.
05:37Et à prendre le temps aussi.
05:38Voilà, la prévention pour la santé mentale des soignants qui soignent aussi.
05:41Eh bien, merci beaucoup Clotilde Riott d'avoir été avec nous ce matin.
05:44On rappelle que le CRP du CHU de Dijon compte une psychiatre, vous, deux psychologues,
05:48une chargée de mission et une secrétaire.
05:50Et que vous avez aussi des antennes, vous nous en parliez à l'hôpital de la Chartreuse à Dijon
05:53et à Besançon également.
05:54Bonne journée à vous, merci.
05:55Bonne journée, merci beaucoup.
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