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  • il y a 13 minutes
Manuel Valls, ancien Premier ministre, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFM ce mercredi 3 juin. 

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Transcription
00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Valls.
00:03Bonjour Apolline de Malher.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes l'ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur.
00:08De nombreuses questions ce matin sur la justice et sur le maintien de l'ordre.
00:13D'abord, évidemment, c'est 890 interpellations dans la nuit de samedi à dimanche.
00:18Et puis, les premières comparutions immédiates, mardi et hier.
00:24Quelques peines prononcées de prison, mais la plupart avec sursis.
00:27Une seule condamnation à de la prison ferme hier, c'est pour un policier.
00:32En l'occurrence, un policier qui était hors service, qui a mis en joue des automobilistes avec son arme,
00:37alors qu'il célébrait la victoire du PSG samedi soir.
00:40Il a été condamné hier à deux ans d'emprisonnement, dont dix mois avec sursis et mandat de dépôt.
00:46Comment vous lisez ces premières peines qui ont été prononcées et la situation de ce policier ?
00:55Que ce pays marche sur la tête.
00:57Ceux qui nous regardent, ceux qui nous écoutent, se disent donc qu'après ces violences inouïes,
01:04ces images et surtout ces faits commentés partout dans le monde,
01:08puisqu'il s'agissait d'émeutes, de violences après la victoire du PSG.
01:14Donc le résultat, c'est aucun émeutier en prison et un policier, pour des raisons tout à fait justifiées,
01:22qui lui est en prison.
01:23Donc il y a quelque chose qui ne va pas en termes de messages qui est donné à la société.
01:29En termes de messages, j'imagine.
01:30Les violences répétées, réitérées, puisque l'année dernière déjà,
01:34ou lors de la finale entre le Real Madrid et l'Oliverpool, il y a quelques années au Stade de
01:40France,
01:41sans parler des émeutes de 2023.
01:43Donc il y a quelque chose qui n'est pas seulement lié évidemment au football,
01:47mais qui dit d'un problème majeur dans une partie de la jeunesse et aussi de violences de la société.
01:52On va y revenir par ce que vous dites, et vous l'avez écrit sur les réseaux sociaux,
01:55« Pour vous, le mal est plus profond », il dit « l'état du pays ».
01:59Mais quand même, sur cette histoire de policier, on peut aussi comprendre qu'aux yeux de la justice,
02:04le fait qu'il soit policier, le fait que ce soit son arme de service,
02:07rendent la peine plus dure pour lui que pour d'autres.
02:10Le débat ne porte pas sur la condamnation concernant ce policier qui a sorti son arme.
02:15Il était ivre, il était hors service et il a menacé.
02:19J'ai écouté les témoignages de ceux et de celles qui ont été braquées, c'est tout à fait normal.
02:23Mais c'est le message général qui est donné à la société.
02:27On donne le sentiment qu'on condamne un policier et c'est justifié,
02:30mais que ceux qui ont brûlé, cassé, enfin il y a eu des dizaines, des centaines de blessés
02:35parmi les forces de l'ordre, parmi aussi les supporters, on a cassé.
02:40Il y a eu indirectement ou directement également des morts.
02:43Alors ce qu'il faut dire, c'est que cette situation est particulièrement grave.
02:47On ne peut pas la nier parce qu'on a parfois le sentiment qu'on s'habitue au fond en
02:52France à ces faits.
02:53Inédit, parce que dans les autres pays, ça n'arrive pratiquement pas.
02:56Et il faut surtout...
02:57Ou pas dans cette ampleur-là, ou pas avec autant de casse.
02:59Et pas avec autant de casse, et pas à chaque fois.
03:02Et avec le sentiment qu'on s'y prépare.
03:04Parce qu'on ne peut pas dire qu'il n'y avait pas de force de l'ordre.
03:079000 policiers à Paris, 22 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du pays.
03:11C'est-à-dire que les responsables de l'ordre public,
03:14à commencer par le ministre de l'Intérieur, savaient que la nuit allait être particulièrement difficile.
03:18Les unes après l'autre, j'allais dire cette préparation.
03:21Laurent Nunez d'ailleurs, votre successeur lointain au ministère de l'Intérieur,
03:26il dit que globalement, la situation était sous contrôle.
03:29Est-ce qu'on peut vraiment dire ça ?
03:30Le mot globalement est à éviter en général.
03:33Mais parce que je suis d'une très vieille culture,
03:35et que j'ai déjà un certain âge, et que les bilans globalement positifs,
03:39ça fait un peu peur.
03:40Ça rappelle une phrase de Georges Marchais concernant l'Union soviétique.
03:46Globalement, c'est toujours louche.
03:49Lui, il est en charge de l'ordre public.
03:52Je sais que le maintien de l'ordre public, c'est un des sujets les plus compliqués à traiter,
03:57notamment quand il y a des jeunes dans la rue.
04:00Mais ça donne un sentiment, c'est ça qui est le plus terrible, d'impuissance.
04:03Or, notre doctrine de maintien de l'ordre, sur ce type de fait, doit être totalement revisitée.
04:10Il faut tout changer.
04:11Parce qu'au fond, l'idée, c'est qu'il faut qu'il y ait le maximum de personnes
04:15dans les commissariats le soir même.
04:17Alors qu'il faut plutôt s'inspirer, par exemple, de la doctrine britannique.
04:22C'est quoi la doctrine britannique ?
04:24Elle agit sur le long terme.
04:25C'est-à-dire, c'est l'alliance du renseignement.
04:29Et là, je pense qu'il faut des groupes dédiés, capables d'infiltrer ces groupes.
04:33C'est l'analyse, évidemment, des réseaux sociaux.
04:36C'est le rôle de la vidéosurveillance, de la reconnaissance faciale, des enquêtes
04:42qui sont forcément plus longues, mais qui donnent des résultats.
04:45Là, on nous donne le sentiment de vouloir interpeller tout de suite.
04:48On interpelle ceux qui courent le moins vite, ceux qui ont moins d'expérience,
04:51souvent des très jeunes, des mineurs, des primo-délinquants, c'est-à-dire
04:56qu'ils n'ont pas de casier judiciaire.
04:58Et ça donne les résultats que l'on connaît en termes de justice.
05:01Et ça donne donc un sentiment général d'impuissance.
05:04Donc, le renseignement, l'exploitation numérique, des enquêtes prolongées,
05:08des poursuites systématiques, des peines évidemment plus lourdes,
05:12voilà ce dont nous devons nous inspirer, qui est pratiqué dans d'autres pays,
05:15et notamment en Angleterre.
05:16Parmi les propositions d'efficacité, justement, Bruno Retailleau dit par exemple
05:22qu'il faut la reconnaissance faciale.
05:24C'est aussi ce que dit Jordan Bardella.
05:26Est-ce qu'il faut accepter la reconnaissance faciale sur toutes les caméras ?
05:28Nous vivons dans un monde numérique, où nous sommes en permanence filmés par d'autres.
05:33D'ailleurs, souvent, les émeutiers eux-mêmes, les casseurs,
05:36filment, ou les policiers, ou ce qu'ils sont en train de faire,
05:38parce qu'il y a une espèce, au fond, de joie, je mets des guillemets évidemment.
05:42De trophée.
05:43L'idée de rapporter par la vidéo un trophée, c'était le mot utilisé par Laure Becchio,
05:46la procureure de la République.
05:48Donc, nous vivons dans ce monde numérique.
05:50Donc, il faut évidemment utiliser tous les moyens,
05:53ce contre de l'État, parce que nous sommes un État de droit.
05:55Donc, reconnaissance faciale, pourquoi pas ?
05:58Exploitation numérique, renseignements, enquêtes prolongées,
06:03poursuites systématiques, pendant plusieurs mois.
06:05Parce que les enquêtes, elles sont forcément longues.
06:07Là, on n'a surtout pas...
06:07Il n'y a aucun bilan.
06:08Il n'y a aucun bilan.
06:09Nous avons fait la demande, avec les journalistes d'RMC et de BFM TV,
06:12de ce qu'il s'est joué il y a un an.
06:14Parce qu'il y a un an, au fond, quasiment,
06:17même contexte et même situation,
06:19il y avait eu déjà, après la victoire du PSG,
06:23de très lourdes violences ou casses dans Paris.
06:26Et à l'époque, d'ailleurs, vous-même, vous aviez à l'époque condamné,
06:30vous aviez dit qu'il fallait sans doute des peines plus fortes.
06:33Vous aviez à l'époque Gérald de Darmanin,
06:35qui était déjà ministre de la Justice,
06:37qui déjà avait dit, peut-être qu'il faut d'ailleurs supprimer le sursis
06:40et passer directement à des peines de prison.
06:42Elles ne sont pas adaptées.
06:43Bref, il y avait déjà un certain nombre de points qui avaient été évoqués.
06:48Et l'on a demandé, nous, à la Justice, au ministère de la Justice, au parquet,
06:52un an après, quel était le bilan, après les interpellations,
06:57des peines prononcées et des peines exécutées,
06:59pour les casseurs d'il y a un an.
07:01Ce bilan n'a jamais été fait.
07:02Il n'y a pas eu ce travail.
07:03Il n'a pas été fait, ni par la Justice, ni par l'intérieur, ni par personne.
07:06Et là, vous parlez d'un an, mais ça fait déjà plusieurs années
07:09qu'on fait face à ce type de phénomène.
07:11Nous l'évoquions il y a un instant.
07:14Donc, ça veut bien dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
07:16D'où ce sentiment d'impuissance.
07:18On s'interroge souvent pourquoi il y a une crise de la démocratie,
07:20pourquoi il y a une crise de la politique,
07:22pourquoi il y a une crise de la représentation,
07:23pourquoi les extrêmes montent.
07:25Tout simplement parce qu'on donne le sentiment
07:28que l'État ne fonctionne pas, en tout cas dysfonctionne.
07:32Donc, il y a un projet de loi qui arrive,
07:35qui avait été retardé pour, notamment,
07:37s'attaquer avec des peines plus lourdes
07:39à ceux qui utilisent les fameux mortiers,
07:42qui sont des armes.
07:42Qui sont officiellement interdits.
07:43Oui, donc il y a bien un problème,
07:45à la fois dans la vente.
07:46C'est la loi Riposte que vous évoquez.
07:47C'est la loi Riposte.
07:48Donc, celle-ci, elle doit être votée.
07:50Il faut une liste des casseurs récidivistes.
07:53Il faut donc ces groupes de renseignements dédiés
07:54que j'évoquais il y a un instant.
07:57Il faut une meilleure coordination
07:58du renseignement territorial
08:00que moi j'avais remise en place
08:01de la cyber, de la police judiciaire,
08:04des responsables de leur public.
08:05Mais, le problème, c'est qu'on a l'impression
08:08que, moi-même, je refais ces propositions
08:11depuis déjà plusieurs années.
08:13C'est qu'à chaque fois qu'il y a un événement,
08:15à ce moment-là, tout le monde vient
08:16et se précipite pour dire
08:18voilà ce qu'il faut faire.
08:18Emmanuel Macron dit, c'est insupportable,
08:21nous ne l'accepterons pas, ras-le-bol, c'est fini.
08:22Mais c'est quasiment mot pour mot
08:23ce qu'il disait il y a un an.
08:24C'est un papier collé de ce qu'il a dit,
08:26je peux le comprendre, à l'Elysée,
08:27accueillant, il y a un an, déjà,
08:29la première victoire du Paris Saint-Germain.
08:32Nous avons eu les émeutes de 2023.
08:34Nous avions pris un certain nombre de dispositifs
08:36quand j'étais ministre de l'Intérieur.
08:37En 2013, lors de la première victoire
08:40du Paris Saint-Germain, du championnat de France,
08:42sous le règne qatarie,
08:47il y a eu, au Trocadéro,
08:48des incidents particulièrement graves.
08:50Il y a eu, d'ailleurs, un jeune homme,
08:51si j'ai bonne mémoire, qui a été tué.
08:53C'était uniquement dans le cadre de ce quartier-là.
08:55On avait pris un certain nombre de dispositifs.
08:58Il y avait ce bus de touristes
08:59qui avait été encerclé par des jeunes
09:02qui avaient volé les valides.
09:04Effectivement, c'était une scène de chaos.
09:05Toutes les mesures que je rappelle,
09:08qui est un changement de doctrine du maintien de l'ordre,
09:11qui est une utilisation différente du renseignement,
09:14qui est l'utilisation de la reconnaissance faciale.
09:17Ça ne va pas régler les problèmes d'il y a deux jours
09:18ou il y a trois, quatre jours.
09:20Tout ça doit être mis en œuvre,
09:22c'est du moyen terme.
09:23Et puis ensuite, évidemment,
09:25il y a des problèmes plus lourds de la société française
09:28pour expliquer ce qui se passe dans l'autre société.
09:32Pourquoi est-ce que des jeunes cassent ?
09:35Pourquoi est-ce que pour fêter une victoire, on casse ?
09:37Parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas
09:39dans la République, à l'école, dans la famille.
09:43C'est-à-dire que si on ne rétablit pas
09:45l'autorité républicaine dans ce pays,
09:49c'est vrai à l'école, c'est vrai dans la famille.
09:51Moi, je suis favorable à ce qu'il y ait des sanctions
09:53très lourdes et qui touchent également
09:55aux allocations familiales concernant les familles,
09:58les parents qui ne sont pas capables,
10:00qui ne sont pas en capacité de tenir leurs enfants.
10:04Enfin, des mineurs dans la rue qui cassent,
10:08qui s'en prennent aux forces de l'ordre,
10:11c'est de la responsabilité, bien sûr, de la société,
10:13mais c'est aussi de la responsabilité des parents.
10:16Certaines des personnes, des mineurs qui ont été arrêtés
10:19dans la nuit de samedi à dimanche à 14 ans
10:22et eux ne sont pas encore passés dans la justice.
10:24Il n'y a pas de comparution immédiate pour les mineurs,
10:26je le reprécise.
10:27Les mots que vous avez dit hier, c'est
10:29il y a un combat qu'il faut mener,
10:32c'est faire France, faire France contre la haine de la France.
10:35C'est mot pour mot, faire France.
10:38L'expression qu'a utilisée Raphaël Luxman
10:39à ce même micro hier.
10:41Il dit aussi, c'est une question,
10:42il a dit intégration, c'est aussi un mot que vous utilisez.
10:46Et faire France, mais ça passe par quoi, faire France ?
10:49D'abord, on ne soutient pas une équipe de football,
10:51on ne soutient pas notamment le Paris Saint-Germain
10:53qui est une formidable équipe
10:55et en plus plutôt sympathique,
10:58en brûlant la France.
10:59Donc il y a une contradiction fondamentale.
11:02D'ailleurs, je ne sais pas si ceux qui brûlent
11:04et cassent et s'en prennent aux forces de l'ordre
11:06étaient eux-mêmes des supporters du Paris Saint-Germain.
11:09Le lendemain, sur le champ de mars,
11:12au moment de l'accueil du Paris Saint-Germain,
11:14les choses étaient très organisées
11:15et au Parc des Princes,
11:16ça a été une formidable fête pour célébrer le football.
11:19On est davantage sûr qu'il s'agit vraiment de supporters.
11:21Oui, et puis les choses étaient cadrées, organisées.
11:24Mais il y a dans ce pays depuis 25 ans.
11:27Peut-être que ça avait éclaté à la face du pays.
11:29Rappelez-vous de la France Black Blanc-Beur en 1998
11:33après la belle victoire des Bleus.
11:35Mais trois ans après,
11:37lors d'un match amical France-Algérie,
11:39on avait sifflé la Marseillaise,
11:41on avait envahi le terrain.
11:44C'était le message absolument contraire.
11:45Donc il y a...
11:46Mais on a l'impression d'un jour sans fin, pardon.
11:49Et les mots...
11:50Quand vous égrénez tous ces épisodes...
11:52Et les mots et les faits.
11:53Oui, parce qu'on est passé à côté de quelque chose.
11:55Mais évidemment, il faut le dire.
11:57On ne protège plus ce pays,
11:59son drapeau national,
12:01son hymne,
12:02ce que nous sommes.
12:03Moi, ça a toujours été mon discours.
12:05Je me suis toujours défini.
12:06Ça m'a valu parfois dans mon camp politique,
12:08la gauche,
12:09beaucoup d'attaques.
12:10Mais la République,
12:11le patriotisme,
12:13et...
12:13Je ne parle pas d'intégration.
12:15L'assimilation.
12:16C'est-à-dire que...
12:17Mais c'est pas...
12:18Est-ce que vous pouvez préciser
12:19pourquoi vous distinguez
12:20intégration et assimilation ?
12:22Moi, je suis un assimilé.
12:23Je suis né à Barcelone.
12:26Je me suis naturalisé.
12:27J'ai été député,
12:29Vous avez demandé la nationalité
12:30à quoi ?
12:30À 16 ans ?
12:31À 18 ans ?
12:31À 18 ans.
12:32Donc...
12:33Et j'aime ce pays
12:34parce que j'aime son histoire,
12:36j'aime sa culture,
12:37j'aime sa langue,
12:38j'aime ses valeurs.
12:39Tout ce qui, comme on dit,
12:41fait commun ou fait France,
12:42ce sont...
12:42C'est vrai.
12:43Vous avez raison,
12:44Apolline de Malherbe.
12:44Souvent, des mots bateaux.
12:47J'ai l'impression d'entendre
12:48le même mot que hier,
12:49Raphaël Huxman,
12:50que vous-même,
12:51probablement,
12:51il y a un an,
12:52il y a deux ans,
12:52il y a trois ans,
12:53il y a dix ans.
12:53Et à la tribune du Parlement...
12:56Ou François Hollande,
12:56lorsqu'il a été élu
12:57et qu'il a dit
12:58« Moi, je vais réconcilier les Français ».
13:00Et donc, c'est ce discours,
13:01et parfois, y compris,
13:02ce disque rayé,
13:03j'en fais partie,
13:05qui crée ce sentiment
13:09enfin, il y a une réalité.
13:10C'est un sentiment profond de colère.
13:13Mais il ne suffit pas de commenter.
13:14Et y compris,
13:14ce que je suis en train de dire
13:15ne va pas régler les problèmes
13:18ou les décisions de justice
13:20concernant les casseurs.
13:21Mais si on ne change pas fondamentalement,
13:25c'est-à-dire,
13:26notre discours sur l'école
13:27et la laïcité,
13:29si ensuite,
13:30on ne reconstruit pas nos quartiers,
13:32le peuplement,
13:33c'est-à-dire qu'on arrête
13:34de mettre dans les mêmes quartiers,
13:36dans les mêmes cages d'escalier,
13:37dans les mêmes villes,
13:39des populations
13:39qui viennent de l'immigration.
13:41Là, il s'agit de français.
13:42De ghettoïsation,
13:42c'est ça ce que vous dites ?
13:43Moi, j'avais parlé,
13:44ça avait fait beaucoup de bruit,
13:45il y a 15-20 ans
13:46d'apartheid territorial,
13:48social,
13:49ethnique et religieux.
13:50C'est tout ça
13:51qui nous pète à la gueule.
13:52Mais est-ce que vous voulez dire aussi
13:53que ces jeunes
13:55qui parfois ont vécu
13:56dans ce que vous appelez
13:57des apartheids,
13:58c'est-à-dire en fait,
13:59le sentiment
14:00de ne pas pouvoir
14:01avoir accès
14:02au centre de Paris,
14:05à un certain nombre
14:06d'écoles,
14:06d'études,
14:07d'emplois,
14:08est-ce que c'est aussi
14:09cette colère-là
14:10qui ressort aujourd'hui ?
14:11Et dans ce cas,
14:12est-ce qu'il faut les excuser ?
14:13Je ne cherche jamais à excuser,
14:15je crois,
14:15dans la responsabilité collective
14:16et je crois aussi
14:17dans la responsabilité individuelle.
14:20La France,
14:21l'éducation nationale,
14:23l'école de la République
14:24offre beaucoup
14:25d'opportunités.
14:27Est-ce qu'elle
14:28fonctionne encore aujourd'hui ?
14:29elle dysfonctionne
14:30bien évidemment aujourd'hui,
14:31c'est pour ça que le grand débat...
14:33Encore une fois,
14:33Raphaël Glucksmann,
14:33hier matin,
14:34à peu près sur le même genre
14:35de diagnostic que vous,
14:36disait,
14:37longtemps on allait dans l'école privée
14:39parce qu'on y allait
14:40par conditions religieuses,
14:41aujourd'hui on y va
14:41presque pour protéger
14:43ses enfants
14:43ou pour espérer
14:44qu'ils auront une bonne éducation.
14:45Ce qui veut dire
14:46que l'école publique
14:47ne fait plus son gros.
14:48Non, elle ne fait pas son travail,
14:51ce n'est pas la faute
14:51des enseignants,
14:52c'est parce qu'il y a
14:52quelque chose qui...
14:53La massification de l'école,
14:55la numérisation
14:56de notre société,
14:57tout cela a évidemment
14:57énormément changé.
14:59Mais l'école,
14:59ça doit être l'un des grands débats,
15:01l'un des grands sujets
15:02de 2027.
15:04Mais si on continue,
15:05parce que là il s'agit
15:06de jeunes français,
15:07si on continue
15:08à travers des politiques migratoires
15:10qui ne sont pas maîtrisées,
15:11qui ne sont pas gérées,
15:12à accumuler dans les mêmes quartiers,
15:14dans les mêmes départements
15:15des populations pauvres
15:17et entrées en grande difficulté,
15:18il ne faut pas s'étonner
15:18qu'il y a des formes
15:19de contre-culture
15:21qui s'organisent
15:22et qu'on est de plus en plus
15:23ce type de problème.
15:24Vous avez écouté, j'imagine,
15:24les propositions
15:25de Gérald Darmanin
15:26ou de Gabriel Attal.
15:26Gérald Darmanin,
15:27il dit qu'il faut un moratoire,
15:29faire pause sur l'immigration
15:31pendant trois ans.
15:32Gabriel Attal, lui,
15:33dit qu'il ne faut
15:34que de l'immigration de travail
15:36et durcir les conditions
15:37du regroupement familial.
15:38Est-ce que vous êtes d'accord
15:39avec ces deux propositions ?
15:39Il y a quelques années,
15:40à ce même micro,
15:41j'avais parlé devant vous
15:42d'immigration zéro,
15:43nous n'avons pas besoin
15:44d'immigration de travail,
15:45alors peut-être il faut
15:46des quotas ici ou là
15:47parce qu'on sait
15:47que dans la restauration
15:49ou dans l'agriculture,
15:49on peut avoir besoin...
15:50Donc là-dessus,
15:51vous êtes plutôt d'accord
15:51avec François Ruffin,
15:53par exemple ?
15:53Oui, ils sont d'accord
15:54avec moi.
15:55Vous l'avez dit avant, peut-être.
15:56J'avais été fustigé,
15:57mais ce n'est pas le sujet.
15:59Mais il y a un texte
16:01qui va être adopté définitivement
16:03par le Parlement européen,
16:04par l'Union européenne,
16:06le pacte migration-asile.
16:09Avec l'idée notamment
16:10de ces hubs,
16:11en quelque sorte,
16:11où on puisse...
16:13Enfin, l'Europe se dote
16:15d'un certain nombre
16:16d'outils et de moyens
16:17pour protéger
16:18nos frontières extérieures
16:19et pour pouvoir expulser
16:21plus efficacement
16:21et pour réformer aussi l'asile.
16:24Eh bien, il faut soutenir cela.
16:25Et je vois, y compris à gauche
16:27et même au centre,
16:28des contradictions sur ce sujet-là.
16:30On a un pacte européen
16:31qui a été, c'est vrai,
16:32porté beaucoup par la droite,
16:34mais que les sociodémocrates
16:35danois ou maltais soutiennent,
16:37c'est-à-dire ceux qui gouvernent.
16:39Bon, donc, voilà,
16:40là, on a un outil.
16:41Donc, il faut être clair
16:42sur ces sujets-là.
16:43Mais ça, ce sont des sujets
16:44de moyen et de long terme,
16:45mais qui sont indispensables
16:47si on ne veut pas voir
16:48se répéter en permanence
16:50tous les ans,
16:50parce que j'espère
16:51que le Paris Saint-Germain
16:52gagnera souvent
16:54des trophées européens.
16:55On ne va pas avoir
16:56à chaque fois,
16:57mais c'est vrai
16:57pour le football,
16:58c'est vrai à d'autres occasions.
17:00Nous l'avons vu,
17:00nous l'avons commenté
17:01il y a un instant.
17:01Manuel Valls,
17:02qui est votre candidat ?
17:04Moi, pour le moment,
17:05aujourd'hui,
17:05je n'ai pas de candidat.
17:06Quand vous entendez,
17:07on vient de citer les propos
17:08de Gabriel Attal
17:09ou de Gérald Darmanin,
17:11quand vous voyez
17:11Edouard Philippe,
17:12quand vous voyez
17:12Raphaël Guxman hier
17:13à ce micro,
17:14qui avait honnêtement
17:14un discours sur le fond
17:15pas très éloigné du vôtre,
17:17quand vous voyez
17:19les envies
17:19d'un François Hollande
17:20ou d'un Bernard Cazeneuve,
17:21est-ce que vous estimez
17:22effectivement que l'un de ceux-là
17:23pourra être le candidat quoi ?
17:25Une sorte de centre
17:26qui puisse aller,
17:27qui puisse être considéré
17:28comme un centre-gauche ?
17:29Je suis un peu désespéré
17:30face aux jeux politiques
17:32aujourd'hui.
17:33Enfin, écoutez,
17:34le niveau de le déficit public,
17:36de la dette,
17:37la situation de l'école,
17:39la violence dans notre société,
17:41le niveau de chômage
17:42qui reste toujours très élevé
17:44malgré un certain nombre
17:45de progrès,
17:45la crise politique et morale
17:47qui doit beaucoup,
17:48mais pas seulement,
17:48à la dissolution provoquée
17:50par le président de la République.
17:51Je pourrais vous dire
17:51l'état de nos territoires
17:53ultramarins
17:53parce que je les ai toujours au cœur.
17:55Sur tous ces sujets-là,
17:56tous ces sujets-là
17:57devraient être au cœur,
17:58mais avec du débat,
18:00avec des solutions,
18:01des propositions,
18:02une méthode pour gouverner.
18:03Raphaël Guxman,
18:05Gabriel Attal,
18:06Edouard Philippe,
18:07François Hollande,
18:08Bernard Cazeneuve,
18:09Xavier Bertrand,
18:10Jean-Michel Blanquer,
18:11François Baroin,
18:12Bruno Retailleau
18:12et bien d'autres
18:14devront gouverner ensemble.
18:15Ils nous mentent.
18:16Ils ne disent pas la vérité
18:17quand ils disent
18:18nous allons vers une candidature unique.
18:20La gauche, la droite
18:21vont l'emporter.
18:21Non.
18:21Tout cela, pour vous,
18:22en réalité,
18:23ont vocation à travailler ensemble.
18:24Mais avec une méthode,
18:26en disant comment ils vont le faire,
18:27avec quel type de coalition.
18:28À l'Allemande,
18:28en se disant
18:28on se met d'accord sur un programme
18:29et on y va.
18:30Oui, et puis il faut demander
18:30un mandat aux Français
18:32sur tous les sujets
18:32que nous avons abordés
18:33de manière concrète.
18:35Le président ou le candidat
18:36dit je vais régler
18:37à moi tout seul les problèmes.
18:38Ça n'est pas vrai.
18:39Donc il faut une coalition,
18:41ce qui n'a jamais été fait
18:42parce qu'Emmanuel Macron
18:43ne l'a pas faite,
18:44avec un projet,
18:45un calendrier,
18:46un agenda,
18:47une méthode.
18:49Édouard Philippe le propose
18:50l'utilisation du référendum.
18:51Donc il faut changer totalement.
18:53Et moi je prendrai position
18:54quand tout ça sera sur la table.
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