00:00C'est une vieille bobine de film 8 mm enfouie dans une malle que toute la famille voulait croire perdue
00:10depuis 45 ans.
00:11Un cousin filme les dernières heures de mes grands-parents en Algérie.
00:15On sourit devant la caméra, on fait bonne figure.
00:18En cette fin de juillet 1962, ils savent pourtant qu'ils vont devoir tout abandonner là,
00:22dans cette ville, dans ce pays où ils avaient trouvé refuge, fuyant l'Espagne.
00:27Mais qu'est-ce que tu aurais aimé prendre là-bas, de la maison, ramener ?
00:31La maison, tiens.
00:35Elle a raison, c'est une maison qu'on avait faite, nous.
00:39C'est la première maison qu'on avait bâtie, ça.
00:43Quand on est nés, on n'était rien, parce qu'on n'était rien, on n'avait pas assez d
00:48'études, on n'avait rien du tout, presque.
00:52Et petit à petit, petit à petit, on s'est créé, on s'est créé quelque chose.
00:59Et après, on a tout perdu.
01:13De la façon qu'on était, on s'en foutait de tout perdre, parce qu'on disait, on va nous
01:18-mêmes, on va être perdus.
01:19Ah ouais, on était perdus.
01:22À leur arrivée dans ce pays qu'ils ne connaissaient pas, on les a appelés les pieds-noirs.
01:26Comme un million de cent mille personnes, on les a pris pour de riches exploiteurs.
01:29Et ils se sont murés dans le silence, pour se fondre, s'intégrer.
01:34Le rideau est tombé sur la ville là-bas, et pendant 45 ans, ils ne parleront plus l'Algérie.
01:39Ce film, cette série, leur donne la parole.
01:4262 d'entre eux ont accepté de témoigner.
01:45C'est l'histoire d'une blessure, celle des Européens d'Algérie.
01:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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