- il y a 4 heures
Damien Martinelli, Procureur de la République de Nice, invité de L'Interview à la une
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00:14Bienvenue sur le plateau de l'Intervio, la une, l'émission de grand entretien du groupe Nice Matin sur tous
00:20ses supports numériques.
00:22Notre invité cette semaine, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli. Bonjour.
00:28Bonjour, monsieur.
00:28Merci d'avoir accepté cette invitation qui était calée de long date mais qui se télescope avec l'actualité.
00:36On va évoquer avec vous, évidemment, la lutte contre le narcotrafic, les violences intrafamiliales, l'été aussi,
00:41qui est toujours une zone et une période de risque pour le procureur de la République que vous êtes avec
00:47ces dangers et ces faits divers, forcément.
00:50Mais l'actualité, on ne peut pas y échapper, c'est cette explosion, a priori d'origine criminelle, à Monaco
00:57lundi soir.
00:59Qui a fait trois blessés graves à l'heure où nous parlons, trois blessés très graves et des victimes collatérales.
01:06Un acte, donc, criminel, a priori par un homme isolé qui aurait déposé ce colis piégé,
01:11qui aurait ciblé un oligarque ukrainien, selon les informations de Nice ce matin.
01:18Je vous pose cette question parce que vous avez, vous aussi, ouvert une enquête puisque cet homme aurait pris la
01:23fuite vers le territoire français.
01:25Et c'est là aussi la pleine coopération entre Monaco et la France.
01:29Bien sûr, nous nous attachons à coopérer de manière très étroite avec les autorités monégasques.
01:35C'est une coopération quotidienne avec notamment le parquet général de Monaco.
01:40Et informé des faits hier soir, j'ai ouvert une enquête dite « miroir » qui permet de diligenter très
01:46vite des investigations en France.
01:48Dès lors qu'on a des éléments tendant à laisser penser qu'une personne impliquée était présente sur le territoire
01:54français ou est partie vers le territoire français.
01:56Donc, j'ai ouvert une enquête de flagrance du chef d'association de malfaiteurs en vue de la commission d
02:01'un crime
02:01et du chef de détention et transport d'explosifs avec la direction nationale de la police judiciaire qui est saisie.
02:09Et bien sûr, ça reste une affaire qui est pilotée à titre principal par les autorités monégasques.
02:15Avec l'ouverture de cette enquête, on facilite la coopération avec nos amis de Monaco.
02:20Ce que j'allais dire, c'est que c'est une coordination qui se met en place sous l'autorité
02:25monégasque,
02:25mais avec une communication régulière avec vous qui chapeautait, si vous me passez l'expression,
02:32les actes d'enquête qui pourraient avoir lieu sur le territoire français.
02:35Le parc Ennis supervise les actes d'enquête sur le territoire national.
02:40Ce sont des éléments de recherche, c'est de la téléphonie, ce sont des actes de ce type.
02:44Et puis parallèlement, nous allons être saisis de demandes d'entraide de la part des autorités monégasques que nous allons
02:50exécuter.
02:52Sur l'enquête en Allemagne, j'imagine que vous garderez évidemment les secrets bien gardés,
02:59mais il y a eu des actes, des suspicions en France, des repérages effectués. Est-ce qu'il y a
03:05des pistes ?
03:06Je laisse après sur la communication, je laisse mon collègue procureur général de Monaco, il a communiqué ce matin,
03:12et sur l'économie générale de l'affaire, sur les avancées, je laisse mon collègue de Monaco s'exprimer.
03:18Et on suit ça évidemment en temps réel sur Monaco Matin et les sites de Nice Matin,
03:23avec le travail de nos journalistes qui tentent aussi d'éclaircir les circonstances et les motivations,
03:29plutôt que les circonstances, désormais on les connaît, de cette explosion donc criminelle suite à un dépôt de colis piégé.
03:36Damien Martinelli, vous êtes ici aussi et surtout pour qu'on puisse échanger autour du narcotrafic.
03:42C'est une lutte que vous menez depuis que vous êtes arrivé à Nice, avec des moyens qui se sont
03:47renforcés depuis des lois qui ont été votées.
03:49Le PNACO qui a été créé aussi, ce parquet dédié à la lutte contre le narcoterrorisme.
03:55Il faut dire qu'on paye un lourd tribut ici à Nice, des innocents aussi qui ont perdu la vie
04:01il y a un peu plus d'un mois,
04:04place des Amaryllis au Moulin. Cette flambée de violence, comment vous l'analysez avant qu'on rentre dans le détail
04:12?
04:13Est-ce qu'elle vous préoccupe ? Et est-ce que finalement on a les moyens de la combattre ?
04:17On a les moyens de la combattre. On est engagé, volontariste dans ce combat.
04:22Nice paye en effet un lourd tribut. On a 11 victimes innocentes dans le quartier des Moulins.
04:28On a eu d'autres décès dans le cadre domicile.
04:32On a tout particulièrement 11 victimes innocentes dans le quartier des Moulins.
04:35Comme vous l'indiquez, ça a été une priorité dès mon arrivée, notamment sur le quartier des Moulins,
04:41où on a initié très rapidement des opérations.
04:45On s'est inscrit dans une continuité aussi, mais notamment en développant des choses autour des consommateurs,
04:50et notamment des personnes venant avec leur véhicule pour acheter au Moulin.
04:55On a eu plusieurs épisodes de violence.
04:58C'est multifactoriel les épisodes de violence en matière de trafic de stupéfiants.
05:01D'abord, le trafic de stupéfiants, c'est intrinsèquement instable et violent.
05:06C'est ça le trafic de stupéfiants, c'est ça la criminalité organisée.
05:09Donc on peut avoir, à la faveur de volonté de reprise, à la faveur d'alliances, de mésalliances,
05:14de conflits personnels, parfois, ces passages à l'acte violents.
05:18On arrive à en prévenir certains.
05:20J'ai eu l'occasion de communiquer sur des passages à l'acte,
05:23notamment avec le SIPJ que nous avons réussi à prévenir.
05:27On n'arrive pas à prévenir tous les passages à l'acte violents.
05:31Et malheureusement, nous avons eu trois épisodes avec l'incendie,
05:34et après avec les deux fusillades, les deux fusillades ayant été reprises par les collègues de Marseille.
05:39Dans ces trois dossiers, nous avons des personnes identifiées, mises en examen et incarcérées.
05:44Les investigations se poursuivent.
05:46Qu'est-ce qu'on peut dire des réseaux qui se déploient à Nice et dans les Alpes-Maritimes ?
05:50Parce qu'on se focalise sur les moulins, où les règlements de compte sont violents, meurtriers, avec des innocents.
05:56Mais il y a aussi des coups de feu plus à l'ouest, dans le département, ce n'est pas
06:00votre juridiction.
06:01Cannes et Valoris, il y a le quartier de l'Ariane aussi.
06:04Qui tient aujourd'hui ces quartiers ?
06:06On a parlé de bandes marseillaises.
06:08Ce n'est pas nécessairement la DZ Mafia d'ailleurs.
06:11Non, on a assurément, c'est ce qu'on démontre dans les dossiers,
06:15c'est ce qu'on a démontré dans le dossier du 12 Méditerranée l'année dernière,
06:20où c'est des Niçois qui étaient impliqués.
06:22C'est ce qu'on a démontré dans le dossier des 3T.
06:24On a autant de personnes qui sont mises en examen, présumées innocentes.
06:27Mais des grilles de lecture sont plutôt niçoises,
06:30qu'on a pu voir dans des dossiers récents sur les moulins.
06:34On a aussi des influences extérieures.
06:37On avait des influences parisiennes assez marquées sur Nice-Est.
06:41J'avais l'occasion d'évoquer notamment des personnes originaires du Val d'Oise.
06:44On a eu des gens originaires de Paris qui sont décédés à Nice-Est,
06:48en tête notamment des faits en août 2024,
06:52avec notamment un homicide à Phénoglio de Brigade.
06:55Donc il y avait ces influences.
06:56Et on a aussi des influences marseillaises qu'on met davantage en avant à la faveur de dossiers récents.
07:02Marseille avait communiqué sur une affaire au mois d'avril,
07:05mettant en exergue notamment l'influence du réseau dit des Olivier A.
07:11Effectivement, cette influence marseillaise, on la retrouve dans les faits récents
07:14et on la retrouve dans l'opération que nous avons menée au mois de mai,
07:18sur Nice-Est, avec une pluralité d'interpellations
07:21et avec notamment de l'armement saisi.
07:23Oui, parce qu'effectivement, c'est les enquêteurs marseillais qui avaient été saisis.
07:26Et vous avez donné d'ailleurs une conférence de presse avec Nicolas Besson,
07:29votre homologue marseillais.
07:31C'était un peu inédit, en tout cas de mémoire, ici dans les Alpes-Maritimes.
07:36C'est ça aussi la clé, cette très bonne communication avec Marseille.
07:39C'est très proche.
07:40Donc on imagine facilement les liaisons, les gardes de territoire aussi,
07:44qui pourraient se jouer ici.
07:48Vous travaillez beaucoup donc avec lui ?
07:49Vous échangez hebdomadairement ?
07:52Presque quasi-quotidiennement.
07:54Pas nécessairement.
07:55Je ne vais pas aller jusqu'à mes collègues, mais ça ne m'étonne pas.
07:58Quasi-quotidiennement.
07:59Comme vous le soulignez, c'est extrêmement important
08:02que les juridictions locales et les juridictions spécialisées communiquent.
08:06Je connais assez bien le parquet de Marseille pour y avoir travaillé quelques années.
08:10C'est très fluide, on travaille très facilement ensemble.
08:14Et effectivement, la conférence de presse commune avec Nicolas Besson,
08:18c'était aussi une volonté commune de traduire ce travail commun,
08:22cette complémentarité entre juridictions spécialisées et juridictions locales.
08:26Comme vous l'indiquez, c'est absolument indispensable qu'il puisse y avoir ces échanges,
08:30qu'il puisse y avoir ce partage de grilles de lecture sur les phénomènes et sur les évolutions.
08:34Même chose côté des services d'enquête, bien évidemment.
08:37Il y a aussi un point d'inquiétude autour des profils.
08:41Alors, pas nécessairement des têtes de trafic,
08:44mais plutôt des petites mains qu'on retrouve sur les points de deal.
08:48On fera le bilan aussi de ces points qui ont été démantelés dans les Alpes-Maritimes,
08:52mais notamment au Moulin.
08:53Mais de plus en plus de mineurs aussi sont arrêtés sur les points de deal,
08:57sont mêlés à ce trafic de stupéfiants.
09:00Ça, c'est un fléau.
09:01Ça vous préoccupe, j'imagine.
09:03Comment on lutte contre ça ?
09:05Alors, les mineurs, effectivement, on a beaucoup de mineurs,
09:08beaucoup de mineurs étrangers isolés, tout particulièrement sur les Moulins,
09:12avec des jeunes originaires de Tunisie, d'Algérie.
09:15Donc, effectivement, on lutte en conduisant quotidiennement des opérations,
09:19en interpellant.
09:20Ce sont des mineurs.
09:21Donc, il y a des premières réponses qui peuvent être des réponses éducatives.
09:24Il y a des déferments.
09:25Tout confondu, depuis le début d'année, on a déferré 150 mineurs.
09:29C'est beaucoup.
09:30C'est une activité très forte.
09:32En trois ans, on aura, et une grande part est liée au trafic de stupéfiants,
09:37quasiment une multiplication par trois des mineurs placés en détention provisoire.
09:42Donc, on a une réponse.
09:43Ça passe par de l'éducatif.
09:45Ça passe par du placement en foyer.
09:47Parfois, on réussit avec de l'éducatif.
09:50On a aussi des échecs.
09:51Et quand les messages ne sont pas compris, y compris pour les mineurs,
09:54ça peut se traduire par une mise à l'écart au travers d'une incarcération.
09:57Donc, aujourd'hui, on a des mineurs incarcérés dans le cadre des trafics.
10:01Ils sont aussi victimes.
10:03C'est important de le souligner.
10:05Je fais le constat, ici, comme on pouvait le faire ailleurs,
10:08que nous avons aussi, parfois, des procédures dans lesquelles ils sont victimes,
10:14dans lesquelles des mineurs subissent des sévices.
10:17On a poursuivi des dossiers devant le tribunal correctionnel
10:20en comparution immédiate sur des violences visant des mineurs
10:24pour les obliger à trafiquer.
10:26Donc, sous la contrainte.
10:27Exactement.
10:28Donc, il faut aussi prendre en compte le fait qu'une partie de ces mineurs
10:32sont sous la contrainte, sont victimes d'une forme de traite des êtres humains.
10:35Et on s'attache aussi à apporter une réponse à cette violence
10:39qui est, comme vous l'indiquez, malheureusement totalement débridée,
10:42aujourd'hui, en matière de trafic de stupéfiants,
10:44tant dans le cadre de conflits externes que dans les modes d'action internes.
10:51La violence est aujourd'hui étroitement liée au fonctionnement des réseaux de trafic de stupéfiants.
10:56Alors, vous avez évoqué les déferments de mineurs,
10:59mais il y a des chiffres aussi spectaculaires sur l'activité globale,
11:03avec plus de 1700 gardes à vue.
11:06C'est 54% de déferments, en plus, sur l'année qui vient de s'écouler.
11:11Puis, les chiffres des saisies sont là.
11:13Aussi, 250 kg de résine de cannabis, 130 kg de cocaïne,
11:16des armes à feu, 52 armes à feu, 17 armes de guerre,
11:20selon les derniers pointages.
11:22J'imagine que ces chiffres évoluent régulièrement,
11:23mais ça donne une idée de l'ampleur et de l'action aussi des policiers.
11:30Ça veut dire qu'il y a des opérations quasi quotidiennement, très fréquentes.
11:34C'est un harcèlement du quotidien auprès des trafiquants ?
11:37Quasi quotidiennement, l'action dans la lutte contre le trafic de stupéfiants,
11:41elle se décline sur trois axes.
11:43Il y a des actions quasi quotidiennes, je dirais de court terme,
11:46d'interpellations, à la fois de guetteurs, de vendeurs, des consommateurs.
11:51On en reparlera tout à l'heure.
11:53Il y a des actions de moyen terme, avec des enquêtes préliminaires,
11:56avec des investigations techniques.
11:57On va essayer, dans le cadre de ces enquêtes, d'identifier des appartements,
12:01un petit circuit de blanchiment, d'identifier des lieux de stockage.
12:05Et on va venir porter des coups au travers de ces enquêtes.
12:08Et puis, il y a des enquêtes conduites par le SIPJ et le SLPJ.
12:12Je ne parle que de Nice.
12:13Il y a un travail aussi fait par les gendarmes sur leur zone.
12:17Et dans le cadre de ces enquêtes, on vise à démanteler, interpeller largement
12:21et véritablement à mettre à néant l'ensemble de la structure criminelle,
12:25en intégrant également le volet blanchiment, comme nous l'avons fait dans le dossier des 3T,
12:30avec de la saisie de crypto-monnaies, avec la mise en évidence d'un circuit de blanchiment
12:36sophistiqué au travers de crypto-actifs.
12:38Alors, le blanchiment, on va y revenir aussi. J'ai quelques questions là-dessus.
12:42Juste un mot avant, sur le cadre juridique qui évolue, c'est la volonté du gouvernement.
12:49Parfois pas assez, selon les opposants.
12:53On parlera aussi des moyens, évidemment, dont vous disposez,
12:55puisque beaucoup de policiers réclament des enquêteurs.
12:59Vous-même, au tribunal, vous êtes confronté aussi à cette quadrature du cercle du personnel pour vous aider.
13:06Le PNACO, le Parquet national anticriminalité organisé, qu'est-ce qu'il change ?
13:13Concrètement, est-ce qu'il vous dépossède des dossiers ?
13:16Est-ce que c'est une coopération, là aussi, avec vous ? Est-ce que vous pouvez nous éclairer ?
13:20L'articulation aujourd'hui, d'abord, le PNACO, c'est un plus.
13:26On a une entité aujourd'hui qui est en train de s'inscrire dans le paysage,
13:30qui a vocation à porter la coordination au niveau national,
13:34à se saisir d'un certain nombre de dossiers.
13:36Aujourd'hui, l'articulation, elle est davantage PNACO, GIRS, et GIRS, juridiction locale.
13:43Ça ne veut pas dire qu'il n'y a jamais de relation entre une juridiction locale et le PNACO,
13:47mais le schéma, c'est plutôt Nice est en lien quotidien avec Marseille,
13:53et Marseille est en lien étroit avec le PNACO.
13:55C'est plutôt ça, c'est plutôt ça le schéma dans lequel on s'appelait aujourd'hui.
13:59C'est-à-dire que ça part de vous, qui sollicitaient, ou en tout cas qui échangeaient avec la GIRS,
14:04l'enquête leur est confiée, et puis après, il y a des échanges, mais il peut y avoir aussi des
14:08échanges,
14:09les échanges directs ne sont pas exclus, mais le schéma, c'est plutôt la GIRS qui est une interface.
14:14C'est quoi ? C'est les grosses affaires qui peuvent avoir des ramifications ?
14:18On est sur un critère de très grande complexité pour les saisines du PNACO,
14:21donc ce sont des affaires avec une dimension internationale ou une dimension interrégionale
14:27qui dépasse plusieurs GIRS.
14:28Là, il y a une cohérence à ce que le PNACO puisse prendre la main,
14:31puisque plusieurs GIRS sont susceptibles d'être concernés.
14:36Autre arme nouvelle, sans mauvais jeu de mots, c'est la loi contre le narcotrafic,
14:41et donc ce durcissement des peines et finalement de la traque des consommateurs.
14:48Ce que vous dites et ce que dit l'État, c'est que finalement, quand on consomme
14:52ou qu'on achète son shit, son cannabis ou sa cocaïne, on alimente le trafic
14:58et forcément toute la spirale derrière qui conduit à des meurtres.
15:04Quand on est consommateur, on a nécessairement une part de responsabilité.
15:07Le billet qu'on va laisser sur le point de l'île, ce billet, on va le retrouver pour racheter
15:13du stup,
15:13on va le retrouver pour racheter des armes.
15:16Donc on participe à l'économie criminelle en étant consommateur.
15:20Donc il y a cette part de responsabilité.
15:21Et effectivement, il faut apporter une réponse pour les consommateurs.
15:25Il faut apporter une réponse en termes de prévention.
15:27Il faut apporter une réponse en termes de répression.
15:30Mais il faut aussi, aujourd'hui, on est, vous connaissez les chiffres comme moi,
15:35quand on évoque un million de consommateurs de cocaïne,
15:38cinq millions de consommateurs de cannabis,
15:41on est aussi sur une problématique de santé publique majeure.
15:44Et le volet addiction est, à mes yeux, un point central.
15:48On a besoin effectivement d'une politique de santé publique très forte
15:52en matière de trafic de stupéfiants pour lutter contre la consommation.
15:55Et avec le préfet, avec l'AERICE, nous nous attachons à mettre en place
16:00l'injonction thérapeutique qui doit permettre de prendre en compte les plus lourds.
16:04Donc il faut agir contre les consommateurs sur ces trois aspects.
16:09Prévention, répression et prise en charge de l'addiction.
16:11Les contrôles ont plutôt lieu ou sur les points de ville,
16:13au moment où les consommateurs viennent acheter ?
16:15Ou ça peut être aussi dans la rue, à l'occasion de fouilles ou de comportements suspects,
16:20notamment quand on décèle une cigarette qui n'a pas l'air d'être que du tabac ?
16:23Il y a une multiplicité de contrôles.
16:24Si je prends les moulins, il y a des contrôles de personnes au volant du véhicule.
16:30On va faire du dépistage de produits stupéfiants.
16:33Il y a des contrôles de personnes qu'on sait être entrées à l'intérieur de la cité pour acheter.
16:39Ça, c'est notamment la force de l'action avec les drones,
16:41puisqu'on voit ce qui se passe et on voit qui rentre, qui sort et qui s'arrête pour acheter.
16:46Donc il y a tout ce volet-là.
16:47Et puis il y a tout un volet aussi contrôle de flux fait par la police,
16:51mais fait aussi par les gendarmes dans le cadre des transports en commun,
16:57sur les trains qui desservent Nice.
17:00Donc tous les jours, il y a ce type de contrôle pour détecter la circulation de produits stupéfiants et les
17:06consommateurs.
17:07Quand vous regardez les chiffres, si vous les avez, ça vous inquiète ?
17:10On constate qu'il y a quand même une consommation importante.
17:14On sait combien, par exemple, de contrevenants ont été verbalisés ou contrôlés.
17:19Vous avez cette donnée ?
17:19Alors on est sur plusieurs milliers chaque année d'amendes forfaitaires délectuelles.
17:24J'ai évoqué les grands chiffres sur la consommation.
17:26Elle est massive.
17:27C'est pour ça que c'est un problème, le trafic de stupéfiants, la consommation.
17:30C'est évidemment un problème de la justice, de la police au sens large,
17:35mais c'est un problème de la société dans son entier.
17:39Aujourd'hui, on a une vraie problématique de dépendance qu'il faut qu'on prenne à bras-le-corps.
17:43Sur le blanchiment, maintenant, c'est un autre pan très très important.
17:48Là aussi, des pouvoirs démultipliés.
17:52Avant ça, oui, si, non, pardon, j'ai oublié une question importante,
17:55parce que celle-ci, elle est révélatrice aussi sur les 12 points de deal qui étaient identifiés au Moulin.
18:02Il en reste seulement deux.
18:04Ça veut dire que c'est toujours le cas, puisque ces chiffres datent un peu, mais c'est toujours ça
18:09?
18:09Deux qui, je dirais, vivotent.
18:12Vivotent.
18:13Ça veut dire que, donc là, le travail a payé.
18:16On se demande comment on atterrit finalement à ce démantèlement,
18:20puisque si vous savez qu'il en reste deux, c'est que vous les avez identifiés.
18:24Donc pourquoi ne sont-ils pas démantelés ?
18:26C'est un travail de longue haleine.
18:30On fait porter l'effort successivement sur un certain nombre de réseaux.
18:36L'objectif que nous avons avec le préfet et avec le DIPN, c'est qu'à la fin de l
18:39'année, il n'y en ait plus.
18:41Et nous nous donnons les moyens pour parvenir à cet objectif.
18:45Donc on passe de 12 à 2.
18:47Il n'y a pas de fatalité.
18:48Il n'y a pas d'impuissance face au narcotrafic.
18:51On peut avoir des résultats et c'est un résultat que nous devons tout particulièrement aux habitants des Moulins,
18:59qu'ils puissent retrouver la tranquillité.
19:02Mettre fin au point de deal, c'est mettre fin aussi à une part de la violence associée
19:05et au contrôle social quotidien associé au fonctionnement de ces points de deal.
19:09Encore une fois, au-delà de la réponse dans les trois dossiers que j'ai cités tout à l'heure,
19:15avec les 11 victimes innocentes, nous devons aux habitants des Moulins
19:18de leur rendre la tranquillité en mettant fin au point de deal.
19:21On parle beaucoup des Moulins, mais ce n'est pas le seul quartier qui est concerné.
19:26Des policiers évoquent aussi parfois un recentrage vers le cœur de ville,
19:32puisque les trafiquants sont chassés des Moulins.
19:34Est-ce que ça, c'est un phénomène que vous constatez ?
19:37Et est-ce que l'Ariane, les Liserons, Phénoglio sont toujours aussi des points centraux du trafic
19:45qui monopolisent une partie de vos efforts ?
19:49Alors, j'évoquais effectivement les Moulins.
19:51On n'a pas abandonné le reste des quartiers, bien évidemment.
19:55J'évoquais tout à l'heure le dossier que nous avons fait il y a quelques semaines.
19:58C'était sur Niceste, les saisies d'armes, sur Phénoglio, sur Louis Braille.
20:02Donc, il y a toujours cette présence à la fois en dossier de fonds et en travail du quotidien
20:07sur l'ensemble de Niceste.
20:08Et vous avez raison.
20:09Il y a aussi le centre-ville.
20:12Il y a de l'action sur le centre-ville.
20:14Tout à l'heure, j'évoquais des violences pour contraindre des mineurs à vendre des stupéfiants.
20:19Un dossier récent qui est passé à l'audience.
20:22Vous en avez fait l'écho dans Nice Matin.
20:24C'était rue Trachel.
20:26Donc, il y a aussi une action sur le centre-ville et là aussi une action quotidienne.
20:29Le blanchiment, donc, là aussi, c'est évidemment l'un des points centraux de la lutte
20:38parce que les tentations sont nombreuses sur la côte d'Azur, notamment les commerces.
20:43Vous disposez là aussi de nouveaux arguments judiciaires pour fermer des commerces de proximité, notamment.
20:51Comment est blanchi l'argent et comment vous déployez, finalement, cette lutte contre le blanchiment d'argent
20:59qui peut prendre plein de formes sur la côte d'Azur ?
21:01Le blanchiment, il y a plein de facettes sur le blanchiment.
21:07Vous pouvez avoir du blanchiment très simple.
21:10Le rachat de tickets gagnants de la Française des Jeux, du PMU,
21:15c'est un système de blanchiment qui existe depuis longtemps et qui continue toujours à exister aujourd'hui.
21:20Donc, on rachète des tickets gagnants et on blanchit.
21:22Je décrypte, ticket gagnant à 500 euros, je le rachète ?
21:26Je le rachète.
21:28Et je vais me faire…
21:29Et j'ai blanchi puisque mon gain est un gain illicite au bureau de tabac.
21:33Puisque j'ai gagné un jeu de hasard.
21:36Donc, on a toujours ces modes de blanchiment.
21:40J'évoquais tout à l'heure le blanchiment via les cryptoactifs, mis en évidence dans le cadre d'un dossier
21:45concernant les moulins.
21:47Donc là, vous avez de l'argent liquide.
21:48Vous vous adressez à quelqu'un dont c'est l'activité habituelle.
21:52Il va vous convertir votre argent liquide en cryptoactif.
21:55Et au lieu d'avoir vos billets, vous aurez de l'argent placé dans des crypto-monnaies.
22:01Vous avez aussi du blanchiment local.
22:03Il y a certaines activités qui ont besoin d'argent liquide.
22:09qui sont en quête notamment pour payer des personnes employées sans titre de manière irrégulière.
22:16Qui sont payées avec de l'argent liquide.
22:19Donc, vous pouvez avoir ces sociétés qui se font remettre de l'argent liquide.
22:23Mais qui payent leurs salariés.
22:25Qui payent leurs salariés.
22:26Et à côté de ça, pour compenser, vous avez des virements sur des sociétés fictives
22:34qui, in fine, avec in fine, l'argent récupéré par les trafiquants de stupéfiants.
22:39Donc, c'est la multiplicité de ces modes de blanchiment.
22:42Et nous agissons, notamment en lien avec Tracfin, sur l'ensemble de ces vecteurs.
22:46Voilà, ça, c'est un secteur qui est surveillé de près par Tracfin.
22:50Absolument.
22:50Donc, l'État est armé.
22:52On a un certain nombre d'outils.
22:55Et en France, nous avons Tracfin, qui fonctionne très bien.
22:57Nous avons aussi un outil juridique intéressant, qui est la présomption de blanchiment.
23:02Et qui nous permet, effectivement, au travers de cette qualification,
23:06de mettre la balle dans le camp de la personne qu'on suspecte, si je puis m'exprimer ainsi.
23:11À charge pour elle, lorsqu'on est face à une complexité visant à dissimuler l'origine de l'argent,
23:18à charge pour elle de démontrer que l'origine est licite.
23:21Pour terminer sur le narcotrafic, il y a aussi les moyens d'enquête.
23:25C'est souvent le reproche que font les syndicats de police.
23:30Vous aussi, vous n'avez pas manqué, par le passé, de signaler qu'il manquait des magistrats au parquet de
23:37Nice.
23:37Est-ce que c'est toujours le cas ? Combien vous êtes à travailler sur ces affaires-là ?
23:43Puisqu'on a l'impression que c'est tentaculaire, quand même, ce qui existe sur le réseau.
23:47Et les enquêteurs, sont-ils suffisamment nombreux ?
23:51Parquet de Nice, nous étions 17, dans ce qu'on appelle la localisation des emplois.
23:56Nous passons à 18 au mois de septembre.
24:00Et comme je l'avais indiqué il y a un petit moment,
24:04la 18e personne va être affectée au pôle spécialisé.
24:08On a trois pôles au parquet de Nice en charge de la criminalité organisée.
24:11Nous aurons donc à la rentrée trois personnes au parquet de Nice
24:15dédiées à la lutte contre la criminalité organisée.
24:18Du côté des enquêteurs, j'avais eu l'occasion effectivement
24:20de pointer le manque que nous avions dans la filière d'investigation.
24:25Très clairement, à mes yeux, il manque plusieurs dizaines d'enquêteurs aujourd'hui
24:30pour prendre en compte l'ensemble des enquêtes que nous avons,
24:34qui sont très nombreuses, avec une activité très dense.
24:37Il y a effectivement besoin, il y a un plan d'investigation
24:40qui a été prévu par le ministère de l'Intérieur,
24:42mais il y a besoin de cette revalorisation qui est en cours.
24:45Et il y a besoin effectivement d'avoir de l'attractivité
24:48pour renforcer fortement cette filière d'investigation
24:51qui est en très très grande tension.
24:52Pour terminer sur cette question du narcotrafic,
24:55aujourd'hui, les peines prononcées sont à la hauteur.
24:59Selon vous, la justice est assez ferme avec les trafiquants ?
25:04On défère tous les jours sept personnes au parquet de Nice.
25:08Sur les sept, deux sont déférées dans le cadre de trafic de stupéfiants.
25:13Donc tous les jours, nous avons des incarcérations
25:15pour l'effet de trafic de stupéfiants.
25:17Vous êtes souvent présents aux audiences,
25:19vous vous rendez compte des audiences.
25:22Moi, quand je vois les peines, il y a des peines très lourdes
25:26qui sont prononcées.
25:27Il y a des interdictions.
25:28Il y a très régulièrement des interdictions du territoire national
25:31pour les étrangers qui sont condamnés.
25:33J'ai en tête, par exemple, un dossier récent
25:36concernant de la narco-livraison.
25:38C'est une enquête des gendarmes.
25:40On a eu des peines.
25:41C'est passé en comparution immédiate.
25:43Et en comparution immédiate, on a eu des peines jusqu'à 8 ans.
25:46Autre dossier tout aussi important
25:50et qui a pris aussi dans l'opinion au travers de l'affaire Liana
25:55avec des violences sexuelles à l'encontre des mineurs.
26:01C'est le problème aussi plus général des violences à l'encontre des mineurs,
26:04mais aussi des violences intrafamiliales.
26:06C'est une grande cause nationale, forcément.
26:11Est-ce qu'on a un constat dans les Alpes-Maritimes ?
26:13Est-ce que vous voyez arriver beaucoup d'affaires
26:15qui se rapprochent de ce qu'a connu la petite Liana
26:19ou qui résonnent dans ce terrible fléau
26:23que sont les violences intrafamiliales ?
26:25J'avais eu l'occasion d'évoquer les chiffres,
26:27les atteintes sexuelles sur mineurs
26:28et les atteintes les plus graves concernant les mineurs
26:30pour le Parc et de Nice.
26:31C'est environ 500 procédures par an.
26:33Dans le cadre du réexamen des procédures
26:36telle qu'il nous a été demandé,
26:37nous avons identifié à peu près 250 procédures.
26:40Donc, ça vous donne un ordre de grandeur.
26:44Donc, oui, c'est une problématique qui est prégnante,
26:48ici comme ailleurs,
26:50avec une augmentation du nombre de ces procédures.
26:54Entre 2022 et 2025,
26:57on aura presque doublé le nombre de ces procédures,
27:00notamment parce qu'il y a plus de faits
27:03qui sont plus de faits qui sont signalés.
27:06C'est une affaire qui a légitimement bouleversé la France entière,
27:11qui a suscité une colère légitime aussi.
27:16On s'attache à y répondre.
27:18Il y a un échec collectif.
27:21Je ne veux pas rentrer dans le détail de l'inspection,
27:23mais assurément, il y a cet échec.
27:26Pour autant, ce que je veux souligner,
27:27c'est qu'il n'y a pas, de mon point de vue,
27:29une faillite globale de l'institution judiciaire
27:32dans le traitement de ces procédures.
27:34Elles sont très nombreuses.
27:36Malheureusement, c'est un contentieux qu'on peut qualifier de masse
27:39au regard des chiffres que j'indique.
27:41Comme les violences intrafamiliales,
27:43et toute la difficulté,
27:44avec des collègues qui sont très, très fortement engagés,
27:47ce sont des procédures difficiles,
27:49des services d'enquête qui le sont tout autant,
27:51il faut arriver à faire de la qualité
27:54dans des procédures qui sont des procédures de masse.
27:57On a un impératif de qualité, d'exigence,
28:00dans le cadre de ces dossiers.
28:02Mais ils sont très nombreux,
28:04et il faut malheureusement faire avec cette masse.
28:08On s'est doté d'un certain nombre d'outils.
28:11On a des salles Mélanie, on a l'UAPED,
28:13on a des fonctionnaires qui sont formés.
28:14Moi, j'ai des collègues qui sont entièrement dédiés
28:18à cette délinquance qui englobe les mineurs victimes,
28:23mais aussi les mineurs auteurs
28:24et les violences intrafamiliales.
28:25Ce sont les mêmes collègues
28:26qui traitent l'ensemble de ces procédures.
28:28Et pour terminer, peut-être avec deux chiffres,
28:31les collègues des mineurs,
28:34au travers d'une boîte mail,
28:36ils ont une permanence téléphonique,
28:37ils ont une permanence mail,
28:38ils reçoivent chaque mois à peu près 900 mails
28:42sur cette boîte mineure.
28:44Les signalements enfants sans danger,
28:46qui viennent notamment du conseil départemental,
28:49c'est plus d'un millier par an.
28:54Donc, il y a des faits nombreux qui sont signalés.
28:57Il faut arriver à prioriser.
28:59Encore une fois, ce qui est dur,
29:00c'est de prioriser, de faire de la qualité,
29:02mais il y a des attentes extrêmement fortes
29:04et parfaitement légitimes de la part de nos concitoyens.
29:08Je vais faire des réorganisations partielles
29:10à la rentrée au sein du parquet
29:12pour pouvoir renforcer les collègues
29:14qui traitent ces procédures.
29:15Oui, les chiffres sont différents.
29:18Et on comprend aussi la difficulté de répondre,
29:23de prioriser.
29:24C'est un travail, effectivement, titanesse,
29:27qui en revient toujours aussi à la question
29:29des effectifs et des magistrats
29:32qui sont là pour enquêter.
29:34On arrive à la fin de cet entretien.
29:35J'ai juste une dernière question à vous poser,
29:38beaucoup plus terre à terre,
29:39parce que là, on est aussi sur des problèmes de fond,
29:41même si la sécurité du quotidien,
29:42c'est ce qui est parfois le plus important
29:45pour les azuréens.
29:46On arrive à la période de l'été.
29:49Vous êtes organisés spécifiquement
29:51pour faire face à l'afflux de touristes
29:53et donc de convoitises qu'ils pourraient susciter
29:56sur la plage, les vols, les agressions,
29:59les sorties de boîtes de nuit qui dégénèrent.
30:03Voilà, on les lit aussi beaucoup dans Nice Matin,
30:05ces faits divers-là.
30:07Chaque fois que vous voyez arriver l'été,
30:09vous vous préoccupez de ça ?
30:11Il y a une activité qui est très dense.
30:12Pour vous donner un exemple très parlant
30:14et très récent, ce week-end,
30:16nous avons déféré 23 personnes
30:18entre samedi et dimanche au parquet.
30:20À la comparution immédiate d'hier soir,
30:23il y avait 17 dossiers.
30:24En renvoyant des dossiers,
30:26l'audience s'est terminée à 1h du matin.
30:28C'est ça la réalité du fonctionnement quotidien d'un parquet.
30:32Le parquet de Nice, on a plusieurs permanences.
30:35On traite 28 000 appels par an.
30:39Donc c'est très dense.
30:41L'été va être dense.
30:43On a l'habitude de faire face à l'été.
30:46On a des permanences qui sont renforcées si besoin.
30:50Et nous tâcherons, comme lors des précédents étés,
30:53d'être présents pour apporter les réponses
30:57que la justice doit apporter face à un certain nombre de comportements.
30:59Merci beaucoup, Damien Martinelli, procureur de la République de Nice.
31:03Merci d'avoir accepté l'invitation de Nice matin.
31:07Un entretien à retrouver en intégralité,
31:09évidemment sur les plateformes numériques du groupe
31:13et puis compte rendu dans les pages du journal de ce mercredi,
31:18si vous souhaitez retrouver cette interview dans votre quotidien de référence,
31:23évidemment, sur la Côte d'Azur.
31:24Merci encore.
31:25Merci à Christelle Benjamin pour la préparation de cette émission.
31:28Christophe Sironne également.
31:30Et puis, bien sûr, notre duo en régie,
31:32Philippe Bertigny et Sophie Doncé.
31:35C'était peut-être la dernière interview de la saison.
31:39Ce n'est pas sûr.
31:40On va peut-être en avoir une dernière ce vendredi.
31:43On se retrouve très prochainement sur tous les sites du groupe Nice matin.
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