- il y a 17 minutes
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, était l’invité du Face-à-Face de ce mercredi 27 mai sur BFMTV et RMC.
Il est revenu notamment sur l'inflation qui touche la France, le prix des carburants qui s'affolent en station essence et sur l'immigration.
Il est revenu notamment sur l'inflation qui touche la France, le prix des carburants qui s'affolent en station essence et sur l'immigration.
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00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure.
00:03Bonjour.
00:03Merci de répondre à mes questions et elles sont nombreuses ce matin parce que vous êtes le ministre de l
00:07'économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique de France.
00:12Et sur tous ces points-là, il y a beaucoup, beaucoup de questions à poser.
00:15L'aide gros rouleur, on y reviendra, qui le guichet est ouvert depuis 29 minutes maintenant.
00:20Ça marche, j'ai vérifié.
00:21Vous avez vérifié, il faut nous le dire dans un instant.
00:23Mais il y a quand même une phrase qui me frappe.
00:25Vous avez dit la semaine dernière, l'économie française résiste.
00:28Est-ce que vous le pensez vraiment ou est-ce que vous le dites pour qu'on vous croit ou
00:31pour qu'on se fasse plaisir ou pour qu'on ne panique pas ?
00:33Non mais c'est une bonne question parce que je ne suis pas là ni pour faire le marchand de
00:36bonheur, donc vendre du rêve, ni pour être un prophète de malheur.
00:40Et il y en a un paquet ces temps-ci.
00:42Moi, je fonde mes analyses et du coup mes expressions publiques sur des faits.
00:45Parce que je pense que c'est mon rôle aujourd'hui de dire la vérité, qu'elle soit bonne ou
00:49pas bonne à dire.
00:50Aujourd'hui, la réalité, c'est que l'économie française a marqué une pause au premier trimestre, croissance à zéro,
00:55avec un certain nombre de facteurs exceptionnels.
00:57Il a fait chaud aussi cet hiver, pas seulement maintenant.
01:00Donc il y a eu moins de consommation d'énergie, ça devrait rebondir un peu.
01:03On a moins exporté d'Airbus que d'habitude, ça devrait rebondir un peu.
01:06Donc on est dans une économie qui résiste, qui évidemment affronte des ventes face.
01:10Il ne faut pas se leurrer. Le pétrole qui monte, qui du coup monte à la pompe avec l'essence
01:15qui affecte le pouvoir d'achat des Français.
01:17Mais on est mieux protégé, moins exposé que la moyenne de nos pères.
01:20Quand je me compare à l'Allemagne, à l'Italie et autres, on a une inflation inférieure.
01:24L'inflation, c'est 2,2% en France, c'est 3% et en Europe, c'est 3,5
01:29% en Espagne, malgré des milliards dépensés pour faire baisser le prix de l'essence à la pompe.
01:33On est juste mieux protégé et ça veut dire qu'on résiste.
01:36Donc on va évidemment suivre les détails, l'information statistique au fur et à mesure qu'elle se rend publique.
01:43Mais moi, je ne souhaite pas vraiment crier au loup.
01:46Aujourd'hui, on résiste. J'allais dire, c'est tant mieux.
01:48Mais vous n'êtes pas dans le déni ?
01:50Non.
01:50Parce que quand on regarde, effectivement, vous le dites, la croissance, elle est à zéro.
01:54L'inflation repart.
01:55Alors certes, vous le dites, elle n'est pas forcément encore aussi haute que nos voisins.
01:59Mais quand on écoute ce que vous appelez ou traitez de prophète de malheur,
02:03comme par exemple Michel-Édouard Leclerc, lui, il regarde les prix dans les rayons et il dit, on va être
02:07à 3 ou 4% en juillet.
02:08Qu'il fasse son travail, faire baisser les prix, puisqu'il se présente souvent à raison comme le grand marchand
02:16du pouvoir d'achat.
02:16Qu'il fasse son travail et qu'il s'assure que les prix ne montent pas trop.
02:19Moi, je fais le mien.
02:20Vous, vous faites le vôtre ?
02:21Vous estimez que vous faites le vôtre ?
02:23Il y a la question du chômage qui remonte.
02:25Il y a le record de défaillance d'entreprise.
02:27Tout ça, ce n'est pas des signaux qui vous inquiètent ?
02:29Si, mais vraiment, j'essaye d'être factuel.
02:31Vous dites, record de défaillance d'entreprise, 70 000 à la fin avril.
02:34Sur un an, on a créé 1,2 million d'entreprises en France à la fin avril.
02:38On n'a jamais créé autant d'entreprises.
02:40On crée plus d'entreprises, malheureusement, il y en a aussi plus qui défaillent.
02:46Aujourd'hui, la prévision de croissance du gouvernement, c'est 0,9%.
02:49On était à 1, on l'a revu un peu à la baisse.
02:51Le consensus, donc les économies privées, c'est 0,8%.
02:54La Commission européenne, c'est 0,8%.
02:55Le FMI, c'est 0,7%.
02:57On est dans l'ordre de grandeur aujourd'hui, de celles et ceux qui font leur travail aussi bien que
03:01possible, de croissance.
03:03Donc, il y aura de la croissance.
03:05On ne va pas se retrouver avec une croissance à tonnes, voire une récession.
03:08En tout cas, à ce stade, il n'y a rien qui va dans ce sens-là.
03:11Donc moi, je peux crier au loup, je peux appeler au malheur, je peux préparer la France à toutes les
03:16plaies du monde.
03:17Ou fonder mon analyse et du coup mon expression publique sur des faits.
03:20Aujourd'hui, moi, je suis là pour dire la vérité.
03:22Pas pour prévoir ni le meilleur, ni le pire.
03:24Alors, vous parliez à l'instant, je vous interroge ce monsieur Edouard Leclerc.
03:28Honnêtement, votre réaction, on sent que vous vous dites, bon, chacun son job, quoi.
03:31– Mais un peu, oui, parce que je pense que face à un choc, c'est un choc qui nous
03:35affecte, qui vient de l'extérieur.
03:37On n'est pas producteur de pétrole, on n'est pas exportateur, on est importateur.
03:40Un, j'espère qu'on est capable de se serrer les coudes plutôt que de chercher des coupables.
03:44On a souvent tendance à faire ça.
03:46Et deux, que chacun, à son niveau, contribue à ce qu'on limite le choc.
03:51– Ce qu'il dit, 4% d'inflation en juillet, vous, vous vous dites, c'est qu'il est
03:56en train de préparer de pouvoir gonfler ses marges ?
03:58– Non, moi, je vais vous dire une chose.
04:00Je préfère le Michel-Edouard Leclerc, qui, hier, annonce 10 000 bornes électriques dans ses supermarchés,
04:06qui vont permettre d'aider les Françaises et les Français à passer à l'électrique,
04:09que le Michel-Edouard Leclerc, qui fait le statisticien économiste.
04:12Il y a beaucoup d'économistes en France.
04:13Emmanuel Lechypre en est un, il est très talentueux.
04:16– Vous préférez écouter Emmanuel Lechypre que Michel-Edouard Leclerc.
04:20– Je préfère quand il plante des bornes de recharge plutôt que quand il...
04:22– Roland Lescure, il y en a un autre qui a annoncé qu'il allait aider les Français.
04:28C'est Total, puisqu'on l'apprend à l'instant.
04:31Total va donc poursuivre son plafonnement des prix à la pompe pour le mois de juin.
04:36Merci.
04:37– En tout cas, là aussi, je pense qu'il contribue.
04:41Je pense que chacun, face à cette crise, on doit se demander qu'est-ce que je peux faire pour
04:45aider.
04:45Il est indéniable que Total va gagner beaucoup d'argent.
04:48Dans cette crise, ils produisent du pétrole.
04:49Ils payent des impôts au Nigeria, aux Etats-Unis, au Mexique et ailleurs.
04:53Ils raffinent du pétrole en France.
04:54Là aussi, ils vont gagner plus d'argent que d'habitude.
04:56Et bien, qu'ils redonnent une partie de cet argent via la distribution,
05:00via un plafonnement des marges, j'allais dire, oui, enfin, c'est bienvenu en tout cas.
05:04– Vous n'avez même pas envie de dire merci, vous trouvez que c'est normal.
05:07– Non, c'est bienvenu.
05:08Moi, je considère qu'ils font leur part du boulot.
05:11Ensuite, le débat de la fiscalité va évidemment se poser.
05:14On le posera dans le cadre du budget.
05:15J'espère qu'on aura l'occasion d'en parler aussi dans le cadre de cet entretien.
05:18Mais en attendant, le fait qu'on ait une entreprise
05:21qui a plutôt tendance à bénéficier de cette crise,
05:23qui redonne une partie de ses profits aux Françaises et aux Français, c'est bienvenu.
05:27– Est-ce que vous pourriez demander à Total fromage et dessert ?
05:29C'est-à-dire à la fois plafonner les prix à la pompe, comme ils le font,
05:33et en effet d'avoir une sorte de contribution exceptionnelle,
05:36parce qu'il va falloir trouver des milliards supplémentaires
05:38et qu'ils ont fait des profits supplémentaires.
05:40– On l'a fait en 2022.
05:41Après, là encore, je ne veux pas être un marchand de bonheur,
05:43ce n'est pas ça qui va remplir les caisses.
05:45Ça peut éventuellement, ce sera l'objet du débat parlementaire,
05:48faire l'objet d'un débat parlementaire.
05:50– Vous, à titre personnel, vous n'y êtes pas opposé en l'entend ce matin ?
05:53– Je ne suis pas opposé, mais attention,
05:55le Premier ministre a été très clair,
05:57on ne sortira pas du déficit public par la hausse des impôts.
06:01Et donc, nous souhaitons déposer un budget
06:03dans lequel il n'y aura pas de hausse d'impôts.
06:06– Moi, je me demande toujours si le diable ne se niche pas
06:09dans les détails, dans les petites astérix,
06:12ou dans les mots qui ne sont pas prononcés.
06:15Il y a deux choses dans ce que vous dites.
06:16Vous dites, on s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas de hausse d'impôts.
06:20Moi, je vous demande si la phrase s'arrête à « pas de hausse d'impôts, point »,
06:22ou si c'est pas de hausse d'impôts pour les particuliers.
06:25– Non, dans le budget…
06:26– C'est-à-dire, est-ce qu'il pourrait y avoir des hausses d'impôts pour les entreprises ?
06:29– Non, le diable, si je peux dire, il se loge.
06:31Ils ne vont pas aimer que je dise ça comme ça,
06:32mais je vais le dire quand même, le diable, il se loge au Parlement.
06:34C'est-à-dire que nous, on va déposer un budget
06:37dans lequel il n'y aura pas de hausse d'impôts,
06:38en particulier à l'entreprise.
06:39Ensuite, le débat parlementaire aura lieu.
06:42Et il faudra, parce que ça, j'en suis convaincu,
06:44s'assurer qu'en 2027, on réduise le déficit public.
06:47– Mais vous, vous pourrez dire, en fait,
06:47parce que le deuxième astérisque,
06:49c'est qu'on déposera un budget
06:52dans lequel il n'y a pas de hausse d'impôts.
06:53Sauf que vous savez bien que dans le cadre actuel
06:55de l'Assemblée nationale, le budget tel que vous le déposerez
06:58ne sera pas le même que le budget tel qu'il sera adopté.
07:00C'est jamais le cas, mais j'ai envie de dire encore moins cette fois-ci.
07:02– Sans doute.
07:03– Donc, vous pourrez dire,
07:04« Ah ben non, nous, on n'a pas mis de hausse d'impôts. »
07:08– Moi, je ne suis pas là pour me laver les mains.
07:10Moi, je suis là pour dire…
07:10– Mais il y a un peu de ça.
07:11– Non, on entre en mêlée, si je puis dire,
07:14avec une mise de jeu qui est celle à laquelle on croit.
07:16Et donc, un déficit qui sera en réduction, je l'espère.
07:18– Mais vous savez aussi qu'il y en a besoin.
07:20Vous savez qu'il va falloir y avoir des recettes.
07:21– Non mais vous voyez, je comprends pourquoi vous dites ça,
07:25parce qu'en général, ça fait 40 ans qu'on a du mal à y échapper.
07:30Mais ce n'est pas une fatalité, la hausse d'impôts.
07:32En revanche, ce qui est clair, c'est que pour y échapper,
07:35donc pour l'éviter, il faut que tout le monde fasse des efforts.
07:37Et je vois bien déjà, dans le débat parlementaire,
07:40les sénateurs, on a des élections sénataires en septembre,
07:42qui nous disent « Ah, on ne touche pas aux collectivités locales. »
07:44Un certain nombre de défenseurs du modèle social à la française
07:47qui, malheureusement, visent plutôt une finale enterrée qu'à le sauver,
07:50qui disent « Il ne faut pas toucher aux dépenses de santé. »
07:53Tout le monde qui se jette sur l'État en disant
07:55« L'État doit faire des économies. »
07:56L'État est aujourd'hui celui qui fait le plus d'efforts depuis 10 ans.
07:59– Alors, je vais vous poser la question différemment.
08:02Fonderez-vous à une surtaxation de Total ?
08:06– Non. Non. Non, ce débat aura lieu.
08:09On verra d'ici là…
08:11– Et vous ne vous y opposerez pas.
08:11– D'ici là, on aura une estimation de l'impact de cette crise
08:14sur les revenus des entreprises, et notamment de Total,
08:16qui aura publié des résultats.
08:18Et donc, ce débat aura lieu. Moi, je ne m'y opposerai pas.
08:20Mais à ce stade, penser que c'est la formule magique
08:23pour sortir de l'ornière fiscale dans laquelle la France est,
08:26c'est se mettre le doigt dans le monde.
08:27– Et encore une question, Roland Lescure, sur ce budget.
08:29Avant qu'on passe justement aux demandes d'aide et au prix de l'essence,
08:33le montant de l'effort supplémentaire qu'il va falloir faire,
08:37est-ce que vous avez un ordre d'idée ?
08:39– Non. On va faire ça en deux temps.
08:43D'abord, d'ici la fin du mois de juin,
08:45on mènera, et c'est le Premier ministre qui le présidera,
08:47ce qu'on appelle un comité d'alerte des finances publiques,
08:49qui évaluera la situation aussi précisément que possible pour 2026.
08:53on commence par exécuter 2026 de manière correcte.
08:56Et sur cette base-là, on sera capable de travailler cet été
08:59pour proposer un budget pour 2027.
09:02On était à 5,1 en 2025, on a fait mieux qu'attendu,
09:05on s'attendait à 5,7, on prévoit 5% en 2026.
09:09– On prévoit 5% en 2026, ça ne va pas être facile,
09:12du fait de la crise, des ventes de face, etc.
09:14– Vous prévoyez, vous espérez, vous priez ?
09:16– Les deux, les trois, moi je suis laïc, pas baptisé,
09:18donc plutôt les deux premiers, j'espère et je prévois.
09:21Mais il va falloir faire des efforts pour y arriver.
09:23– Mais vous anticipez déjà que ce sera peut-être plus ?
09:26– Non, on va tout faire pour y arriver,
09:28parce que c'est essentiel,
09:29mais ça prendra sans doute des efforts supplémentaires.
09:31Et ensuite, il faudra aller au-delà.
09:34Est-ce qu'on ira à 4,5, 4,6, 4,4 ?
09:36On verra, ça fait partie des discussions.
09:37– Vous maintenez l'objectif de repasser sous les 5% ?
09:42– Alors, 5% en 2026,
09:45et c'est essentiel, c'est même presque plus important que tout,
09:483% en 2029.
09:50– Cet objectif, cette deadline, cette trajectoire,
09:53vous la maintenez ce matin, Roland Espel ?
09:54– Il est maintenu, je vais vous dire une chose,
09:56les élections présidentielles arrivent, ça se sent,
09:59et j'espère que tous les candidats seront interrogés,
10:02comme vous les aurez face à vous, sur cet objectif,
10:05parce qu'on ne fait pas ça pour faire plaisir à qui que ce soit,
10:07on fait ça pour stabiliser la dette publique de la France,
10:09il est temps qu'on s'y mette.
10:10– Roland Lescure, il est 8h39,
10:13ça fait 39 minutes que le guichet de demande des aides a ouvert,
10:17combien de Français sont concernés ?
10:19Est-ce que vous vous attendez, est-ce que tout le monde,
10:22tous ceux qui peuvent y avoir droit, la demande ?
10:24– Oui, alors, en partie grâce à vous,
10:26c'est-à-dire qu'il faut faire de la communication sur ce dispositif.
10:29Hier soir, j'ai signé le décret qui double l'aide,
10:31donc on passe de 50 à 100 euros,
10:33on l'avait annoncé la semaine dernière,
10:35c'est disponible depuis hier.
10:36Le guichet a ouvert, vous l'avez dit, à 8h,
10:38j'ai été vérifié, comme sans doute un certain nombre d'entre nous,
10:41ça fonctionne, on s'attendait à un afflux de demandes,
10:44on l'aura sans doute, mais ça fonctionne.
10:46Donc vous avez, il faut avoir votre carte grise,
10:49votre avis d'impôt, vous allez sur le site,
10:51vous cliquez aide au carburant,
10:53c'est le premier site qui arrive sur les modernes recherches qu'on connaît,
10:55vous devez entrer votre numéro fiscal,
10:58vous devez entrer votre numéro de carte grise,
11:00votre plaque d'imméritriculation,
11:01une déclaration sur l'honneur,
11:02on fait confiance sur le fait que vous faites plus de 8 000 euros.
11:04– On fait confiance, mais on contrôle derrière.
11:06– On aura sans doute des contrôles.
11:08– Il faut garder ces petits tickets pendant 5 ans.
11:10– Non mais...
11:11– Non mais c'est important, que tout le monde le sache.
11:13– Oui, mais enfin, franchement, là encore,
11:16je crois à la responsabilité individuelle.
11:18On fait face à un choc.
11:19Quelqu'un qui ferait 15 km par an
11:22et qui dirait, je vais aller chercher l'aide kilométrique,
11:24franchement, c'est pas au niveau.
11:25Donc oui, on contrôlera,
11:26mais on s'attend surtout à ce que les gens soient honnêtes
11:30et qui, effectivement, sur l'honneur,
11:32déclarent 8 000 km par an au moins.
11:34– Ils toucheront l'argent quand ?
11:35– Dans les 10 jours.
11:36– Dans les 10 jours.
11:37– Donc dans les 10 jours qui suivent votre dépôt.
11:38Si vous déposez dans 10 jours, ce sera dans 20 jours.
11:40– Ok, donc si on remplit son dossier aujourd'hui,
11:42qu'on est éligible dans 10 jours ?
11:44– Directement sur votre compte bancaire, par virement.
11:46– Roland Lescure, ça va durer combien de temps ce guichet ?
11:49C'était deux mois, c'est ça ?
11:50– Alors, on l'ouvre pour deux mois.
11:52Évidemment, si on sent qu'au bout de deux mois,
11:53les 3 millions, vous me posez la question,
11:553 millions à peu près de Français qui ont accès,
11:57n'ont pas encore tous déclaré et qu'il faut prolonger,
11:59on le prolongera.
12:00– Vous ne vous interdisez pas de prolonger…
12:03– Le guichet.
12:03– Le guichet.
12:04– Pas de problème.
12:05Roland Lescure, est-ce qu'on peut espérer une baisse du prix du carburant
12:09ou est-ce qu'il faut s'habituer à ce que l'essence soit chère ?
12:13– Je pense qu'on a eu l'occasion de le dire,
12:15et le président de la République a tenu un événement hier important
12:18pour le symboliser.
12:20Il faut, j'allais dire, profiter de cette crise
12:21pour continuer à électrifier la France,
12:23parce que ces crises-là, en tout cas, elles se multiplient.
12:26On a eu l'Ukraine, on a aujourd'hui l'Iran,
12:28on en aura d'autres demain.
12:29D'épendre de production d'hydrocarbures qui viennent de l'étranger,
12:34c'est des menottes qui nous empêchent d'avancer,
12:37il faut qu'on avance.
12:38On est aujourd'hui capables de produire de l'électricité en France,
12:40on est capables de produire des pompes à chaleur,
12:41on est capables de produire des voitures électriques.
12:43Les Françaises et Français sont en train de prendre le virage,
12:46c'est le cas de le dire, on est à 30% de voitures électriques vendues.
12:49Cinq voitures les mieux vendues électriques en France
12:52sont faites en Europe, la première, l'R5, est faite en France.
12:55Il faut engager pleinement,
12:57et je sens que tout le monde est prêt dans cette révolution.
13:00Pourquoi ? Parce qu'effectivement,
13:01on est aujourd'hui à 2,15 sur le diesel,
13:03on est un peu au-dessus de 2 sur l'essence,
13:05on redescendra peut-être à 1,90, 1,80.
13:08Mais globalement, je ne pense pas,
13:10parce que cette dépendance aujourd'hui,
13:12on voit bien qu'elle nous coûte,
13:13parce que la prime géopolitique,
13:15le risque, il ne va pas disparaître du jour au lendemain,
13:17même si, ce que j'espère,
13:18on ouvre le Détroit d'Harmouz dans les semaines qui viennent,
13:20ça prendra du temps avant que les superfois...
13:23Il faut s'y habituer, il faut en tirer les conséquences.
13:25Il faut s'adapter.
13:27Ce n'est pas s'y habituer au sens où on se ferait une raison,
13:29et on dirait, tant pis, on va vivre avec.
13:32Non, dans les années 70,
13:34on a transformé la France en profondeur.
13:36Il faut qu'on fasse la même chose cette fois-ci,
13:38on y est prêt.
13:39Vous disiez qu'hier, effectivement,
13:41tous les acteurs de l'électrification,
13:43les acteurs des pompes à chaleur,
13:45de tous ces métiers-là,
13:46étaient rassemblés.
13:48Clim ou pas clim ?
13:49Clim, les pompes à chaleur,
13:51ça existe en deux modèles.
13:53On a l'impression qu'aujourd'hui,
13:54c'est presque devenu une question politique.
13:56Marine Le Pen, elle appelle un grand plan de climatisation.
13:59Les économistes, ce n'est pas bien.
14:01Qui croire ?
14:02Marine Le Pen, qui appelle à un grand plan
14:05sur la clim,
14:06qui nous censure sur la programmation
14:09pluriannuelle de l'énergie,
14:10qui vise à électrifier la France,
14:12qui passe son temps à nous demander
14:14une baisse des impôts sur l'essence,
14:16et qui, par ailleurs, veut financer les climes.
14:19Gouverner, c'est choisir des priorités.
14:21Nous, on a choisi la priorité,
14:23qui est l'électrification.
14:24Et on aura un million,
14:27producteurs s'ils sont engagés hier,
14:28de pompes à chaleur,
14:29fabriquées en France d'ici 2035,
14:32pour la plupart sont réversibles,
14:34et donc permettent effectivement...
14:34De rafraîchir l'été.
14:36Chaud en hiver,
14:37et frais en été.
14:38Donc ça ne doit pas être un sujet...
14:39En tout cas, la clim, pour vous,
14:40il ne faut pas s'y opposer.
14:42Mais il ne faut pas surtout politiser tous les débats.
14:44On adore, on est un peuple politique.
14:46Mais il y a un moment,
14:47il y a des choses qu'il faut qu'on fasse,
14:49parce que c'est le sens de l'histoire.
14:51Et aujourd'hui, ceux qui s'y opposent,
14:53parce qu'ils continuent à vouloir financer
14:54des États qui produisent du pétrole d'un côté,
14:57parce qu'ils ont des avis un peu idéologiques
14:59sur ce que les Français et les Françaises
15:00devraient faire,
15:02ou ne devraient pas faire,
15:03franchement...
15:03Notre réseau tient.
15:04Il n'y a pas de risque,
15:05soit de pénurie d'essence,
15:07soit de blackout...
15:09J'ai échangé avec les principaux fournisseurs
15:11de notre réseau,
15:12RTE,
15:13c'est les grandes lignes haute tension,
15:14Enedis,
15:15c'est ce qui arrive chez vous.
15:16Évidemment, ça tient.
15:17Mais,
15:18il va falloir investir.
15:19Là aussi,
15:20dans le plan d'électrification,
15:21il y a 100 milliards de chaque côté
15:23dans les 10 ans.
15:24Mais ça tient.
15:25Et par ailleurs,
15:26question aussi sur quand même le carburant,
15:28il n'y a pas de risque de pénurie.
15:31M. Pouyanné lui-même avait évoqué
15:32que si ça durait,
15:33on pouvait avoir un risque de pénurie.
15:35Et j'ai échangé avec lui,
15:36et je pense qu'il s'est rassuré,
15:38du coup il m'a rassuré.
15:39On suit ça de très près,
15:41évidemment.
15:42Mais à ce stade,
15:42ce que je peux vous dire,
15:43et je l'ai dit à chaque fois,
15:45ni prophète de malheur,
15:46ni marchand de bonheur,
15:46pour les deux mois qui viennent,
15:48on est tranquille,
15:48à la fois sur diesel,
15:50essence,
15:50mais aussi le kérosène.
15:51Les départs en vacances
15:52vont bien se passer.
15:53Partez en vacances.
15:54Vous pouvez rester en France
15:55si vous le souhaitez,
15:56mais les avions vont...
15:56Roland Lescure,
15:57votre collègue à la justice,
15:59Gérald Darmanin,
16:00propose, je cite,
16:00un moratoire de trois ans
16:02sur l'immigration légale
16:03parce que notre pays
16:04est arrivé à la limite
16:05de ses capacités
16:06d'intégration
16:07et d'assimilation.
16:08Vous en pensez quoi, vous ?
16:10Écoutez, d'abord,
16:11je pense que ce sujet
16:13est sérieux
16:14et qu'il ne se réglera pas
16:16avec des solutions
16:18apparemment simples
16:18du type moratoire
16:20ou référendum.
16:21Ça fait dix ans
16:21qu'on bosse sur ce sujet.
16:23Moi, j'ai toujours dit,
16:23et c'est le gouvernement
16:24qui vous parle aujourd'hui,
16:26que l'immigration légale,
16:27on doit la favoriser,
16:29que l'immigration illégale,
16:30on doit être très ferme.
16:31Moi, j'ai un souvenir
16:32de Gérald Darmanin
16:33qui disait,
16:33il faut être gentil
16:34avec les gentils,
16:35méchant avec les méchants.
16:36Je suis d'accord
16:37avec le Gérald Darmanin
16:38qui disait ça.
16:38Là, j'ai l'impression
16:39qu'avec sa proposition,
16:41il est méchant avec les gentils.
16:43Ceux qui travaillent en France,
16:45ceux qui s'intègrent,
16:46ceux qui font qu'aujourd'hui,
16:47dans les hôpitaux,
16:48dans les usines,
16:49dans les EHPAD,
16:50font que la France
16:51continue à tourner.
16:52Il faut les accueillir
16:53avec, je dirais,
16:56une certaine forme d'exigence
16:58vis-à-vis des valeurs de la France,
16:59vis-à-vis de notre capacité
17:00à nous intégrer.
17:01Mais c'est des gens
17:02qui participent à la France aujourd'hui
17:04qu'il faut continuer à intégrer.
17:05L'immigration illégale, c'est non.
17:07Vous seriez moins Gérald Darmanin
17:08avec son moratoire
17:09de trois ans
17:10sur l'immigration légale
17:12et plus Premier ministre espagnol
17:14qui veut légaliser
17:15tous ceux qui travaillent.
17:16Moi, je suis Premier ministre français.
17:18Je suis Laurent Nunes.
17:19Vous n'êtes pas encore Premier ministre,
17:20je crois, mais...
17:20Non, mais ce que je veux dire,
17:21c'est que...
17:21Non, non,
17:22je ne souhaite pas l'être,
17:23mais quand vous me dites
17:24de choisir entre l'un et l'autre,
17:25moi, je choisis Sébastien Lecornu,
17:27je choisis Laurent Nunes,
17:28je choisis le gouvernement
17:29auquel appartient d'ailleurs
17:30à Gérald Darmanin.
17:30Vous choisissez Gabriel Attal aussi,
17:31j'imagine ?
17:31Non ?
17:31C'est lui votre candidat ou ?
17:32C'est le candidat naturel
17:33du parti auquel j'appartiens,
17:35j'ai déjà eu l'occasion de le dire.
17:36Mais sur l'immigration,
17:37aujourd'hui,
17:37nous, on met en place des politiques
17:38qui sont à la fois extrêmement fermes
17:40sur l'illégal,
17:41c'est important,
17:42mais qui considèrent
17:43que l'immigration légale,
17:44l'immigration de travail,
17:45ça fait partie des chances de la France.
17:48Moi, j'ai été immigré moi-même au Canada.
17:49Je pense que j'ai pu contribuer
17:51à un pays qui se développait.
17:52Je souhaite que les gens
17:53qui viennent en France
17:54pour choisir la France
17:55puissent aussi contribuer à son développement.
17:57Donc le moratoire, c'est non.
17:58Merci beaucoup Roland Lescure
18:00d'avoir répondu à mes questions ce matin.
18:01Ministre de l'économie,
18:02des finances
18:03et de la souveraineté industrielle,
18:04vous continuez à dire
18:05la France résiste.
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